Une information assez surprenante est tombée hier. Surprenante, car comme surgie d'un autre monde, d'une autre époque, alors que la Russie vit aujourd'hui, à en croire la classe dirigeante, à l'heure postmoderne du management triomphant, du culte de l'efficacité et donc des critères objectifs, bref, indiscutables. Or, au milieu de cette orgie néolibérale de démocratie progressiste, tout à coup, au détour d'une liste gouvernementale de critères d'appréciation de l'efficacité des gouverneurs, donnant droit à leur région à des financements publics supplémentaires, l'on voit émerger, anachronique, l'indice de confiance des habitants de la région dans le Président de la Fédération de Russie ... Nos chers manageurs auraient-ils eu une rentrée, ou un été, à ce point difficile, pour s'engouffrer sans plus de manière dans le ridicule ?
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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mardi 3 décembre 2019
vendredi 29 septembre 2017
Valse des gouverneurs en Russie: la jeune technocratie dévore la veille garde politique
Ces derniers jours, la politique intérieure russe a été marquée par toute une vague de départs, plus ou moins volontaires, de gouverneurs dépassant la soixantaine. Ils furent tous remplacés par la nouvelle génération de cadres issus de la réserve présidentielle, ayant à peine dépassé la quarantaine et n'ayant en général aucune expérience ni politique, ni de gestion locale. L'époque est au rajeunissement, en espèrant que la jeunesse devienne un gage de compétence. Fantasme ou réalité? La confrontation à la réalité quotidienne des besoins impérieux des populations locales sera un baptême du feu révélateur. Mais dans tous les cas, il s'agit d'un virage idéologique important.
mercredi 10 juillet 2013
Des spécialistes étrangers pour former les hauts fonctionnaires russes
Voir: http://www.vedomosti.ru/opinion/news/14011251/sekta-nizkopokloncev?fb_action_ids=487940164615993&fb_action_types=og.recommends&fb_source=other_multiline&action_object_map=%7B%22487940164615993%22%3A135284413346673%7D&action_type_map=%7B%22487940164615993%22%3A%22og.recommends%22%7D&action_ref_map=%5B%5D
La relation de la Russie à l' "Occident", autrement dit à cette assimilation de l'Europe et des Etats Unis, dont l'histoire, les conceptions et les idéologies sont pourtant historiquement différentes (même si elles se rapprochent dangereusement aujourd'hui), est extrêmement complexe. Elle se conjugue sur le mode du "Je t'aime moi non plus".
Dans cet article de Vedomosti, l'auteur met le doigt sur cette ambigüité, même si l'argumentation est un peu fallacieuse. D'un côté la stigmatisation des ONG financées de l'étranger et ayant une activité politique, qualifiées d'agent étranger (concept fiscal), d'un autre côté le recours à des spécialistes étrangers pour former les gouverneurs, les maires et même les élus de la "réserve de personnelle" (sorte "d'élite" potentielle de réserve de la haute fonction publique).
Quelle est la logique?
Tout d'abord, le parallèle avec les agents étrangers est un peu forcé. Car le problème des ONG financées de l'étranger exerçant une activité politique ne réside pas dans le fait de leur existence, mais dans le fait qu'elles n'affichent pas l'origine de leur financement avec toutes les implications de politique interieure à l'organisation que cela entraîne. Leur activité n'est pas interdite par la législation russe, elles doivent simplement se déclarer comme telles, pour que cela soit connu. Or, le recours à des spécialites étrangers est un choix du pouvoir. Ces spécialistes ne se présentent pas comme russes, mais justement comme des étrangers, ce qui permet de garder la barrière psychologique.
Pourtant, l'auteur a raison de souligner cette vision un peu naïve de l'étranger, "expert" particulièrement compétent du simple fait de sa nationalité, image véhiculée également dans la littérature russe à travers les siècles. Cette image a été renforcée à l'époque soviétique, où le rejet de l'étranger s'est développé proportionnellement à son idéalisation.
Toutefois, on ne peut restreindre l'analyse du recours à des spécialistes étrangers à ce paradigme, et en ce sens la Russie a raison. Loin de la position manichéenne française, selon laquelle tout ce qui vient de (son) l'Ouest est bon et de (son) l'Est n'a pas de valeur, la Russie cherche à prendre ce qui peut être enrichissant partout, à l'Est et à l'Ouest. Nous aurions peut être intérêt à sortir de notre nombrillisme culturel, les découvertes seraient alors enrichissantes et surprenantes pour une grande partie non seulement de la population, mais également des dirigeants.
Il reste à espérer, en ce qui concerne la formation des hauts fonctionnaires russes, que cela ne se terminera pas par un "copier-coller" du modèle anglo-saxon en Russie, comme cela, malgrè l'expérience ayant déjà démontré l'inefficacité du procédé, ne cesse pourtant de se répéter. Enfin, il serait tout autant souhaitable que la Russie perçoive la différence entre la culture d'administration européenne et américaine. Dans ce cas, le recours à des spécialites étrangers prendrait toute sa valeur.
Enfin, ces procédés n'ont un sens que dans le cas précis où l'on sait ce que l'on attend d'un expert. Il ne va pas apporter une vérité bien ficellée prête à l'emploi, mais il peut donner un point de vue, uniquement le sien, sur une expérience. Le travail d'assimilation, qui doit suivre, oblige les élites nationales non seulement à mettre en perspective cette expérience dans le cadre de la culture d'origine, mais également à en apprécier le degrè de compatibilité avec la culture de réception. Les élites russes sont-elles prêtes à faire ce travail?
jeudi 23 mai 2013
Elections régionales et coalitions partisanes
Voir: http://kommersant.ru/doc/2194512
Pour les prochaines élections du Gouverneur de la région de Moscou (pas de la ville, qui reste un Sujet indépendant de la Fédération, mais de la région qui l'entoure), l'opposition tente de se regrouper derrière un candidat unique pouvant faire face au candidat Edinaya Rossiya. La stratégie est bonne et logique.
