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mercredi 2 octobre 2013

Un nouvel impôt pour le patriotisme économique?

Voir: http://izvestia.ru/news/557989

Quand vous produisez russe, maintenant il va falloir l'assumer et l'afficher. Un député Edinaya Rossiya propose un projet de loi visant à l'établissement d'une taxe symbolique sur la production russe qui prend une appellation à connotation étrangère. Les réactions ne sont pas tendres ...

La dernière idée pour relancer l'économie russe semble être celle d'imposer à hauteur d'environ 1% la production russe qui se cache sous une appellation étrangère. En effet, déjà à l'époque soviétique le consommateur russe ou soviétique était plus attiré par la production étrangère et cela n'a pas changé. Les entrepreneurs nationaux, dans la foulée et pour faciliter la vente de leur production, leur donne donc une appellation étrangère.

Les députés estiment qu'il est temps de changer les habitudes et de valoriser la production intérieure. Pour sa part, le business trouve la mesure, au minimum, inapropriée alors que les discours vont dans le sens d'une amélioration du climat d'investissement.

Il est vrai que ce type de mesures est fortement marquée par la démagogie et apportera peu en terme de relance économique. Les députés reverront peut être leur copie lors des débats parlementaires.

mardi 13 novembre 2012

Droit de propriété, intérêt public et corruption: le débat s'enlise autour des projets de loi

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2065587
http://svpressa.ru/society/article/60688

Deux projets de loi sont actuellement en discussion à la Douma, l'un visant à renforcer la responsabilité des fonctionnaires en cas de violation de leur obligation de déclaration de patrimoine et de ressource, le second, plus radicale, vise à interdire complètement le droit de posséder des biens immobiliers et des comptes bacaires à l'étranger pour ces personnes.
 
Sur ce second aspect, à l'initiative du Front populaire de V. Poutine, nombre d'institutions se sont prononcées défavorablement (Gouvernement, Cour suprême, Cour des comptes, Association des juristes de Russie), appelant à la protection constitutionnelle du droit de propriété.
 
Et l'argumentation développée par les initiateurs du projet de loi est surprenante. On y trouve un mélange des genres. A la fois il faut lutter contre la corruption, ne pas soutenir les économies étrangères (appel au patriotisme économique) et ne pas permettre à des personnes ayant parfois accès à des secrets d'Etat de se mettre en situation compromettante.
 
Il faudrait quand même faire le tri. Quand les démonteurs du projet de loi parle du soutien que doit obtenir le petit fonctionnaire local, ce n'est pas sérieux. Lui, n'aura jamais une maison de campagne sur les hauteurs de Nice. Et même s'il en a une, il n'a pas accès aux secrets d'Etat. Quel est donc le critère? Toute classification juridique doit se faire en raison de critères objectifs. Ici, ils n'existent pas.
 
La question centrale est quand même, dans le cadre de la lutte contre la corruption, puisqu'il s'agit rappelons-le, de cela à la base, de savoir comment le bien a été acquis. Légalement ou non. Le patrimoine immobilier de cette personne correspond-il aux revenus de sa famille? Si tel n'est pas le cas, peut importe que le bien soit en Russie ou à l'étranger, il faut sanctionner, mêmes si les moyens juridiques varient en fonction de la localisation du bien. Mais pourquoi priver a priori un individu de son droit de propriété? Pourquoi lutter plus contre les éléments étrangers de corruption? C'est une démagogie facile et inefficace.
 
Et s'il faut protéger les secrets d'Etat en limitant le droit de propriété d'une certaine catégorie de personne, pour laquelle la possession d'un bien immobilier ou d'un compte bancaire à l'étranger peut réellement présenter un danger, dans ce cas il faut réguler la question indépendamment de la lutte contre la corruption, puisque le problème est autre.