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samedi 7 mai 2016

Sadiq Khan sera-t-il un pionnier ou un maire?

Résultat de recherche d'images pour "maire de londres 2016"

Londres vient d'élire son nouveau maire. En fait, le 3e de son histoire, l'institution étant particulièrement récente. Et sa personnalité surprend, même s'il est de bon ton de ne pas s'en étonner.  Donc Sadiq Khan, travailliste et mulsulman, se trouve élu à la tête d'une des plus grandes capitales d'Europe. Avant d'hurler à la stigmatisation et au racisme, appelons un chat un chat et posons nous La question: sera-t-il un maire ou un pionnier?

mercredi 10 juillet 2013

Des spécialistes étrangers pour former les hauts fonctionnaires russes

Voir: http://www.vedomosti.ru/opinion/news/14011251/sekta-nizkopokloncev?fb_action_ids=487940164615993&fb_action_types=og.recommends&fb_source=other_multiline&action_object_map=%7B%22487940164615993%22%3A135284413346673%7D&action_type_map=%7B%22487940164615993%22%3A%22og.recommends%22%7D&action_ref_map=%5B%5D

La relation de la Russie à l' "Occident", autrement dit à cette assimilation de l'Europe et des Etats Unis, dont l'histoire, les conceptions et les idéologies sont pourtant historiquement différentes (même si elles se rapprochent dangereusement aujourd'hui), est extrêmement complexe. Elle se conjugue sur le mode du "Je t'aime moi non plus".
 
Dans cet article de Vedomosti, l'auteur met le doigt sur cette ambigüité, même si l'argumentation est un peu fallacieuse. D'un côté la stigmatisation des ONG financées de l'étranger et ayant une activité politique, qualifiées d'agent étranger (concept fiscal), d'un autre côté le recours à des spécialistes étrangers pour former les gouverneurs, les maires et même les élus de la "réserve de personnelle" (sorte "d'élite" potentielle de réserve de la haute fonction publique).
 
Quelle est la logique?
 
Tout d'abord, le parallèle avec les agents étrangers est un peu forcé. Car le problème des ONG financées de l'étranger exerçant une activité politique ne réside pas dans le fait de leur existence, mais dans le fait qu'elles n'affichent pas l'origine de leur financement avec toutes les implications de politique interieure à l'organisation que cela entraîne. Leur activité n'est pas interdite par la législation russe, elles doivent simplement se déclarer comme telles, pour que cela soit connu. Or, le recours à des spécialites étrangers est un choix du pouvoir. Ces spécialistes ne se présentent pas comme russes, mais justement comme des étrangers, ce qui permet de garder la barrière psychologique.
 
Pourtant, l'auteur a raison de souligner cette vision un peu naïve de l'étranger, "expert" particulièrement compétent du simple fait de sa nationalité, image véhiculée également dans la littérature russe à travers les siècles. Cette image a été renforcée à l'époque soviétique, où le rejet de l'étranger s'est développé proportionnellement à son idéalisation.
 
Toutefois, on ne peut restreindre l'analyse du recours à des spécialistes étrangers à ce paradigme, et en ce sens la Russie a raison. Loin de la position manichéenne française, selon laquelle tout ce qui vient de (son) l'Ouest est bon et de (son) l'Est n'a pas de valeur, la Russie cherche à prendre ce qui peut être enrichissant partout, à l'Est et à l'Ouest. Nous aurions peut être intérêt à sortir de notre nombrillisme culturel, les découvertes seraient alors enrichissantes et surprenantes pour une grande partie non seulement de la population, mais également des dirigeants.
 
Il reste à espérer, en ce qui concerne la formation des hauts fonctionnaires russes, que cela ne se terminera pas par un "copier-coller" du modèle anglo-saxon en Russie, comme cela, malgrè l'expérience ayant déjà démontré l'inefficacité du procédé, ne cesse pourtant de se répéter. Enfin, il serait tout autant souhaitable que la Russie perçoive la différence entre la culture d'administration européenne et américaine. Dans ce cas, le recours à des spécialites étrangers prendrait toute sa valeur.
 
