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mardi 12 mars 2019

Elections présidentielles : quel visage sera choisi pour l'Ukraine post-Maïdan ?



Le 31 mars 2019 se déroulera le 1er tour des élections présidentielles ukrainiennes. 44 candidats, une défiance populaire record, des scandales de corruption qui n'en finissent pas, le projet Maïdan tourne court, mais rien n'est prévu pour le remplacer. L'UE et le FMI dictent les réforment à adopter pour que le budget soit maintenu sous alimentation parentérale. Les Etats-Unis et l'OTAN s'occupent de la "défense" du pays en entretenant le conflit dans l'Est. Finalement, analyser sérieusement le fond des élections ukrainiennes  revient à se demander quelle marionnette sera choisie par les forces d'occupation pour les représenter et assumer leurs décisions. Avant que le pays ne présente plus aucune intérêt et puisse gentiment s'écrouler de lui-même.

jeudi 7 décembre 2017

Un nouveau mandat pour Poutine? Les enjeux



Hier, V. Poutine a annoncé sa candidature aux présidentielles russes de 2018, ce qui, paradoxalement, sans être une grande surprise reste un évènement important. Dernier mandat dans un contexte international plus que tendu, avec un soutien populaire interne incontestable mais des élites qui redoublent d'intrigues. Ce qui finalement est le propre des élites.

vendredi 20 octobre 2017

Présidentielles russes: Ksénia Sobchak, enfant légitime de Navalny et de Macron



L'annonce faite par Ksénia Sobchak de sa candidature aux élections est un très mauvais signal de la santé du système politique russe. Et peu importe que sa candidature ait été ou non "acceptée" ou "forgée", comme cela se dit, par la nouvelle équipe de l'Administration présidentielle en charge de la politique intérieure. Dans tous les cas, ça ne change rien sur le fond: la porte a été ouverte, le résultat se présentera aux prochaines présidentielles, lorsqu'il faudra bien trouver une alternative à V. Poutine sans provoquer de crise existentielle pour le pays.

lundi 8 mai 2017

Macron: quel est ce nouveau Président



Hier, 7 mai 2017, les français ont choisi un nouveau Président, Emmanuel Macron, pur produit du système de communication, du système financier et de la globalisation. L'euro est reparti immédiatement à la hausse, les marchés aussi. Le système idéologique dominant respire, mais quelle est cette victoire au goût amère, d'une France comme laissée sans voix, absente des rues, concentrée sur l'Esplanade du Louvre? Quel Président s'est-elle choisi?

dimanche 30 avril 2017

Elections présidentielles: quand Dupont-Aignan propose une alternative politique au mouvement globaliste



Sur le plateau du JT de 20h sur France 2, N. Dupont-Aignan a annoncé que son mouvement et le FN vont faire campagne ensemble pour mettre un terme à la rupture entre républicains et patriotes. Ce ralliement de poids a totalement perturbé la campagne présidentielle, toute la bulle globaliste médiatico-politique se préparant à fêter la victoire du "progressiste" Macron contre l'anti-républicaine Le Pen. Les cartes ont été redistribuées, provoquant une coulée de haine visqueuse dans les médias. Un inquiétant sentiment d'urgence s'amplifie à quelques jours de ce deuxième tour, où l'on a l'impression comme jamais de jouer notre avenir, sans seconde chance.

jeudi 9 février 2017

Le syndrome Navalny

Rappelons que ça se termine assez mal pour la grenouille...


A. Navalny vient de voir confirmer par la justice russe sa condamnation à 5 ans de prison avec sursis dans l'affaire Kirovles. Comme l'avait reconnu la CEDH, il y avait des problèmes procéduraux, mais le procès n'était pas politique. Or, la grande question qui se pose aujourd'hui n'est pas sur la culpabilité de Navalny, mais: Navalny pourra-t-il être candidat aux prochaines présidentielles? Comme si cela pouvait avoir une quelconque importance pour la vie politique russe. L'opposition russe souffre bien du "syndrome Navalny": beaucoup de prétention, peu de réalisme.

jeudi 2 février 2017

Fillon / Macron: la presse a l'indignation sélective



Ces derniers temps, pas une journée ne passe sans une "nouvelle" soi-disant révélation sur l'activité de F. Fillon ou de sa femme ... il y a 15 ans. Je ne reviendrai pas sur les faits qui doivent être établis par la justice, le schéma particulièrement sélectif de réaction m'intéresse beaucoup plus. Car aucune question sérieuse n'est posée à E. Macron, qui profite largement de la situation. Etrange indignation choisie de la presse, étrange complaisance aussi qui permet de constituer l'opinion publique dans le sens voulu à quelques mois de l'échéance présidentielle.

lundi 25 avril 2016

L'Autriche, Macron et le combat anti-politique

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Quand Macron nous montre la voie


Les élections présidentielles en Autriche, qui risquent de déboucher sur l'arrivée au pouvoir d'un Président qualifié d'extrême droite, sont révélatrices de l'impasse dans laquelle se trouvent aujourd'hui les partis politiques dans les pays de l'Union européenne. Comment comprendre, à cette lumière, ce qui se passe en France et ce phénomène "Macron"?

lundi 12 octobre 2015

L'Ukraine envoie des hommes armés en Biélorussie pour les élections présidentielles

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Hier se sont tenues en Biélorussie les élections présidentielles. Sans grande surprise, l'actuel Président Lukachenko les a remportées avec 83,49% des voix. Il est vrai que la guerre civile ukrainienne sous couvert d'européanisation a totalement détruit la crédibilité de l'opposition dite "libérale" dans le pays.

