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mardi 30 octobre 2012

Edinaya Rossiya : discussion sur un grand nettoyage dans ses rangs

Voir: http://izvestia.ru/news/535560

La discussion sur la nécessité de retirer les mandats parlementaires aux députés exerçant une activité commerciale se cristallise au sein de Edinaya Rossiya, au moment où l'opposition publie de plus en plus de matériel contre certains députés. Pour autant, un accord au sein du parti, concernant la conduite à tenir, n'est pas trouvé. La direction du parti est pour une sanction de ces députés, le président de la fraction à la Douma tend plutôt à défendre ses collègues.
 
Selon Vorobyev, les informations diffusées par Spravedlivaya Rossiya ne constituent pas une preuve de l'activité commerciale des députés Edinaya Rossiya. Et tant qu'il n'y a pas de preuve, il n'y a pas de raison de sanctionner un député. Pourtant, certains députés ont déjà rendu leur mandat, volontairement, sans attendre qu'une procédure ne soit ouverte à leur encontre.
 
Pour sa part, le secrétaire conseil général du parti Edinaya Rossiya, S. Neverov, estime qu'il ne doit pas y avoir de compromis, la loi est la même pour tous. Retirer leur mandat aux députés ayant une activité commerciale est dans l'intérêt et de la Douma et du pays.
 
Les représentants des autres partis sont plus divisés sur la question. Selon le président de la fraction parlementaire Spravedlivaya Rossiya, pour raison d'activités commerciales, il est possible de mettre à la porte la moitié de la Douma. Pour les communistes, ce combat à Edinaya Rossiya entre les plus radicaux et les timorés n'est qu'une façade, ils jouent pour le public. De toute manière, ils prendront la décision qui sera demandée par le Kremlin. Pour le LDPR, la loi est la même pour tous, mais le plus important est la volonté politique de la mettre en oeuvre. Selon Neverov, la position de V. Poutine et de D. Medvedev est claire: s'il y a des éléments prouvés d'activités commerciales, le mandat doit être retiré, sans exception possible.
 
A suivre ...

mardi 26 juin 2012

Les élections des gouverneurs se passeront selon le scénario prévu: sans alternative

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1966431

Malgré l'adoption de la loi sur les partis politiques, malgré la réforme des élections des gouverneurs au suffrage universel direct, rien de fondamental ne changera. Et c'est bien ce qui était prévu, si l'on oublie un instant la démagogie ambiante.

Dans les régions où ces élections doivent avoir lieu, seul le parti communiste est à même de promouvoir parfois des candidatures autonomes, Spravedlivaya Rossiya doit conclure des accords de coalition, LDPR refuse de se prononcer, quant aux partis libéraux, il n'est même pas nécessaire d'en parler. Bien sûr, Edinaya Rossiya avance la possibilité pour ces partis de contacter les députés indépendants, mais qui sont, comme chacun le sait parfaitement, sous contrôle des administrations locales. Résultats, les candidats aux élections des postes de gouverneur ne peuvent être présentés sans la signature de députés d'Edinaya Rossiya, donc sans l'accord du pouvoir.

Belle avancée en matière de démocratie locale!

La raison principale de ce blocage vient de l'existence des filtres locaux, obligeant les candidats potentiels à réunir un certain pourcentage de signatures d'élus locaux. Dans l'Oblast de Novgorod, il est de 10%, dans celui d'Amourskaya il est de 7% et de 5% à Belgorod. Or, en moyenne, Edinaya Rossiya a environ 62% d'élus locaux, pour 30% d'indépendants et 6-7% pour l'opposition prise dans sa totalité. Selon les données du parti communiste, en Russie, il y a à présent environ 141,3 milles élus locaux, dont 7067 communistes, soit 5%. Le débat électoral risque ainsi de se réduire à une opposition Edinaya Rossiya / Parti communiste, si le parti au pouvoir ne décide pas dans certaines régions de soutenir d'autres partis pour donner une impression de pluralisme.