Enfin, ces procédés n'ont un sens que dans le cas précis où l'on sait ce que l'on attend d'un expert. Il ne va pas apporter une vérité bien ficellée prête à l'emploi, mais il peut donner un point de vue, uniquement le sien, sur une expérience. Le travail d'assimilation, qui doit suivre, oblige les élites nationales non seulement à mettre en perspective cette expérience dans le cadre de la culture d'origine, mais également à en apprécier le degrè de compatibilité avec la culture de réception. Les élites russes sont-elles prêtes à faire ce travail?
 
 

lundi 3 juin 2013

Le maire de Makhatchkala arrêté

Voir: http://izvestia.ru/news/551334

Inculpé pour avoir organiser des meurtres en décembre 2011 et avoir proféré des menaces contre la vie d'enquêteur, le maire de Makhatchaka est maintenu en détention préventive par décision de la juridiction moscovite, suite à l'enquête menée par le Comité d'enquête.
 
Déplacé à Moscou, invalide, de nombreux proches ont fait le déplacement pour l'audience. Pourtant, la cour, malgrè la quantité impressionnante de certificats médicaux en tout genre présentés, n'a pas voulu laissé l'ancien maire en liberté avant le jugement. Les risques de pressions étant beaucoup trop important. En revanche, toute l'aide médicale nécessaire lui sera apportée.
 
Cette affaire pourra redorer l'image de la justice, surtout celle de la Cour de Basman qui est en charge d'un nombre important d'affaires sensibles. Et le message politique de la fin de l'impunité est relancé.

mercredi 31 août 2011

Les maires russes: une expertise tendancieuse de leur situation

Мэров красят политические решения
Опубликован рейтинг политического влияния глав городов

Наталья Городецкая



La deuxième expertise de "l'importance politique des maires russes" (voir le texte intégral ici en russe) a été réalisée sur plus de 200 villes par le fond "Politique perterbourgeoise" et l'agence de communication "Mintchenko consulting".

Pour notre part, on donnera quelques précisions sur ces institutions. Le fond "Politique péterbourgeoise" a été créé en 2002 pour sonder l'opinion publique sur certains sujets politiques. Plusieurs de ses membres font partis de la Chambre sociale de la Fédération de Russie (Obschestvennaya palata) et de différents Conseils auprès du Président russe. Ses paratenaires privilégiés sont le parti Edinaya Rossiya, ces mêmes Conseils, la Chambre sociale, le Centre de politique conjoncturelle de Russie (Tsentr polititcheskoï koniounktouri Rossii), etc. Sur la présentation de ce Fond, voir ici.

L'agence de communication "Mintchenko consulting", en tant que telle, a été fondée en 2007. Son activité est couplée avec une agence de relations publiques (fondée en 1993) et un institut international d'expertise politique (fondé en 2003). Elle s'occupe, notamment, du dialogue entre le pouvoir et le bisness, de l'évalution des risques en politique, de lobbing, etc. La liste de ses partenaires privilégiés n'est pas accessible sur leur site.

L'analyse a donc porté sur 200 villes (à l'exclusion de Moscou et St Petersbourg qui sont des Sujets de la Fédération) d'importance diverse. L'évaluation va de 1 à 5. Seulement 8 maires ont obtenus 5, 28 ont obtenus 2 - ce qui met leur avenir en question, et un maire a obtenu 1 - son avenir politique est évident.

Dans l'appréciation de leur activité, la question centrale était leur aptitude à régler de manière autonome les questions politiques locales et leur gestion des ressources économiques. Les maires qui ont obtenus 5 ont également pu démontrer leur capacité à gérer les conflits impliquant les élites et à contrôler les décisions prises par les députés ou les city-manadger. Les résultats obtenus par les maires dans les primaires du parti ont également comptés (on précisera que seul le parti Edinaya Rossiya organise ces primaires, ce qui défavorise automatiquement les maires n'en faisant pas parti).

