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jeudi 20 janvier 2022

Billet donbassien : les Communistes russes posent la question de la reconnaissance par la Russie des républiques du Donbass


En déposant un projet de résolution parlementaire demandant au Président russe de reconnaître officiellement les républiques autonomes de Donetsk et de Lougansk, les députés communistes obligent à clarifier le débat politique intérieur, à ce jour très ambigu sur la question. Car si la Russie soutient effectivement ces républiques, surtout sur le plan humanitaire et technique, elle s'accroche de toutes ses forces, et au-delà semble-t-il du raisonnable, aux moribonds accords de Minsk, largement foulés aux pieds par l'Ukraine. Les autorités russes, ainsi, refusent à ce jour d'envisager toute reconnaissance officielle ou encore pire, une possible intégration du Donbass. Mais cette position défensive est-elle encore adaptée à la situation géopolitique ?

vendredi 26 novembre 2021

La Russie commettra-t-elle l'erreur d'ouvrir la chasse à l'opposition politique ?


L'affaire qui se monte autour du député communiste Rachkine, sachant que cette personnalité est à la pointe de la lutte contre les dérives covidistes et globalistes qui affaiblissent la Russie, telles que l'enseignement à distance, la furie vaccinale, le pass sanitaire (QR Code), peut profondément influencer le paysage politique russe. Rachkine vient de tomber pour une histoire de chasse dite illégale, seul (alors qu-il s'agit d'une chasse collective), immédiatement surmédiatisée. En ouvrant la chasse à l'opposition politique, puisque depuis les dernières élections, les élus communistes font l'objet d'interpellations à tous les niveaux, le pouvoir actuel en Russie est à la fois en train de renforcer la vie politique intérieure et de créer l'instrument de sa chute - une opposition, politique, réelle et nationale.

lundi 25 décembre 2017

P. Groudinine, le candidat surprise des communistes aux présidentielles russes


Le 17e Congrès du Parti communiste a soutenu pour les élections présidentielles de 2018 la candidature, soudainement présentée par Ziouganov lui-même, d'un inconnu en politique, Pavel Groudinine, ayant pendant plusieurs années fait partie d'Edinaya Rossiya (Russie Unie) et toujours pas membre du PC. A la tête d'une grosse entreprise agricole privatisée à la chute de l'URSS, le managment s'invite aussi chez les communistes.

samedi 25 juillet 2015

Ukraine: interdiction du Parti communiste


L'Ukraine, continuant sur sa voie, vient encore de réduire le champ de l'opposition légale en interdisant d'un coup les trois partis communistes. Je serais curieuse de voir la réaction des déuptés communistes dans les pays européens et ceux de gauche à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Pourquoi eux aurait-il le droit d'exister? Ils doivent soit réagir officiellement et défendre le pluralisme politique, soit reconnaître que l'Ukraine est une zone de non-droit. Mais c'est déjà clair, il n'y aura aucune réaction. C'est l'Ukraine.

lundi 7 avril 2014

Novossibirsk, la 3e ville russe passe dans l'opposition

 

Voir: http://lenta.ru/news/2014/04/06/novosib/
http://www.gazeta.ru/politics/2014/04/07_a_5982605.shtml


Анатолий Локоть
Anatoly Lokot, nouveau maire de Novossibirsk

Le 9 janvier 2014, l'ancien maire de Novossibirsk, "capitale" de la Sibérie et 3e ville du pays, démissionne de la mairie en devenant vice-gouverneur de la région. Après de nombreuses péripéties médiatiques, une grande hésitation quant aux résultats définitifs, le candidat communiste de l'opposition, A. Lokot, gagne de justesse avec 43,75% des voix contre 39,57% pour le candidat Edinaya Rossiya, V. Znatkov.
 
Il est intéressant de souligner la prise de consience politique, dans le bon sens du terme, de l'opposition en la circonstance. Au départ, 35 prétendants avaient déposé leur candidature, 17 furent enregistrés. Si l'on ne tient pas compte des candidats fantaisistes, l'éclatement du nombre des candidats provoque également l'éclatement des résultats. Après un sondage d'opinion, montrant que le candidat communiste était le mieux placé pour gagner les élections face au candidat de la majorité, 5 opposants se sont retirés et lui ont exprimé leur soutien, dont le député Ponomariev, et un a tout simplement retiré sa candidature.
 
Les réusultats des élections dans cette ville importante montrent deux chosent. Tout d'abord, que malgrè la loi populiste lancée par Medvedev pour contenter une opposition naïve, ce n'est pas la multiplication infinie des partis politiques qui garantie la victoire de l'opposition. Cette loi ne permet que de renforcer, dans les faits, la position des partis classiques. Ce qui est somme toute normale, les citoyens sont avant tout intéressés à une gestion sérieuse de leur ville et pas à de grands slogans politiques. Ensuite, seule la coalition des opposants, ouvrant la voie à celui qui a le plus de chance, est un gage de victoire. Une victoire tout à fait possible, réaliste et réalisée. Ce qui montre que la faiblesse de l'opposition en Russie tient plus à des facteurs intérieurs qu'à la rigidité d'un système qui lui fermerait la porte au nez.

mercredi 25 septembre 2013

2 millions de citoyens russes et une bonne centaine de députés veulent le départ du Gouvernement

Voir: http://izvestia.ru/news/557575

Les jours du Gouvernement sont-ils comptés? C'est à en douter, mais ils seront difficiles. Les communistes, avec le soutien d'autres députés, veulent initier un vote de confiance au Gouvernment. Ils peuvent obtenir le vote, mais pourront-ils provoquer la démission du Gouvernement, la question reste ouverte.
 