Edinaya Rossiya sera bien evidemment représenté par Vorobev, actuellement en charge de la région, après le bref intervalle assumé par Choïgu, aujourd'hui en charge de la défense.
Le parti Iabloko a présenté la candidature de l'ancien député Spravedlivaya Rossiya, Guénnady Gudkov, et appelle les autres partis à soutenir ce candidat de poids, pour réellement mettre Edinaya Rossiya en difficulté.
Pour sa part, M. Prokhorov accepte de le soutenir, si bien évidemment sa candidature pourra être enregistrée par la commission électorale.
Selon G. Gudkov, seul ce duel pourrait avoir un réel sens politique. Mais, la question de l'enregistrement de sa candidature n'est pas une formalité et cet aspect de la procédure électorale pourrait montrer, selon lui, à quel point la démocratie en Russie est réelle ou formelle. Prokhorov, pour sa part, a des doutes sur les possibilités de G. Gudkov de s'enregistrer.
A suivre...
jeudi 24 janvier 2013
Projet de loi sur la remise en question des élections des gouverneurs: les raisons et les arguties
Voir: http://www.newsru.ru/russia/23jan2013/election.html
http://izvestia.ru/news/543511
http://izvestia.ru/news/543511
Les gouverneurs des Sujets du Caucase se sont adressés au pouvoir fédéral en demandant de revenir à un système concerté de nomination des dirigeants des Sujets entre le Centre et les assemblées locales, des élections directes risquant, selon eux, de provoquer une montée des tensions ethniques. Parallèlement, la Douma vient d'adopter en deuxième lecture un projet de loi laissant aux Sujets eux-même le droit de décider en fonction de leurs spécificités locales de recourir ou non aux élections directes des dirigeants des Sujets. Pourtant, les arguments des dirigeants du Caucase et des députés divergent.
Pour les dirigeants des Sujets du Caucase, la complexité des relations inter-ethniques ne peut être compatible avec un système d'élections directes. Dans certains Sujets, comme le Daguestan, les postes sont traditionnellement répartis entre les ethnies, ce qui pourrait être remis en cause par les élections. Et de rappeler également les élections en Karatchaevo-Tcherkessie, où en 1999, où le vainqueur n'a pas été reconnu par l'autre ethnie, qui appelait à la cessession. Les politologues sont plus retenus. Selon certains, à part le Daguestan, traditionnellement dirigé par un Conseil d'Etat réunissant les différentes ethnies de la région, des élections sont importantes dans les autres républiques, afin justement d'amener à une rotation des cadres dirigeants. Et il semble bien que ce soit ça le réel problème, la rotation du pouvoir.
Alors les députés se lancent dans une diatribe pour la sauvegarde de l'unité de l'Etat. Ils invoquent le risque, avec les élections, de revenir à la situation des années Eltsine, à la souveraineté des Sujets, à la construction d'une confédération, à la perte de l'Etat.
Or, l'orgnisation d'élections directes n'a rien à voir avec ces arguments. La souveraineté dont il s'agit, n'est pas celle des Sujets eux-mêmes contre le Centre, mais de la population de ces Sujets sur leur territoire. Car remettre en cause la possibilité d'organiser des élections, sans même consulter la population, est une forme de spollation. En effet, la manière dont est organisée le projet de loi évince totalement la population de la prise de décision et elle la remet entre les mains des personnes intéressées elles-mêmes pour rester en place. Cela revient à demander à un politique s'il veut prendre le risque d'une élection ou s'il préfère un système d'allégeance. Qui peut avoir des doutes sur la réponse.
En ce qui concerne la confédération, il s'agit d'un système beaucoup plus complexe de rapport de pouvoirs, qui ne peut être induit par de simples élections. Cette hystérie parlementaire traduit plus la peur du système électoral lui-même, que la peur d'un danger réel pour l'Etat. Car l'Etat, pour sa stabilité et sa légitimité, est intéressé par des élections locales. Cela permet de le renforcer à tous ses échelons. C'est justement dans les mécanismes de démocratie local que l'Etat moderne peut se consolider.
mercredi 26 décembre 2012
Projet d'une responsabilité pénale des gouverneurs ou de l'efficacité des lois
Voir: http://izvestia.ru/news/542309
La question de l'efficacité de la loi, autrement dit de la part que doit occuper le droit dans la vie est une question sans réponse objective. La frontière ressort le plus souvent d'un choix politique, qui n'a que de très lointains rapports avec l'efficacité. Le dernier exemple qui peut illustrer ce propos est la proposition de loi introduite par des députés de la Douma visant à mettre en place une responsabilité pénale pour les gouverneurs ne réussissant pas à réguler les conflits ethniques sur leur territoire.
Le président du comité de la Douma pour les relations inter-éthniques et le vice-président du comité de l'organisation fédérale ont préparé un nouveau projet de loi sanctionnant les différents échelons du pouvoir local, en allant de l'amende de 500 000 roubles à une peine de privation de liberté de 2 ans, pour les responsables locaux qui n'ont pu correctement régler un conflit éthnique sur leur territoire.
Il s'agit, sans conteste d'un projet de loi circonstantielle. Ces dernières années, des conflits revêtant un caractère éthnique ont éclos sur le territoire russe, et souvent l'efficacité des pouvoirs locaux a été mise en cause par la population, allant jusqu'à dire que cette inefficacité fut à la source de l'aggravation de la situation.
Mais en quoi ces sanctions permettront de mieux gérer les conflits éthniques. Premièrement, ces personnes sont déjà soumises à un régime de responsablité, qu'il serait peut être bon de tout simplement mettre en oeuvre. Ensuite peut-on considérer comme adaptée une sanction de prison pour une inefficacité dans l'action. Il peut être normal d'envisager la responsabilité pénale lorsque le fonctionnaire provoque ce conflit ou le laisse volontairement prendre de l'ampleur. Mais ce n'est pas le cas ici.
