Les journaux annoncent la reconquête par Salvini du pouvoir. 200 000 personnes dans les rues ce 19 octobre, ça fait réfléchir. Mais ni Salvini, ni ses soutiens n'étant prêts à prendre le pouvoir par la rue, leur accès à la direction du pays suite à des élections nationales reste plus qu'hypothétique : ils risquent de gagner et c'est un risque que l'UE ne peut justement pas se permettre. Pour gouverner, il faut non seulement physiquement et juridiquement être au pouvoir, mais il faut aussi avoir la latitude de l'exercer et ici est le deuxième degré du jeu européen.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
Affichage des articles dont le libellé est mondialisation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mondialisation. Afficher tous les articles
lundi 21 octobre 2019
mardi 9 juillet 2019
Quand l'Union eurasiatique reproduit les mêmes travers que l'Union européenne : haro sur la souveraineté
L'Union économique eurasiatique est assez peu connue en France. Si elle fut longtemps présentée comme une tentative de compensation de l'influence russe dans l'espace post-soviétique après la chute de l'URSS, il semblerait que la réalité soit bien différente. Transposition idéologique intégrale de l'Union européenne, de la toute-puissance du marché, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la Russie est en train de voir sa souveraineté interne, celle d'édicter ses normes législatives en tenant compte d'intérêts nationaux librement déterminés, remise en cause par cette Union. Un exemple intéressant en matière de boisson énergétique.
mercredi 5 juin 2019
Vers l'ukrainisation de la France ou qui est finalement bâillonné ?
Mathilde Panot, député LFI, s'est bâillonnée à la tribune de l'Assemblée nationale pour dénoncer la réduction du temps de parole des députés en fonction des groupes parlementaires. Visuellement, en effet, ça porte. Mais du point de vue de la qualité du débat politique, l'on peut s'interroger sérieusement quant à la dégradation, la transformation des débats parlementaires en clownerie de bas étage. Si cette tendance a toujours existé, le niveau général baisse dangereusement et n'est pas sans rappeler le cas ukrainien. Pour autant, la France n'a pas eu besoin d'un Maïdan pour détruire ce qui reste de ses institutions étatiques, l'élection de Macron a été suffisante. A moins qu'elle ne soit justement ce "Maïdan français", ce putsch destructeur antiétatique largement soutenu par différents groupes d'intérêts mondialisés.
vendredi 31 mai 2019
Macron et Le Pen incarnent la nouvelle configuration politique française - mondialisation / souverainisme
Les partis politiques traditionnels sont morts, cela est acté, car ils ne correspondent plus au clivage idéologique de notre société. Il ne s'agit plus de droite ou de gauche, le véritable enjeu aujourd'hui est celui de la dissolution de l'Etat dans la mondialisation ou de la préservation/restauration de sa souveraineté. C'est ce nouveau paradigme qui est incarné par Emmanuel Macron et Marine Le Pen, quelle que soit la manière dont on apprécie ces personnalités.
lundi 29 avril 2019
L'OCDE, la mondialisation et la dégradation des sociétés développées
L'OCDE a sorti un rapport qui, finalement, souligne ce que chacun ressent déjà : la mondialisation non seulement n'a pas amélioré la vie dans les sociétés développées, mais elle a des effets pervers inévitables et destructeurs : disparition de la classe moyenne, "ubérisation" du travail, baisse des salaires, etc. La recommandation est simple : les Etats doivent non pas lutter contre la mondialisation, (les dogmes ça ne se discutent pas), mais pleinement convertir leurs sociétés nationales à cette paupérisation, voire précarité, chronique. Ce que justement Macron nous prépare. Pour cela, ils sont libres de trouver les slogans qui conviendront : la liberté absolue, la mobilité absolue. L'important est "l'absolu" virtuel pour cacher la dégradation réelle.
jeudi 11 avril 2019
La dégradation de l'enseignement, la dégradation de l'homme : conditions d'existence de la mondialisation
50 années de déstructuration de l'enseignement scolaire ont permis de désorienter les individus, de les annihiler, de produire des êtres sans repères, sans connaissances et surtout de remplacer la raison par des slogans. Ce qui est un échec pour l'homme, est une réussite pour ce système idéologique globalisé, qui ne peut prospérer qu'à ce prix. Un prix que nous payons de nos personnes, dans le sens direct du terme.