Mais manifestement la fin justifiant, l'Ukraine a jugé bon d'envoyer ses "partisans" armés et équipés se défouler en Biélorussie. Juste après les élections. Les médias auraient ainsi pu montrer à quel point la population ne soutient pas le Président. Mais le plan a échoué, les hommes armés sont arrêtés.

lundi 26 mai 2014

Point sur les élections en Ukraine: une porte sur la normalisation ou un Maïdan-3 en perspective?

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Le processus électoral est, dans la conception moderne de la gouvernance, la clef de voûte des institutions démocratiques. Pour autant, sous un aspect lisse et d'une simplicité enfantine, ce processus est extrêmement complexe, car il s'étend dans le temps pour toucher des aspects et des moments aussi divers que l'enregistrement des candidatures, la liberté d'expression des candidats, la liberté de réunion avec les électeurs, la transparence des opérations de vote et du décompte ...
Et vue la situation en Ukraine, la guerre civile engagée dans l'Est du pays par le "Gouvernement" temporaire autoproclamé, son déficit non seulement de légalité mais également de légitimité après les massacres d'Odessa, de Kramatorsk, après l'attaque des populations civiles et des quartiers d'habitation par les forces armées et paramilitaires, après tout ce sang versé de part et d'autres, ces élections sont tout autant nécessaires et urgentes que prématurées.
Elles sont nécessaires et urgentes car il faut mettre un terme à la radicalisation du pouvoir.
Dans le flou de Maïdan, les pires cauchemards politiques ont pris forme. Les hommes de main jouent à la politique sans même s'intéresser aux règles, les armes circulent et s'amplifient, les armées privées se montent et jouent à la guerre, les institutions sont discréditées par l'incompétence de leurs occupants, des slogans pseudo-patriotiques éclatent dans les rues. Et personne ne s'occupe de la reconstruction du pays. Il faut terrasser l'Est, où les méchants pro-russes, voire russes, se sont cachés et reprochent au pouvoir de n'être ni légitime, ni légale, d'être extrémiste en voulant les exterminer, d'être destructeur en conduisant le pays à la faillite. Il faut faire taire ces voix et toute la politique ukrainienne est pour l'instant construite autour de cela. Avec les résultats que l'on connait.
Il faut y mettre un terme. Et seules des élections le permettent. Car, lors du processus électoral, les candidats extrémistes ne peuvent être élus démocratiquement, surtout quand d'autres candidats bénéficient du soutien, entre autre logistique, d'éléments très compétents en la matière. Et ainsi, ni vu ni connu, les oligarques reprennent le pouvoir et l'on va enfin pouvoir s'occuper sérieusement de la répartition des richesses. Une sorte de retour sur investissement. Yanukovych est parti, vive Poroshenko! Et pour cela, il a fallu Maïdan, il a fallu détruire le pays, remettre en cause son intégrité territoriale, mettre son économie à genoux. Bravo! L'on a ainsi pu changer de cercle d'oligarques. Tout va changer pour la population.
Et les derniers résultats montrent ce mouvement. Sur les 21 candidats restant en course, après que certains gêneurs, qui auraient pu présenter un danger, aient vu leur maison brûlée, se soient fait tabassés, leur QG incendié, etc, pour qu'enfin ils comprennent la nécessité de faire profile bas, donc sur les 21 candidats restant, évidemment l'oligarque Poroshenko est en tête avec 54% des voix, suivi de Timoshenko avec 13%, puis du populiste radical Liachko à 8%, du député Gritsenko à 5%, du député Tiguipko à 5% et du représentant du parti des régions Dobkine à 3%. Donc tout va bien, tout rentre dans l'ordre, comme le montrent les chiffres du décompte à 30%.
Pourtant, ces élections sont en même temps prématurées.
