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mardi 12 novembre 2024

Trump / Poutine : une concurrence renforcée sur le plan idéologique


Les annonces de programme faites par Donald Trump et les premières nominations qu'il envisage publiquement obligent à reconsidérer la stratégie russe, qui se focalisait sur la défense des valeurs traditionnelles et pour attirer vers elle à l'international, et dans son combat contre la globalisation. Que ces annonces soient ou non pleinement réalisées, cette stratégie doit être reconsidérée, dans le cadre d'une concurrence désormais renforcée dans ce domaine.

mercredi 21 août 2024

Déglobalisation : la Russie précise les mécanismes d'immigration idéologique


Pour la première fois dans un document officiel russe, la rupture idéologique avec le néolibéralisme est posée. Dans un oukase présidentiel du 19 août 2024, le Président russe pose le principe de la Russie, terre d'accueil des résistants à l'ordre néolibéral, en ce qui concerne les valeurs humaines classiques. C'est un pas aussi symbolique qu'important dans la lutte contre la globalisation, surtout qu'une forte demande  d'émigration vers la Russie existe en provenance des ressortissants d'Europe et des Etats-Unis.

jeudi 21 février 2019

Billet du matin : Les Fakes News, cette illusion de l'Autre dévoilée



Chaque société crée sa propre illusion, ce voile qui lui permet de recréer une réalité qui lui convienne mieux en fonction des contraintes idéologiques du moment. Ce décalage, donc, entre la réalité et la vision de la réalité normée dans une société a toujours existé. Pourtant, ces derniers temps, le fossé se creuse et la notion de Fake News a envahi notre espace. Qu'est-ce finalement qu'un "Fake", sinon cette illusion de l'Autre dévoilée ?

mardi 14 juillet 2015

Bonne fête nationale!




Le jour de la fête nationale est, avant d'être un jour de fête, un symbole du combat pour la liberté. Il serait peut être bien venu de faire le point sur l'état de notre liberté alors que partout l'on ne parle que de droits de l'homme, que l'on focalise les droits de minorités comme si le fait d'être minoritaire enpêchait d'être humain. S'interroger sur soi, à l'heure où l'on nous impose de l'extérieur une idéologie destructrice. 

A l'heure des droits de l'homme conquérants, le pays semble être à nouveau occupé par une étrange frénésie, qui n'a rien à voir avec les valeurs de la République, avec le respect de l'autre, avec la tolérance. Il n'y a pas de liberté quand celle de l'autre est niée.

A l'heure où l'alternative à l'idéologie dominante est interdite, je vous propose de relire ce poême d'Aragon. Certes écrit contre l'envahisseur allemand, il garde malheureusement toute son actualité. Quand la Patrie est en danger, c'est l'homme qui est visé. Aujourd'hui aussi.

lundi 5 janvier 2015

2015: Accepter le conflit ou périr


L'impasse intellectuelle dans laquelle se trouve notre société nous oblige à nier l'existence de tout conflit. Il ne peut y avoir de conflit entre la France et l'Union européenne, comme il ne peut y en avoir entre le droit national et le droit européen. Il ne peut y en avoir entre les valeurs historiques européennes et les exigences idéologiques modernes. Sinon tout s'écroule. Mais comme elles persistent à vouloir exister, il ne suffit pas de les nier pour régler le problème. Alors comme l'acceptation du conflit oblige au choix et que ce choix est inavouable, on louvoie et de grands concepts tels que l'harmonie, la tolérance sont vidés de leur sens pour être utilisés comme couvertures d'appoint.

lundi 20 octobre 2014

Khodorkovsky c. Strelkov: le mondialisme euro-atlantique c. le Monde des Nations

Михаил Ходорковский
 
La crise en Ukraine vient de révéler son véritable rôle: le rappel du choix idéologique. Car, quoi que l'on en dise, les idéologies ne sont pas mortes, et pour cause, elles tuent de plus belle. D'un côté, sur la scène, apparaît le héraut du mondialisme géo-orienté, à savoir M. Khodorkovsky, coiffé de l'aura des prisonniers politiques fraîchement libérés, recherchant désespérément, et en vain, l'ombre de Soljénitsyne ou Dostoïevski. Mais ces figures sont incompatibles avec l'idéologie de l'euro-atlantisme. De l'autre côté, émerge un nouvel héraut et une nouvelle idéologie. Il y a peu, il portait encore les armes, et comme il s'agit bien d'une guerre, finalement I. Strelkov est parfaitement à sa place. Surtout pour en appeler à un Monde des Nations. Car voici l'enjeu. L'Euro-atlantisme, incidemment, a occupé tout l'espace idéologique, pouvant donner l'impression de la fin des idéologies. En réalité, ce n'était la fin que du pluralisme des idéologies. Mais comme tout monopole, celui-ci arrive à sa fin et lui est opposé une autre conception du Monde, celle d'un Monde pluriel, politiquement, économiquement et culturellement. Donc d'un monde qui ne peut être dominé d'un point. Et le combat fait rage. Une première passe d'armes à étudier vient d'avoir lieu entre Khodorkovsky à Freedom House et Strelkov à Moscou.

mercredi 13 novembre 2013

Idéologie et Université, l'erreur de Saint Petersbourg

Voir: http://www.rg.ru/2013/11/11/ideolog.html

Comme au bon vieu temps de l'Union soviétique, le Conseil des recteurs de la ville de St Petersbourg décide, au cours d'une réunion règlant des questions sur l'enseignement supérieur dans les établissements universitaires de la ville, de restaurer la fonction de responsable pour l'idéologie.
 
