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lundi 15 avril 2024

Slaviansk : l'armée russe aurait frappé sur les militaires français


Les médias russes annoncent ce matin, que l'armée russe aurait frappé Slaviansk, justement là où se trouvaient les Français venus aider l'armée atlantico-ukrainienne. Ces fameux soldats, qui soi-disant n'existent pas ... et qui selon toute probabilité, n'existent plus. Quel était le but de leur mort ? Assurer la domination atlantiste. Quel est le rapport avec la France ? Aucun.

lundi 7 juillet 2014

L'effet Strelkov: la Russie se réveille


Mais pourquoi Igor Strelkov, qui commande les forces armées de la République de Donetsk, est-il parti de Slaviansk? Cette question a hanté les médias et l'internet russe dès la nouvelle tombée samedi matin: les combattants quittent Slaviansk et se regroupent sur Donetsk. Fuite? Repli stratégique? Coup médiatico-politique? Stratégie militaire ou politique? Un peu de tout, mais surtout un coup de semonce à la Russie. Et il semble que le message soit passé. Même si une réponse claire n'a toujours pas été apportée.

mercredi 11 juin 2014

Le pourquoi du scandale de l'AFP: les mensonges obligés sur Slaviansk contre les crimes de guerre

Depuis hier, beaucoup s'étonnent du niveau de l'information propagée par l'AFP à propos de la guerre en Ukraine. Y a-t-il réellement volonté de désinformation ou est-ce une regrettable erreur? Montrer les bombardements de la ville de Slaviansk et affirmer que cela est le fait des séparatistes ressort au minimum de l'incompétence, au plus de la manipulation.
 
Ce sont ces images qui ont fait scandales chez les spécialistes,
 
 
Mais qui ont été reprises par les masses médias, notamment par le groupe de presse du Centre. Que la ville soit justement aux mains des combattants, cela n'a pas choqué les journalistes français. De toute manière combien de personnes en France sont capables de vérifier l'information et combien en auraient tout simplement envie? Donc l'information passe, même si elle est contestée dans certains milieux restreints ou sur internet. Mais pour la plus grande partie des gens, la destruction de l'Ukraine est le fait des "pro-russes" que le vaillant Gouvernement ukrainien combat pour sauver la population. C'est la propagande lancée par les médias ukrainiens, elle est reprise par les médias français.
 
Que les médias ukrainiens tiennent ce discours, soit, c'est normal, ils sont en guerre contre une partie de leur propre peuple et doivent le justifier, en fait surtout le cacher. Car  la population ukrainienne ne comprendrait pas pourquoi des villes entières sont détruites. S'il y a des combattants, il y a surtout des civils.
 
Comment expliquer ce qui reste de Cemionovka? Une ville en ruine, une ville fantôme. (Désolée de ne pouvoir qu'indiquer les liens de cette manière, mais je ne peux pas enregistrer directement depuis Youtube les vidéos concernant Cemionovka, ça bloque ...)
 
Car à un moment donné, il faudra donner des explications, et devant les ukrainiens, et devant la communauté internationale, et devant la justice.
 
En ce qui concerne la justice, la CEDH a pris le 13 mars 2013 une décision sur les mesures provisoires demandées par l'Ukraine elle-même contre la Russie. Même s'il ne s'agit que d'une décision intermédiaire, elle est intéressante. Avant le référendum en Crimée, l'Ukraine a demandé à la CEDH de prendre des mesures pour protéger la population ukrainienne, surtout en Crimée, contre l'agression de l'armée russe, qui ne doit pas manquer de se produire. En fait, Kiev espèrait un soulèvement des habitants de Crimée contre la Russie en raison du referendum, ils espèraient une annexion de force, ce qui a été présenté dans les médias occidentaux. Or, le processus s'est passé dans le calme et la joie sincère de la population, l'armée n'est évidemment pas intervenue contre la population. Mais ça, l'Ukraine ne pouvait pas le savoir en avance. Or, la CEDH accepte de prendre des mesures provisoires dans le cadre du recours interétatique déposé, mais elle les prend à l'encontre des deux pays. Autrement dit, elle demande à l'Ukraine et à la Russie de ne pas prendre de mesures pouvant porter atteinte à la vie et à la santé de la population ukrainienne.
 
En résumé, l'Ukraine se retrouve sans la Crimée, avec une décision délicate de la CEDH même si elle est intermédiaire, et une "opération anti-terroriste" qui tue des civils et détruit des villes entières. Bref, l'Ukraine se trouve en train de violer la décision de la CEDH qu'elle a elle-même demandée. Ironie du sort. Or, en manipulant les médias et les informations, ce n'est pas elle qui viole, ce sont les pro-russes. Elle cherche donc à se couvrir aussi juridiquement d'un recours possible pour crimes de guerre, voire génocide.
 
