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mercredi 28 mai 2014

La nouvelle colonie d'Ukraine entre les mains de Iatseniuk

Voir: http://korrespondent.net/ukraine/politics/3369395-yatsenuik-vvodyt-dolzhnost-zammynystra-po-evroyntehratsyy-vo-vsekh-mynysterstvakh
http://www.aif.ua/politic/ukraine/1177179

Арсений Яценюк, Премьер-министр Украины
Pendant que l'opération finale se précise dans le Sud Est, Iatséniuk met l'Ukraine en forme pour devenir une nouvelle "colonie" européenne et veut se poser ainsi comme le véritable homme fort de la politique ukrainienne. En février, il lance "Nous ne reculerons pas, nous n'avons pas peur, nous resterons sur la place, soudés ", aujourd'hui il ne reculera pas non, il a eu le pouvoir, il va le garder et remplir la mission dont il se croit investi.
Poroshenko fut élu Président, pourtant le pouvoir ne doit pas changer demain. Et Iatséniuk met immédiatement les points sur les i: il garde le contrôle de la politique ukrainienne. Que Poroshenko s'occupe des massacres de l'opération anti-terroriste, qu'il se salisse les mains et la réputation, il va pouvoir incarner le pouvoir des oligarques en Ukraine. Pour sa part, le pouvoir non élu des révolutionnaires garde les rênes du pays. Cette confusion, cette superposition dans les rôles permet une irresponsabilité totale de ce qui se passe pour l'instant. Tout doit donc être nettoyé et propre avant l'investiture. Pour que la nouvelle marionnette présidentielle puisse jouer son rôle, alors pleinement: prendre les mesures de réconciliation nationale, l'opposition ayant été anéantie - physiquement.
Ainsi, le but global et général de la politique ukrainienne: l'intégration rapide dans l'UE. A n'importe quel prix. Et peu importe ce prix, les Etats Unis et l'UE ont donné carte blanche au pouvoir ukrainien pour régler le problème à l'intérieur et faire payer la Russie. Pour cela il faut mettre en conformité les normes ukrainiennes et européennes et il faut que la production ukrainienne soit conforme aux exigences européennes, ce qui n'est pas le cas. Donc pour accélérer le processus, un vice-ministre responsable de l'intégration européenne mettra sous tutelle chaque ministre du Gouvernement et le Premier ministre lui-même. Cela ne vous rappelle-t-il pas la tutelle qu'exerçait la Grande Bretagne en Inde alors? Iatseniuk remet au goût du jour le principe de la colonie: il n'y a pas de politique propre, toute ligne politique est conçue, formalisée et mise en oeuvre en fonction du but supérieur, extérieur à l'Etat lui-même, en fonction d'impératifs politiques que cet Etat ne maîtrise pas. En l'occurrence, il s'agit de l'UE. Au moins formellement - structurellement.
Et encore une précision, alors que les grands débats sur la réforme constitutionnelle sont en attente, Iatséniuk de préciser que le centre du pouvoir est dans le Conseil des ministres et plus particulièrement entre les mains de ces "tuteurs" européens. A bon entendeur, salut. Poroshenko doit savoir où est sa place et quelle est sa marge de manoeuvre. Il est évident qu'avec tant de buts supérieurs (concilier le pouvoir des oligarques avec les intérêts des ex-révolutionnaires, se répartir les postes et les possibilités, faire profile bas devant tous les partenaires internationaux pour pouvoir remplir le budget à leur frais, etc) il faut rapidement se débarrasser de ces populations du Sud-est qui ne jouent pas le jeu. Comme l'affirme Poroshenko, ce n'est qu'une question de jours, voire d'heures.

jeudi 4 avril 2013

Astakhov / Parkhomenko: au-delà du plagiat, des méthodes de combat

Voir: http://kommersant.ru/doc/2162181?fp=11
http://dissernet.org/index.php/DISSERNET.ORG:Ast2006

Le journaliste d'opposition Parkhomenko accuse l'Ombudsman fédéral pour les enfants, Pavel Astakhov, de plagiat pour sa deuxième thèse de doctorat, équivalent de l'ancien doctorat d'Etat. L'Ombusdman se défend d'une telle accusation. Selon lui, sa deuxième thèse a été conçue comme la continuation de la première, d'où la reprise de certains éléments. L'argumentation est faible, rien à dire.
 
