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mardi 18 février 2020

Internet : l'UE laisse le choix entre la censure et l'autocensure



Ce 17 février, le commissaire européen Thierry Breton vient d'annoncer l'intention de l'UE de prendre en main le champ d'internet, encore quelque peu trop indépendant, malgré une censure de plus en plus forte, dès que l'on sort des photos de vacances, des chats ou couchers de soleil. Le message est clair : soit les plateformes contrôlent elles-mêmes les contenus haineux, illicites et les mythiques "fake news", soit elles vont faire l'objet de "mesures contraignantes". Ah! Qu'en termes galants ces choses-là sont mises! Finalement, soit la ligne idéologique est tenue, soit les plateformes vont avoir des problèmes. Donc, nous aussi.

jeudi 14 mars 2019

"Internet souverain" ou quand la Russie veut se protéger d'une coupure avec le reste du monde



Les discussions autour de ce qui a été dénomé "l'internet souverain" en Russie tournent finalement toujours autour du même combat idéologique : que les Etats-Unis surveillent et interceptent illégalement les informations sur le net est absolument normal, car c'est leur espace (vision globaliste-atlantiste); que les Etats veulent préserver leur accès à internet à l'époque du tout-numérique est une question de survie nationale (souverainisme, ici de survie). Ce projet de loi visant à permettre à l'internet russe de continuer à fonctionner en cas de coupure ou d'attaque massive venant de l'extérieur, tant décrié par l'opposition et les ONG atlantistes, est finalement un acte obligé, si la Russie veut protéger un minimum ses institutions étatiques, puisque le cours de la numérisation totale annoncée de l'Etat peut conduire à sa virtualisation, donc à sa disparition. En cas de coupure. Pure et simple. Ou comment devoir régler un problème que l'on a soi-même créé ...

jeudi 2 octobre 2014

La presse et la sécurisation de l'internet russe

 
Le net russe déborde de déclarations plus grandiloquantes les unes que les autres se résumant en ceci: le régime totalitaire russe de V. Poutine veut isoler l'internet russe, bloquer l'accès des internautes russes aux informations du Monde Libre, etc. La situation est beaucoup plus prosaïque: suite à l'augmentation des cyber-attaques, il faut renforcer la sécurité de l'internet russe pour des raisons de sécurité nationale, sans pour autant toucher aux droits des particuliers.

vendredi 16 mai 2014

Le modèle turc pour l'internet russe? L'autre visage de la loi des Bloggers

Voir: http://izvestia.ru/news/570863

Сурковъ @SurkovRussia
Почитал интервью "Известиям" зам. главы Роскомнадзора какого-то ксензова... Захотелось вступить в "Правый сектор".
 

mardi 22 janvier 2013

Le FSB doit mettre en place un système de défense contre les cyberattaques

Voir: http://hitech.newsru.com/article/21jan2013/fsvvshckrs
http://www.newsru.ru/russia/22jan2013/putin.html
http://www.rg.ru/2013/01/21/set-site.html

La protection des données informatiques et la sécurisation de l'espace virtuel est un enjeu majeur de notre époque. En ce sens, le Président V. Poutine, par oukase le 15 janvier 2013, a demandé au FSB de mettre en place un système de défense des données informatiques et de sécurisation d'internet, comme cela est en place en Europe et aux Etats Unis.
 
Le problème est réel. Sur les seuls sites de la présidence, de la Douma et du Conseil de la Fédération, selon les données du FSB, chaque jour sont déjouées environ 10 000 DOS-attaques. Sans compter les attaques contre les données des grandes banques ou entreprises.
 
Les motivations sont différentes. D'une part, l'information est devenue une arme. Tout autant l'information véritable, secrète, dans le sens intérieure, dans les domaines économiques, sociaux ou militaires, qui sont la proie de l'intérêt grandissant de services extérieurs. Mais cela concerne aussi la fausse information, qu'il est possible de diffuser, l'information a contenu illégal, extrémiste ou terririste, qui utilise aujourd'hui largement internet pour rapident se propager.
 
D'autre part, la criminalité "en ligne" concerne l'appropriation d'informations de caractère économique, financier, sur les entreprises et banques, pour la revendre ou l'exploiter à son propre profit. Cette nouvelle forme de criminalité s'est fortement développée dans tous les Etats.
 
Par cet oukase, le Président entend concentrer les forces et centraliser la responsabilité de mise en place d'un système de défense. Il revient également à cette structure d'évaluer la situation de la sécurité des données en Russie, de contrôler le niveau de sécurité des infrastructures sensibles en matière d'information et d'établir les sources des incidents liés aux ordinateurs.
 
Par exemple, le groupe Anonymous organise de par le monde des attaques de sites officiels. Ils s'en sont pris ces derniers temps au site de la présidence et du parti Edinaya Rossiya, pour la Russie, mais également aux Etats Unis, au site de la CIA ou du Pentagone. Ils se sont par ailleurs adressés au Président Obama pour faire reconnaître les DOS-attaques comme une forme de contestation sociale. Ici, il sera important de différencier les attaques qui visent à s'approprier des informations pour les revendre ou les utiliser contre leurs propriétaires d'origine - ce qui ne peut en aucun cas être une forme de contestation sociale, mais constitue simplement une activité criminelle - et les attaques qui ont pour but de bloquer momentanément un site, d'y incérer un contenu visant à le tourner en dérision, ce qui peut être considéré comme une forme de contestation.
 
