La Grande-Bretagne, dans la suite des sanctions adoptées récemment contre la Russie pour montrer à la fois son indépendance (de l'UE) et son allégeance perpétuée au monde global atlantiste, vient d'accuser les services spéciaux russes d'avoir eu recours à des hackers pour voler les données du vaccin contre le Covid, développé par la Grande-Bretagne, le Canada et les Etats-Unis. Etrange accusation : si le danger est tel que l'humanité ait besoin d'un vaccin maintenant et tout de suite pour survivre, pourquoi alors les pays ne travaillent-ils pas ensemble ? Par ailleurs, ce qui découle de cette étrange approche politico-commerciale plus que sanitaire, le destin de l'humanité ne va pas dépendre de ce vaccin, nous ne sommes pas face au secret de la bombe atomique. Autrement dit, la sortie de la Grande-Bretagne sert surtout à conforter l'image de l'ennemi pour la Russie, lui faisant également comprendre que le fait de jouer le jeu du Covid n'en fait pas pour autant une alliée.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
vendredi 17 juillet 2020
jeudi 16 juillet 2020
Billet pavlovien : quand les populations doivent exiger le terrorisme sanitaire du coronavirus
Après la furie des masques, bonjour la furie des tests, en attendant celle des vaccins. Avec le coronavirus, on a réussi à développer les réflexes pavloviens dans nos sociétés terrorisées. Chacun s'insurge à qui mieux contre l'absence de dépistage du coronavirus pour voyager. Quelle chance que cette masse hystérique accélère l'avènement du Nouveau Monde. Allons au bout de la logique : seules les personnes saines ont le droit de voyager (pourquoi s'arrêter au coronavirus?); seules les personnes saines ont le droit de sortir de chez elles (pourquoi s'arrêter aux voyages?). Seules les personnes saines ont le droit d'exister. Ainsi, nous pourrons célébrer l'avènement de la société, qui doit être propre, belle. De l'humanité propre, nettoyée. Les vieux - interdits de sortie, c'est moche et en plus ça contamine. Les handicapés et les malades chroniques, idem. On teste tout : le SIDA, la grippe, les hépatites, constamment, toutes les maladies, pour sortir de chez soi et nous obtiendrons enfin un monde sûr - un monde inhumain.
mercredi 15 juillet 2020
Crash MH 17 : Ne pouvant prouver en justice la responsabilité de la Russie, les Pays-Bas se défaussent sur la CEDH
Alors que l'étrange procès aux Pays-Bas au sujet du crash du MH 17 le 17 juillet 2014 dans le Donbass n'a toujours débouché sur aucune décision de justice, mais que la Russie est déjà déclarée coupable par le tribunal politico-médiatique, le gouvernement néerlandais a déposé un recours interétatique devant la Cour européenne des droits de l'homme. Autrement dit, comme ils n'arrivent pas à aboutir une procédure juridiquement impossible, tous les moyens de pressions possibles sont mis en oeuvre pour accuser la Russie et renforcer l'image de l'ennemi, tout en faisant oublier le rôle de l'Ukraine. Puisque, rappelons-le, la zone de tir délimitée par l'enquête internationale comprend autant de territoires tenus par Kiev, que par les combattants du Donbass. Autrement dit, les 298 victimes sont prises en otage d'un combat géopolitique qui les dépasse et ne leur permet pas d'obtenir justice. Donc la paix. Ce n'est certainement pas cette nouvelle fuite en avant qui va régler la situation. Mais, que faire, construire le "bon" coupable prend du temps.
lundi 13 juillet 2020
Russie : L'étrange interpellation du gouverneur de Khabarovsk qui met le feu aux poudres
Il y a quelques jours, Sergueï Fourgal, gouverneur de la région de Khabarovsk, appartenant au parti d'opposition modérée de Jirinovsky le LDPR, a été interpellé pour avoir commandité des assassinats d'hommes d'affaires ... dans les années 2004-2005. Pas pour corruption, pour assassinats. Après tant d'années, cette démarche est assez surprenante, tant juridiquement que politiquement. Personne ne savait rien pendant tant de temps ? Et si l'on savait, alors pourquoi maintenant ? Cette décision, incomprise par la population et rentabilisée par l'opposition, a provoqué des manifestations sans précédent dans la région de Khabarovsk. Pourtant, des députés avec un passé douteux existent, et beaucoup dans ce parti. Mais cette affaire prend une tournure (géo)politique inhabituelle. Une affaire étrange qui va être utilisée à 200%, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, surtout après le vote de la réforme constitutionnelle et en période d'impossible transition du pouvoir.