La réforme politique obtient ainsi l'effet escompté. Il est possible de créer des partis politiques sans problèmes majeurs, mais leurs membres ne peuvent pas participer à la vie politique, c'est-à-dire aux élections. Ils sont donc condamnés à disparaître rapidement, après avoir suffisamment désorganisé le paysage politique, dispersé les voix d'opposition, le tout profitant aux partis déjà installés, et principalement au pouvoir qui va ainsi très facilement pouvoir renforcer sa position dans les régions, tout en bénéficiant d'une certaine légitimité électorale. Il est dommage que les représentants de l'opposition et les différents organes, conseils, chambre etc n'aient pas réellement analysé les conséquences des réformes qu'ils appelaient de leurs voeux ...

lundi 14 mai 2012

Une union des forces d'opposition encore très hypothétique

Voir: http://www.izvestia.ru/news/524091
I. Iachine propose la mise en place d'une plateforme commune qui regrouperait tous les partis d'opposition afin de ne présenter qu'un candidat commun aux différentes élections, sur la base de primaires dont l'organisation pourrait être prise en charge par La ligue des électeurs.
Mais cette idée pose de nombreuses questions.
Tout d'abord, il s'agit de regrouper des partis très différents, de droite, de gauche, d'extrême droite ou gauche. Que peuvent-ils avoir en commun? S'il est possible de se regrouper dans une manifestation, qui est un mouvement contestataire, une élection est un processus de construction. Ils doivent pouvoir dégager un programme commun, avec des buts, des moyens concrets de mise en oeuvre de ces buts. Et l'idée tout sauf Edinaya Rossiya n'est pas un programme.
Ensuite, les partis qui pourraient y entrer sont différents également de point de vue de leur taille. Si ce procédé peut aider les petits partis qui ne peuvent avoir de répresentation  et de candidats dans tout le pays à entrer dans la vie politique, quel est l'intérêt des grands partis, comme le parti communiste ou LDPR? Aucun. Ils ont une base électorale réelle qui n'est pas présente que sur Facebook, ils ont un potentiel humain leur permettant de présenter des candidats à toutes les élections. Et ils n'ont aucun intérêt à soutenir le développement et le renforcement de partis concurrents. Ni de se noyer dans une mare politique. L'espace politique est un espace hautement concurrentiel et il n'y a aucune logique à permettre à un concurrent de se renforcer, donc de vous affaiblir.
Il semblerait que l'opposition aujourd'hui ne comprenne pas très bien les règles du jeu politique. Elle voulait une modification de la législation pour pouvoir créer librement de nouveaux partis, elle l'a. Mais maintenant elle est confrontée à une réalité incontournable: une élection ne se prépare ni ne se gagne dans la rue. Il faut construire un programme, aller vers les électeurs, les convaincre et comprendre leurs attentes. C'est un processus qui prend du temps et de l'énergie. Créer un parti ne donne pas automatiquement le droit de gagner une élection.

mardi 20 décembre 2011

L'opposition veut sa place à la Douma

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1842680 et http://www.kommersant.ru/doc/1842222

La répartition des postes de direction à la Douma ne se passe pas aussi bien que Edinaya Rossiya l'aurait voulu. Les partis d'opposition veulent rentabiliser leurs résultats électoraux et récupérer des directions de comité, ce qui n'a rien d'inattendu en fait.

Si Edinaya Rossiya a cédé certains comités, beaucoup estiment qu'elle garde le contrôle des aspects les plus importants de la vie politique russe, comme la sécurité ou le budget, et laisse uniquement ce qui aura peu d'influence sur le processus législatif.

Pour l'instant, un accord a été trouvé sur le nombre de comités (29 et non 32 comme avant), dont 15 seront dirigés par Edinaya Rossiya, 6 par les communistes, 4 par LDPR et 4 par Spravedlivaya Rossiya.

Et dans ce combat, Narychkine devient une monnaie d'échange. En d'autres termes, les fractions voterons pour lui, si elles obtiennent ce qu'elles veulent en matière de direction de comités. Après la réunion d'aujourd'hui, le représentant Edinaya Rossiya affirme qu'un accord a été trouvé. Mais les autres partis ne confirment pas. Bien au contraire et vont présenter leurs propres candidatures au vote.