Il semble s'agir d'un de ces nombreux projets de loi, dont la Russie n'a pas le monopole, qui permettent de faire semblant. Semblant d'agir. Semblant de satisfaire un besoin social. Semblant d'être efficace. C'est aussi une forme de populisme.
En ce qui concerne les gouverneurs, il ne faut pas oublier qu'ils sont à nouveau élus. Et la première de leur responsabilité est politique, c'est-à-dire, électorale. S'ils veulent être réélus ils doivent avoir une gestion efficace de leur région. Quant à leurs subordonnés, s'ils ne font pas correctement leur travail il est aussi possible de les renvoyer. Alors pourquoi mettre en placec une nouvelle responsabilité pénale? Le droit n'est pas un instrument efficace pour tout régler. Il ne peut englober toute la sphère sociale et la multiplication, l'inflation des instruments juridiques provoque très souvent une confusion qui n'est pas au service de l'efficacité du droit.
jeudi 29 novembre 2012
La leçon tirée du parcours des anciens Gouverneurs: favoriser la logique de clan
Voir: http://www.vedomosti.ru/opinion/news/6597981/uhodyaschaya_natura
Que deviennent les Gouverneurs une fois leur(s) mandat(s) arrivé(s) à terme? Cette question ne revêt pas qu'une importance sociologique, elle est un révélateur important de la possibilité du système politique à se renouveler, de sa souplesse et son adaptibilité et de son incertion dans la vie socio-économique du pays. Et les conclusions auxquelles arrive le Fond "La politique de St Petersbourg" démontrent l'échec du système politique en la matière.
Le Fond a mené une analyse sur la trajectoire de vie de 87 gouverneurs ayant perdu leur poste entre 2005 et 2012, après la remise en cause des élections directes. Selon le journal Vedomosti, quelques personnalités soulèvent des questions. Par exemple, 3 des gouverneurs de la liste (M. Evdokimov, V. Cherchunov et I. Essipovsky) sont morts dans des accidents de voiture ou d'avion, deux autres (V. Kokov et P. Sumine) ont quitté leur poste pour maladie grave. De plus, toujours selon Vedomosti, les auteurs de l'analyse se sont un peu dépéchés à rayer de la liste A. Nelidov et O. Tchirkunov, alors qu'ils ont certainement surévalué les possibilités de Y. Lujkov.
Malgré cela, certaines tendances se dégagent de l'analyse menée. La plus grande partie des gouverneurs, une fois qu'ils ne sont plus en fonction, ont perdu toute perspective politique. Sur les 87 retenus, 28 sont rarement les invités de la sphère publique (contre 5 d'entre eux, une affaire pénale a été ouverte), 27 ont obtenu une sinécure dans les organes étatiques, 9 sont partis dans les affaires, l'enseignement ou autre activité non politique. Seulement 12 anciens gouverneurs (dont S. Choïgu) continuent une carrière politique soit dans d'autres régions, soit au niveau fédéral. 11 ont gardé la possibilité de continuer à la faire de la politique au niveau local.
Il est intéressant de noter que le poids politique et le pouvoir d'influence des gouverneurs ne dépend ni de leur âge, ni de leurs succès en matière socio-économique dans la région. Et les perspectives des Gouverneurs de pouvoir continuer à faire de la politique sont absolument imprévisibles. Même le critère affiché de la victoire du parti Edinaya Rossiya aux élections ne joue pas toujours.
Les auteurs de l'analyse en tirent les conclusions logiques: le système est construit de manière à favoriser la constitution de clans, donc ne favorise pas une course aux résultats de gestion de la région, puisque cela joue faiblement.
Pourtant on reste sur sa faim. Tout cela est déjà connu, l'analyse ne fait que confirmer ce que chacun peut lui-même observer. Logique d'inféodation pour garantir sa vie après la politique, puisque la décision et les possibilités de continuer en politique ne dépendent pas de l'individu lui-même, mais de mécanismes obscures. Pourtant, ces mécanismes sont-ils aussi obscures que cela (et la restauration des élections a-t-elle réellement changé quelque chose?), ou manque-t-il un peu de volonté - ou de courage - pour les mettre à jour et les démonter? Quels sont les effets sur la gestion des régions? Catastrophiques, chacun le sait et le voit: corruption, détournements de fonds publics, mauvaise qualité des constructions par exemple. Quels sont les effets sur la politique publique? Désastreux. Il y a le sentiment qu'elle n'existe tout simplement pas. Une décision est prise quelque part, loin. Et quand elle doit être réalisée, les résultats ne correspondent plus du tout à la logique initiale. Peut-on gouverner un Etat de cette manière? Non, évidemment. Alors? ... alors à quand une analyse publique et objective des mécanismes féodaux de gestion locale?
lundi 15 octobre 2012
Victoire d'Edinaya Rossiya aux élections locales
Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/10/13_a_4811365.shtml
Dans les cinq régions où les gouverneurs ont été élus selon la nouvelle législation, les candidats Edinaya Rossiya ont gagné. Et dans les élections locales, le parti est également en tête.
Mis à part la région de Briansk où les élections n'ont pu se passer de scandales, les élections des gouverneurs furent plutôt calmes, sans violations significatives et avec un taux de participation en hausse autour de 40-45%. Dans la région d'Amour, le gouverneur O. Kogemiako a été réélu avec 77,28% des voix. Dans la région de Belgorod, E. Savtchenko, gouverneur en place depuis plus de 20 ans a été réélu avec plus de 80% des voix, alors que la candidate LDPR, sa principale opposante, n'obtient que 10%. Dans la région de Novgorod, le gouverneur S. Mitine obtient environ 76%, quand ses opposants de LDPR Patrioty Rossii tournent autour de 10%.