vendredi 10 juillet 2020
Billet : Pourquoi il est dans l'intérêt de la Russie d'intégrer aujourd'hui le Donbass
Si la guerre en Ukraine est une guerre civile, les enjeux sont globaux. Le Donbass, qui a refusé le coup d'Etat du Maïdan en 2014 et est entré en rébellion, revendique son appartenance au monde russe. Juridiquement, son statut juridique est complexe, car la destruction de l'Etat ukrainien en 2014 pose la question de la sortie légitime du Donbass de son giron, au même titre que la Crimée. Mais si la Russie a réussi à prendre rapidement la décision politique d'intégration de la Crimée, la situation dans le Donbass s'éternise. La population et les dirigeants locaux n'envisagent pas de revenir dans le giron de Kiev, les présidents ukrainiens s'enchaînent et se ressemblent, pendant que les décisions sont prises ailleurs. Et la Russie ne se décide toujours pas à se décider - dans un sens ou dans l'autre. Des figures politiques se prononcent pour, quand Kozak, chargé par Poutine du conflit ukrainien en Russie, déclare que l'intégration du Donbass n'a jamais été pas officiellement discutée. Pendant ce temps, les populations civiles sont prises en otage. Pourtant, il est aujourd'hui dans l'intérêt stratégique de la Russie d'intégrer le Donbass.
mercredi 8 juillet 2020
Russie : peut-être expliquer aux journalistes la différence entre la liberté d'expression et l'espionnage pour l'OTAN
La communauté journalistique russe semble avoir été bien prise en main - de l'extérieur. Deux affaires récentes, l'une concernant des passeports cachés d'un directeur de médias d'opposition et l'autre une collaboration avec des services secrets de pays de l'OTAN. Le plus surprenant dans ces histoires est le soutien de la corporation, qui semble incapable de faire la différence entre la liberté d'expression, l'étique professionnel, l'activisme politique et l'espionnage. En effet, peu importe l'espionnage aujourd'hui comme hier le trafic de drogue avec Golounov peu importe la manipulation de l'opinion publique et l'implication dans les mouvements contestataires, le "journaliste" en Russie serait au-dessus des lois, en vigueur uniquement pour le commun des mortels, catégorie qu'il regarde de haut. En cela, parfaitement défendu par les Etats-Unis, qui voient, Ô surprise, une atteinte à la liberté de la presse dans l'arrestation d'un individu travaillant désormais à Roscosmos et ayant transmis des informations militaires à l'étranger. Soit, les Etats-Unis sont dans leur rôle, mais que se passe-t-il avec les milieux journalistiques russes, confondant indépendance et opposition, opposition au pouvoir et opposition au pays.
mardi 7 juillet 2020
Le "style Magnitsky" des sanctions : La Grande-Bretagne post-Brexit revendique la globalisation
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| Dominic Raab, ministre des Affaires étrangères, devant le Parlement |
La Grande-Bretagne, après le Brexit, vient d'adopter sa propre liste de sanctions, comme une grande, puisque maintenant elle est censée être autonome. Evidemment pour défendre les droits de l"homme. Evidemment contre les Méchants, qui sont toujours les mêmes (la Russie en tête). What else? La Grande-Bretagne affirme sa place dans le monde global. Son choix n'a donc rien de très original, ni étonnant, Magnitsky est remis au goût du jour, l'allégeance globaliste et anti-russe n'est en rien remise en cause ni par le Brexit, ni par la tentative d'instauration d'un nouveau monde, qui ressemble terriblement "l'ancien", simplement masqué avec quelques points de PIB en moins. Faire de Magnitsky un "Soljenitsyne" des temps modernes, il fallait oser. Dominic Raab son ministre des Affaires étrangères, a osé. Sans prendre le risque d'autoriser le film de l'opposant russe Andreï Nékrassov, qui dévoile les dessous de l'affaire et met en avant une autre version, qui n'a rien à voir avec cette Russie tuant en prison un individu qui aurait trouvé des éléments la compromettant. Film interdit au Parlement européen sous pression de Browder, du fameux fonds Hermitage Capital. Film déprogrammé également par Arté. Que ceux qui croient au nouveau monde continuent à se masquer - la vue, pour le reste, tout continue comme avant. Merci à la Grande-Bretagne d'ôter à la Russie ses dernières illusions. Celle-ci n'est jamais aussi forte que les yeux grands ouverts.
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