Même si certains analystes politiques estiment que la démarche du Parti communiste est uniquement une opération de communication, il faut rappeler que 2 millions de citoyens russes ont signé la pétition demandant le départ du Gouvernement (et les signatures continuent à affluer). Nous sommes dès lors très loin de faux-problèmes médiatisés.
 
Au départ, les communistes ne voulaient demander que le départ du ministre de l'enseignement et de la recherche, mais suite à la manière dont l'Académie des sciences a été traitée et face au projet de budget préparé par le Gouvernement, ils se sont décidés pour demander la démission du Gouvernement dans son ensemble.
 
Formellement, il suffit de 90 députés pour pouvoir inscrire ce vote à l'ordre du jour. A ce jour, 101 députés sont prêts à agir (92 communistes et 9 députés du parti Spravedlivaya Rossiya). Mais certains députés, même appartenant à Edinaya Rossiya (surtout les membres du Front populaire de Poutine) sont prêts à se joindre au mouvement, si le PC développe un programme d'action convainquant pour "l'après-Gouvernement". Dans l'ensemble, 120-130 signatures sont attendues, une grande partie des députés, toutes franctions confondues, étant d'accord sur le fait que le Gouvernement, dans sa composition actuelle, n'arrive pas à remplir correctement ses fonctions.
 
Il y a effectivement peu de chances que le vote aboutisse au départ du Gouvernement, mais si ce vote a lieu, ce sera un signal politique très fort, d'autant plus que le Gouvernement est souvent critiqué par la présidence. Serait-ce là le fondement tant attendu?

mercredi 27 mars 2013

Le parti parti communiste attaque les élections parlementaires devant la CEDH

Voir: http://izvestia.ru/news/547474

Après s'être vu opposé un refus devant les juridictions internes russes, le parti communiste dépose un recours contestant les résultats des élections parlementaires de 2012 devant la Cour européenne des droits de l'homme.
 
Ayant tiré les leçons de leur précédente tentative de 2003, où ils avaient contesté la validité des résultats électoraux dans leur ensemble et s'étaient vu opposé un refus de la CEDH, les violations n'ayant pas eu un effet significatif sur les résultats, cette fois-ci, ils n'attaquent que les résultats de la république de Mordovie.
 
L'enjeu concerne donc l'élection de ... 3 députés. Ils espèrent que la CEDH leur donnera raison, que les élections de Mordovie seront annulées, que ces députés devront restituer le salaire perçu pour cette période, qu'ils perdront leur mandat et que le décompte des voix lors de l'adoption des projets de loi devra être recompté.
 
On a envie de dire, tout ça pour ça.
 
Evidemment, ils expliquent également leur geste par l'envie de mettre l'accent sur les insuffisances du système électoral russe et la nécessité pour le pouvoir d'en prendre conscience. On peut toutefois douter de l'efficacité d'une telle mesure.

mardi 4 décembre 2012

Le Parti communiste va saisir la Cour suprême de la légalité des élections parlementaires de 2011

Voir: http://www.vedomosti.ru/politics/news/6768711/rabota_dlya_istorii?full#cut

Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Quoi que ... Un an après, quand aucun résultat tangible ne peut en être attendu, sauf peut être la fixation des faits pour l'Histoire. Le Parti communiste va saisir la Cour suprême pour contester la validité des élections parlementaires de 2011, s'appuyant, traditionnellement, sur l'inégalité de situation des partis politiques lors de la campagne électorale, l'utilisation des ressources administratives au profit de Edinaya Rosiya et les falsifications de résultats.
 
Le Parti communiste avait déjà saisi la Cour suprême à l'époque pour les élections de 2003 et 2007 sans obtenir gain de cause, position défendue également par le CEDH, qui a estimé que les partis d'opposition ont eu accès aux médias.
 
Le Parti communiste a réuni beaucoup d'informations sur les falsifications, les problèmes du vote par procuration, des bureaux de votes mobiles, etc., sachant très bien que cela n'entre pas dans la compétence de la Cour suprême, mais des juridictions locales dont dépendent les bureaux de vote concernés. Donc le Parti communiste, en toute connaissance de cause, adresse un recours en parti infondé.  Pourquoi ne pas agir en temps voulu devant les juridictions compétentes?
 
En ce qui concerne la couverture médiatique de la campagne électorale, il y a eu une tentative d'innovation. Afin de contrer l'argumentation de la CEDH, le Parti communiste ne s'arrête pas au pourcentage de répartition médiatique (67% en faveur de Edinaya Rossiya selon ses comptes), mais il veut toucher le fond de la question: comment les évènements politiques sont couverts par les médias, quelle appréciation en est donnée etc. De cette manière, les requérants espèrent convaincre, manifestement non seulement la Cour suprême, mais dans une perspective européenne.
 