Dans les régions de Briansk et de Riazian, des infractions ont été signalées. A Briansk, les chiffres officiels sont diamétralement opposés aux estimations faites à la sortie des bureaux de vote. La commission électorale décompte pour l'instant environ 66% pour le gouverneur-candidat N. Denine et 29% pour son opposant communiste V. Potomsky. Selon les estimations, les résultats sont inverses. Pour arranger le tout, des protocoles se contredisent et les résultats notés par les observateurs ne correspondent pas du tout aux données de la commission électorale. Il se pourrait que les résultats ne soient pas reconnus. A Riazian, de nombreuses violations ont été signalées, bourrage d'urne, caroussel, etc. Selon les données de la commission électorale, le gouverneur par interim O. Kovalev obtiendrait 66,76%, le candidat communiste V. Fedotkine 20,16%, le candidat LDPR A. Cherine 8,48% et la candidate Pravoe delo A. Perekhvatova 2,98%.
Pour les élections locales, le taux de participation est autour de 30%. En ce qui concerne les élections à Khimki, le maire par interim de la ville O. Chakhov a remporté les élections avec 47,7%, son opposante principale, l'activiste E. Tchirikova a obtenu 17,05% des voix. Ces élections ont battu le record d'observateurs. On en comptait 15 à 17 par bureau de vote.
Ces élections ont donc confirmé la domination de Edinaya Rossiya dans le paysage politique russe, ce qui n'est pas une surprise. Et ce qui ne doit pas décourager les autres partis, notamment nouveaux, de participer aux cycles électoraux, travailler leur réthorique politique et se faire une expérience. C'est le seul moyen - pacifique - de faire évoluer à terme la carte politique.
lundi 1 octobre 2012
Le dernier classement des gouverneurs: l'opinion du pouvoir ne correspond pas toujours au soutien populaire
Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/09/30_a_4793793.shtml
Le nouveau classement des gouverneurs vient d'être publié. Comme un des critères de notation consiste en l'existence de bonnes relations entre le Gouverneur et le pouvoir, les résultats ne correspondent pas toujours au classement qu'aurait pu faire la société. Ce qui pourra poser des difficultés lors des prochaines élections.
Selon le Fond "La politique de Saint-Petersbourg" et l'agence de communication "Mitchenko consulting", qui établissent régulièrement ces classements, les poids lourd sont sur le départ et nombre de gouverneurs, dont le mandat arrive à terme, vont se trouver en situation difficile dans le cas d'élections concurrentielles.
S. Sabianine (Moscou), R. Kadyrov (Tchétchénie), E. Sovtchenko (Belgorod), S. Choïgu (région de Moscou), V. Bassarguine (Perm), A. Khudilaïnen (Carélie), A. Kabylkine (Iamalo-Nenets), V. Radaev (Saratov) et A. Drozdenfo (région de Léningrad) sont en tête du classement.
Selon les auteurs du classement, S. Sabianine est en tête car un des critères est la manière dont le Gouverneur est apprécié par le pouvoir. Et sa position est encore renforcée par la manière dont il a géré les mouvements de protestation.
A l'inverse sont dans le rouge, V. Chport (Khabarovsk), A. Volkov (Oudmourtie), N. Vinogradov (Vladimir) et A. Kozlov (Orlov). N. Vinogradov, par exemple, est en place depuis 15 ans et il y a des chances qu'il ne reste pas en place jusqu'à l'expiration de son mandat.
Avec les modifications de la législation concernant l'élection des Gouverneurs, dans une situation réellement concurrentielle, le pouvoir va être en difficulté pour maintenir ses candidats dans toutes les régions. Mais parfois, une alternative peut être trouvée, comme l'illustre les élections de Riazan qui doivent aloir lieu le 14 octobre. Le candidat soutenu par le pouvoir est en situation délicate car il n'a pas un soutien inconditionnel de la population. La solution a été trouvée: un poste de sénateur a été proposé à son concurrent le plus sérieux, qui l'a accepté et a retiré sa candidature. Si cela montre l'utilisation d'une certaine forme de ressources administratives, cela démontre aussi le dévouement de certains candidats ...
Avec les modifications de la législation concernant l'élection des Gouverneurs, dans une situation réellement concurrentielle, le pouvoir va être en difficulté pour maintenir ses candidats dans toutes les régions. Mais parfois, une alternative peut être trouvée, comme l'illustre les élections de Riazan qui doivent aloir lieu le 14 octobre. Le candidat soutenu par le pouvoir est en situation délicate car il n'a pas un soutien inconditionnel de la population. La solution a été trouvée: un poste de sénateur a été proposé à son concurrent le plus sérieux, qui l'a accepté et a retiré sa candidature. Si cela montre l'utilisation d'une certaine forme de ressources administratives, cela démontre aussi le dévouement de certains candidats ...
mardi 11 septembre 2012
Les élections des gouverneurs: premier test après la nouvelle législation
Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2019144?NodesID=2
Le 14 octobre auront lieu les élections des gouverneurs dans 5 régions, premières élections après l'adoption de la nouvelle législation restaurant les élections populaires des chefs des Sujets de la Fédération, mais prévoyant également des "filtres" aux candidatures. Finalement, 22 candidats participeront aux élections.
Si la moyenne est d'environ 4 candidats pour un poste, la réalité varie d'un Sujet à l'autre. Dans les Oblasts d'Amour, de Belgorod et de Briansk, il y a effectivement 4 candidats. Dans celui de Novgorod, 3. Et dans celui de Riazan, 7.
Par exemple, dans l'Olbast de Riazan, en plus du parti Edinaya Rossiya en la personne du gouverneur par interim sont représentés les partis Patrioty Rossii, Pravoe delo, Pensionery Rossii et Novaya Rossiya. Les candidats de Iabloko et du parti communiste ont été refusé et Spravedlivaya Rossiya a décidé de soutenir le candidat du parti Patrioty Rossii.
Dans l'Oblast d'Amour, le gouverneur Edinaya Rossiya sera en concurrence avec des représentants des 3 autres partis représentés à la Douma, LDPR, Spravedlivaya Rossiya et les communistes. Les candidats de Pravoe delo et du PARNAS n'ont pas été enregistrés.
