Depuis une dizaine de jours, l'acteur russe Alexeï Serebriakov fait parler de lui. Sur le mode traditionnel du dénigrement, il jette en pâture l'image d'une Russie brutale et d'un peuple dégénéré. Critiquant l'arrogance et la grossièreté, ne se rendant pas compte qu'il reproduit ce même schéma, celui tant attendu par l'Occident de la part d'un Russe. Mais ce qui attire le plus l'attention dans ces critiques, répétées et assumées, c'est l'impossibilité de voir le problème dans sa totalité: la dégradation du niveau culturel des sociétés contemporaines, qui est un fait, n'est pas un phénomène spécifiquement russe, mais global, consécutif aux mécanismes portés par la globalisation. Or, si l'intelligentsia est toujours prompte à attaquer "le pouvoir", elle est d'une cécité bassement soumise avec l'Occident.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
mercredi 28 février 2018
mardi 27 février 2018
Syrie: Et si l'on parlait de Raqqa?
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| Une habitante de Raqqa après la libération de la ville par la coalition américaine |
Alors que tous les projecteurs des médias occidentaux sont volontairement braqués sur la Ghouta (voir notre texte ici), fief terroriste que la Syrie et la Russie ont le malheur de combattre, alors que des larmes de crocodiles sont versées au rythme des montages réalisés par les Casques blancs sur un tempo donné par l'OSDH pour ces pauvres enfants dans la poussière, il est temps de rediriger le projecteur.
Le ministre russe de la Défense propose ainsi une nouvelle direction: Raqqa. Ville ravagée et abandonnée à elle-même après les bombardements de la coalition américaine.
Bonnes âmes occidentales, à vos mouchoirs, l'heure est venue.
lundi 26 février 2018
Ghouta: la population prise en otage des intérêts de la coalition américaine
Le 24 février, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution prévoyant la mise en place d'une trêve humanitaire de 30 jours en Syrie. Tout l'intérêt de ce texte réside dans ses possibilités d'interprétation: contre qui et où le cessez-le-feu doit-il être en vigueur? En effet, inclure les groupes terroristes serait le meilleur moyen de leur donner une période repos pour refaire leurs forces, mais les terroristes des uns ne sont pas les terroristes des autres. Vue la manière dont la presse occidentale pleure les "civils" de Ghouta sur injonction de l'OSDH, il semblerait que la coalition américaine refuse de lutter contre les groupes d'Al Quaida qui s'y trouvent. Et la population civile syrienne reste prise en otage de la politique américaine, dans cet habituel silence médiatique consentant.
jeudi 22 février 2018
Billet du jour: Wauquiez met le système politique français face à son inconsistance
La tornade Wauquiez s'est emparée de l'espace politique français. Mais quelle tornade? Douze heures de cours et un journaliste mal intentionné qui contacte des étudiants pour qu'ils enregistrent en cachette des propos pour ensuite les monter en fonction de la commande passée. Le pire restant à venir, Laurent Wauquiez rejette la règle sacrée du jeu : il ne s'excuse pas, il assume. Une tornade dans un verre d'eau qui nous en dit long sur l'état de déliquescence avancé de notre système, qui n'a plus grand-chose de politique.
mercredi 21 février 2018
La Russie hésite encore quant à la virtualisation totale de l'Etat
L'une des caractéristiques de la globalisation est justement d'être ... globale. La Russie, intégrée dans les logiques mondialistes, comme tous les pays aujourd'hui, est confrontée à l'un des enjeux les plus sérieux qui se posent aux Etats postmodernes: comment concilier sécurité nationale et numérisation dans un monde où le terrorisme est aussi puissant dans le monde virtuel que sur la terre ferme? Pour autant, la numérisation est un dogme de la globalisation et comme il est bien connu, les dogmes, ça ne se discute pas. Heureusement, la Russie discute encore et hésite sérieusement.
mardi 20 février 2018
Tchourkine ou le management: deux visions stratégiques antagonistes
Il y a un an, le 20 février 2017 décédait subitement Vitaly Tchourkine, figure incontournable de la diplomatie russe. Une vitalité d'esprit incroyable, soutenue par une culture dont beaucoup aimeraient posséder le dixième, sans failles au service de son pays, de sa patrie. Un style soutenant une volonté de fer. Une carrure - peut-être d'une autre époque. De celle de la connaissance et non des compétences. De la souveraineté et non du globalisme. Deux visions incompatibles de la gouvernance: Tchourkine ou le management.
lundi 19 février 2018
Etats-Unis / Russie: un dialogue de sourds qui ne peut que se radicaliser
Les relations entre les Etats-Unis et la Russie continuent à se dégrader, tant directement (sanctions) que sur les "fronts transversaux" que sont l'Ukraine et la Syrie. D'un autre côté, il n'y a aucune raison pour que la situation se stabilise: le "globalisme américain" ne peut tolérer l'existence d'une résistance, si hésitante soit-elle au risque de ne plus être global et la Russie surfe toujours sur cette hésitation , entre intégration économique et revendication souverainiste.
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