Toutefois chacun s'interroge sur l'intérêt d'un tel recours ... maintenant. Personne ne lui accorde de grande importance, même si ensuite la CEDH soutient le recours, au mieux il pourra être pris des amendes contre la Russie, mais les élections ne peuvent être remises en cause. Quant à Iabloko, ils s'étonnent du temps qu'a pris le Parti communiste pour agir, alors qu'ils leur avaient proposés il y a déjà longtemps d'agir.
 
Cela aurait eu plus de poids. Cela aurait pu être plus efficace. Mais peut être est-ce là le problème?

mardi 30 octobre 2012

Edinaya Rossiya : discussion sur un grand nettoyage dans ses rangs

Voir: http://izvestia.ru/news/535560

La discussion sur la nécessité de retirer les mandats parlementaires aux députés exerçant une activité commerciale se cristallise au sein de Edinaya Rossiya, au moment où l'opposition publie de plus en plus de matériel contre certains députés. Pour autant, un accord au sein du parti, concernant la conduite à tenir, n'est pas trouvé. La direction du parti est pour une sanction de ces députés, le président de la fraction à la Douma tend plutôt à défendre ses collègues.
 
Selon Vorobyev, les informations diffusées par Spravedlivaya Rossiya ne constituent pas une preuve de l'activité commerciale des députés Edinaya Rossiya. Et tant qu'il n'y a pas de preuve, il n'y a pas de raison de sanctionner un député. Pourtant, certains députés ont déjà rendu leur mandat, volontairement, sans attendre qu'une procédure ne soit ouverte à leur encontre.
 
Pour sa part, le secrétaire conseil général du parti Edinaya Rossiya, S. Neverov, estime qu'il ne doit pas y avoir de compromis, la loi est la même pour tous. Retirer leur mandat aux députés ayant une activité commerciale est dans l'intérêt et de la Douma et du pays.
 
Les représentants des autres partis sont plus divisés sur la question. Selon le président de la fraction parlementaire Spravedlivaya Rossiya, pour raison d'activités commerciales, il est possible de mettre à la porte la moitié de la Douma. Pour les communistes, ce combat à Edinaya Rossiya entre les plus radicaux et les timorés n'est qu'une façade, ils jouent pour le public. De toute manière, ils prendront la décision qui sera demandée par le Kremlin. Pour le LDPR, la loi est la même pour tous, mais le plus important est la volonté politique de la mettre en oeuvre. Selon Neverov, la position de V. Poutine et de D. Medvedev est claire: s'il y a des éléments prouvés d'activités commerciales, le mandat doit être retiré, sans exception possible.
 
A suivre ...

vendredi 5 octobre 2012

Renforcement du combat aux élections des députés de Tver

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2037270

Le secrétaire du PC, député à la Douma de Tver, V. Soloviev, s'est adressé au Président V. Poutine et au Procureur général G. Tchaïka, afin qu'ils vérifient les allégations du Gouverneur de Tver à l'encontre des communistes du point de vue de l'incitation à la haine sociale.
 
Le Gouverneur A. Chevelev, en s'adressant aux électeurs au nom du parti Edinaya Rossiya qu'il dirige dans la région, a, en substance, appelé les communistes et leurs candidats ennemis de la Russie en général et de Tver en particulier. Des ennemis qu'ils faudraient couler dans l'asphalte, ce qui règlerait tous les problèmes de la région.
 
Selon A. Chevelev, les communistes sont actuellement en situation délicate, et ils veulent ainsi se faire de la publicité.
 
Il faut rappeler que les élections à Tver sont celles qui concentrent le plus de candidats par siège. Pour 33 mandats, il y a 706 candidats. 610 d'entre eux sont portés par 12 partis politiques, sachant que 17 sur les 33 sièges sont attribués sur listes présentées par les partis). En dehors des partis de la Douma d'Etat, on retrouve également Iabloko, le parti des femmes de Russie, les patriotes de Russie ...
 
Deux partis, selon le PC, ont été mis en course pour porter préjudice aux communistes et induire les électeurs en erreur. Il s'agit du parti Les communistes de Russie et du Parti communiste de la justice sociale, dont les dénominations sont suffisamment proches pour permettre la confusion.
 
Le combat est d'autant plus important pour Edinaya Rossiya que la région pose problème, sur le plan politique. Les communistes font généralement un score supérieur à celui d'Edinaya Rossiya, ce qui explique l'intensification du combat.

mardi 26 juin 2012

Les élections des gouverneurs se passeront selon le scénario prévu: sans alternative

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1966431

Malgré l'adoption de la loi sur les partis politiques, malgré la réforme des élections des gouverneurs au suffrage universel direct, rien de fondamental ne changera. Et c'est bien ce qui était prévu, si l'on oublie un instant la démagogie ambiante.

Dans les régions où ces élections doivent avoir lieu, seul le parti communiste est à même de promouvoir parfois des candidatures autonomes, Spravedlivaya Rossiya doit conclure des accords de coalition, LDPR refuse de se prononcer, quant aux partis libéraux, il n'est même pas nécessaire d'en parler. Bien sûr, Edinaya Rossiya avance la possibilité pour ces partis de contacter les députés indépendants, mais qui sont, comme chacun le sait parfaitement, sous contrôle des administrations locales. Résultats, les candidats aux élections des postes de gouverneur ne peuvent être présentés sans la signature de députés d'Edinaya Rossiya, donc sans l'accord du pouvoir.