Mais, la question n'est pas là. La valeur scientifique de la thèse de P. Astakhov n'intéresse personne, pour la simple et bonne raison qu'il n'exerce pas d'activité scientifique. La question est politique.
 
Car c'est seulement mantenant que l'Ombudsman se prononce contre l'adoption internationale, contre notamment l'adoption par des ressortissants américains, qu'il critique le manque de transparance et de coopération avec la Russie en cas de problème, que l'opposition s'intéresse à sa thèse.
 
Et son texte est passé à travers les griffes d'un programme anti-plagiat (voir le lien sur dissernet) permettant de faire ressortir les sources en ligne. Pourtant, tous ces programmes anti-plagiat ne peuvent être utilisés de manière brut. Il faut voir et analyser sur chaque page de texte où sont les citations dans le texte, quelles sont les notes de bas de page etc. Sans cela, les résultats fournis n'ont aucune valeur. Mais ce travail n'a pas été fait et seuls les résultats bruts ont été annoncés avec pompe.
 
Ce qui attire l'attention, c'est la manière dont l'opposition utilise les méthodes qu'elle reproche au pouvoir, à savoir d'attaquer de manière sélective, en se fondant sur les slogans de grande moralité, mais avec des desseins politiques précis. C'est exactement ce que fait l'opposition ici.
 
Personne ne s'intéresse à la thèse de l'Ombudsman. Mais tout à coup, elle est ressortie.Il faut lutter contre les falsifications, pour l'amélioration de la science? Là n'est pas le but. Il faut utiliser toutes les armes disponibles pour discréditer, sans s'arrêter sur les détails. Comme l'écrivait Jean-Paul Sartre dans Les Mouches, Pas de détails! Surtout pas de détails. Une victoire racontée en détails, on ne sait plus ce qui la différencie d'une défaite!
 
Il ne s'agit donc pas d'analyser les détails de la thèse, mais de faire passer le message que les personnes en place ne sont pas fiables, en gros et en général. Bref, Dieu reconnaîtra les siens.

vendredi 22 juin 2012

Le pouvoir en quête de légitimité et le "gouvernement ouvert": encore une déformation institutionnelle

Voir: http://izvestia.ru/news/528113

La question de la légitimité du pouvoir - et les risques que posent cette question pour l'existence de l'Etat en tant que tel - est au centre des interrogations, tant du côté de la majorité, que de l'opposition, et chacun tente de lui apporter sa réponse.

Dans un excellent article paru dans Novaya gazeta, V. Igrunov (voir l'article ici http://www.novayagazeta.ru/columns/53154.html) souligne le danger de l'incitation par l'opposition à mettre en place des structures parallèles: une "assemblée nationale" qui représenterait toute la Russie mais initiée par Drugaya Rossiya, l'idée pour la société d'élire ses propres juges et de ne reconnaître la validité que de leurs décisions, etc. La conclusion est évidente: le simple fait d'envisager l'existence de tels mécanismes parallèles, qui courcircuitent les macanismes étatiques, démontre l'échec de l'Etat actuel à absorber par le droit "étatique" les processus sociaux. En cela réside la démonstration du manque de légitimité du pouvoir, qui risque de déborder sur la question de la légitimité de l'Etat russe.

Si pour sa part, l'auteur propose de revenir aux canons du parlementarisme, pour faire de la Douma non pas un simulacre de Parlement mais l'instance d'une réelle représentation populaire, d'autres idées émergent également. Ainsi, I. Chuvalov, premier vice-premier ministre, propose pour sa part d'intégrer plus en avant le "gouvernement ouvert" dans les mécanismes de pouvoir afin de faire passer le message à la société. Le caractère absurde et contreproductif de cette proposition est indéniable.