Dans l'Oblast de Belgorod, le gouverneur Edinaya Rossiya en place depuis 1993 sera en concurrence avec les représentants des partis LDPR, Patrioty Rossii et Pravoe delo. Le LDPR et les communistes ont refusé de participer aux élections car, selon eux, il est impossible de dépasser les filtres, et donc obtenir les signatures nécessaires des élus locaux, sans le soutien de l'administration du gouverneur Savtchenko.
Selon le politologue Kynev, les candidats qui avaient réellement des chances n'ont parfois pas été soit proposés, soit enregstrés. Les filtres ont joué et il était extrêment difficile d'obtenir des signatures sans le soutient du pouvoir.
Finalement les gouverneurs Edinaya Rossiya seraient-ils en face de candidats fantômes? Le soutien pour des candidats d'alternative était quasiment impossible à obtenir dans le cadre d'une division des partis politiques. La plupart des élus locaux appartiennent au parti Edinaya Rossiya, ils ne vont donc pas soutenir un candidat d'un autre parti. Ce phénomène a été souligné par les chiffres donnés par la Commission électorale, selon lesquels moins de la moitié des élus locaux ont soutenus un candidat.
Ceci montre une chose. La législation mise en place va vers une concentration des partis politiques et même sans le recours aux "ressources administratives" une pluralité de candidats d'opposition ne peut être présente aux élections des gouverneurs, au regard de la carte actuelle du paysage politique locale. Tant que Edinaya Rossiya tiendra la majorité des élus locaux, le parti tiendra sans effort les gouverneurs.
Nous verrons bientôt s'il fallait remplacer des gouverneurs et par qui.
mardi 26 juin 2012
Les élections des gouverneurs se passeront selon le scénario prévu: sans alternative
Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1966431
Malgré l'adoption de la loi sur les partis politiques, malgré la réforme des élections des gouverneurs au suffrage universel direct, rien de fondamental ne changera. Et c'est bien ce qui était prévu, si l'on oublie un instant la démagogie ambiante.
Dans les régions où ces élections doivent avoir lieu, seul le parti communiste est à même de promouvoir parfois des candidatures autonomes, Spravedlivaya Rossiya doit conclure des accords de coalition, LDPR refuse de se prononcer, quant aux partis libéraux, il n'est même pas nécessaire d'en parler. Bien sûr, Edinaya Rossiya avance la possibilité pour ces partis de contacter les députés indépendants, mais qui sont, comme chacun le sait parfaitement, sous contrôle des administrations locales. Résultats, les candidats aux élections des postes de gouverneur ne peuvent être présentés sans la signature de députés d'Edinaya Rossiya, donc sans l'accord du pouvoir.
Belle avancée en matière de démocratie locale!
La raison principale de ce blocage vient de l'existence des filtres locaux, obligeant les candidats potentiels à réunir un certain pourcentage de signatures d'élus locaux. Dans l'Oblast de Novgorod, il est de 10%, dans celui d'Amourskaya il est de 7% et de 5% à Belgorod. Or, en moyenne, Edinaya Rossiya a environ 62% d'élus locaux, pour 30% d'indépendants et 6-7% pour l'opposition prise dans sa totalité. Selon les données du parti communiste, en Russie, il y a à présent environ 141,3 milles élus locaux, dont 7067 communistes, soit 5%. Le débat électoral risque ainsi de se réduire à une opposition Edinaya Rossiya / Parti communiste, si le parti au pouvoir ne décide pas dans certaines régions de soutenir d'autres partis pour donner une impression de pluralisme.
La réforme politique obtient ainsi l'effet escompté. Il est possible de créer des partis politiques sans problèmes majeurs, mais leurs membres ne peuvent pas participer à la vie politique, c'est-à-dire aux élections. Ils sont donc condamnés à disparaître rapidement, après avoir suffisamment désorganisé le paysage politique, dispersé les voix d'opposition, le tout profitant aux partis déjà installés, et principalement au pouvoir qui va ainsi très facilement pouvoir renforcer sa position dans les régions, tout en bénéficiant d'une certaine légitimité électorale. Il est dommage que les représentants de l'opposition et les différents organes, conseils, chambre etc n'aient pas réellement analysé les conséquences des réformes qu'ils appelaient de leurs voeux ...
lundi 18 juin 2012
Le Centre renforce la verticale administrative
Кремль усиливает контроль над кадровой вертикалью
Alors que les élections locales se développent, notamment avec l'élection des gouverneurs, le département de la politique intérieure de l'Administration présidentielle se réforme pour intégrer un nouveau département, celui de la politique du personnel dans les régions.
Au niveau fédéral, une réserve de personnel a déjà été donnée, mais au niveau local, il est difficile d'évaluer de quelle réserve de personnel compétant disposent les pouvoirs locaux. Il s'agit dès lors de mettre en place une évaluation des forces en présence, afin de savoir quelles sont les ressources en personnel dans quelles régions. Cela ne concerne évidemment pas les membres élus.
De plus, comme cela existait lors de l'Empire russe et de la période soviétique, il s'agit de développer une politique locale en la matière, qui soit plus rationnelle qu'elle ne l'est actuellement.
Les experts se contredisent sur cette question. Pour certains, l'instauration de ce nouveau département permettra une rationalisation de la politique du personnel d'Etat sur l'ensemble du territoire, allant jusqu'à certaines grosses municipalités comme Oufa. Pour d'autres, l'enjeu est surtout de contrer le poids que les gouverneurs - après leur élection - peuvent acquérir du fait de l'élection directe. Le Pouvoir voudrait de cette manière compenser se perte d'emprise possible dans les régions.
Mais il ne faut pas oublier que la logique administrative, dans tous les Etats, nécessite la mise en place d'un savant dosage entre l'autonomie locale et la surveillance de structures étatiques. Si la Russie peut trouver ce point d'équilibre, il serait enfin possible de développer une politique locale efficace.
mardi 5 juin 2012
La démultiplication des partis politiques: de la quantité à la qualité?