Lors de sa conférence de presse à la fin du Forum économique international à St Pétersbourg, V. Poutine a tenté de l'expliquer à la représentante de l'Agence France Presse qui, drapée dans sa supériorité, n'a manifestement rien compris. La subtilité était trop importante pour elle. En effet, V. Poutine a distingué deux plans d'analyse en ce qui concerne les élections présidentielles ukrainiennes. Sur le plan de la légalité, elles sont illégales: le Président en exercice, formellement Yanukovych, n'est pas mort, n'a pas fait l'objet d'une procédure de destitution et n'a pas renoncé au pouvoir. Donc l'organisation de nouvelles élections contrevient à la Constitution en vigueur en Ukraine, que, pour l'instant, personne n'a encore annulé. Pour autant, sur le plan de la légitimité, il faut respecter la volonté exprimée par le peuple ukrainien, lors d'élections démocratiquement organisées. Donc, des élections illégales, mais qui peuvent être légitimes. Si leur illégalité est un fait acquis, leur légitimité est envisageable.
La légitimité dépend en partie du taux de participation et de l'appréciation des observateurs internationaux. Ici, la situation est sous contrôle. Le taux de participation est de 59,16% et les observateurs ont été bien sélectionnés. Rappelons que les observateurs russes n'ont pas été autorisés, ce qui n'a manifestement dérangé personne. En revanche, sur les 282 observateurs officiels venant de 19 pays, on en compte déjà 61 de Pologne et 38 des Etats Unis. Bref, il n'en reste pas beaucoup pour les 17 autres pays et ceux-là sont particulièrement favorables à voir dans les élections ukrainiennes un processus transparent et démocratique, sans violations signifcatives, qui fondera un avenir radieux.
Alors pourquoi les considérer comme prématurées?
Tout d'abord, en raison de la guerre civile dans l'Est du pays, elle n'ont pu être organisées uniformément sur tout le territoire. Dans les régions de Lugansk et Donetsk, 21 des 34 arrondissements électoraux n'ont pas ouverts de bureaux de vote. Se pose alors la question de la représentation de la volonté populaire dans son intégralité. Il aurait mieux fallu mettre d'abord un terme aux opérations militaires contre les populations et ensuite leur permettre de s'exprimer. On ne fait pas voter les gens sous la menace. Mais voulait-on réellement qu'ils s'expriment?
Ensuite, les candidats annoncent tous la grande réforme constitutionnelle. Alors quid ensuite de ce tout nouveau Président si fraîchement élu? Sera-t-il une figure de transition ou concentrera-t-il les pouvoirs? Et quels seront ces pouvoirs? Autrement dit, la population a voté pour un individu et non pour un Président, car personne ne sait quels seront ses pouvoirs dans les mois à venir, ni quelle politique il mènera. Bien sûr, immédiatement, le traité d'association économique avec l'UE sera signé, comme l'affirme Iatsénuk, mais il faut être naïf, cynique ou stupide pour penser que cela changera quelque chose à la situation actuelle en Ukraine. En tout cas de manière positive.
Enfin, beaucoup de clans ne sont pas intéressés à la pacification de la situation et à l'élection de Poroshenko. Il faudra bien un jour nettoyer la place Maïdan et ceux qui l'occupent aujourd'hui sont totalement désocialisés. Ils ne rendront pas aussi facilement leurs armes et leur semblant de statut social pour retourner faire les trois huit dans une usine quelconque, vendre des patates sur le marché ou simplement s'inscrire au chômage. De "combattant" de la liberté, ils ne veulent pas redevenir lambda. Il y a aussi les groupes organisés qui viennent enfin de trouver leur heure de gloire. Hier soir, ainsi, aux infos sur Pervyi Kanal, tout à coup la présentatrice annonce que des infos contradictoires circulent sur les résultats des élections. Alors que tous donnent Poroshenko gagnant, une chaîne ukrainienne lance d'autres résultats et annoncerait la victoire de Iaroch, le chef de Secteur droit. Cette information n'a pas été reprise ailleurs, sauf pour dire que c'est un fake (voir sur slon.ru). Mais à bon entendeur, salut. Sans oublier aussi la réaction possible de Timoshenko, qui n'est en rien intéressée par la victoire de Poroshenko, signifiant, pour elle, la fin de sa carrière politique et une croix sur ses ambitions présidentielles. Et des ambitions, elle en a.
Donc ces élections, pour l'instant, ne règlent pas grand chose, elles ouvrent une porte. Mais personne ne sait ce qui se trouve derrière. Soit enfin une politique raisonnable de pacification intérieure et de reconstruction, soit une crise dont l'Europe et la Russie se passeraient bien.