lundi 11 juin 2018
Un billet d'humeur (si, si, bonne) : Le G7 est mort, que faire d'un G6 ? Rien
Avec sa décontraction et sa violence habituelles, le Président américain vient d'écraser sous son talon le G7, face à une UE déconfite et trop faible pour réagir, un Canada dépassé et un Japon qui renforce ses liens avec la Russie. Pendant ce temps, l'Organisation de coopération de Shangaï, réunie en Chine, annonce une santé de fer. Que faire d'un G6 qui n'intéresse personne? Le modèle global mis en place par les Etats-Unis à la fin de la Seconde Guerre mondiale s'écroule sous nos yeux. Les Etats-Unis modifient les règles du jeu. Finalement, ce ne sont pas les Etats qui auront fanatiquement tout sacrifié au culte des "nouvelles technologies écologiques" qui auront leur place demain, mais ceux qui, appuyés sur une nation solide, auront la puissance de négocier.
mercredi 28 février 2018
Serebriakov: de l'impudence à l'aveuglement de l'intelligentsia russe
Depuis une dizaine de jours, l'acteur russe Alexeï Serebriakov fait parler de lui. Sur le mode traditionnel du dénigrement, il jette en pâture l'image d'une Russie brutale et d'un peuple dégénéré. Critiquant l'arrogance et la grossièreté, ne se rendant pas compte qu'il reproduit ce même schéma, celui tant attendu par l'Occident de la part d'un Russe. Mais ce qui attire le plus l'attention dans ces critiques, répétées et assumées, c'est l'impossibilité de voir le problème dans sa totalité: la dégradation du niveau culturel des sociétés contemporaines, qui est un fait, n'est pas un phénomène spécifiquement russe, mais global, consécutif aux mécanismes portés par la globalisation. Or, si l'intelligentsia est toujours prompte à attaquer "le pouvoir", elle est d'une cécité bassement soumise avec l'Occident.
mardi 15 août 2017
Camp décolonial: la nouvelle technologie politique adaptée à la France
La deuxième édition du Camp d'été décolonial, validé par le Conseil d'Etat, stigmatise les débats en cette période estivale, pourtant peu propice aux interrogations existentielles. Il est vrai que les interrogations ne sont pas particulièrement existentielles, alternant entre l'autruche du "chacun est libre" il ne faut pas être raciste, à la condamnation du racisme anti-blanc, que la justice refuse toujours de reconnaître.
Pourtant au-delà de cet aspect conjoncturel de la question, le Camp d'été décolonial est une technologie politique mondialisée, déjà testée pour toutes les révolutions à l'Est et au Moyen Orient, soutenues par l'incontournable Soros. Le poing levé est la marque de fabrication que l'on reconnaîtra infailliblement.
mardi 7 février 2017
De Fillon à Trump, quand la presse est entrée en guerre
La tension des rapports entre les journalistes et les politiques est concomitantes à l'existence de ces deux mondes, qui ont besoin d'un de l'autre, qui entretiennent des rapports ambigüs. Or, les journalistes doivent informer les lecteurs, ils leur doivent non seulement une présentation des faits complètes, mais des analyses sérieuses. Ce qui se passe dans la presse mondiale aujourd'hui laisse planer un doute sur la capacité du monde journalistique non seulement à prendre suffisamment de distance des politiques pour présenter les faits, mais même d'apporter un minimum d'analyse. Les journalistes ont pris parti, sont devenus des activistes. Se sont trahis, et nous au passage. Or, la blogosphère tant appelée ne pourra jamais compenser cette perte.
dimanche 1 mai 2016
Lugansk met la culture McDo en danger
L'idéologie américaine, dominante dans le monde, se retrouve dans une impasse. La "culture" qui la sous-tend et qui permet son expansion dans les autres pays ne peut et ne doit être remise en cause. Elle doit continuer à être considérée comme "neutre", comme "sienne", quel que soit le pays. McDo et le rock, pilliers du monde moderne, ne peuvent être remis en cause.Ce qui oblige à des réactions disproportionnées et contre-productives, signe distinctif des systèmes à tendance totalitaire.
dimanche 15 novembre 2015
Les attentats de Paris doivent être l'occasion d'une restauration de nos intérêts nationaux
Les attentats qui se sont produits à Paris dans la nuit du 13 au 14 novembre nous ont tous choqué au plus haut point, nous ont touché au plus profond de nous-même. Le choc passé, reste la douleur et la colère. Et il est à espèrer que cette fois-ci nous n'aurons pas droit à la grand messe politico-nationale stérile, qui comme nous venons de le voir, n'a rien réglé. Les grands élans orchestrés sont magnifiques, une fois.