C'est la première raison pour laquelle il faut cacher les informations et les manipuler.
 
La seconde raison vient du fait que, grâce aux médias indépendants et à internet, l'information circule. Elle arrive aux oreilles des ukrainiens et de la communauté internationale. Il faut donc réagir. Par exemple, Youtube aux Etats Unis avait fermé Anna-news, une chaîne internet alternative très suivie, juste avant les élections présidentielles en Ukraine, pour bloquer la diffusion d'une "autre"information. Les médias occidentaux, les portes-paroles et autres services officiels de diffusion d'informations de plus en plus formatées reprennent tous en coeur le même discours: la Russie est fautive et si elle n'y est pas ce sont les "pro-russes". Petit détail linguistique, en russe on les appelle plutôt les résistants, mais il semble que la résistance à Kiev ne puisse être pro-ukrainienne, c'est-à-dire dans l'intérêt de l'Ukraine du point de vue des médias.
 
De cette manière on en arrive à une manipulation totale des médias. Soit pour l'Ukraine, mais la France? Nous avons d'autres traditions, il me semble. Et désolée si ce n'est pas politiquement correct, mais la grande démocratie ukrainienne et les valeurs européennes qu'elle appelle de ses voeux sont celles des années 30.
 
Le problème de la France est qu'elle a pris parti, car elle a dû choisir un camp. Dans une guerre, il n'y a pas de place semble-t-il pour l'analyse objective et humaine. Et même si ce camp est allé trop loin pour pouvoir le dénoncer, il est trop tard car le dénoncer c'est se dénoncer soi-même. Elle pourrait le faire si elle avait une politique étrangère propre. Si l'on avait des Hommes politiques. Se rappellera-t-on ses origines? Je l'espère.
 
 
 
 
 
 
 
 

mardi 10 juin 2014

L'urgence d'un corridor humanitaire en Ukraine

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2490189



Le nouveau président ukrainien Poroshenko a demandé aux services de sécurité, au ministère de la défense et au département des circonstances exceptionnelles d'organiser un corridor humanitaire pour permettre aux civils se trouvant piégés dans les zones de combats de pouvoir partir. L'évacuation et les soins médicaux doivent être organisés.
Cette décison est très attendue par les habitants du Sud-est. Selon les sources russes, malgrè la fermeture de postes-frontières avec la Russie, plus de 3000 personnes ces derniers jours fuient quotidiennement vers la Russie. Une inquiétude toutefois: la peur de vider la région de ses populations.
Il semblerait que les discussions journalières entre l'ambassadeur ukrainien en Allemagne, l'ambassadeur russe en Ukraine et un représentant de l'OSCE permette d'obtenir une solution diplomatique au conflit en Ukraine.
Cette solution sera atteinte, toutefois, lorsque les forces armées seront retirées et que Kiev acceptera de discuter avec les représentants de l'Est. Pour l'instant, nous n'y sommes malheureusement pas encore et les combats s'intensifient.
Voici par exemple le bombardement ce matin d'une usine à Kramatorsk:
Quand dans le même temps Poroshenko demande un cessez-le-feu dans la semaine, les combattants ont peur d'une intensification sans précédant des attaques les jours prochains. D'autant plus que la situation sur place ne s'arrange pas. La ville de Slaviansk est toujours soumise à un blocus par les tanks:

Pour différentes informations:
- ce qu'il reste de la ville fantôme de Cemionovsk: http://www.youtube.com/watch?v=LZ1Ku-g0rEI#t=133
- un obus est tombé sur un immeuble d'habitation à Slaviansk, un enfant n'a pas eu le temps de se sauver: http://youtu.be/Xj_hCvxo4bU

Il serait vraiment urgent de mettre en place ce corridor humanitaire, car contrairement à ce que disents les médias, il n'y a pas que des combattants qui périssent dans ce conflit. Et la situation humanitaire dans certaines villes est à la frontière de la catastrophe: manque de nourriture, de médicaments car l'approvisionnement est bloqué par les militaires, coupure d'électricité et d'eau en raison des bombardements.