jeudi 15 mai 2014

La crise en Ukraine pose la question de la possibilité d'existence d'une politique russe autonome

 
Стену Цоя перенесут в интернет
 
Alors que Kiev annonce la phase finale de l'opération antiterroriste, la défense de Donetsk annonce la formation du premier bataillon de libération de la république indépendante. Kiev annonce la mise en oeuvre rapide de la phase finale, Donetsk donne 24 heures à Kiev pour retirer les forces armées "d'occupation" du territoire de la jeune république indépendante. Il pourrait donc rester 24 heures avant le début d'une guerre civile encore plus meurtrière.
 
Pendant ce temps, la Russie se tait, et quand elle parle, on aurait préféré qu'elle se taise. Du bout des mots, de manière informelle, la Russie reconnaît que le référendum a eu lieu et qu'une décision populaire a été formulée. Pour autant, elle ne reconnaît pas l'autonomie des deux jeunes républiques. Même si elle la soutient mais sans l'affirmer. L'on pourrait presque penser que tout le sens de la politique russe en ce moment réside dans le  non dit.
 
Jusqu'au moment où le Gouvernement, et derrière lui des députés, estime que finalement seulement des élections présidentielles permettraient de sortir de la crise, que oui ce serait bien si les régions de l'Est organisaient également les élections et au fait en ce qui concerne le gaz on peut toujours négocier si vous nous payer au moins un petit dollar, ou le promettait, allez faites un effort, on ne peut pas être plus gentil que cela - on est déjà à la frontière du ridicule.
 
Donc, d'un côté, les forces de Donetsk sont prêtes à libérer leur région de la présence militaire ukrainienne. D'un autre côté, la Russie leur demande d'organiser des élections présidentielles dans lesquelles les candidats de l'Est furent largement dissuadés de participer.
 
Quelle est la politique de la Russie? Elle n'en a pas. En tout cas à long terme, elle n'en a plus sur le sujet. Elle a des impératifs à court terme et des conflits intérieurs.
 
Les impératifs à court terme sont simples:
- valider la Crimée comme un fait acquis : la Russie l'a gagnée, c'est tout ce qu'elle voulait, le reste l'intéresse peu et elle ne sait pas encore sortir d'une crise.
- faire payer le gaz de n'importe quelle manière - et semblerait-il presque à n'importe quel prix pour ne pas devoir réagir brusquement - toujours la peur de perdre la face et le pré-paiement semble faire encore plus peur à la Russie qu'à l'Ukraine.
- ne pas tomber sous le coup d'une nouvelle guerre froide économique, le prochain stade des sanctions, car la Russie et les russes en général (pas seulement l'élite) ont pris l'habitude de bien vivre, de voyager et ne veulent pas y renoncer.
 
Les conflits intérieurs sont tout aussi simples:
- Le mythe de la domination sans partage du conservatisme est avant tout un mythe. Un combat acharné, et bien plus violent que dans nos sociétés qui ont rendues les armes, a lieu entre les tenants de deux groupes: les libéraux atlantistes/mondialistes, les libéraux nationaux. Les uns veulent une politique de destructuration et de désengagement de l'Etat au profit de formes mondialisées de gouvernance, les seconds veulent garder l'Etat comme institution de gestion des affaires publiques.
- Il n'y a pas de conflit entre les tenants d'un retour au soviétisme et des libéraux modernisateurs. Plus personne ne veut sérieusement revenir au mode de gestion soviétique. Mais dans le langage courant, afin de destabiliser le discours nationale, les tenants de la gouvernance étatique sont caractérisés comme soviétisant et passéistes, pour sortir cette modalité de gouvernance du champ du possible et de l'acceptable. Et cela ne concerne pas que la Russie, mais dans la plupart des pays d'Europe les partis politiques ne correspondent plus au partage idéologique de la population, ni au positionnement des questions, puisqu'aucun parti ne pourra dire qu'il est atlantiste et donc que son but n'est pas la défense des intérêts de la population nationale, même si cette politique sera menée par la suite sous un autre nom : le libéralisme.
 
Donc, cette étrange situation autour de l'Ukraine semble traduire le conflit intérieur qui a lieu en Russie entre ces deux forces, quasiment égales. D'une manière assez inattendue, l'évolution de la crise en Russie pourra peut être enfin mettre fin à la cohabitation de fait au sommet de l'Etat russe en faisant finalement émerger un clan. Bien que V. Poutine affirme être le Président de tous les russes, de toutes tendances etc. Refusant donc lui aussi d'assumer un véritable choix de société.
 
Un jour la Russie devra comprendre qu'elle doit le faire ce choix, ne serait-ce que pour garder un équilibre institutionnel. Soit elle se positionne comme modèle alternatif, comme certains l'affirment et l'espèrent, soit elle est intégrée dans le concert des nations et dans l'économie internationale sans conflit.
 
Or, la Russie n'est pas prête à faire ce choix, car elle n'a manifestement pas la force intérieure (politique ou intellectuelle) suffisante pour se poser réellement en modèle alternatif complet, pas seulement concernant le mariage homosexuel ou la femme à barbe, mais en créant un modèle théorique alternatif mêlant valeurs et gouvernance. Pour autant, cette volonté est suffisamment forte pour ne pas pouvoir dire qu'elle y a renoncé. D'où, semble-t-il, le flou de sa politique qui oblige même à poser la question de son existence réelle ou d'une (par ailleurs très bonne) gestion de l'évènement.
 