A ce jour 172 groupes politiques ont mis en place un comité d'organisation en vue de se constituer en parti politique. Pourtant, tous ne participeront pas activement à la vie politique, même s'ils sont enregistrés.
Par exemple, pour participer aux élections des gouverneurs en octobre, les partis doivent déjà avoir été enregistrés et avoir passés toutes les procédures régionales avant la date d'annonce des élections, c'est-à-dire le 5 juillet. Car il ne suffit pas de l'enregistrement par le ministère de la justice, il faut également enregistrer le parti dans au moins 42 régions, et le délai est environ d'un mois.
Pour cette raison, les experts estiment que, en plus des 7 partis actuellement existant et du Parti républicain de Kassianov qui a du être rétabli suite à la décision de la CEDH, on peut compter sur encore 7-8 partis, ceux qui ont déjà obtenu leur enregistement fédéral. Il s'agit du Parti démocratique de Bogdanov (candidat aux présidentielles en 2008), L'Alliance des Verts d'O. Mitvol (ancien vice-directeur de l'Agence de surveillance de l'environnement et ancien préfet d'arrondissement de Moscou) pour les plus connus. Ensuite, se développe une floppée de partis inconnus du grand public: le parti populaire pour les femmes de Russie, l'union des citadins, le parti populaire de Russie, le parti des réseaux sociaux, le parti social-démocrate de Russie et le parti communiste de la justice sociale. Certains estiment que le parti Front de gauche, qui n'a rien à voir avec le mouvement de Udaltsov, a également toutes ses chances.
Bref, une quizaine de partis sont attendus pour les prochaines élections. Dans l'ensemble, les experts - toujours rassurants - estiment que l'apparition d'une centaine de partis est peu probable, mais ils en attendent une trentaine ou une quarentaine.
Qu'y a-t-il ici de rassurant? Les électeurs vont se trouver noyés dans une masse de partis qu'ils ne connaissent pas, dont ils ne connaissent pas les programmes, représentés par des gens qui leur sont totalement inconnus. Est-ce cela le pluralisme politique? Si on l'entend d'un point de vue purement formel, oui. Mais ce pluralisme politique ne donne pas de choix réel à la population.
Il ne s'agit pas d'un libéralisation du système politique, mais de son africanisation, si le terme peut encore être utilisé sans heurter le politiquement correct. Donc oublions le politiquement correct qui nous enjoint à l'extase devant l'émergence de tant de partis politiques - qui ne sont pas des forces politiques. Et c'est justement ici que le bas blesse.
En la matière comme en beaucoup d'autres (réforme de l'enseignement supérieur ou de la santé), la solution de facilité a été retenue. Au lieu de favoriser le développement des mécanismes politiques, des "combats" politiques, la construction de différentes idéologies proposant des voies différentes de développement de l'Etat. Pour cela, réellement donner un accès libre aux médias aux Forces politiques existantes. Pour cela renforcer les procédures d'examen des amendements lors de l'examen des projets de loi à la Douma. Par exemple. Au lieu de cela, le pouvoir a eu recours au tout marché, à ce libéralisme bas de gamme et sauvage qui a déjà ravagé la Russie dans les années 90. Parce que, outre l'alternative crise d'autorité / démission, aucune voie de dialogue social et politique réel n'a pu être mise en place. Donc les réformes se terminent soit par une décision autoritaire de ce qu'il faut faire, soit par le renvoie à un soi-disant marché omniscient qui permettra de prendre la bonne décision à la place d'un pouvoir qui ne s'en donne pas la peine.
En matière d'organisation politique, c'est un dangereux populisme. Quelle sera la réponse quand les gens comprendront qu'on les a trompé?
lundi 16 avril 2012
Le projet de loi sur l'élection des gouverneurs: une élection sous conditions
Зафильтрованные выборы
Госдума придумала, как ужесточить губернаторские выборы
Госдума придумала, как ужесточить губернаторские выборы
La discussion à la Douma sur le projet de loi concernant l'élection des gouverneurs continue et entre dans la deuxième phase (deuxième lecture), celle concernant les modifications les plus importantes du projet.
En ce sens, le régime d'élection qui se met en place semble sérieusement se durcir, si l'on en croit les modifications proposées, qui vont maintenant être discutées en vue de leur possible adoption.
Le premier filtre et le plus important est le filtre local. Les candidats à l'élection doivent réunir la signature notariée de 5 à 10% des députés locaux, signatures qui doivent couvrir les 3/4 des municipalités de la région concernée. Les signatures réunies peuvent être celles de députés locaux, mais également des maires élus, qui ne peuvent soutenir qu'un seul candidat. Les city-manager n'étant pas élus ne peuvent apporter leur soutien à un candidat sous forme de signature.
Le pouvoir du Président russe serait également renforcé. Actuellement, il consulte les partis pour déterminer les candidatures à proposer. Dans la version initiale du projet de loi, les partis pouvaient consulter le Président. Maintenant, il pourrait lui-même en reprendre l'initiative, mais également entrer en discussion avec des candidats indépendants.
En ce qui concerne la possibilité de candidatures indépendantes des partis, cette question risque de ressortir en fin de compte de la décision de chaque région. Ce qui pourrait mettre une croix sur cette possibilité.
Enfin, les anciens gouverneurs qui auraient été démis de leur fonction par le Président pour perte de confiance pourraient ne plus avoir le droit de présenter leur candidature.
Le mécanisme qui se met en place est particulièrement rigide. Il prévoit une telle quantité de filtres, de possibilité d'écarter des candidats à la candidature pour des raisons formelles, que finalement le choix qui est laissé à la population risque de n'être qu'une pure formalité.
