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lundi 1 octobre 2018

Donbass: l'opération "mains sales"



Comme nous l'avions écrit, la mort de Zakhartchenko, le leader de la jeune République populaire de Donetsk - DNR (voir notre texte ici), a provoqué des tremblements politiques dont l'ampleur ne finit pas de grandir. Sur la vague de l'installation quelque peu douteuse du non moins douteux Pouchiline (voir notre texte ici) à la tête d'un intérim qu'il entend bien rendre définitif, le processus électoral se transforme en opération de neutralisation politique d'un espace tout juste naissant. Faire de DNR un ectoplasme politique, amorphe, ne peut entrer que dans un scénario de renforcement de dépendance ou de rattachement. Mais à qui? Dans tous les cas, ces technologies non seulement ternissent l'image de la Russie mais risquent de soulever des questions de sécurité interne.

jeudi 2 mars 2017

Fillon contre la tentative de coup d'état judiciaire



Hier, ce qu'il est convenu d'appeler "l'affaire Fillon" a pris de court les journalistes qui se sont immédiatement pris à rêver d'un retrait tant attendu de F. Fillon au profit de Juppé, Fillon enfin empêtré dans les mailles serrées du filet médiatico-judiciaire que tout un chacun s'escrime à lancer sur le candidat si dérangeant. 

Un pas de plus a été franchi, F. Fillon sera convoqué le 15 mars par les juges d'instruction, saisis seulement vendredi dernier, en vue d'une mise en examen et non en tant que témoin. Il semblerait que la célérité de la justice ait remplacé la sérénité. Et l'on se demande jusqu'où la "justice" sera prête à aller pour remplir sa "mission"? L'assignation à domicile ou la détention préventive seraient-elles envisagées en dernier recours? 

Il faut dire que cet homme est extrêmement dangereux pour le système la société, il risquerait même sans tout ce tapage de devenir le prochain Président. Or, son crime est établi: il ne défend pas les intérêts de la bulle globaliste. Il doit payer.

Revenons donc sur certains éléments de cette crise politico-institutionnelle qui nous sert de campagne électorale.

lundi 18 juillet 2016

Retour sur la tentative de coup d'état en Turquie


Dans la nuit de vendredi à samedi, un coup d'état militaire a été tenté en Turquie. Maintenant qu'il a échoué, certains tentent de minimiser les moyens mis en place, montrer qu'ils étaient insuffisants pour faire vasciller le pouvoir. Bombarder un bâtiment vide ne sert à rien. Certes, les moyens étaient insuffisants, tant que la tentative d'assassinat d'Erdogan n'était pas accomplie. La Turquie accuse Fethullah Gülen, et indirectement les Etats Unis, puisque l'imam travaillait avec la CIA, d'être derrière cette opération. 

lundi 6 juin 2016

Tentative de coup d'état au Kazakhstan?

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Un enchaînement d'évènements laissent songeur. Entre une attaque par des terroristes dits extrémistes islamistes à Aktobe dimanche, l'arrestation de personnes influentes pour tentatives de coup d'état, la situation est particulièrement tendue au Kazakhstan.

vendredi 2 mai 2014

L'attaque de Slaviansk dans le contexte politique intérieur et international: ils ont tous besoin d'une guerre, sauf la Russie

Voir: http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1162061
http://www.vesti.ru/doc.html?id=1529212
http://top.rbc.ru/politics/02/05/2014/921663.shtml


Blocus de la ville de Slaviansk

7h18: Début de l'attaque armée contre la ville de Slaviansk.
7h48: Des hélicoptères de guerre survolent la ville, qui est totalement entourée par des tanks et des groupes de forces spéciales.
9h18: Les forces de défense de la république de Donetsk ont abattu deux hélicoptères, un pilote est mort, l'autre a été hospitalisé.
9h20: Les hélicoptères ont cessé le survole de la ville.
10h03: Troisième hélicoptère abattu au-dessus d'un poste de contrôle à l'entrée de la ville.
10h38: Le ministre de l'intérieur Avakov annonce la prise de 9 postes de contrôle.

Pour l'instant, la situation autour de Slaviansk se stabilise. L'armée ukrainienne ne semble plus aussi active. A l'intérieur de la ville, la situatione est tendue. Il a été demandé à la population de ne pas sortir dans la rue et de ne pas se rendre au travail. Les magasins sont fermés. On annonce des groupes de Secteur droit en civil pour des opérations coup de poing à l'intérieur de la ville.