 
 

mercredi 14 mai 2014

De réelles sanctions contre la Russie dépendent des accords énergétiques avec la Chine ou la question de l'intérêt légitime des Etats Unis

Voir: http://el-murid.livejournal.com/
http://www.gazeta.ru/politics/2014/05/13_a_6028881.shtml
http://www.gazeta.ru/politics/2014/05/13_a_6028581.shtml
http://www.gazeta.ru/business/2014/05/13/6029645.shtml

Хантер (слева) и Джозеф Байдены
Biden père et fils défendent leurs intérêts en Ukraine
De nouvelles sanctions ont été prises contre la Russie car les régions de Lugansk et de Donetsk, en Ukraine, ont organisé un référendum sur leur autodétermination, référendum que la Russie leur avait officiellement demandé de reporter pour donner une chance au dialogue nationale.
Toutefois, suite aux crimes commis par le pouvoir ukrainien actuel à Odessa et à Mariupole, les population de l'Est ne veulent plus être soumises à un pouvoir qui les considèrent en gros et en général comme terroristes.
Elles ont donc organisé un référendum et Moscou, ou plus précisément le régime sanglant de V. Poutine, est responsable. Logique. Donc il faut le sanctionner. Logique. En ce qui concerne les morts et les disparus par centaines, dommage. Ce ne sont manifestement que des dégâts collatéraux d'une guerre énergétique venue définitivement dévoyer l'idée de démocratie et d'autonomie de l'Europe, même de cette Veille Europe surannée qui fait rêver. Au fait de quoi la Russie est-elle responsable? Principalement de sa souveraineté et de sa puissance énergétique.
Donc, sortons du rêve. Deux réalités sur lesquelles il est possible aujourd'hui de s'appuyer pour analyser ce qui se passe autour de l'Ukraine. Comme nous l'avons répété à plusieurs reprises, l'Ukraine n'est qu'une occasion pour un conflit plus général. Géopolitique, certes, mais comme la puissance passe par l'argent, les racines énergétiques apparaissent de plus en plus clairement.
Très discrètement, la compagnie Burisma, qui est leader du marché éneregétique en Ukraine, vient de faire entrer Hunter Biden dans le Conseil de direction de l'entreprise. Mais si, c'est bien lui, le fils. Le fils de Joe Biden, vice-président des Etats Unis. Mais tout est normal, les intérêts du business en général, et du fils du vice-président en partiuclier, ne vont pas du tout interférer sur les décisions qui seront prises par un Etat démocratique. Parce qu'il faut se demander où est la cause et où est la conséquence? Toujours est-il que ce conflit d'intérêt flagrant fait tomber le masque démocratique de ce conflit.
Si les Etats Unis poussent les pays européens  dans un combat violent visant à séparer hermétiquement la Russie de l'Ukraine et la Russie de l'UE, c'est pour garantir et faire prospérer les intérêts américains en matière énergétique. Le gaz de schiste c'est mignon, mais pas exportable avant 2020 minimum. En attendant, il y a de l'argent à faire.
Donc l'UE, transformée en drône politico-économique, remplit son rôle et les pays totalement soumis aux Etats Unis, comme la France par exemple, déclarent que les véritables sanctions économiques, qui toucheront notamment  les domaines de l'énergie ou de la défense, seront prises si les élections présidentielles ne se déroulent pas normalement.
Et la Russie en sera évidemment responsable. Bref, la décision de prendre de véritables sanctions semble, elle, avoir été prise. Reste à trouver l'occasion de les prononcer. Or, la Russie n'a pas envoyé ses troupes à Odessa après le massacre, elle n'a pas réagit non plus à Mariupole, elle n'a pas officiellement reconnu les républiques de Donetsk et Lugansk, elle n'a pas répondu à leur demande prématurée d'entrer dans la Fédération de Russie. Bref, la Russie ne donne pas l'occasion de prononcer les sanctions la tête haute.
Il risque de falloir les prononcer la tête basse et le regard fuyant. Pour cela, deux dates.
Le 20 mai, le Président russe sera en Chine pour conclure des contrats divers et variés, notamment en matière énergétique. Si cela est le cas, peu importe les apparences, les intérêts vitaux des Etats Unis seront touchés, l'UE devra agir. Oui, l'UE en première ligne.
Le 25 mai, les élections présidentielles auront lieu en Ukraine, quand tout le territoire ne veut pas les organiser, quand les candidats d'opposition se sont fait agresser pour retirer leur candidature, quand il risque d'être dans l'intérêt international de les faire échouer. Pour que la Russie soit responsable et que l'on puisse prononcer ces merveilleuses sanctions qui doivent remodeler le rapport de force économique global. Sans oublier que les voisins, gentils européens, de l'Ukraine commencent à avoir les dents qui poussent. Par exemple, la Hongrie affirme ses intérêts légitimes sur le bassin des carpates en Ukraine et demande la double nationalité pour les hongrois de souche ainsi que l'autonomie de la région.
Autrement dit, si l'Ukraine continue sa politique, elle conduira au démentèlement du pays, ce qui semble être le but des dirigeants actuels, et l'intérêt de leur sponsor principal.
En ce qui concerne l'UE, il est triste de constater qu'elle n'est pas en meilleur état que l'Ukraine, au moins du point de vue moral ou éthique. Comment sommes-nous passés de Cassin et Delors à Ashton et Fabius ?

mardi 6 novembre 2012

Les élections présidentielles américaines: la critique de la Russie

Voir: http://izvestia.ru/news/539028

La réponse du berger à la bergère. La Commission centrale électorale de la Fédération de Russie a préparé ses conclusions sur la manière dont les élections présidentielles américaines se sont déroulées jusqu'au jour même des élections. La date du monitoring est déterminée par le fait que la Russie n'a pu envoyer d'obsrevateurs sur place pour le déroulement des opérations de vote.
 