Tout d'abord, d'un point de vue institutionnel, la proposition revient simplement à "institutionnaliser" un mécanisme de contournement des institutions, dans la même veine que les propositions de l'opposition. C'est ainsi une manière, certes différente dans la forme mais identique dans le fond, de reconnaître l'incapacité du système institutionnel actuel à remplir sa mission. Or, là aussi, le problème est faussé, puisqu'il ne s'agit pas d'un problème au niveau des institutions, mais des gens qui les composent. Le problème n'est pas juridique, mais politique. Donc reconnaître une institution de fait, qui n'a aucun existence juridique, gérée de la même manière que les institutions officielles - c'est-à-dire dans la même logique politique - n'apportera aucune valeur ajoutée de légitimité. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Ensuite, la démarche proposée est comme toujours unilatérale. Il s'agit, à travers une composition plurielle du "gouvernement ouvert" comprenant les opposants "durs", de faire passer le message explicatif de l'activité du Gouvernement vers la société, ce qui doit avoir pour effet magique un consentement immédiat. Dans l'idée de I. Chuvalov, les opposants ne sont pas d'accord avec le pouvoir, simplement parce qu'ils ne comprennent pas. C'est une manière délicate de les considérer comme des imbéciles ou comme des enfants que les parents doivent éduquer. Et dans cette démarche, évidemment, il n'est pas question de les consulter et d'entendre leur point de vue. Il ne s'agit donc pas d'un dialogue, mais d'un discours.

Enfin, sur le fond, le pouvoir ne comprend toujours pas qu'il est absolument normal qu'une opposition existe. Et qu'elle existe non pas parce qu'elle ne comprend pas ce que fait la majorité, mais simplement parce qu'elle n'est pas d'accord et qu'elle a une autre vision des choses. Leurs points de vue sont donc irréductibles, ce qui rend inefficace la proposition de I. Chuvalov.

Bref, pour retrouver cette légitimité perdue, sans laquelle aucun pouvoir ne peut gouverner efficacement et longtemps, il n'est pas nécessaire de créer et d'imaginer des mécanismes et des institutions parallèles, mais de rendre leur sens premier à celles qui existent. Formellement - juridiquement - sur le plan consitutionnel, le système actuel est viable, il doit être réalisé sur le plan politique.

jeudi 23 février 2012

La préparation des élections bat son plein ... en faveur du pouvoir

Les contours de ce que le pouvoir appelle des élections propres et honnêtes se précisent, sur différents fronts.

Tout d'abord, la nouvelle manifestation pro-Poutine, qui se déroule en ce moment, regroupe près de 130 000 personnes, selon les forces de l'ordre (voir ici) et le stade Lujniki est plein à craquer. Juste un résultat de technologie politique? On peut en douter. Si une grande partie de la population veut que le système change, cette même majorité n'a pas forcément confiance en l'opposition, telle qu'elle est aujourd'hui présentée, pour le faire. Elle a peur de perdre ce qu'elle a réussi à gagner en matière sociale et en qualité de vie. Tout le monde n'a pas forcément envie de faire de la politique. En général, les gens veulent simplement vivre leur vie, tranquillement, comme ils l'entendent. Ce qui est aussi leur droit. Pour cela, la figure de Poutine semble rassurante: au mons, ils savent à quoi s'en tenir.