La configuration du problème est plus large que celle de la bouille traumatisée d'un Président qui devrait commencer à gouverner. Il n'est jamais trop tard et il est vraiment temps. Au minimum, pour en pas laisser la place à un Premier ministre près à tous les extrêmes pour cacher l'impasse de la politique française - et pas seulement - actuelle: soit revenir à l'Etat et gouverner et protéger sa population, soit glisser dans les méandres nauséabonds de la mondialisation douceureuse, dans les profondeurs de laquelle se cache à merveille l'odeur du sang et de la boue.
Bref, replaçons dans leur contexte les évènements tragiques qui ont touché Paris et la civilisation européenne, et non le monde entier. Il y a la guerre contre le terrorisme. Mais les terroristes des uns ne sont pas ceux des autres, comme le montre la Syrie. Il y a la Syrie justement et des conférences qui ont quelques difficultés à déboucher sur des propositions réalistes et constructives. En toile de fond, il y a ce choix récurrent depuis les attentats du 11 septembre: nation ou mondialisation?
vendredi 11 septembre 2015
Glazyev v. Koudrine: la souveraineté financière contre la reddition mondialiste
Le rapport que doit remettre dans quelques jours S. Glazyev, conseiller du Président pour les questions économiques n'est pas encore sorti qu'il provoque déjà l'ire de la caste néolibérale influente. Car en effet, un crime risque d'être commis: proposer de réfléchir aux mécanismes d'une souveraineté financière à l'heure où il est évident que la Russie ne peut attendre aucune coopération profitable avec l'Occident. Il s'agit bien d'un crime. Un crime contre ces économistes intégrés dans les mécanismes globaux et off shores, mécanimes grâce auxquels ils vivent très bien, même si le pays, lui, le supporte moins bien.
jeudi 9 octobre 2014
M. Weber, Le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement : un traité cryptique aux origines oubliées et aux conséquences secrètement totalitaires
Russie Politics publie aujourd'hui un texte proposé par Michel Weber, philophe belge, spécialisé sur la pensée d'Alfred North Whitehead, proposant une réflexion approfondie sur les enjeux sous-jacents et rarement dévoilés du traité transatlantique. Enjeu fondamental pour une Europe face à un choix existentiel, dans le sens premier du terme.
jeudi 31 juillet 2014
Affaire Yukos suite: la CEDH et la privatisation de la justice
M. Khodorkovsky arrive à Berlin à sa libération de prison
Quel étrange concours de circonstances. Imaginez la situation. Une décision est rendue sur le fond de l'affaire en 2011, ne reconnaissant pas le caractère politique du procès contre l'entreprise de M. Khodorkovsky, Yukos, en Russie, mais reconnaît des violations de procédure et un manque de protection du droit de propriété. Pourtant, pas de peine prononcée, trouvez un arrangement. Pas d'arrangement, hier la Russie est condamée à une somme énorme. Hier, l'Argentine condamnée par un juge à New York dans une affaire contre un Fond d'investissement: elle n'avait pas négocié directement avec l'entreprise, donc le paiement est invalidé. Il y a quelques jours, la tribunal arbitral international condamne la Russie, toujours au profit des actionnaires Yukos, sur le fondement d'une Charte non ratifiée par la Russie. Quelle est cette tendance? Pourquoi faut-il à ce point mettre les Etats sur un pied d'égalité avec le business? Les Présidents doivent discuter avec les chefs d'entreprise. Comment la justice est subrepticement sortie du giron national?
vendredi 20 septembre 2013
Poutine réaffirme la souveraineté russe devant le Club Valdai: émergence d'une nouvelle gouvernance
Voir: http://www.youtube.com/watch?v=XZSG7dpDz5o
Lors de son discours devant les membres du Club Valdai et ensuite lors des réponses aux questions, le Président Poutine a non seulement réaffirmé la souveraineté russe, mais a voulu montrer la relativité de l'idéal démocratique.