Selon le rapport, Obama gagnerait de peu ces élections, essentiellement en s'appuyant sur l'utilisation de ressources administratives. Il s'agit, notamment, de l'utilisation des conséquences de l'ouragan, de l'utilisation de la parole des fonctionnaires, d'étranges shémas de financement par les hommes d'affaires et les milieux des finances, mais également d'une tenue suspecte de la liste des électeurs.
 
Toute une partie des électeurs serait privée de leur droit de vote, cela concerne les personnes à grande mobilité, les prisonniers ou des personnes étant à l'étranger. Cela concernerait environ 10 millions d'électeurs.
 
En substance, il s'agit de la violation d'un certain nombre de principes internationaux en matière électorale, comme la transparence ou l'égalité.
 
Selon certains experts, il n'est pas tout à fait fondé de faire reposer la victoire possible d'Obama sur l'utilisation de ressources administratives. Il existerait aux Etats Unis une sorte de règle des deux mandats, tant que le Président n'a pas d'échec cuisant. Et si Obama n'est pas un Président exceptionnel, il n'y a rien non plus de catastrophique.
 
Pour d'autres, l'intérêt de ce rapport est de répondre à la critique systématique et agressive des Etats Unis envers la Russie. Quand un pays utilise le soft power, il doit accepter les critiques à son égard. Le but n'est pas que ce rapport soit largement diffusé et utilisé, mais il permet d'avoir un argument à sortir en cas de critique.

mardi 20 mars 2012

Le coût de la campagne présidentielle

На что потратились кандидаты в президенты
Основной статьей расходов стало телевидение; интернет по-прежнему игнорируют



Après les élections, les candidats ont 30 jours pour présenter leurs comptes de campagne à la Commission centrale électorale. Pour l'instant, seule l'équipe de V. Poutine a présenté ses comptes, les autres affirment le faire dans les jours qui viennent. Mais pour tous, le plus gros budget a été la télévision et le plus faible internet.

En ce qui concerne la campagne de V. Poutine, le montant déclaré est de 399 millions de roubles (le maximum autorisé étant de 400 millions de roubles). 50% des dépenses ont été affectées aux frais de télévisions. La responsable des questions financières souligne le prix extrêmement élevé sur les chaînes fédérales, environ 1 million de rouble pour 30 secondes d'antenne. Le deuxième poste de budet de campagne, 30% soit environ 120 millions de roubles, était affecté à la propagande politique (banderoles, brochures, etc.). En ce qui concerne la presse écrite, il n'y a pas eu de frais de campagne pour cela. Ils ont utilisé les espaces gratuits prévus dans la presse nationale et régionale pour la campagne des candidats ... pour le reste l'activité de V. Poutine/Premier ministre était largement couverte par les journalistes. Ils ont par ailleurs fait de la publicité sur des sites comme mail.ru ou yandex et sur les réseaux sociaux. Le troisième poste de dépense, 12% soit environ 50 millions de roubles, était consacré à l'organisation de meeting et diverses rencontres avec les observateurs, les représentants du parti, les électeurs ... Enfin, plus de 20 millions de roubles sont partis pour la location de locaux de campagne sur Novyi arbat, le téléphone, l'internet ...

En ce qui concerne les autres candidats, les données définitives ne sont pas encore accessibles.

L'équipe de Mironov est sur le point de présenter ses comptes de campagne. Leur budget serait d'environ 137 millions, dont plus de 100 millions pour la télévision et environ 20 millions de roubles pour les brochures et autres produits du même genre. Ils déclarent également environ 1 million de rouble pour l'organisation de meeting.

Jirinovsky n'a pas non plus de poste de dépense pour la propagande sur internet, mais ils ont utilisé les comptes privés de leurs membres pour faire passer leur message, ce qui est gratuit. Pour lui aussi, le plus gros poste de dépense est la télévision, près de 50% des 250 millions de roubles de dépense totale.

Pour Ziouganov, sur les 246 millions de roubles de dépense, 80% ont été affectées à la télévision, la presse, la radio et les tracts.

Pour l'instant les documents de Prokhorov ne sont pas encore prêts.

mardi 13 mars 2012

Les forces de l'ordre ne sont plus en alerte

Расслабиться!


Le régime d'alerte entré en vigueur le 1er mars pour tout le temps des élections présidentielles a pris fin le 12 mars.

Selon les données officielles pour Moscou, dans la capitale 36 500 personnes ont veillé au bon ordre, dont 16 000 policiers et 14 000 volontaires civils. Des bureaux d'alerte spéciaux ont été mis en place, pour réagir à tout débordement. Pour toute la Russie, environ 440 000 personnes ont veillé au maintien de l'ordre lors des élections présidentielles, dont 380 000 agents des forces de l'odre.

La peur d'une révolution orange était bien présente à l'esprit des décideurs. Les mouvements de rues, pourtant très calmes et plutôt bon enfant inquiétaient. Il est toujours difficile de prévoir comment une foule peut réagir.