mardi 27 mai 2014

Massacrez en silence, Poroshenko compte ses voix

Alors que l'on compte les voix de la victoire de Poroshenko, que les négociations sur le gaz tournent en rond entre les partenaires russes, européens et ukrainiens, les combats s'intensifient à Donetsk, dans le silence médiatique que provoque la lassitude de la répétition.
Il devient difficile de trouver de bonnes âmes médiatiques pour s'insurger contre les méfaits des soldats, professionnels ou non, ukrainiens ou non, contre la population de cet Oblast qui a commis le crime de ne pas vouloir être considérée comme une population de second ordre. Où encore trouver la force de s'insurger? Cela fait tellement longtemps et l'on sent la lassitude. Cette dangereuse lassitude. Cette dangereuse habitude. Car nous avons la mauvaise tendance à nous habituer à tout, même au pire.
Alors, tranquillement, le nouveau futur Président ukrainien Poroshenko annonce qu'il ne renoncera pas à l'opération de nettoyage du Sud-Est de l'Ukraine, qu'il va même mieux équiper ces soldats, les assurer sur la vie, tout cela pour que le combat soit plus efficace. Effectivement, Poroshenko, mis en place par les Etats Unis, donc soutenu par l'Europe, ne peut se permettre de perdre le Sud-Est, mais il ne veut pas discuter ni négocier non plus. Donc la même politique destructrice continue. Qu'il faut couvrir, qu'il ne faut pas voir, qu'il faut travestir.
Mais que faut-il encore de plus pour que l'Europe se souvienne de ce qu'elle est? Odessa n'a manifestement pas suffit. Soit. C'est fait, c'est passé, il vaut mieux oublier ce qui dérange.
Hier, on compte des dizaines de morts et de blessés. Des civils, des gens qui défendent leur terre, des combattants, et même des journalistes russes et étrangers. Le combat de l'aéroport de Donetsk a piégé les journalistes qui se sont fait tirer dessus, notamment par des snippers. A Slaviansk déjà, un journaliste italien et son traducteur sont morts et un journaliste français est blessé.
Des hélicoptères de combats ont bombardé une usine et tiré sur une zone d'habitation.
Dans la nuit, un camion transporte les blessés, avec un signalement de transport médical. Il est bombardé. 35 morts, 15 blessés. Mais non, ça non plus ça ne choque pas.
Alors évidemment, lorsque l'ont dit que le QG de la République de Donetsk est attaqué à Mariupole ou que le bureau du Parti communiste ukrainien à Dniepropétrovsk a été attaqué lui aussi dans la nuit, ce sont déjà des broutilles. Ne nous dérangez pas pour de telles inepties, voyons. Désolée.
Et lorsque l'ont dit que la ville de Slaviansk s'est faite attaquée à l'artillerie lourde, que des immeubles d'habitation sont touchés, mais que finalement il n'y a que 4 morts. Que 4 morts, ce n'est déjà plus si grave. Vraiment désolée, je ne voulais pas vous déranger.
Bref, finalement les choses ne sont plus si graves. Les gens meurent, c'est tout. D'un autre côté, ça arrive toujours, tôt ou tard.
La République de Donetsk a demandé la mobilisation générale du personnel médical. Peut être justement parce qu'elle ne s'est pas encore résolue à cette fatalité.
Et encore une fois, le ministère russe des affaires étrangères demande une enquête indépendante menée par l'OSCE sur ce qui se passe en Ukraine. Et que fait l'OSCE, au fait, sur place? Ils sont trop occupés à compter les voix et à faire en sorte que les élections soient légitimes? C'est vrai qu'il y a du travail.
Bref, Chut! Cachez-moi ces corps, éteignez la lumière. Silence! Coupez le son sur ces tirs, c'est assourdissant, on ne s'entend plus compter.
Dans la lumière et avec l'écho des cris au lointain, on ne peut pas construire la démocratie. Alors silence, on tue. Silence, on créé un nouvel état de droit démocratique.
Il est vrai que le lapsus de notre merveilleux Président français est en ce sens révélateur: les élections européennes montrent une montée en puissance des partis politiques européens. Autrement dit, pro-européen? Démocratique? Comme en Ukraine?
Ou bien est-ce un lapsus? Et ces partis sont-ils anti-européens? Comme en Ukraine? L'Ukraine, devenue le lapsus de l'Europe?

vendredi 2 mai 2014

L'attaque de Slaviansk dans le contexte politique intérieur et international: ils ont tous besoin d'une guerre, sauf la Russie

Voir: http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1162061
http://www.vesti.ru/doc.html?id=1529212
http://top.rbc.ru/politics/02/05/2014/921663.shtml


Blocus de la ville de Slaviansk

7h18: Début de l'attaque armée contre la ville de Slaviansk.
7h48: Des hélicoptères de guerre survolent la ville, qui est totalement entourée par des tanks et des groupes de forces spéciales.
9h18: Les forces de défense de la république de Donetsk ont abattu deux hélicoptères, un pilote est mort, l'autre a été hospitalisé.
9h20: Les hélicoptères ont cessé le survole de la ville.
10h03: Troisième hélicoptère abattu au-dessus d'un poste de contrôle à l'entrée de la ville.
10h38: Le ministre de l'intérieur Avakov annonce la prise de 9 postes de contrôle.

