La question de la légitimité de Zelensky ou de son remplacement focalise l'attention des différents acteurs de ce conflit. Une attention somme toute exagérée, même si formellement, en effet, la question se pose. Ne pouvant prendre le risque des élections, les députés ont tenté de voter la prolongation de son mandat. Et comme la "démocratie" ukrainienne l'exige, si une loi ne passe pas la première fois, elle est revotée jusqu'à épuisement des contradicteurs, jusqu'à ce que le résultat attendu soit obtenu. Zelensky est reconduit. Et in fine cela ne change strictement rien.
Lundi, les députés ukrainiens, en grande pompe et devant un public de choix, devaient voter la prolongation du mandat présidentiel de Zelensky, en attendant qu'un nouveau Président soit élu. La mise en scène était parfaite, des commissaires européens et des représentants des pays européens étaient venus au spectacle, voir la "démocratie ukrainienne" en action. Ils ne furent pas déçus.
La question portait sur l'adoption de la loi pompeusement appelée pour l'occasion, non moins pompeuse, "pour le soutien de la démocratie". En substance, cette loi devait remédier, sans votation populaire, à la question de la légitimité de Zelensky depuis la fin de mandat, par la mise en oeuvre d'une procédure tellement exceptionnelle, qu'elle était inédite, puisque le Président ukrainien est théoriquement élu au suffrage universel direct et non pas au suffrage indirect. Ce à quoi en fait revient ce vote.
Si la popularité de Zelensky est particulièrement faible dans l'opinion publique, il semblerait qu'il ne soit pas non plus trop apprécié chez les députés. Le vote n'a reçu que 218 des 226 nécessaires. Le public est resté sur sa faim.
Qu'à cela ne tienne, la démocratie ukrainienne est sui generis et a développé une tradition propre : un projet de loi peut être déposé dans les mêmes termes aussi souvent que cela est nécessaire pour épuiser l'opposition des députés, afin qu'il soit adopté.
Ainsi, le 25 février, le lendemain du vote contre, les députés ont été sommés de voter une seconde fois pour le même texte et ils se sont pliés à la règle du jeu "démocratique" ukrainien. Le document a été adopté avec 268 voix.
La loi prévoit que des élections ne peuvent être organisées en période de guerre et que Zelensky se trouve être légitime à ce poste :
Le texte souligne qu'il a été élu « lors d'élections libres, transparentes et démocratiques ». « Son mandat n'est pas remis en question par le peuple ukrainien et la Verkhovna Rada d'Ukraine », indique le communiqué. Par conséquent, Zelensky doit exercer ses pouvoirs jusqu'à ce que le nouveau président élu de l'Ukraine prenne ses fonctions, conformément à la partie 1 de l'article 108 de la Constitution de l’Ukraine, comme indiqué ci-dessous.
S'il est logique de ne pouvoir organiser des élections nationales lors d'un conflit armé, il est amusant de voir le texte de loi poser comme indiscutable la légitimité du processus électoral, qui a antérieurement conduit à l'élection de Zelensky. Avec la fermeture de tous les partis politiques d'opposition, la fermeture et les menaces contre les médias non alignés sur le Maïdan, la poursuite physique des opposants politiques, etc. C'est une certaine conception de la démocratie. Mais, qui semble effectivement parfaitement correspondre à la conception post-démocratique en vigueur au sein de l'UE, comme nous n'avons vu.
Qu'à cela ne tienne. La question électorale est ainsi exclue jusqu'à la fin du conflit. Mais selon les députés, usant de tout le capital démagogique qu'il leur reste, il paraît que ce texte doit permettre d'établir une "paix durable". Reprenant le vocable de Trump. Ce qui est inévitable, puisque Zelensky doit être le 28 à Washington pour signer l'accord avec les Etats-Unis sur les richesses naturelles, abandonnées par l'Ukraine pour prix de l'armement.
L'attention portée à la question de la légitimité de Zelensky n'est pas proportionnée à l'importance réelle de la personne et fait l'impasse sur son illégitimité antérieure, en raison d'un processus électoral vicié. La Rada a formellement réglé la question, pour ceux qui ont besoin d'y croire.
Est-ce que cela va conduire à la paix? Non. Quel est le rapport entre la prolongation des pouvoirs de Zelensky et la paix ? Aucun.
Il faut quelqu'un pour signer le document ? Oui. Mais quel document ? Pour l'instant, Trump fait beaucoup de bruit, dit à peu près tout et n'importe quoi et son contraire. Mais quelle est la composition de son équipe de négociations sur l'Ukraine ? Qu'en est-il des biens immobiliers russes spoliés aux Etats-Unis ? Trump a-t-il pu (s'il a voulu ?) éviter la transmission des actifs russes gelés à l'Ukraine par le Canada ? Alors de quelle levée de sanctions parle-t-on sérieusement ? Quel est ce contingent de maintien de la paix, qui serait présent sur le sol ukrainien, dont Trump affirme que Poutine est d'accord, ce qui a été formellement démenti dans la foulée et fermement par le Kremlin ? Qui reconnaîtra juridiquement les nouvelles frontières de la Russie ?
Beaucoup de bruit, une fantasmagorie certaine, des attentes démesurées. D'aucuns attendent même l'arrivée d'un Zaloujny à la place de Zelensky. Et cela apporterait la paix ? Un peu comme les attentes naïves faisant suite au changement de Chancelier en Allemagne.
Bref, Zelensky, qui est arrivé au pouvoir suite à des élections non libres, est maintenu au pouvoir par une loi d'exception, qu'il a fallu voter deux fois. Soyez heureux, bonnes gens. Le cirque continue. C'est de "cette paix", dont vous avez envie ? Ces élites n'ont rien de mieux à vous offrir.
La paix durable sera obtenue, quand l'une des partie aura gagné la guerre. Le reste n'est qu'illusion, que jeu politique contre l'adversaire.
La paix durable sera obtenue, quand l'une des partie aura gagné la guerre. Le reste n'est qu'illusion, que jeu politique contre l'adversaire.
RépondreSupprimerOui
Cette négociation de paix vient donc trop tôt pour être réelle et pérenne
La Russie n'a pas encore terrassé son adversaire en Ukraine, loin s'en faut
Et de son côté l'occident collectif n'a pas abandonné l'idée de briser cette vaste étendue terrestre riche en ressources, en une multitude de petits états clients serviles
Le jeu continue
Tout au plus une ruse, assez grossière, pour négocier une trêve en vue de la vraie guerre à venir
Un parlement illégitime reconduit un président illégitime en usant de moyen illégitime pour maintenir une clique issue d'un coup d'état afin de faire perdurer une guerre au début civile puis internationale et au passage s'en mettre plein les poches, autant que tous ces parlementaires millionnaires que le président milliardaire.
RépondreSupprimerOn dirait une parodie de mauvais film au scénario poussé à l'absurde.
Si Trump " l'homme de paix" veut se débarasser du clown néo nazi qu'il a installé à Kiev en 2019 il va devoir le traiter comme n'importe quel opposant, Chah d' Iran, Hussein, Kadafi etc. Ça va jaser.
RépondreSupprimerIl peut aussi le payer pour partir.
Les USA savent faire aussi.