Divers: Les "forces ukrainiennes" sont composées en partie seulement de militaires professionnels, car ils refusent en général de se battre contre la population. Les contingents ont donc été complétés par  des combattants de Secteur droit spécialement armés pour l'occasion.

Cette attaque tombe bien pour Kiev et surtout pour le pouvoir en place. Il y a quelques jours de cela, le groupe de hackers Cyber-berkut a diffusé l'information suivante, venant de la boîte mail d'un des oligarques du pouvoir, I. Kolomoïsky: non contents de la politique faible du Président et du Premier ministre par interim, un groupe de militaires (des généraux, des officiers, des attachés militaires, notamment auprès de l'OTAN) préparent un coup d'Etat militaire pour renverser le régime et placer le dirigeant du parti extrémiste Svoboda, Tiagnibok, à la tête du pays. Les Président et Premier ministre par interim seraient au courant, mais ne sauraient que faire.

Cela date du 28 avril. Pendant ce temps, les forces de Secteur droit sont habilement réarmées, jointes à l'armée officielle qui est envoyée pour démontrer une fois de plus sa force à l'Est. Bref, éloigner le danger, gagner du temps et en plus faire plaisir aux commanditaires.
Aujourd'hui, quand le sang se remet à couler, la porte-parole de l'administration américaine annonce que le FMI devrait envoyer à Kiev la première tranche du financement dans la journée.
Etrange coïncidence quand même que ces deux informations. Par ailleurs, il serait intéressant de vérifier la relation réelle qui existe avec l'OTAN, surtout quand celui-ci vient juste de réactiver officiellement son ennemi fondateur. Le vice-secrétaire général de l'OTAN, A. Vershbow, a déclaré que la Russie ne pouvait plus être considérée comme un partenaire, mais comme un adversaire. Cela permet à cette institution de guerre froide, fondée pour défendre le monde "libre" contre l'URSS de justifier son existence aujourd'hui: défendre le monde "libre" contre la Russie. Les bons contre les méchants, une recette qui marche toujours.
Il semblerait que certains groupes d'intérêts aient réellement besoin de faire basculer cette guerre "post-moderne" en guerre classique. Certains semblent avoir besoin de plus de sang, de plus de morts, de blessés, de destruction et de chaos. Ils ont besoin de mettre du sang sur les mains de soldats russes, sans avoir à truquer des photos, pour justifier leur politique. La Russie doit être l'Ennemi, sinon le Monde Libre s'est trompé. Et cela n'est pas acceptable.