Belle avancée en matière de démocratie locale!

La raison principale de ce blocage vient de l'existence des filtres locaux, obligeant les candidats potentiels à réunir un certain pourcentage de signatures d'élus locaux. Dans l'Oblast de Novgorod, il est de 10%, dans celui d'Amourskaya il est de 7% et de 5% à Belgorod. Or, en moyenne, Edinaya Rossiya a environ 62% d'élus locaux, pour 30% d'indépendants et 6-7% pour l'opposition prise dans sa totalité. Selon les données du parti communiste, en Russie, il y a à présent environ 141,3 milles élus locaux, dont 7067 communistes, soit 5%. Le débat électoral risque ainsi de se réduire à une opposition Edinaya Rossiya / Parti communiste, si le parti au pouvoir ne décide pas dans certaines régions de soutenir d'autres partis pour donner une impression de pluralisme.

La réforme politique obtient ainsi l'effet escompté. Il est possible de créer des partis politiques sans problèmes majeurs, mais leurs membres ne peuvent pas participer à la vie politique, c'est-à-dire aux élections. Ils sont donc condamnés à disparaître rapidement, après avoir suffisamment désorganisé le paysage politique, dispersé les voix d'opposition, le tout profitant aux partis déjà installés, et principalement au pouvoir qui va ainsi très facilement pouvoir renforcer sa position dans les régions, tout en bénéficiant d'une certaine légitimité électorale. Il est dommage que les représentants de l'opposition et les différents organes, conseils, chambre etc n'aient pas réellement analysé les conséquences des réformes qu'ils appelaient de leurs voeux ...

mercredi 20 juin 2012

CEDH: l"opposition a honnêtement perdu les élections de 2003

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/06/19_a_4632129.shtml


La Cour européenne des droits de l'homme vient de rendre un arrêt en chambre concernant la contestation par le parti communiste, le parti Iabloko et certains politiciens de la manière dont les élections parlementaires de 2003 se sont déroulées. Bien qu'argumentant sur l'inégalité de la couverture médiatique, la partialité des journalistes couvrant l'évènement et l'impossibilité d'avoir un jugement équitable auprès des juridictions nationales, la CEDH n'a pas suivi les requérants et a soutenu la décision rendue par la Cour suprême de la Fédération de Russie en la matière.

Cet arrêt pose plusieurs questions intéressantes, qui prennent de court la rhétorique habituelle de l'opposition politique russe. Et, dans le contexte de réforme de la Cour de Strasbourg, on peut en déduire l'affirmation d'une volonté de ne pas se substituer aux juridictions nationales et de ne pas entrer dans les questions de politique intérieure des Etats, tant que les violations ne sont pas graves et patentes.

Le 1er août 2005, le parti communiste, le parti Iabloko, S. Ivanenko, E. Kiselyev, D. Muratov, V. Ryjkov, V. Solovyev et I. Khakamada déposent un recours devant la CEDH pour violation de l'article 13 de la Convention (droit à un recours effectif), de l'article 6 de la Convention (droit à un procès équitable) et de l'article 3 du 1er Protocole (droit à des élections libres).

Selon les requérants, les principales chaînes nationales qui ont couvert les élections ne l'ont pas fait de manière équitable. Le temps d'antenne lors de la campagne officielle fut de 642 minutes pour le parti Edinaya Rossiya, de 316 minutes pour le parti communiste et de 197 minutes pour Iabloko. De plus, les journalistes n'ont pas couvert les évènements de manière neutre et la relation de l'activité des partis d'opposition était négative, ce qui n'était pas le cas pour le parti du pouvoir. Ces éléments auraient donc eu pour effet de manipuler l'opinion publique, de la rendre défavorable à l'opposition, expliquant ainsi la victoire d'Edinaya Rossiya, le faible résultat du parti communiste et l'échec total de Iabloko.

S'adressant à la Commission centrale électorale à propos de la couverture inéquitable des élections par les chaînes nationales, Iabloko a obtenu la reconnaissance de l'existence de certains éléments défavorables à son encontre. Les opposants se sont alors adressés encore à la Commission et à différentes instances à ce sujet, Commission qui a enjoint en novembre 2003 les chaînes publiques à respecter le principe de neutralité.

Suite aux résultats des élections, les requérants se sont adressés à la Cour suprême pour les faire annuler. En substance, la Cour les a débouté, et en première instance et en appel, dans la mesure où:
  •  même si la couverture médiatique a parfois été critique, ils avaient la possibilité d'acheter des espaces publicitaires payant en plus des espaces gratuits mis à leur disposition (ce qu'a fait Iabbloko);
  • la différence en terme de volume de couverture médiatique peut également s'expliquer par la difficulté à distinguer pour le parti au pouvoir, à quel moment les journalistes couvrent l'activité électorale et à quel moment il s'agit de la couverture de son activité de gestion des affaires publiques;
  • il n'est pas prouvé que l'attitude négative de certains journalistes soit le résultat d'une pression officielle - il peut également s'agir d'une position personnelle;
  • en dehors de la couverture officielle, les partis avaient la possibilité de recourir à d'autres moyens pour faire passer leurs idées;
  • le lien de causalité directe entre les résultats obtenus et la couverture médiatique n'a pas été démontré. 
La CEDH a suivi en tous points la décision de la Cour suprême, soulignant également que la question du principe de l'indépendance de la Cour suprême ne se pose pas. Les requérants furent donc déboutés sur tous les points contestés.