Par ailleurs, l'impossibilité pour un gouverneur écarté par décision présidentielle de présenter sa candidature bloque la possibilité d'un contrôle populaire des décisions du Président. Cela évite certes le conflit potentiel des légitimités, mais donne le mot final au Président par rapport à l'électorat. C'est une position discutable en terme de démocratie locale.
jeudi 5 avril 2012
Situation d'urgence: Choïgu nommé gouverneur de la région de Moscou
Шойгу утвержден губернатором Подмосковья
Son nom était depuis longtemps prononcé. On lui avait trouvé deux co-prétendants, sans aucune chance. Le poste était déjà attribué. De toute manière, il fallait se débarasser de Gromov qui n'a pas su gérer les conflits dans la région, notamment ceux liés au tracé de l'autoroute qui coupe la forêt de Khimky. Les nombreux problèmes avec la presse aussi. Le mécontentement de la population enfin.
S. Choïgu, qui dirige le service d'intervention d'urgence en cas de circonstances exceptionnelles, et qui bénéficie d'une excellente réputation dans son domaine, a officiellement été nommé Gouverneur de la région de Moscou.
Mais l'image de Choïgu sera-t-elle suffisante pour reprendre la région en main? A suivre, il bénéficie en tout cas d'un très fort soutien ... pas que dans la population.
vendredi 24 février 2012
Les élections des gouverneurs sous contrôle présidentiel
В Общественной палате предлагают позволить президенту выдвигать кандидатуры губернаторов и агитировать за них
Le projet de loi présidentiel proposant le retour aux élections des gouverneurs est passé devant la Chambre sociale fédérale.
Les membres de la Chambre sociale ont attiré l'attention du législateur sur le flou entourant ce filtre présidentiel. Notamment en ce qui concerne la formule selon laquelle, les partis politiques peuvent proposer des candidatures aux élections des gouverneurs après consultation avec le Président de la Fédération de Russie.
Pour les membres de la Chambre sociale, il n'est pas clair si la consultation avec le Président est un élément obligatoire de la procédure ou s'il ne s'agit qu'un des moyens possibles pour les partis politiques de proposer un candidat.
Une proposition plus radicale a été faite par Elene Lukianova. Elle a en effet proposé d'amender le projet de loi pour y faire figurer la possibilité pour le Président de la Fédération de proposer lui-même des candidatures et de les soutenir.
Les discussions autour de ce projet de loi montrent la difficulté en Russie de déterminer la place du Président dans les institutions. Centre de la vie politque, clé de voûte des institutions plus encore que ne l'avait prévu de Gaulle en son temps, le Président russe est omniprésent non seulement sur le plan politique, mais également dans les mécanismes institutionnels.
Bien que souvent ce dernier point ait été fortement critiqué, il est surprenant de voir la réaction de différentes personnalités "indépendantes" du pouvoir.
Lorsqu'il y a la possibilité de réellement normaliser un des mécanismes fondamentaux du fédéralisme, à savoir l'accès au pouvoir des gouverneurs. Lorsqu'il y a la possibilité de les rendre plus indépendants du Centre par les mécanismes électoraux directs. Lorsqu'il y a la possibilité de rendre cette institution enfin politique et non administrative. Autrement dit, quand le caractère fédéral de la Russie peut enfin être mis en conformité avec la Constitution - alors qu'aujourd'hui nous ne sommes essentiellement face qu'à un découpage administratif du pays. Alors s'élèvent des voix pour réincérer la fonction présidentielle dans des espaces où elle n'a pas sa place en Fédération.
Pourquoi le Président devrait-il avoir la possibilité de proposer des candidatures? Il existe des partis politiques et ils sont là pour ça. Vu la culture politique actuelle, cela reviendrait à réinstaurer la nomination.
Pourquoi devrait-il y avoir consultation préventive du Président? Imaginez-vous des partis d'opposition aller demander au Président si la candidature qu'ils veulent avancer peut être adoubée par sa Seigneurie? Dans le cadre d'un réel pluralisme politique, d'une réelle concurrence, ce mécanisme n'a aucun sens. Et en ce qui concerne le parti du pouvoir, les concertations se feront de toutes manières et c'est normal.
Bref, les réflexes de références au Chef restent bien ancrés, au-delà des grandes déclarations. Ce qui n'est pas le cas des réflexes politiques concurrentiels.
lundi 16 janvier 2012
Elections des gouverneurs: le projet de loi présidentiel
Губернаторам выписали бюллетень
Готов президентский законопроект о прямых выборах глав регионов
Готов президентский законопроект о прямых выборах глав регионов
Le projet de loi présidentiel sur l'élection des gouverneurs est prêt et sera très prochainement déposé par D. Medvedev à la Douma. Dès cette année, il sera alors possible de revenir à l'élection directe des gouverneurs. Cela d'autant plus que le projet en lui-même ne prévoit pas ce fameux "filtre présidentiel", mais cela ne signifie pas qu'il ne pourra apparaître lors des trois lectures à la Douma.
La question technique, mais ô combien symbolique, du filtre présidentiel dont V. Poutine avait parlé, n'est pas réglée par le projet de loi. Le texte prévoit simplement deux manières d'introduire la candidature d'un gouverneur aux élections: soit par les partis politiques, soit indépendemment. Dans le premier cas, le candidat ne sera pas amené à réunir des signatures, ce qu'il sera obligé de faire dans le second et dont le régime juridique sera fixé dans chaque Sujet de la Fédération.
Mais les députés Edinaya Rossiya rappellent que ces règles du jeu ne sont pas encore définitives et qu'il faudra trouver le moyen de maintenir l'influence du Président sur le processus afin de garder l'unité dans le cadre de la Fédération. Selon le parti communiste, des mécanismes directes d'influence ne sont pas nécessaires. Si un candidat ne plaît pas au Président, il est suffisant qu'il le signifie lors de la campagne électorale, les électeurs feront eux-même leur choix.
En ce qui concerne le régime de sanction des gouverneurs, les grandes lignes sont déjà posées par le projet de loi. Le Président de la Fédération peut démettre de ses fonctions un gouverneur si des faits de corruption sont révélés ou si des conflits d'intérêts non résolus persistent. De même, le gouverneur peut perdre la confiance du Président et ainsi être démis de ses fonctions, si un décision de justice établit qu'il ne remplit pas ses obligations, qu'il enfreint la législation fédérale ou du Sujet. Mais les électeurs pourront également initier la procédure d'éviction de leur gouverneur sur referendum local, dont le régime devra être établi par la législation de chaque Sujet. Mais il ne sera pas possible de mettre en mécanisme en jeu lors de la première année de prise de fonction du gouverneur.