mercredi 12 mars 2014

Billet d'humeur: pluralisme, coup d'Etat et révolution - le fantasme ukrainien

Voir: http://izvestia.ru/news/567277

Aucun système ne peut être considéré comme démocratique sans respect du pluralisme. Car seul le pluralisme donne un sens à la liberté d'expression et de pensée. Vous ne pouvez penser librement si vous n'avez pas le choix des informations. Vous n'avez donc plus de liberté de choix. Vous n'avez plus de choix. Plus de liberté.
Les informations diffusées par la télévision russe vont, évidemment, à contre sens de la politique choisie par le nouveau pouvoir à Kiev. Non seulement la Russie a le mauvais goût d'appeler un chat un chat, en l'occurence un coup d'Etat un coup d'Etat, mais elle soutient la volonté exprimée en Crimée de sortir de ce que représente la nouvelle Ukraine, incertaine, dont le caractère étatique en lui-même est aujourd'hui largement sujet à caution. Si ce n'est sur le plan politique pour nos confrères américano-européens, au moins sur le plan juridique - pas d'institutions centralisées qui fonctionnent sur l'ensemble du territoire, pas de procédures légitimes (ni légales) d'accès au povoir dans les régions, pas de procédure appelant au peuple pour la formation actuelle des organes, recours à la force et à la violence, pas de système législatif appliqué sur l'ensemble du territoire, etc. Peut-on encore parler d'Etat?
Dans ce contexte, la fragilité du pouvoir de Kiev est évidente, d'autant plus qu'une crise sociale va bientôt s'ajouter à une crise politique et à moins de mettre l'armée dans la rue contre le peuple, le nouveau pouvoir ne pourra contrôler la situation. Mais l'armée le voudra-t-elle? Il reste les fanatiques du Secteur droit. Octobre après février. On a déjà vu.
Car qui va payer? Les Etats Unis menacent la Russie de sanctions économiques ... surtout si elle ne participe pas au financement du nouveau pouvoir radicale anti-russe. L'UE est en crise et doit déjà soutenir ses propres membres pour ne pas être en faillite. Les populations ne veulent pas payer pour l'Ukraine, ni les américains, ni les européens. C'est une chose de prendre des mesures abstraites contre la Russie, qu'elles soient politiques ou économiques, c'est autre chose de mettre la main au porte-monnaie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les gens sont beaucoup plus favorables à des sanctions politiques contre Moscou que économiques, dont ils vont avoir un retour de bâton, les économies étant interdépendantes. Qui est prêt à sacrifier son mode de vie pour une base de l'OTAN en Ukraine? Est-ce le combat existentiel auquel on pense lors de nos crises d'adolescence et de nos prises de conscience adultes? Je ne parle pas aux professionnels bien sûr.
Bref, personne ne veut payer pour l'Ukraine et la Russie ne veut pas continuer à soutenir à bout de bras l'Ukraine, si elle devient radicale et antidémocratique. Mais ça, il ne faut pas en parler, les gens risqueraient de réfléchir, les ukrainiens surtout, donc il vaut mieux couper l'information. De toute manière, ils s'en rendront compte par eux mêmes assez tôt. Mais d'ici là, qui sait ce qui peut se passer. Peut être nous, les dirigeants ne seront plus là, ou l'Ukraine ne sera plus. On verra alors.
Pour l'instant il faut couper l'information, donc la réflexion, donc la liberté. La révolution mange ses enfants, les coups d'Etat n'ont pas d'enfants. La révolution renverse totalement le système au nom de la liberté totale, elle ne demande pas l'ancienne constitution, ne garde pas les députés (en mettant les autres au pas), ne garde pas le SBU et autres. Elle veut la liberté de manière anarchique, totale, improbable, souvent destructrice. Mais elle veut la liberté, elle lance de grands débats - au moins dans les premiers temps. Le coup d'Etat veut le pouvoir, en soi, pour soi, à tout prix, à n'importe quel prix. Il n'a pas besoin de la liberté, encore moins de débats.
Donc, on coupe les médias et l'Occident applaudit. Les radicaux ukrainiens feraient-ils ce que nos vieux ou jeunes routards cyniques de la politique aimeraient tellement faire? Se passer du peuple, de la démocratie, de la liberté et enfin avoir le pouvoir, le vrai, même un instant, un instant seulement.

jeudi 6 mars 2014

Russie, attention à la dérive sécuritaire

Voir: http://izvestia.ru/news/567042
http://izvestia.ru/news/567031

Actuellement, deux projets de loi sont dans l'air. L'un consisterait à étendre le statut d'agent étranger aux Instituts de recherche, d'analyse ou d'enseignement. L'autre envisage de mettre en place une responsabilité pénale pour les journalistes travaillant dans les médias russes en cas de diffusion volontaire de fausses informations portant préjudice à l'Etat russe.
Dans les deux cas, ces projets de loi sont la conséquence du coup d'Etat en Ukraine. Le premier est suscité par le fait que certains financements étrangers en Ukraine, officiellement pour le développement de la démocratie, ont participé à la préparation des évènements sanglants ayant débouché sur cette impasse, laissant la place à un pouvoir en manque de légitimité intérieure qui la cherche à l'extérieure. Cela a été réalisé, notamment, par un travail sur les élites, leur préparation et leur formation. Le second projet de loi vient de la couverture très orientée de l'information en Ukraine et dans les médias occidentaux, qui vise à une légitimation du pouvoir en place, malgrè les fuites dérangeantes, en tronquant l'information. Dans tous les cas, il s'agit de la formation de l'opinion publique dans un sens très précis, sans tenir compte des intérêts propres de l'Etat en question.
Et la Russie a des raisons de craindre que certaines recettes puissent être employées à son encontre. Pourtant, la méthode choisie est-elle la plus efficace?
Le problème de ces projet de loi est le renforcement du caractère répressif de la législation, sans pour autant travailler sur les fondements des problèmes. L'Etat se place en position défensive, ce qui n'est jamais très bien pris par la population. En dehors des pressions et manipulations faites par les Etats Unis et l'Union européenne, le conflit en Ukraine est sorti dans la rue, au début, par un mécontentement généralisé à l'encontre du "système" Yanukovych, qui a remplacé les "systèmes" précédents et semble avoir laissé la place à un nouveau "système". Dans le fond, rien n'a vraiment changé. C'est un changement de personnes, un changement d'oligarques, mais la logique reste fondamentalement la même, renforçant seulement la radicalité du discours et des actes face à l'impasse politique dans laquelle il se trouve. On ne dissout pas le Parlement, on revient à la Constitution de 2004, on envoie des oligarques (d'autres évidemment, les siens) dans les régions. Il ne s'agit pas de s'occuper enfin des intérêts de l'Ukraine, mais de la rapprocher de l'UE et de laisser la place à l'OTAN. Ce sénario à ses frontières fait peur à la Russie. Pourtant, c'est le travail qu'elle mène pour lutter contre la corruption, pour légitimer les processus électoraux, pour lutter contre l'impunité judiciaire qui sera sa meilleure arme. Ces projets de loi n'apporteront rien.
Tout d'abord, parce que l'extrémisme ou le mensonge sont déjà réprimés. Ensuite parce que la loi ne peut pas protéger de tout. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille rien pénaliser, mais il est important de garder un équilibre entre la répression et la prévention d'un côté, et la liberté de l'autre. Sinon, les mesures deviennent contreproductives. En l'occurence, c'est le renforcement du soft power qui serait beaucoup plus efficace.