Certains, qui ont vu sortir de la poussière cette instruction, ont tout d'abord pris l'annonce pour une plaisanterie en l'honneur du 7 novembre. Mais en cherchant sur le site de ce conseil des recteurs, ils ont trouvé une résolution, datant de février, qui dans la dernière partie, "divers", propose la création au sein des établissements d'enseignement supérieur, d'un conseil idéologique devant travailler avec les étudiants et la nomination d'une personne responsable à cet effet. Combien de personnes ont alors voté cette disposition, rien n'est indiqué.
 
Pour les personnes appartenant à la génération de ceux ayant connu l'Uion soviétique, l'expression est très parlante et renvoie à des pratiques d'un autre temps. Pour la jeune génération, cela fait largement sourire. Car si, avant, l'idéologie était clairement identifiable, aujourd'hui la question est plus complexe.
 
L'Etat russe actuel connait également le déficit, pour rester dans le même registre temporel de langage, un déficit idéologique. Tantôt il s'engage sur voie de l'ultra libéralisme, tantôt relance une vision plus sociale, fait quelques détours par la modialisation et s'arrête sur la culture nationale. Bref, de quelle idéologie est-il question? Dans un Etat complexe, il est toujours extrêmement difficile de l'identifier.
 
Mais ce qui frise l'ubuesque est la réalisation de cette proposition de restaurer l'idéologie dans la pensée universitaire. Imaginez tout d'abord un groupe de jeunes personnes, les étudiants, en pleine révolution hormonale et identitaire, rester gentillement assis quelques heures à écouter de grands discours idéologiques ... Ca, c'est pour la forme. Sur le fond, l'idéologie dont il est question, risque de se confondre avec la morale. Il ne faut pas fumer, pas boire, faire du sport, se coucher tôt, parler correctement et faire ses devoirs... Imaginez le résultat!
 
Enfin, l'Université est-elle le lieu d'un tel spectacle? Assurément non. C'est à la famille d'éduquer, à l'Université l'étudiant, justement, étudie, forme sa capacité de réflexion, étend sa culture. S'il y a un problème de morale, il ressort de la vie privée. Et si l'idéologie s'entend dans le sens politique, premier, du terme, l'Université ne peut être un lieu de propagande. Dans un cas comme dans l'autre, l'exemple vaut toutes les leçons. Il ne sert à rien de créer des conseils, de nommer des responsables, chacun d'entre nous est responsable, chaque adulte est responsable de la manière dont se comporte la génération suivante. Nous donnons l'exemple ou le contre-exemple de ce que nous affirmons.
 
Autrement dit, comportez-vous de la manière dont vous attendez que les autres se comportent et la question sera réglée. Mais il vrai qu'il est plus facile de créer des conseils et de nommer des responsables.

lundi 7 janvier 2013

Depardieu: l'arbre qui découvre la forêt

On peut dire merci à Gérard Depardieu pour plusieurs raisons. Tout d'abord en ces temps de fêtes, il a enfin permis aux journalistes d'avoir quelque chose à dire et à redire. Les chaînes françaises en saturent et les auditeurs aussi. Il a également permis aux hommes politiques de parler d'autres choses que des moyens qu'ils comptent mettre en oeuvre pour relever le pays et ils peuvent se lancer dans de grandes tirades - un peu fade - sur l'amour de la Patrie.
 
Mais que signifie cette "affaire" Depardieu qui s'introduit en la bûche et la poire sur nos tables de fête?
 
Un acteur français de renom décide de s'exiler pour raison fiscale, même le Conseil constitutionnel reconnait qu'à 75% la taxe requalifiée en un impôt par les Sages devient confiscatoire, donc inconstitutionnelle. Mais il tourne à droite, à l'Est, et non à gauche, à l'Ouest. Il devra y résider pour bénéficier du régime fiscal favorable, ce à quoi il semble se préparer. Et de hurler à l'unisson à la haute trahison. D'appeler Pussy Riot pour remplacer Depardieu dans le coeur des français - remarquez, elles seraient plutôt bien dans les Valseuses.
 
Deux aspects au problème: l'un technique, l'autre idéologique.
 
D'un point de vue technique, reprenons les chiffres. Il y a en France, environ 5 millions personnes qui ont la double nationalité, pourtant personne ne parle de 5 millions de traitres. Aux Etats Unis, pour des raisons fiscales, selon le Federal Register, 1781 américains ont abandonné leur nationalité américaine en 2011, soit 16% de plus qu'en 2010 et 7 fois plus qu'en 2008. Mais, en ce qui concerne les expatriés, qui bénéficient d'avantages fiscaux, les chiffres sont édifiants. 5 à 7 millions d'américains expatriés. Sont-ils des traitres?
 
En ce qui concerne les relations franco-russes, G. Depardieu est loin d'être le seul à aller chercher en Russie ce qu'il ne trouve pas en France. Selon les données de Eurostat publiées par le journal belge Le Soir, "Les Français forment le plus gros contingent d’Européens à avoir acquis la nationalité russe, avec 4.503 Français devant 4.191 Allemands, 1.925 Finlandais et 1.881 Italiens. Eurostat n’a pas compilé les chiffres inverses ".
 
Et maintenant pour l'idéologie. Soit nous considérons que nous vivons dans un monde libéral, ouvert, dans lequel chaque individu est libre de choisir la société qui lui correspond. Et dans le cynisme ambiant, l'argent est un critère de poids. Soit nous en appelons à la Patrie, au danger national, à la Mère patrie qui a besoin des efforts de ses enfants pour sortir d'une période difficile, à un "mariage" pour le meilleur et pour le pire qui exclue le divorce. Mais cette conception n'est plus en phase avec la nouvelle conception de la société développée en France. Bref, il faut choisir.