Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
mercredi 11 avril 2012
Pas de grace, mais une possible amnestie: on relance le débat
vendredi 16 mars 2012
Des décisions de justice a priori politiques: l'affaire A. Kozlov
- Quand Olga Romanova vitupère en faveur de l'indépendance de la justice, le fait-elle dans l'intérêt du système ou pour la libération de son mari? Autrement dit, le système judiciaire sera-t-il indépendant à ses yeux lorsqu'il aquittera son époux ou lorsqu'il examinera objectivement l'affaire, au risque de le condamner?
- Quand, lors des grands meeting, dans lesquels elle a pris une part importante pour l'organisation, s'agit-il de défendre les intérêts de la population qui veulent une normalisation du système russe ou de renforcer le bruit autour de l'affaire de son époux?
- Enfin, une affaire peut-elle se juger dans la rue? Peut-on alors réellement parler de Justice?
Et d'une manière générale, en ce qui concerne l'indépendance de la justice, on peut se demander dans quelle mesure il est intellectuellement honnête d'analyser l'indépendance de la justice au regard d'un jugement concret: si le jugement est rendu conformément à nos voeux, la justice est indépendante, dans le cas contraire elle est truquée. Cette approche fausse le débat. Et ne joue pas en faveur d'une réelle indépendance de la justice, mais renforce le nihilisme juridique.
Mais cela donne un éclairage intéressant de la question: la justice est a priori politique, la justice est a priori dépendante. Et peu importe les jugements rendus. Et peu importe la publication des jugements. Leur motivation. Les caméras vidéos. La justice est a priori injuste.
Parce qu'elle manque de légitimité. Parce qu'elle a été instrumentalisée dans certaines affaires par le pouvoir. Parce qu'elle est instrumentalisée dans d'autres affaires par les parties.
Elle manque de légitimité aussi parce que le contexte politique ne permet pas une rotation du pouvoir. Le roulement des personnalités qui appartiennent aux même milieux de pouvoir ne permet pas un réel pluralisme politique, libérant les juges.
Bref, la question de l'indépendance de la justice est une question systémique qui ne peut se résoudre que dans le cadre d'un libéralisme politique réel. Alors les jugements deviendront légitimes. Et l'Etat et la société en ressortiront renforcés.