Mais la dernière manifestation du 10 mars marque la fin des grands mouvements de masse, au moins pour l'instant. La mobilisation est en baisse, les gens attendent des propositions concrètes qui n'arrivent toujours pas. Les projets de loi réformant le système politique russe sont à l'examen à la Douma. La société civile doit trouver un autre moyen d'action, plus constructif, pour maintenir une pression sur l'Etat, pression constante qui est un mode normal de fonctionnement et permet réellement de conrebalancer les intérêts.


vendredi 9 mars 2012

Manifestation du 10 mars et durcissement du discours de l'opposition

La mairie de Moscou a trouvé un accord avec l'opposition pour la manifestation du 10 mars "Pour des élections propres". Rappelons que, après les débordements de la place Pouchkinskaya, les négociations ont été difficiles, mais l'opposition a renoncé aux manifestations des 7 et 8 mars et la mairie, qui avait tout d'abord proposé des endroits plus éloignés du centre, a finalement donné son accord pour Novyï Arbat, dans le coeur de la ville (voir plus d'informations ici). Si le nombre de manifestants reste en dessous de 20 000 personnes, elle aura lieu sur les trottoires de la rue, pour ne pas gêner la circulation. Mais, les organisateurs attendent 50 000 personnes, dans ce cas, la ville est d'accord pour momentanément limiter la circulation.

Cette manifestation montre toute l'ambigüité du mouvement, qui a du mal à évoluer. D'une part, il est clair que plus le mouvement va se radicaliser, moins de personnes viendront. Mais il est également évident que simplement continuer à mettre des gens dans la rue et ensuite les laisser rentrer chez eux est sans perspective: les gens ne vont pas indéfiniment y prendre part, une certaine lassitude va venir.

Dans l'impasse, le discours de l'opposition dure se radicalise. Mais sans véritable soutien populaire. Quand Udaltsov avait déclaré qu'il ne quitterait pas la place Pouchkinskaya, la plus grande majorité des gens ne l'avait pas pris au sérieux et étaient gentillement rentrés chez eux. Ne restait que le noyau dur.

Pourtant rien de constructif n'apparaît. Le vice-rédacteur en chef de la station de radio Les échos de Moscou a dernièrement provoqué un scandale en affirmant que pour se débarrasser de Poutine, il faut "liquider la base sociale de son électorat", soit environ 40-45 millions de personnes ... (voir ici). La blogosphère a violemment réagi à ces propos hors toute proportion et justification. Bine sûr, il ne s'agit pas de tirer dans la masse, mais le cynisme est incroyable. Liquider le "problème" au lieu de convaincre qu'une autre voie est possible, cela donne une drôle d'idée du libéralisme politique prôné par "cette" opposition.

L'impasse dans laquelle l'opposition s'enferme - et là toute seule - provoque de la part de certains de ses membres une radicalisation du discours, qui va faire tomber le mouvement et le discrédite. De plus en plus souvent on retrouve des insultes virulentes contre l'électorat de V. Poutine dans les commentaires et les blogs, conduisant à une confusion de la critique et de la personne et de son électorat.

L'opposition politique a une chance de pouvoir se renforcer et proposer une alternative au mode de gouvernance actuel, pourtant cette chance risque d'être gâchée par son incapacité de passer du mode contestataire au mode politique. Espérons le réveil ...

mardi 6 mars 2012

Le rêve de Mc Cain ne s'est pas réalisé: la révolution n'a pas eu lieu hier soir

Voir: http://top.rbc.ru/politics/06/03/2012/640593.shtml
http://www.gazeta.ru/politics/elections2011/2012/03/05_a_4027949.shtml
http://www.gazeta.ru/politics/elections2011/2012/03/05_a_4026477.shtml

Une question tourne et revient constamment en tête. Une question qui ne laisse pas tranquille. Mais pourquoi le sénateur Mc Cain donne-t-il autant d'atouts à V. Poutine?

Parce que V. Poutine fatigue la population avec ses déclarations sur le grand méchant voisin outre-Atlantique qui ne cherche que par tous les moyens à détruire le pays. Il est donc urgent de se regrouper autour de lui et le choix devient pour ou contre la Russie et il ne s'agit plus d'une élection où l'on doit choisir des candidats. Et il devient même normal de fermer la vie politique, d'asphyxier le pays. Les gens sont fatigués de ces annonces. Ils commencent à avoir du mal à y croire.

Et voici ce cher sénateur Mc Cain, qui depuis les élections parlementraires, ne cesse de menacer/annoncer le printemps russe. Aujourd'hui encore il annonce que le mouvement ne fait que commencer.

Ainsi, il justifie les discours de Poutine. Ainsi, il fait peur à une partie de la population qui n'aurait pas voté pour Poutine et l'a fait, instinct de survie. Ainsi, il décrédibilise l'opposition qui est perçue comme un ennemi et non comme un élément indispensable du système. Ainsi, le sénateur Mc Cain participe à la dénaturation de l'institution des élections, pourtant si chère au coeur des américains, et à juste titre.