Les communistes revendiquent différents comités comme l'éducation ou l'agriculture. LDPR veut notamment le comité international. Quant à Spravedlivaya Rossiya, ils estiment avoir beaucoup de professionnels et n'avoir pratiquement rien reçu.

Cet échange d'armes est le premier test pour Edinaya Rossiya. Sauront-ils négocier? Pour l'instant, le résultat n'est pas concluant. Mais d'ici peu, les cartes seront posées et alors un premier bilan pourra être tiré: le pouvoir a-t-il réellement pris consience de la montée en puissance des voix d'opposition? Aura-t-il l'intelligence - ou l'instinct de survie - de renforcer l'opposition systémique pour affaiblir l'opposition non systémique, plus virulente et dangereuse pour lui?

lundi 5 décembre 2011

La victoire relative d'Edinaya Rossiya

Ce dimanche se sont tenues les élections législatives en Russie, où la victoire du parti Edinaya Rossiya était attendue, mais la question était de savoir s'il pourrait obtenir la majorité qualifiée lui permettant, comme précédemment, de mener les réformes sans avoir besoin du soutien des autres partis représentés à la Douma.

Or, selon les premiers résultats, Edinaya Rossiya obtient autour de 49% des voix, contre 64,3% en 2007. Ces résultats vont obliger le parti à former des coalitions autour de certains de ses projets pour faire passer les textes. Ce à quoi ses membres ne sont pas habitués. L'opposition parlementaire va avoir la possibilité de démontrer sa volonté - ou non - de corriger le cours politique proposé par la majorité. Ils auront, en effet, soit la possibilité de continuer, comme par le passé, à soutenir sans mots dire les projets de loi du pouvoir, soit la possibilité et les moyens de s'autonomiser du pouvoir. La Douma va enfin pouvoir devenir un lieu de débat et de décision.

Autrement dit, ces élections donnent une chance unique au pays et aux partis politiques. Celle de développer enfin le parlementarisme. Celle de développer la vie politique. Celle d'avoir une opposition intégrée et constructive. Beaucoup va dépendre des représentants de l'opposition. Plus que de la volonté d'Edinaya Rossiya, qui elle n'a pas le choix. Mais vont-ils relever le défit?

Cette situation est d'autant plus favorable aux autres partis de la Douma qu'ils ont obtenus des résultats très appréciables. Le Parti communiste reste le deuxième parti de l'Assemblée et renforce sa position avec plus de 20% des voix contre 11,57% en 2007. De même, Spravedlivaya Rossiya fait un score étonnant. Il y a peu de temps de cela, les sondages d'opinion l'estimait autour de 6%, ce qui ne lui permettait pas d'être présent à la Douma. Juste avant les élections, il était donné à 8%. Hier, il a obtenu environ 13% des voix. Le parti de Jirinovsky, LDPR, obtient aussi un excellent résultat avec plus de 14% des voix contre 8,14% en 2007.

Les partis politiques ont désormais les moyens et la légitimité de mettre en place un véritable jeu politique pour que la politique du pays puisse représenter et répondre à toutes les attentes de la population.

La question sociale suite à la crise économique a certainement favorisé le vote de "gauche" (parti communiste et Spravedlivaya Rossiya), mais elle a également renforcé la tendance nationaliste que l'on voit avec l'augmentation des résultats du LDPR. La manière dont Edinaya Rossiya a mené la politique de gestion de crise, qui a permis de limiter les effets nocifs, mais de redonner de l'espoir dans une réelle sortie de crise explique aussi en partie la baisse de ses résultats. La lassitude de la population et le besoin normal et naturel de changement.

Les réflexes de pouvoir vont devoir s'adapter à cette nouvelle donne. Et répétons le, la Russie a une chance incroyable de pouvoir faire évoluer pacifiquement son régime politique vers une normalisation de la vie politique et une plus grande démocratisation. Espèrons que cette chance sera saisie!