Cette décision est intéressante à plusieurs points de vue.

Tout d'abord elle porte atteinte à la position quasiment unanime selon laquelle l'opposition perd systématiquement les élections, non pas en raison de son incapacité à convaincre un électorat suffisant, mais uniquement en raison des pressions étatiques. En l'occurrence, de la pression de l'Etat sur les médias qui donnent systématiquement une mauvaise image - sans fondement - de l'opposition, formant ainsi les esprits contre elle. En d'autres termes, la propagande d'Etat est à la source de l'échec constant de l'opposition. Il est peut être temps pour l'opposition de faire un examen de consience pour enfin entrer de manière efficace dans le jeu politique: les élections ne se gagnent pas dans la rue, mais dans les urnes. Et cela demande un véritable travail de fond, de construction d'un programme, de dialogue avec les électeurs, de démarche presqu'à domicile, beaucoup plus contraignant et beaucoup moins ludique que les promenades littéraires. Mais plus efficace...

Ensuite, la Cour reste consciemment en retrait des questions de politique intérieure et ne prend pas a priori position. Cela se voit par la nécessité de "prouver" le lien de causalité entre la couverture médiatique et les résultats, de prouver également l'existence de pressions étatiques sur les journalistes. La CEDH n'est pas une "organisation civile" de défense des droits de l'homme, qui a donc et naturellement une certaine orientation politique. Il s'agit au contraire d'une "juridiction" de défense des droits de l'homme, ce qui exige une argumentation juridique et une neutralité politique. Ce qui est ici démontré. Le rôle de la Cour n'est de toute manière pas d'annuler des élections nationales. Elle n'en a ni la compétence ni la légitimité.

Enfin, la CEDH n'a pas vocation à se substituer aux juridictions nationales. Et il n'est pas possible d'arguer a priori du principe d'inefficacité des recours internes ni d'avancer un principe de dépendance des juridictions nationales. la Cour n'entre pas dans cette rhétorique trop facile et particulièrement destructrice. Quand une juridiction nationale rejette un recours, cela n'implique pas automatiquement sa dépendance politique. Sur des questions aussi sensibles, la dérive d'interprétation idéologique est facile. L'indépendance d'une juridiction se mesure aussi par la qualité et l'adéquation au résultat de l'argumentation dans la décision. Ce qui a ici été le cas. 
     



jeudi 31 mai 2012

Les députés de Moscou préparent l'élection du Maire


Afin de mettre en conformité la législation de Moscou avec la législation fédérale, les députés de la Douma de la ville analysent les modifications permettant la mise en oeuvre de l'élection du maire de la ville de Moscou au suffrage universel direct par les habitants.

Jusqu'à présent, les députés votaient pour l'élection du Maire, en fonction des candidatures présentées par le Président de la Fédération. Désormais, ce droit appartient aux citoyens.

Le candidat à la mairie doit avoir plus de trente ans. Il ne peut pas être de nationalité étrangère ni résider en Russie en vertu d'un titre de séjour, autrement dit il doit posséder la nationalité russe. Jusque là, rien d'extraordinaire.

En ce qui concerne les marges de manoeuvre laissées par la législation fédérale aux Sujets de la Fédération, la ville de Moscou, comme la plupart des Sujets, a eu recours au maximum de filtres.

Ainsi, il ne peut y avoir de candidats indépendants, mais uniquement des candidats présentés par un parti national. Ce qui exclu également la possibilité pour les petits partis de présenter des candidats. Ce mécanisme va très certainement bloquer le développement de la vie politique, car sans élections locales auxquelles les petits partis peuvent participer ils ne peuvent se développer et mourront tout naturellement. Ce qui fausse sinon la lettre, du moins l'esprit de la réforme des partis politiques et la rend particulièrement formelle.

Deuxième filtre, alors que les candidats pouvaient avoir de 5 à 10% de soutien des élus locaux, les députés moscovites se protègent et prévoient l'instauration de la barrière maximale: 10%.

Selon les députés communistes moscovites, l'instauration de ces deux filtres dénature complètement la notion d'élection directe du maire. Ce n'est qu'une parodie permettant l'instauration de mécanismes devant conserver la situation actuelle en l'état, au profit d'un seul parti.

Aujourd'hui, la Douma de Moscou est composée de 30% de députés du parti Edinaya Rossiya, de 13% de députés communistes, de 8% de députés du parti Spravedlivaya Rossiya, de 2% de députés Iabloko et de quelques indépendants. Ainsi, seuls Edinaya Rossiya et les communistes ont à ce jour la possibilité de présenter des candidatures qu'ils peuvent librement choisir. Spravedlivaya Rossiya est obligé d'entrer dans une logique de coalition, Iabloko n'a aucun chance de même participer aux élections - ce qui annonce sa destruction rapide. Quant aux indépendants ... c'est le dernier chant du cygne.