Mais un autre évènement contrebalance la "tranquillité" apparente de cette période pré-électorale. Pour des raisons techniques - qui oserait en douter ? - Ru-Center a bloqué l'accès au site du centre Gelix (Геликс), qui s'occupe de monitoring électoral. Comme cela fut le cas à l'encontre de Golos lors des élections parlementaires de décembre. Cette fois-ci, il s'agirait d'un défaut de paiement du domaine du site. Mais selon le directeur de Gelix, il lui a été simplement impossible de le faire, puisque son accès pour le paiement a été bloqué. (Pour plus de détails, voir ici en russe)

Il est évident que l'approche des élections cristallise les positions et le combat se durcie. Du côté de l'opposition, dimanche, les manifestants doivent se donner la main sur une artère qui fait le tour du centre de Moscou pour symboliquement l'entourer.

lundi 30 janvier 2012

Pas de révolutions oranges en Russie pour l'instant

Нарышкин: «оранжевая революция» в России неосуществима




Aujourd'hui, le département de la Douma pour les relations avec la société civile et les médias a cité le nouveau président de la Douma, S. Narychkine. Celui-ci affirme que le sénario d'une révolution orange en Russie n'est pas réaliste. Les gens comprennent que le changement du système politique peut et doit se faire dans le cadre de la loi et ils ne veulent pas que les changements remettent en cause l'existence de l'Etat.


Les propos de S. Narychkine sont - pour l'instant - le reflet d'une réalité. Cela se voit dans le style des manifestations qui ont eu lieu notamment à Moscou. Tout se passe dans le calme ... mais dans la détermination.


Cela n'implique pas la faiblesse des revendications. Et il serait dangereux que le pouvoir en place sous-estime la force du sentiment populaire.


Si les réformes annoncées ne sont pas menées. Si elles ne servent qu'à orner de quelques éléments démocratiques une réalité qui ne changera pas . Le peuple ne sera pas dupe.


Si les ressources administratives et les falsifications sont utilisées en masse pour faire passer V. Poutine au premier tour, alors qu'il pourrait légitimement et dans le calme gagner les présidentielles au deuxième tour, ce pourrait être un détonateur pour que les mouvements de masse ne soient plus aussi pacifiques.


Il serait dommage de risquer de faire peser sur l'Etat un risque aussi important. Alors qu'il y a une possibilité de faire évoluer le système sans ces dérives révolutionnaires dont les conséquences sont incontrôlables. Alors qu'il y a une crise financière, économique et systémique mondiale qui nécessite un Etat fort et légitime pour la conjurer.

lundi 9 janvier 2012

Le Patriarche Kyrill donne des conseils au pouvoir ...

Voir: http://www.specletter.com/news/2012-01-07/42486.html et http://pravo.ru/news/view/66857/

A l'occasion de la fête du Noël orthodoxe, le Patriarche Kyrill a donné une interview pour la première chaîne de télévision russe, Pervyi Kanal.

Même si la Russie est un pays officiellement laïc, le poids de l'Eglise orthodoxe est loin d'être négligeable, vu l'importance croissante qu'elle a dans la population. Et si l'ancien Patriarche se tenait loin des débats politiques, maintenant à bout de bras la neutralité de l'Eglise face aux affaires temporelles, telle n'est pas la position du Patriarche actuel.

Il ne s'agit pas d'une appréciation sur le fond des paroles, qui sont raisonnables. En effet, le chef de l'Eglise orthodoxe appelle le pouvoir à écouter la voie du peuple surtout quand, comme cela est le cas, le peuple s'est exprimé de manière très correcte, dans le calme. Dans ce cas, le pouvoir doit écouter les revendications des protestataires et corriger le cours de sa politique en fonction de cela. Dans le cas contraire, il s'agirait d'un très mauvais signal, soulignant l'incapacité de ce pouvoir à se construire.

La position de l'Eglise orthodoxe est aujourd'hui ambigüe. La dernière fois qu'elle fut appelée à intervenir directement sur les questions sociales brûlantes, c'était en décembre de l'année précédente, lors de la montée des tensions ethniques. Et là, elle intervenenait sur demande du pouvoir et en collaboration avec les représentants des autres confessions pour appeler au calme. D'une manière général, le Patriarche défend une position pro-Kremlin, ce qui met à mal la neutralité de l'Eglise. Voyons comment il se positionnera à l'avenir sur cette question plus politique que sociale, puisqu'il est entré dans le jeu. Mais est-ce réellement sa place?