Pour la première fois dans notre pays, à 50 km d'Angers, l'Etat pourrait laisser racheter par le privé un hôpital public jugé non rentable, mais après qu'il ait été remis à neuf. Au-delà des questions financières, c'est en soi la négation même de la mission de service public de l'Etat au nom d'une rentabilité douteusement appréciée. C'est un pas de plus vers le discrédit volontaire de l'institution étatique, auquel il n'est plus donné les moyens de remplir sa fonction. Ce qui le rend à terme institutionnellement inutile et permet une désintégration plus facile dans les mécanismes de globalisation. C'est la négation de l'obligation morale des sociétés civilisées de prendre en charge les plus faibles. Bienvenue en Macronie !
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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vendredi 8 novembre 2019
mercredi 22 janvier 2014
La ville de Moscou externalise l'aide d'urgence aux SDF
Voir: http://izvestia.ru/news/564253
Si l'Etat a l'obligation de venir en aide aux plus défavorisés, dont les SDF font partie, surtout en période hivernale, il ne peut en assumer seul le fonctionnement. C'est la conclusion à laquelle est arrivée la mairie de Moscou.
Au printemps, Mosocu va lancer un appel d'offre aux ONG pour prendre en charge l'aide aux SDF, qui était alors assurée par la ville. Celle-ci est prête à financer l'action et à fournir des locaux. Il s'agit d'assurer le gîte et le couvert, une douche, des soins et une aide juridique, notamment pour refaire ses papiers. Sans oublier l'aide à la réinsertion.
Le problème est que peu de structures en Russie, peu d'ONG, interviennent dans ce domaine. Le SAMU social est présent, mais depuis la crise il a du restreindre ses activités.
Il est à espérer que les ONG verront dans ce mouvement un moyen de venir en aide à une population qui en a largement besoin, même si l'activité est moins reluisante que celle des droits de l'homme. Pourtant, le droit à une vie décente, la dignité de la personne humaine, devraient être les fondements de notre société.
vendredi 26 octobre 2012
Scandale à la Cour constitutionnelle lors de l'examen de la procédure d'appel
Voir: http://pravo.ru/news/view/79121/
Un conflit sans précédent s'est produit à la Cour constitutionnelle à l'initiative du représentant du Président de la Fédération de Russie lors de la séance d'examen de la constitutionnalité de la procédure écrite de l'appel, dans laquelle les parties ne sont pas informées personnellement de la date d'examen de l'appel de leur affaire par les juridictions concernées.
En effet, le représentant du Président de la Fédération de Russie a demandé le désistement du juge constitutionnel rapporteur en raison de ses positions connues en la matière (qui ne concordent pas avec celles du représentant), ce qui poserait un problème d'objectivité d'examen de la question par la Cour constitutionnelle. Une telle démarche est une première.
Le président de la Cour constitutionnelle, V. Zorkine, a rappelé qu'un juge peut être désaisi en cas de conflit d'intérêt, ce qui n'est pas le cas ici. Tous les juges constitutionnels ont fait bloc pour rejeter la demande du représentant du Président russe. Ce pas est important, car il démontre un esprit de corps qui peut sauvegarder l'indépendance de l'institution.
Sur le fond, il s'agit de la question de la constitutionnalité de la procédure d'appel. Pour des raisons techniques, l'appel est soumis à une procédure écrite. Mais sourtout la date de l'examen par la cour de l'appel n'est pas signifié personnellement aux parties. Cette procédure, selon les requérants, ne leur permet pas de réaliser totalement leur droit à un procès équitable.
Le représentant de la Douma explique que de cette manière la justice fait de grosses économies, puisqu'il n'est pas nécessaire d'envoyer des milliers de lettres par la poste. De plus, selon le représentant du Président et le représentant de la Cour suprême, une procédure orale n'est pas exigée, notamment par la CEDH, lorsqu'il n'y a pas de conflit sur l'établissement des faits. Et cela permet de ne pas allonger inutilement la procédure. D'autant plus que les dates d'examen des affaires sont à l'avance publiées sur le site internet de la juridiction concernée. La Cour constitutionnelle se prononcera d'ici un mois.
Même si la procédure est écrite, cela ne signifie pas que les requérants n'aient pas à être informés de la date de l'audience lors de laquelle leur affaire sera examinée. Ce sont deux questions différentes. Et ce n'est pas à eux de chercher partout sur internet, de chercher une connexion internet, pour suivre chaque jour le moment où cette information sera publiée. C'est au service public de la justice de le faire, jutement parce qu'il s'agit d'un service public et non d'un privilège. L'argument des économies a souvent été avancés, notamment en matière d'euthanasie, dans différents pays. Dans cette logique, il coûte moins cher aux services d'Etat de pratiquer l'euthanasie que de soigner une personne malade jusqu'à la fin. C'est certainement vrai. Mais là n'est pas la question.
La question est de savoir quelle conception de l'Etat et des services publics la société entend défendre. Soit l'Etat et les services publics fonctionnent dans une logique fermée et se justifient par eux-mêmes, soit ils n'ont de sens que lorsqu'ils sont au service des individus. Et cela concerne aussi la justice, qui est avant tout un service public.
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