Pour l'instant, la situation autour de Slaviansk se stabilise. L'armée ukrainienne ne semble plus aussi active. A l'intérieur de la ville, la situatione est tendue. Il a été demandé à la population de ne pas sortir dans la rue et de ne pas se rendre au travail. Les magasins sont fermés. On annonce des groupes de Secteur droit en civil pour des opérations coup de poing à l'intérieur de la ville.

Divers: Les "forces ukrainiennes" sont composées en partie seulement de militaires professionnels, car ils refusent en général de se battre contre la population. Les contingents ont donc été complétés par  des combattants de Secteur droit spécialement armés pour l'occasion.

Cette attaque tombe bien pour Kiev et surtout pour le pouvoir en place. Il y a quelques jours de cela, le groupe de hackers Cyber-berkut a diffusé l'information suivante, venant de la boîte mail d'un des oligarques du pouvoir, I. Kolomoïsky: non contents de la politique faible du Président et du Premier ministre par interim, un groupe de militaires (des généraux, des officiers, des attachés militaires, notamment auprès de l'OTAN) préparent un coup d'Etat militaire pour renverser le régime et placer le dirigeant du parti extrémiste Svoboda, Tiagnibok, à la tête du pays. Les Président et Premier ministre par interim seraient au courant, mais ne sauraient que faire.

Cela date du 28 avril. Pendant ce temps, les forces de Secteur droit sont habilement réarmées, jointes à l'armée officielle qui est envoyée pour démontrer une fois de plus sa force à l'Est. Bref, éloigner le danger, gagner du temps et en plus faire plaisir aux commanditaires.
Aujourd'hui, quand le sang se remet à couler, la porte-parole de l'administration américaine annonce que le FMI devrait envoyer à Kiev la première tranche du financement dans la journée.
Etrange coïncidence quand même que ces deux informations. Par ailleurs, il serait intéressant de vérifier la relation réelle qui existe avec l'OTAN, surtout quand celui-ci vient juste de réactiver officiellement son ennemi fondateur. Le vice-secrétaire général de l'OTAN, A. Vershbow, a déclaré que la Russie ne pouvait plus être considérée comme un partenaire, mais comme un adversaire. Cela permet à cette institution de guerre froide, fondée pour défendre le monde "libre" contre l'URSS de justifier son existence aujourd'hui: défendre le monde "libre" contre la Russie. Les bons contre les méchants, une recette qui marche toujours.
Il semblerait que certains groupes d'intérêts aient réellement besoin de faire basculer cette guerre "post-moderne" en guerre classique. Certains semblent avoir besoin de plus de sang, de plus de morts, de blessés, de destruction et de chaos. Ils ont besoin de mettre du sang sur les mains de soldats russes, sans avoir à truquer des photos, pour justifier leur politique. La Russie doit être l'Ennemi, sinon le Monde Libre s'est trompé. Et cela n'est pas acceptable.

vendredi 25 avril 2014

Journalisme: le prix du silence en Ukraine, le prix du sang

Voir: http://www.vesti.ru/doc.html?id=1513982
http://www.vesti.ru/videos?vid=594242

Международная и европейская федерации журналистов созывают встречу с участием союзов журналистов России и Украины
"Presse"