 Voici comment on peut très efficacement et très légalement dévoyer une réforme pourtant nécessaire ...

lundi 14 mai 2012

Une union des forces d'opposition encore très hypothétique

Voir: http://www.izvestia.ru/news/524091
I. Iachine propose la mise en place d'une plateforme commune qui regrouperait tous les partis d'opposition afin de ne présenter qu'un candidat commun aux différentes élections, sur la base de primaires dont l'organisation pourrait être prise en charge par La ligue des électeurs.
Mais cette idée pose de nombreuses questions.
Tout d'abord, il s'agit de regrouper des partis très différents, de droite, de gauche, d'extrême droite ou gauche. Que peuvent-ils avoir en commun? S'il est possible de se regrouper dans une manifestation, qui est un mouvement contestataire, une élection est un processus de construction. Ils doivent pouvoir dégager un programme commun, avec des buts, des moyens concrets de mise en oeuvre de ces buts. Et l'idée tout sauf Edinaya Rossiya n'est pas un programme.
Ensuite, les partis qui pourraient y entrer sont différents également de point de vue de leur taille. Si ce procédé peut aider les petits partis qui ne peuvent avoir de répresentation  et de candidats dans tout le pays à entrer dans la vie politique, quel est l'intérêt des grands partis, comme le parti communiste ou LDPR? Aucun. Ils ont une base électorale réelle qui n'est pas présente que sur Facebook, ils ont un potentiel humain leur permettant de présenter des candidats à toutes les élections. Et ils n'ont aucun intérêt à soutenir le développement et le renforcement de partis concurrents. Ni de se noyer dans une mare politique. L'espace politique est un espace hautement concurrentiel et il n'y a aucune logique à permettre à un concurrent de se renforcer, donc de vous affaiblir.
Il semblerait que l'opposition aujourd'hui ne comprenne pas très bien les règles du jeu politique. Elle voulait une modification de la législation pour pouvoir créer librement de nouveaux partis, elle l'a. Mais maintenant elle est confrontée à une réalité incontournable: une élection ne se prépare ni ne se gagne dans la rue. Il faut construire un programme, aller vers les électeurs, les convaincre et comprendre leurs attentes. C'est un processus qui prend du temps et de l'énergie. Créer un parti ne donne pas automatiquement le droit de gagner une élection.

mercredi 21 décembre 2011

Petit nettoyage post et pré électoral

ЦИК отменил результаты голосования на 21 избирательном участке


La Commission centrale électorale a annulé les résultats des élections législatives de la Douma dans 21 bureaux de votes, où participaient 39 000 personnes, en raison de l'importance des fraudes commises. Il a été annoncé que les responsables des opérations de vote dans ces bureaux ne travailleront plus pour la Commission électorale.

On notera, que en gros, la Commission électorale a reçu environ 1600 plaintes concernant les élections de décembre.

Toutefois, la plupart des recours ne sont pas fondés et la commission a vérifié 26 bandes vidéo sur internet montrant des fraudes. Elle n'en a retenu qu'une seule, mais là de toute manière le bourrage d'urne n'a pu être accompli. Selon la Commission électorale, une partie des vidéos ne sont que des montages.

Les manifestants de Bolotnoï plochad demandaient notamment l'annulation des résultats électoraux, le départ du président de la Commission électorale centrale et l'enquête sur toutes les fraudes signalées. Le Président Medvedev avait pour sa part annoncé que cette enquête aurait lieu.

Les résultats de la grande enquête menée par la Commission centrale électorale laissent rêveur ... Selon une estimation indépendante, Edinaya Rossiya aurait obtenu 30-35%, comme le parti communiste. Si cela est le cas, cela démontre une ampleur inédite dans le truquage électorale. Mais, seuls les résultats de 21 bureaux de vote dans toutes la Russie ont été annulés. Les bandes vidéos sont des faux et la seule véritable n'apporte rien. Désespérant!

mardi 20 décembre 2011

L'opposition veut sa place à la Douma

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1842680 et http://www.kommersant.ru/doc/1842222

La répartition des postes de direction à la Douma ne se passe pas aussi bien que Edinaya Rossiya l'aurait voulu. Les partis d'opposition veulent rentabiliser leurs résultats électoraux et récupérer des directions de comité, ce qui n'a rien d'inattendu en fait.

Si Edinaya Rossiya a cédé certains comités, beaucoup estiment qu'elle garde le contrôle des aspects les plus importants de la vie politique russe, comme la sécurité ou le budget, et laisse uniquement ce qui aura peu d'influence sur le processus législatif.

Pour l'instant, un accord a été trouvé sur le nombre de comités (29 et non 32 comme avant), dont 15 seront dirigés par Edinaya Rossiya, 6 par les communistes, 4 par LDPR et 4 par Spravedlivaya Rossiya.

Et dans ce combat, Narychkine devient une monnaie d'échange. En d'autres termes, les fractions voterons pour lui, si elles obtiennent ce qu'elles veulent en matière de direction de comités. Après la réunion d'aujourd'hui, le représentant Edinaya Rossiya affirme qu'un accord a été trouvé. Mais les autres partis ne confirment pas. Bien au contraire et vont présenter leurs propres candidatures au vote.

Les communistes revendiquent différents comités comme l'éducation ou l'agriculture. LDPR veut notamment le comité international. Quant à Spravedlivaya Rossiya, ils estiment avoir beaucoup de professionnels et n'avoir pratiquement rien reçu.