lundi 24 février 2014

Les ukrainiens doivent choisir entre l'Ukraine et Maïdan

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2014/02/24_a_5924689.shtml
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/998897
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/998897
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/997648
http://soldier-999.livejournal.com/201868.html



 
Meeting anti-Bandera à Sébastopol - 25 000 personnes environ



Ces derniers jours, la situation en Ukraine a évolué on ne peut plus rapidement. La rada a pris les pleins pouvoirs, Yunukovych est parti se réfugier à Kharkov, la rada l'a démissioné et a transmis ses compétences au speaker qu'elle a elle-même élu, A. Turchinov (après que l'ancien speaker ait été battu et ait démissioné), l'éminence grise de Timoshenko. Pour libérer l'égérie, la législation est modifiée, des lois ayant effet direct sont adoptées, les ministres sont démis de leurs fonctions et remplacés par des représentants temporaires. C'est une législation d'exception qui a été mise en place par un Parlement qui s'octroie de facto des compétences qu'il n'a pas, détruisant par là-même l'état de droit. Si des élections présidentielles anticipées sont annoncées pour le 25 mai, étrangement personne ne parle d'élections parlementaires. Les Etats Unis déclarent le Parlement légitime et ne qualifient pas ces évènements de coup d'Etat.
 
La rue et les bâtiments officiels sont sous le contrôle des combattants de Maïdan, la police, Berkut et l'armée sont dans leurs baraquements. La Rada annonce un nettoyage des forces de l'ordre et des magistrats. Le modèle américain de Transitional Justice est en route.  Le "Tribunal" de Maïdan demande que Yanukovych lui soit déféré pour y être immédiatement jugé.
 
Timoshenko sort de l'hôpital-prison, arrive à Maïdan, y fait une déclaration selon laquelle tous les responsables du sang qui coulé dans les rues de Kiev doivent être chatiés, que l'Ukraine va bientôt entrer dans l'Union européenne, ce qui va régler beaucoup de problèmes. Yanukovych et d'autres politiciens sont sous le coup d'un mandat d'arrêt.
 
Pourtant, Maïdan ne désarme pas. Et pour cause. Le lendemain, Secteur droit, la branche armée de l'extrême droite ukrainienne (qui s'est vu proposer de faire partie du ministère de l'intérieur) déclare garder les armes et la place, ne pas s'être battu pour le retour en politique de Timoshenko et de ces politiciens pourris professionnels, mais pour le changement complet des structures de pouvoir en Ukraine. C'est eux qui assurent la liberté de circulation, contrôle les véhicules et les passeports. En chemin, les véhicule des Timoshenko et de Iatseniouk sont arrêtés, pour que les choses leur soient clairement expliquées.
 