La loi entrera en fonction dès sa signture par le Président et sa publication. Les Sujets, afin de ne pas perdre de temps, seront obligés de mettre leur législation en conformité dans les deux mois. Tout gouverneur dont le mandat devra être renouvelé après cette date, se verra appliqué la nouvelle procédure.
Pour l'instant le projet de loi ne prévoit pas de filtre présidentiel. Soit l'administration présidentielle a compris que cela ne servait à rien, soit elle laisse le soin aux députés ou aux gouverneurs, qui présenteront leurs conclusions sur le projet de loi, d'endosser le mauvais rôle. Le Président Medvedev gardant ainsi l'image d'un réformateur libéral incompris par un système politico-étatique archaïque.
Si les partis peuvent introduire leurs candidats, ce qui est très bien car cela ramène le jeu sur la scène politique et non administrative, la question des candidatures indépendantes est plus spécifiques. Tout d'abord, la nécessité de réunir des signatures peut être un mécanisme de blocage efficace pour bloquer des candidats réellement indépendants, comme cela est actuellement le cas pour les élections présidentielles. Mais noyer les élections sous des candidatures qui ne représentent rien n'est pas non plus un gage de démocratie.
En revanche, la question du pouvoir présidentiel en matière de sanction des gouverneurs reste une question sensible. La Russie est une Fédération et le gouverneur ne peut en aucun cas être considéré comme un subordonné du pouvoir central. Son pouvoir ne dépend pas du Président, mais des électeurs. Toutefois, dans des cas particuliers et graves, le Président doit effectivement, en tant que garant de la Constitution, pouvoir intervenir, mais dans le cadre d'une procédure plus globale qui intègre également le pouvoir judiciaire. C'est cet équilibre qui sera le plus difficile à trouver.
mardi 15 novembre 2011
La nouvelle évaluation des gouverneurs: la préparation de la victoire d'Edinaya Rossiya
Острая электоральная лихорадка
внесла серьезные коррективы в выживаемость глав регионов
внесла серьезные коррективы в выживаемость глав регионов
Le Fond "Peterburgskaya politika" et la société de communication "Mintchenko consulting" ont préparé la dernière évaluation des gouverneurs (sur l'expertise assez tendancieuse des maires en Russie réalisée par ces deux mêmes groupes, voir notre article ici). Un des critères fondamentaux de l'appréciation de l'efficacité du travail des gouverneurs est la gestion électorale des régions.
Sur les 83 gouverneurs, seulement 9 ont obtenu 5/5, 38 gouverneurs ont eu 4, 24 ont obtenu 3, 11 ont eu 2 et le gouverneur de l'Oblast de Arkhangelsk, I. Mikhaltchuk, a obtenu 1. Pour ce dernier, la situation s'explique par la jonction de plusieurs facteurs qui vont de la mauvaise préparation des installations de chauffage pour l'hiver à, surtout, les vives critiques de D. Medvedev, l'augmentation de la contestation dans la région, l'affaiblissement de son lobby au niveau fédéral, les conflits intérieurs avec les élites locales et sa baisse de popularité. Le mouvement qui se dessine contre lui, pourrait prendre une autre mesure et se retourner contre le parti Edinaya Rossiya. Il sera vraissemblablement rapidement remplacé, la question est de savoir si cela se fera en période électorale ou après. Ce type de manoeuvre lors des élections pourrait porter préjudice aux résultats électoraux attendus pour Edinaya Rossiya.
Il faut souligner que depuis 4 ans que cette évaluation existe, les 6 gouverneurs qui ont obtenu 1 ont tous été rapidement remplacés. Pour ceux qui ont obtenu 2, 13 ont été remplacés et 4 ont continué à exercer leurs fonctions. Depuis la publication de la 8e évaluation en mars de cette année, 2 gouverneurs ayant obtenu 2 ont été écartés de la gestion de leur région (V. Dudka et D. Zelenine) et V. Matvienko de Saint Petersbourg qui avait obtenu 3.
Les gouverneurs qui ont obtenu 2 dans cette nouvelle évaluation ont en commun de présenter de faibles résultats en ce qui concerne la gestion électorale de leur région. Un des signes est qu'ils ne dirigent pas la liste Edinaya Rossiya dans la région.
Toutefois, les difficultés dans ce domaine concerne également d'autres gouverneurs qui ont pourtant obtenu une bonne notation, par exemple les gouverneurs de Moscou et de Saint Petersbourg. Ceci s'explique par le fait que l'impopularité d'Edinaya Rossiya grandit dans des régions.
Si le centre a bien consience de la nécessité de remplacer une partie des gouverneurs, certains en raison de leur manque d'efficacité, d'autres en raison d'une certaine fatigue de l'électorat, l'opposition clairement affichée à l'égard des élections directes des gouverneurs pose un problème en terme de personnalités. Toutefois, selon les experts, des fonctionnaires fédéraux qui ne retrouveraient pas leur place après la rotation au pouvoir d'ici mai 2012 pourraient se voir confier la gestion de certaines régions.
Cette évaluation des gouverneurs, les critères retenus, la subjectivité de leur appréciation et les fondements servant à l'évincement de certains gouverneurs sont particulièrement significatifs d'une confusion totale entre les intérêts nationaux et les intérêts du parti au pouvoir. Un gouverneur est efficace quand il sert le parti. Il reste en place quand il assure la popularité d'Edinaya Rossiya. La présence d'un gouverneur Edinaya Rossiya garantit parallèlement les résultats électoraux au niveau des assemblées locales. La boucle est bouclée. Le système fonctionne par et pour Edinaya Rossiya.
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