Cet échange d'armes est le premier test pour Edinaya Rossiya. Sauront-ils négocier? Pour l'instant, le résultat n'est pas concluant. Mais d'ici peu, les cartes seront posées et alors un premier bilan pourra être tiré: le pouvoir a-t-il réellement pris consience de la montée en puissance des voix d'opposition? Aura-t-il l'intelligence - ou l'instinct de survie - de renforcer l'opposition systémique pour affaiblir l'opposition non systémique, plus virulente et dangereuse pour lui?

lundi 5 décembre 2011

La victoire relative d'Edinaya Rossiya

Ce dimanche se sont tenues les élections législatives en Russie, où la victoire du parti Edinaya Rossiya était attendue, mais la question était de savoir s'il pourrait obtenir la majorité qualifiée lui permettant, comme précédemment, de mener les réformes sans avoir besoin du soutien des autres partis représentés à la Douma.

Or, selon les premiers résultats, Edinaya Rossiya obtient autour de 49% des voix, contre 64,3% en 2007. Ces résultats vont obliger le parti à former des coalitions autour de certains de ses projets pour faire passer les textes. Ce à quoi ses membres ne sont pas habitués. L'opposition parlementaire va avoir la possibilité de démontrer sa volonté - ou non - de corriger le cours politique proposé par la majorité. Ils auront, en effet, soit la possibilité de continuer, comme par le passé, à soutenir sans mots dire les projets de loi du pouvoir, soit la possibilité et les moyens de s'autonomiser du pouvoir. La Douma va enfin pouvoir devenir un lieu de débat et de décision.

Autrement dit, ces élections donnent une chance unique au pays et aux partis politiques. Celle de développer enfin le parlementarisme. Celle de développer la vie politique. Celle d'avoir une opposition intégrée et constructive. Beaucoup va dépendre des représentants de l'opposition. Plus que de la volonté d'Edinaya Rossiya, qui elle n'a pas le choix. Mais vont-ils relever le défit?

Cette situation est d'autant plus favorable aux autres partis de la Douma qu'ils ont obtenus des résultats très appréciables. Le Parti communiste reste le deuxième parti de l'Assemblée et renforce sa position avec plus de 20% des voix contre 11,57% en 2007. De même, Spravedlivaya Rossiya fait un score étonnant. Il y a peu de temps de cela, les sondages d'opinion l'estimait autour de 6%, ce qui ne lui permettait pas d'être présent à la Douma. Juste avant les élections, il était donné à 8%. Hier, il a obtenu environ 13% des voix. Le parti de Jirinovsky, LDPR, obtient aussi un excellent résultat avec plus de 14% des voix contre 8,14% en 2007.

Les partis politiques ont désormais les moyens et la légitimité de mettre en place un véritable jeu politique pour que la politique du pays puisse représenter et répondre à toutes les attentes de la population.

La question sociale suite à la crise économique a certainement favorisé le vote de "gauche" (parti communiste et Spravedlivaya Rossiya), mais elle a également renforcé la tendance nationaliste que l'on voit avec l'augmentation des résultats du LDPR. La manière dont Edinaya Rossiya a mené la politique de gestion de crise, qui a permis de limiter les effets nocifs, mais de redonner de l'espoir dans une réelle sortie de crise explique aussi en partie la baisse de ses résultats. La lassitude de la population et le besoin normal et naturel de changement.

Les réflexes de pouvoir vont devoir s'adapter à cette nouvelle donne. Et répétons le, la Russie a une chance incroyable de pouvoir faire évoluer pacifiquement son régime politique vers une normalisation de la vie politique et une plus grande démocratisation. Espèrons que cette chance sera saisie!

mardi 6 septembre 2011

Le processus de soviétisation de la Douma en marche

Владимир Путин заранее продлевает линию "Фронта"
Он дал понять, что хочет видеть свой ОНФ влиятельным и после думских выборов

Виктор Хамраев


Hier, Vladimir Poutine a précisé que le Front populaire n'est pas une structure temporaire donnée en vue des élections, mais son activité doit également continuer après les échéances électorales, afin de constituer un espace de regroupement social, dont non seulement la fraction du parti Edinaya Rossiya à la Douma devra tenir compte, mais également les différents comités spécialisés. Les experts ont peur qu'une telle initiative ne transforme définitivement la Douma en un organe représentatif fictif, comme cela était du temps de l'URSS.

Dans la mesure où, selon Poutine, plus de la moitié de la fraction Edinaya Rossiya sera constituée de membres indépendants ne relevant que du Front populaire, le Parti devra discuter avec les membres du Front de toutes les grandes orientations politiques et décisions à prendre.

Plus concrètement, dès à présent, il faut dresser la liste des projets de loi prioritaires qui devront être débattus lors de la session parlementaire d'automne et organiser des discussions communes avec les représentants du comité fédéral de coordination du Front populaire. Il est également nécessaire de prévoir les mécanismes permettant le renforcement de la participation de ces représentants dans les conseils d'experts auprès des comités spécialisés de la Douma, et ce dès à présent, ce qui doit permettre de renforcer leur connaissance des mécanismes parlementaires en vue de leurs futures élections.