Les chars, les hélicoptères de guerre et l'armée ukrainienne attaquent et encerclent la ville de Slaviansk, on y compte déjà des morts - des civils sans armes; des snippers commencent à semer le trouble selon un scénario que l'on a déjà vu à Odessa; des soldats américains sont débarqués en Pologne et dans les pays baltes (?) et la Russie active des mouvements d'entraînements aux frontières ukrainiennes; la valse des dirigeants américains apportant les cartes de l'OTAN fait couler le sang à l'Est et Obama envisage de prendre des mesures directes contre Poutine.
Bref, pour ceux qui avaient encore un doute, non le monde n'est pas devenu fou, les dirigeants perdent simplement le sens des réalités car ils ont perdu toute responsabilité. A côté de l'armée officielle, des armées non officielles voient le jour et se substituent à l'Etat, les oligarques ukrainiens, au lieu d'investir dans l'économie nationale, lancent chacun leur armée privée et, contrairement à l'armée étatique, paient grassement les soldats. Si cela ne suffit pas, il y a toujours les contractuels étrangers que ces mêmes oligarques annoncent employer pour rétablir l'ordre en Ukraine, ces "soldats" n'ayant aucun risque de pactiser avec une population qu'ils ne comprennent pas.
Dans ce contexte, la politique de Kiev envers les journalistes est claire comme de l'eau de roche: à aucun prix l'information ne doit passer. Et la chasse aux journalistes russes s'intensifie: tout russe étant un espion potentiel.
Hier, des journalistes russes de NTV sont arrêtés. Selon les services de sécurité ukrainiens (SBU), ils tentaient de filmer des lieux stratégiques. Ils ont donc été arrêtés et son considérés comme des espions, comme l'affirment ces services. La preuve en est: lors du tournage, ils utilisaient des appareils camouflés. Voilà, chers concitoyens, votre conscience sera sauve, ce sont bien des espions, des russes.
Il faut dire aussi qu'une réelle chasse à l'espion russe est lancée en Ukraine, sur initiative de ces mêmes oligarques. Selon le cas, vous pouvez toucher jusqu'à 5000 dollars pour remise d'un espion terroriste russe, ce qui est synonyme, et si vous ramener son arme, on vous paie aussi.
Aujourd'hui, des journalistes, toujours russes mais l'OSCE vous dirait que c'est pure coïncidence, de la chaîne russe Life News ont également été arrêtés. Ils furent déportés car, je cite, leur présence sur le territoire de l'Ukraine présente un danger pour son intégrité territoriale et sa sécurité. Quand on vous disait que la parole est une arme, il ne fallait quand même pas prendre l'expression au pied de la lettre...
En d'autres termes, il faut que le pouvoir de Kiev puisse sans trop de bruits et d'images qui risqueraient de finir par passer à l'Ouest et feraient réfléchir la population européenne encore assoupie, il faut donc qu'ils puissent faire la guerre à ces terroristes-fédéralistes. Car oui, le fédéralisme est pénalement incriminée semble-t-il et assimilé au séparatisme. Ce qui permet d'ailleurs à ce même pouvoir d'ouvrir des enquêtes pénales contre les candidats à la présidentielle qui ne partagent pas leur point de vue. Oleg Tsarev en sait quelque chose. Candidat de l'Est à la présidentielle, il en est à sa troisième accusation pénale, la dernière ayant eu lieu après qu'il ait été passé à tabac par les anciens manifestant pacifiques de Maïdan, qui ont refusé de le laisser monter dans l'ambulance et finalement l'ont remis entre les mains du Procureur. Celui-ci, en toute logique, l'a accusé de fédéralisme. Vous ne voyez pas le rapport? Moi non plus. Mais il semblerait que nos voisins ukrainiens aient consommés Le Roi Ubu à excès.
Dans tout ce cirque, reste quand même une interrogation. A quoi sert-il d'aller aussi loin? Des opérations coup de poings ont lieu dans différentes villes de l'Est, le sang est versé, etc. Le pouvoir ukrainien semble s'être acculé dans une impasse: détruire son peuple ou s'autodétruire. Comment envisager des élections présidentielles, même si elles sont vitales pour le processus de légitimation, quand toute une partie du territoire ne veut pas les organiser, car estime que les circonstances ne permettent pas d'assurer la sérénité du scrutin.
 Est-ce de cette manière que le pouvoir compte finalement unifier son peuple? A moins d'imaginer le pire: ce pouvoir ne considère pas la population de l'est, russophone, comme une composante de son peuple, mais comme un groupe terroriste. Ce qui explique peut être cette décision inique d'encercler toute une ville. Prendre une population en otage, une population civile, de toute classe d'âge, de la maternelle à la retraite, rappelle les heures noires d'un autre régime, face à une autre population.
Mais à cette époque-là, la France, l'Angletterre, le Canada, les Etats Unis s'étaient alliés à la Russie soviétique pour combattre un mal plus grand que l'opposition idéologique entre le socialisme et le libéralisme, pour combattre l'extrémisme qui nie la valeur humaine à certaine catégorie d'hommes et de femmes. Aujourd'hui, l'Europe unie sous la banière américaine soutient un régime qui utilise l'armée contre son peuple, le Président américain justifie même cette décision en qualifiant d'action anti-terroriste.
Je ne me reconnais pas dans ces valeurs qui ne sont pas les valeurs européennes, libérales et humanistes. Quelle antinomie existe-t-il entre la Russie et les Etats Unis qui justifient pour ces derniers une politique négationniste?