Les maires qui ont obtenus 2 ont été notés indépendamment du fait qu'ils ont été élus au suffrage universel direct (par la population de la ville) ou indirect (par le Conseil municipal). Ce qui a joué sur leur notation est leur manque de popularité, les conflits avec l'élite locale, le parti Edinaya Rossiya et/ou les gouverneurs des régions dont ils dépendent géographiquement. Selon l'opinion du directeur du fond "Politique péterbourgeoise", M. Vinogradov, ces maires peuvent dire adieux à leurs fonctions, à moins qu'ils ne gênent personne.

Par ailleurs, un autre critère a joué un rôle fondamental dans la notation, il s'agit de l'appartenance partisane des maires. Plus concrètement, leur aptitude à entrer dans Edinaya Rossiya leur a apporté des points, alors que leur non appartenance partisane - ou pire - leur appartenance à un parti d'opposition a fait singificativement chuter leur notation.

21% des municipalités russes ont déjà remis en cause le système de l'élection, dont 44 sont des capitales régionales. Sur les 200 villes analysées, seulement 107 s'opposent à l'instauration des city-manadger.

Pour conclure, on peut affirmer sans surprendre personne, que cette expertise n'a pas été demandée pour apprécier objectivement la popularité des maires dans leur ville, mais pour évaluer leur fidélité au Parti dans les épreuves électorales à venir. Les critères retenus sont, en ce sens, très significatifs. Le maillage permettant des élections "transparentes et fiables" se met en place.

lundi 4 juillet 2011

Sauver les maires: une espèce en voie de disparition

Мэров будут увольнять с учетом рекомендаций
Россия готовится отчитаться перед Советом Европы


lLa Russie est prête à appliquer les recommandations du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, assemblée politique paneuropéenne agissant dans le cadre du Conseil de l'Europe pour la promotion de la démocratie territoriale et la gouvernance locale, au moins en ce qui concerne la procédure de révocation des maires.

Selon le représentant danois au Congrès, la Russie développe une tendance affirmée en matière de centralisation. Pour lui, les maires des municipalités russes ont peur d'être révoqués et par les assemblées locales et par les gouverneurs. Parallèlement, se développe l'institution des city-manager, qui ne répondent pas de leurs actes devant les électeurs, agissent essentiellement dans l'intérêt des administrations locales et tendent à remplacer les maires. On soulignera qu'en Europe, et notamment en Allemagne, les Etats s'écartent de plus en plus de cette institution jugée inefficace. Le représentant danois a insisté sur le rôle de la démocratie locale, s'est prononcé pour le retour à l'élection des gouverneurs, l'augmentation du financement étatique de l'auto-administration locale, la lutte contre la corruption locale, etc.

La Russie a donc jusqu'au mois d'octobre 2011 pour répondre devant le Conseil de l'Europe de ses avancées en matière de démocratie locale.

Actuellement, deux questions sont discutées en Russie, celle concernant les aspects budgétaires et celle de la révocation des maires. Toutefois, il ne s'agit pas de remettre en cause la possibilité de renvoie des maires par le gouverneur, ni de remettre en cause l'institution des city-manager, mais de légèrement modifier la législation pour tenir compte des recommandations. En ce sens, les gouverneurs ne pourront plus initier la procédure de révocation des maires devant les assemblées locales quand les maires ne réalisent pas de manière satisfaisante ses pouvoirs en matière locale, mais ils gardent cette possibilité pour l'exécution des compétences déléguées aux maires par le niveau régional ou fédéral.

En substance, la situation ne va donc pas changer. L'intervention du centre dans les affaires locales est maitenue et le principe électif n'est pas défendu en tant que tel.