Les députés des autres partis sont plus septiques. Selon M. Rokhmistrov (LDPR), dans le principe des consultations avec les représentants de la société, il n'y a aucune innovation, puisque des mécanismes existent déjà. Mais sur le fait que les députés Edinaya Rossiya puissent écouter de nouvelles idées et en tenir compte, le doute est permis, puisqu'ils n'écoutent déjà pas l'opinion des députés qui ne correspondent pas exactement à la leur. Quant au député PC S. Obukhov, il ne comprend pas très bien de quelle liste de projets de loi prioritaires il va falloir discuter avec le Front populaire, puisqu'elle est déjà établie - par l'administration présidentielle et le Gouvernement.

Selon V. Cheïnis (Iabloko), l'idée de débats et de discussions avec la société est en elle-même bonne, mais la résolution des questions sociales en termes législatifs ne ressort que de la compétence du Parlement.

Si la modernisation de la Douma va dans le sens d'une reconnaissance formelle de compétences à des non-parlementaires, la Douma risque vite de se transformer en Conseil des députés travailleurs de l'époque soviétique, comme le rappelle le professeur S. Tcherniakhovsky.

Toutefois, comme le souligne le directeur du Centre des technologies politiques, B. Makarenko, le Front populaire n'a pas eu pour effet de regrouper de manière générale la société civile, puisque n'y sont entrées que les entités qui entretenaient déjà des liens étroits avec Edinaya Rossiya et souvent, dans les listes électorales, les 5 premières places, c'est-à-dire les places permettant d'être réellement élus, sont occupées par des membres de Edinaya Rossiya.

Le projet Front populaire révèle peu à peu son véritable visage politique. Si formellement, pour les élections il ne va pas permettre à des acteurs de la société civile non membres du Parti de devenir députés - les places sont déjà retenues depuis longtemps - il permet de mettre en place une machine "hors système" pour gagner du temps de parole non réglementé, il permet sous couvert "d'universalité sociale" de redonner une légitimité - même fictive - à un parti qui en a besoin et, après les élections, il permet de renforcer la main-mise sur le système représentatif, qui ne représente déjà plus que lui-même. C'est encore un moyen de réduire les possibilités de l'opposition politique, indépendamment du moment des élections, et donc de porter atteinte de manière systémique - s'il est institutionnalisé - à ce qui reste de pluralisme politique.


jeudi 18 août 2011

La Cour suprême russe soutient le referendum local

Верховный суд пересчитал коммунистов
КПРФ считает, что для организации референдума не нужно собираться всем горкомом

Максим Иванов


La Cour suprême de la Fédération de Russie a satisfait le recours déposé par des membres moscovites du Parti communiste visant à l'annulation de la décision de la Commission électorale de Moscou leur interdisant la tenue d'un referendum local à Moscou et contre la décision de la Cour de la ville de Moscou confirmant cette décision.

Au printemps de cette année, le Parti communiste a tenté d'initier un referendum portant sur trois questions sociales liées au gel des tarifs des impôts locaux à Moscou jusqu'en 2014, la réalisation de travaux fondamentaux de rénovation des bâtiments en fonction de leur degré de vétusté et à la modification de la loi sur la carte électronique universelle. Conformément à l'art. 8 de la loi sur les referendum dans la ville de Moscou, non seulement les citoyens (au moins 300) en ont l'initiative, mais également les groupements ayant le droit de participer aux élections. La décision d'initier le referendum a donc été prise le 2 avril par le comité de direction de la ville de Moscou du Parti communiste. La décision a été signée non seulement par le dirigeant du groupe, mais également par tous les participants, à savoir 66 membres sur les 100 que compte le Comité.

La Commission électorale de Moscou rejette la demande le 21 avril, sans motiver sa décision. Un membre de la Commission a expliqué, bien que rien ne soit précisé dans la décision, que le problème viendrait du fait que 9 des membres du Comité régional du PC ne sont pas officiellement résidents à Moscou.

Les membres du Comité du PC ont portés un recours devant la Cour de Moscou, qui a refusé de retenir comme justification légitime du refus par la Commission électorale le lieu de résidence des membres du Comité de direction locale du Parti. En revanche, la Cour a refusé de retenir l'absence de motivation comme fondement pour attaquer la décision de la Commission électorale et elle a soutenu la décision de la Comission dans le sens où toutes les signatures doivent être présentes sur l'acte, règle qui s'applique de la même manière aux individus et aux groupements politiques. Bien que la loi soit silencieuse sur ce point.

Dans son pourvoi en cassation devant la Cour suprême de la Fédération de Russie, le Comité locale du Parti communiste conteste les deux actes: et la décision de la Commission électorale et la décision de la Cour de Moscou. La Cour suprême, quant à elle, soutient la position des requérants et a déclaré illégale la décision de la Commission électorale de la ville de Moscou et a annulé la décision de la Cour de Moscou. Toutefois, il est difficile d'en tirer pour l'instant plus de conséquences, puisque la partie argumentative de la décision n'a pas encore été publiée. Si l'argumentation est formelle - liée à l'absence de motivation de l'acte - la portée de la décision sera très limitée et la Commission électorale pourra perpétuer sa pratique liberticide. Mais si l'argumentation porte sur le fond, dans ce cas une porte de la démocratie locale peut s'ouvrir.

Il faut juste rappeler qu'aucun referendum local n'a jamais pu être organisé à Moscou - et dans les autres Sujets de la Fédération non plus, sauf sur initiative du pouvoir.