 

mardi 25 septembre 2012

La possible diffusion sur internet des questions parlementaires

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2029888

S. Neverov, du parti Edinaya Rossiya, propose la mise en ligne de toutes les questions parlementaires ou interpellations. L'idée de renforcer la surveillance par la population du travail effectué par leurs députés est théoriquement soutenue par toutes les fractions de la Douma.

Toutefois, des questions techniques se posent. Certains soulignent la protection des données personnelles que peuvent contenir ces questions. Il s'agit de données concernant la personne privée qui s'est adressée à son député et qui n'a pas forcément envie de voir divulguer sur internet son identité et ses problèmes personnels.
 
Se pose également la question de la gestion de la quantité. Selon le clan LDPR, si l'on tient compte seulement de Jirinovsky, il s'agit d'un volume d'environ 10 000 interpellations par mois, essentiellement à caractère social ou de suivi.
 
Selon un membre de Spravedlivaya Rossiya, souvent les députés font office de "facteur". Ils reçoivent une requête d'un citoyen et l'adresse à l'organe compétent, sans de toute manière avoir le droit d'influencer la décision de cet organe. Il faudrait, selon M. Emilianov, prévoir un mécanisme qui permettrait aux députés de ne pas répondre aux adresses qui ne sont pas liés à la législation. Il précise, par ailleurs, qu'il n'y a aucun risque de perte d'influence pour les députés, puisque de toute manière personne ne porte attention aux questions adressées par les députés d'opposition.
 
La question reste donc sensible et encore au stade de la discussion. Et si le principe de transparence est nécessaire au fonctionnement démocratique d'une institution parlementaire, tous les mécanismes nécessitent-ils, à chaque stade, une diffusion sur internet? Certaines étapes, pour leur efficacité politique, ne requièrent-elles pas un peu de discrétion?
 

mardi 10 juillet 2012

Nouveau projet de loi: le contrôle d'internet ou la lutte pour la protection de l'enfance?

Alors que le climat est tendu entre la société civile et le pouvoir en raison de la discussion du projet de loi sur le financement étranger des ONG à vocation politique, en raison d'affaires qui scindent la société, comme l'affaire Pussy Riot, la Douma commence l'examen d'un projet de loi qui vise à contrôler le contenu disponible des sites internets sur le territoire de la Fédération de Russie.

Une partie de la presse parle de la mise en place d'une censure signe des méthodes employées en Chine, de la fin de la liberté d'internet en Russie, Wikipédia en russe s'est mis en grève et ne diffuse plus d'information en signe de protestation contre la censure possible. Le projet de loi est alors présenté de la manière suivante (voir http://www.gazeta.ru/politics/2012/07/10_a_4676113.shtml). Sous couvert de lutte contre la pédophilie, contre l'incitation au suicide, un registre serait mis en place interdisant certains sites ou certaines informations publiées en Russie. Si dans les 24h de l'avertissement, le contenu n'est pas enlevé, le site est fermé. Mais le projet de loi ne parlerait pas de la pédophilie et autres et indiquerait simplement "tout contenu interdit en Russie", ce qui laisserait les mains libres à une interprétation arbitraire et liberticide. Il est reproché au projet de loi de ne pas faire expressément référence à la protection de l'enfance, pourtant ...

Regardons le projet de loi de plus prêt (voir ici http://asozd.duma.gov.ru/main.nsf/(Spravka)?OpenAgent&RN=89417-6). Le projet concerne la modification de deux textes de loi, le premier est la loi sur la protection des enfants contre les contenus informatifs pouvant causer un dommage à leur santé ou à leur développement et le second est la loi sur l'information, les technologies d'information et la défense de l'information. Dans le premier texte, les mesures sont détaillées. Dans le second, les journalistes ne se sont arrêtés, étrangement, qu'à la lecture de l'intitulé du nouvel article 15 de la loi, sans lire la suite. Du coup, cela est interprété comme une interdiction générale, quisqu'il s'agit de l'interdiction de diffusion de toute information interdite sur le territoire russe. Mais dans l'alinéa 4.1), il est précisé que cette information concerne l'information pornographique pour les mineurs, l'incitation au suicide, les lieux où il est possible de se procurer de la drogue, les moyens de la fabriquer à domicile etc.

L'alinéa 4.2) pourrait soulever plus de questions, puisqu'il est précisé que l'interdiction concerne également toute information déclarée illégale suite à une décision de justice devenue définitive. Un député Edinaya Rossiya dit qu'il serait possible que cette modification législative concerne également l'information considérée comme extrémiste. Ce qui entrerait dans le champ prévu par cette disposition.

Quel est le problème? Le texte de loi en lui-même? Non: qui peut souhaiter la propagation d'une information nuisible à ses enfants, qui peut soutenir la liberté d'une information extrémiste? Personne. Le problème est ailleurs. Il est dans l'absence de confiance en le pouvoir pour réguler dans l'intérêt de la société la boîte de Pandorre qu'est internet. Il est également dans l'absence de confiance en la justice. C'est ici un cercle vicieux. L'Etat ne pourra mener aucune réforme utilement, tant que le lien de confiance ne sera pas rétablie.