Pendant ce temps, à Kharkov, Yanukovych fait une intervention télévisée qui ne peut que confirmer sa faiblesse congénitale. Il fera son possible pour sortir l'Ukraine de la crise, mais ne sait pas encore comment. Il explique avoir subi des pressions constantes, qualifie les évènement de coup d'état, explique les menaces dont font l'objet les députés de son parti tant qu'ils n'en sortent pas. Avec des trémolos dans la voix, il insiste sur les garanties que lui ont donnnées les négociateurs internationaux sur sa sécurité. Le soir même, le premier ministre polonais, qui participait aux négiciations, affirme qu'aucune garantie n'a été donnée. Il n'est plus utile. A personne. Ni aux occidentaux qui en ont tiré tout ce qu'ils pouvaient, ni au parti des régions qui reporte sur lui les conséquences de la crises pour sauver sa peau, ni aux régions "loyalistes" qui ne peuvent avoir confiance en quelqu'un qui a trahie l'Etat. Aujourd'hui, Kharkov est sur le point de tomber entre les mains des manifestants "pacifistes" de Maïdan qui ont pris dans la nuit l'administration centrale - avec des fleurs évidemment, raison pour laquelle ils y ont établi un hôpital de campagne. Cette après-midi, l'administration fonctionne, mais la situation n'est pas réglée. Contrairement aux fausses informations, ni le maire, ni le gouverneur ne sont en fuite, ils ont été vus plusieurs fois sur place. Mais leurs figures devient trop emblèmatique pour Maïdan. Ce Maïdan, lui-même symbole de la dépersonnalisation du pouvoir et donc de sa déresponsabilisation.
 
Alors que Yanukovych fait preuve de sa faiblesse habituelle, se tient, également à Kharkov, où il n'a pas été invité, un congrès de l'auto-administration locale des régions du sud-est. Le dirigeant de la région de Kharkov et le maire deviennent les figures de proue de la résistance pacifique. Plus de 40 000 représentants de ces régions sont réunis, les mots sont beaux, les déclarations aussi, mais cela manque beaucoup de concrêt. Ils déclarent que les régions prennent, tant qu'un pouvoir institutionnel légitime n'est pas institué en Ukraine, la conduite des affaires politiques locales et assurent l'ordre constitutionnel en Ukraine. Mais concrètement comment, les hésitations se font encore entendre et les non-dits hurlent aux oreilles.
 
Pour entendre ces résolutions, il faudra que la population, pourtant très calme, de Sébastopol se mobilise. En en ayant assez des hésitations politiques, dans la seule ville d'Ukraine où le maire est nommé par Kiev et non élu par ses concitoyens de peur de voir un maire pro-russe, environ 25 000 personnes ont élu Alekseï Tchaly à la mairie, homme d'affaires pro-russe, dont le grand-père était le commandant en chef de la flotte de la mer noire. C'est alors que la population a voulu forcer le cours de choses et une récolution beaucoup plus concrête a été prise: les forces de l'ordre dépendent de l'administration locale, celle-ci n'enverra pas ses contributions budgétaires au centre. Bref, Sébastopol ne veut pas financer la révolution. Aujourd'hui, l'ancien maire nommé par Kiev a démissionné.
 
Tous ces évènements sont surprenants. Pourquoi cette manifestation à Kiev, si peu médiatisée, contre Timoshenko? Pourquoi adopter en urgence le retour à une constitution parlementaire avant l'arrivée de Timoshenko? Peut être parce que si Yanukovych avait la maladie de l'argent, Timoshenko a celle du pouvoir. Si jamais elle devient Présidente de l'Ukraine, elle voudra gouverner et non pas jouer le rôle d'un symbole. Sans oublier qu'il lui serait difficile de jouer le rôle de l'égérie (vraiment) nationale, car en sa personne ne se résolvent pas les problèmes de confrotations idéologiques et politiques qui secouent aujourd'hui l'Ukraine. Encore une question. Le "nouvel ordre mondial" a-t-il besoin de pays, certes faibles, mais qui veulent se gouverner? C'est à en douter.
 
Autrement dit, l'Ukraine est devant un choix existentiel. Ou bien elle reste un Etat, et la proposition russe de renforcer le fédéralisme afin de garder l'intégrité territoriale et la paix sociale a un sens, ou bien elle se dirige vers des conflits sans fins qui sont la résultante attendue des ces "nouveaux modes de gouvernance". Aucun Etat moderne ne se gouverne par les mécanismes de démocratie directe, c'est un mythe. Les structures étatiques et les modalités du pouvoir dans un Etat développé sont beaucoup trop complexes pour cela. Dans le cas contraire, cela ne conduirait qu'à son affaiblissement. La rue confondue avec la démocratie directe, c'est la recette du chaos, pas de la démocratie.