Beaucoup de questions ont été traitées dans ce discours, nous en retiendrons une. Que signifie la souveraineté aujourd'hui?
En rappelant que la Russie est un Etat souverain dans un monde globalisé, V. Poutine a directement lancé une pique aux Etats européens, qu'il a qualifié, sans les nommer, d'Etats ayant abandonné leur souveraineté au profit de l'alignement atlantiste. Ce que, par exemple, la position de la France sur le dossier syrien démontre s'il en était encore besoin.
Car l'enjeu de nos Etats modernes est bien ici: trouver un juste milieu entre la mondialisation et la défense des intérêts nationaux, entre l'intégration et la confrontration. Qu'il s'agisse de la vie politique ou du développement économique, tout Etat est pris dans un maillage de plus en plus intense d'accords et d'obligations, qui peuvent mettre à mal la défense de ses intérêts nationaux. Car il sera le seul à vouloir et pouvoir défendre les intérêts de ses citoyens, aucun autre Etat ne le fera à sa place. Il ne sert à rien de critiquer les Etats Unis, la Russie ou même l'Allemagne, ils jouent leur jeu dans un monde globalisé. Ils remplissent leur mission, la mission pour laquelle un Etat est nécessaire.
La mise en place de ce nouveau mode de gouvernance en Russie a quelque peu destabilisé ses partenaires, européens ou américains, car la Russie est sortie du clivage classique de la soumission des années 90 ou de la confrontation soviétique. Si elle s'oppose, comme que le dossier syrien, elle propose une solution de sortie de crise. Si elle prévient quant à l'intégration de l'Ukraine dans l'UE, elle explique rationnellement sa position: la protection de son marché intérieur. Quand Snowden demande l'asile politiquz, elle ne saute pas sur l'occasion pour mettre à mal les Etats Unis, mais elle prévient, au contraire, qu'elle ne soutiendra pas une activité politique contre les Etats Unis, elle ne le recrute pas. Autrement dit, la Russie a changé les règles du jeu. Et le discours de ses opposants s'en trouve décalé.
Si la transition juridique a pris fin au début des années 2000 avec le fonctionnement régulier des institutions étatiques, la transition politique vient de s'effacer au profit d'une gouvernance rationnelle et forte, respectueuse du droit internationale et des intérêts intérieurs du pays.
Et ce nouveau modèle de gouvernance internationale n'a été possible qu'avec la fin du complexe de manque de démocratie. Il ne s'agit pas d'affirmer que tous les problèmes intérieurs de fonctionnement de l'Etat ont été réglés, mais de s'attacher rationnellement à leur résolution. Il s'agit également d'affirmer une hiérarchie de valeurs qui soit propre à la Russie, comme Etat souverain. Il s'agit également de regarder ces problèmes comme en partie inhérents au système démocratique, comme en partie hérités du passé propre de la Russie, sans remettre en cause les valeurs propres au pays. Dans tout système démocratique, la minorité doit reconnaître le pouvoir de la majorité, l'opposition russe doit s'y plier si elle veut réellement défendre l'idée démocratique. Il sera alors possible de sortir du clivage entre opposition systémique et non systémique: l'opposition fait partie du système, elle lui donne son équilibre, quand elle accepte les règles du jeu. Autrement dit, une distinction très forte a été formulée: on ne touche pas aux valeurs, mais l'on modernise les mécanismes.
Par ailleurs, il n'existe pas dans les faits de système idéal. La démocratie est un but qu'il n'est pas possible d'atteindre. Mais il doit y avoir un consens social, tout à la fois sur l'état des choses et sur les moyens d'améliorer le système. Sans toutefois tomber dans l'excès ou fanatisme, qui ne pourraient que détruire le système.
Autrement dit, si à l'époque le discours de Munich de V. Poutine avait positionné la Russie dans un nouveau tournant, ce discours-ci vient d'affirmer le retour de la Russie comme un des acteurs-clés, et sûr de lui, tant au niveau international qu'en matière de politique intérieure.
Inscription à :
Articles (Atom)