Et ce qui s'est passé hier lors de la manifestation pour les élections propres sur la place Pouchkine fait réfléchir. Il est difficile de se faire une idée. Tout commence dans le calme. 15 à 25 milles personnes selon les sources viennent dire que leurs attentes n'ont pas pris fin avec les résultats des élections, avec la victoire de Poutine. Que maintenant l'ancien/futur président doit réaliser les promesses faites. Chacun des orateurs prend la parole. Dit ce qu'il a sur le coeur. Chacun dans son style habituel. Navalny plus virulent mais pas très concret. Le député Ponomarev appelle à des consultations permanentes pour maintenir une présence et une pression. Prokhorov remercie ses électeurs, sans provoquer une ovation. Udaltsov s'emballe pour une sorte révolution/manifestation permanente à la Trotsky, c'est déjà un réflexe, mais sans très bien savoir où cela doit conduire. Enfin, dans les temps, Ryjkov, calmement, lit la résolution, annonce la fin du meeting et chacun rentre chez soi. Les gens commencent à partir dans le calme.

Trop calme?

Udaltsov annonce alors devant les quelques centaines de manifestants qui s'attardent qu'il ne partira pas tant que Poutine n'a pas quitté le pouvoir. Prend place autour de la fontaine, y installe une tente. Navalny le rejoint. D'autres activistes aussi. Les journalistes en profitent pour les approcher et les photographier à loisir. Les forces de l'ordre leur signifient qu'il est temps de partir. Ils refusent. L'avertissement est répété. La réponse aussi.

Ensuite, bien sûr, les forces de l'ordre agissent avec la délicatesse qui les caractérise: les réfractaires sont traînés de force dans les forgons, l'immunité parlementaire ne protège plus, la place est vidée en quelques minutes. Quelques groupes d'activistes continuent à scander leurs slogans dans les rues ou dans le métro.

Voici la révolution moscovite d'hier soir.

A quoi cela sert-il? A rien, un autre temps d'action commence. Si l'on veut réellement modifier le système.

Udaltsov était clairement pressenti pour prendre la relève du parti communiste, Ziouganov étant en fin de parcours. Il a bénéficié d'une médiatisation surprenante vue son statut. Mais a-t-il la carrure d'un politicien? De sérieux doutes planent.

Les gens hier soir ont montré qu'ils voulaient que les choses changent. Mais il n'y a pas de volonté de tout casser. Le rêve de Mc Cain s'échoue aux pieds de la volonté populaire. Mais Poutine doit réellement transformer le système. En a-t-il la volonté? On peut aussi en douter. Mais il n'a pas le choix. Nécessité fait loi!

lundi 5 mars 2012

Sans surprise, Poutine au premier tour: mais après?

Selon les données officielles de la Commission centrale électorale, les résutats sont pour l'instant les suivants:



  • V. Poutine: 64,61%


  • G. Ziouganov: 17,07%


  • M. Prokhorov: 7,17%


  • V. Jirinovsky: 6,29%


  • S. Mironov: 3,76%

Dans 5 régions de Russie, les résultats de V. Poutine dépassent les 90%: Tchétchénie 99,82%, Daguestan 92,81%, Ingouchétie 92% et Karatchaïevo-Tcherkessie 91,18%. En dehors du Caucase du Nord, c'est dans la république de Touva que l'on retrouve un résultat semblable avec 90,33%.


En revanche à Moscou les résultats sont passablement différents pour V. Poutine et M. Prokhorov:




  • V. Poutine: 46,96%


  • G. Ziouganov: 18,42%


  • M. Prokhorov: 18,38%


  • V. Jirinovsky: 6,51%


  • S. Mironov: 4,48%

Pour plus de données chiffrées voir l'article sur Specletter.com ici.


Les résultats avancés par l'association Golos dans son décompte parallèle varient légèrement, mais ne changent rien sur la réponse à la question principale: Poutine passe au premier tour. Ce qui est également confirmé par les résultats des exit poll, qui reconnaissent à V. Poutine environ 59%. Pour les résultats du décompte parallèle (voir ici plus d'informations sur la question):



  • V. Poutine: 50,29%

  • G. Ziouganov: 19,24%

  • M. Prokhorov: 17,26%

  • V. Jirinovsky: 6,26%

  • S. Mironov: 5,09%

Quelles premières leçons tirer de ces élections?


Tout d'abord il est évident que V. Poutine bénéficie du soutient populaire. Mais s'il a une majorité, il ne fait pas l'unanimité. C'est normal dans une société développée, et c'est très bien. C'est un bon signe pour la démocratie russe. Mais cela implique qu'il devra absolument mettre en place les réformes annoncées, qu'il devra tenir compte de l'opposition et de l'opinion de la société. Autrement dit, la configuration sociale et politique a changé, il ne peut gouverner aujourd'hui comme il le faisait lors de ses deux mandats présidentiels précédents sans risquer une explosion sociale.


Ensuite, ces élections sont "légales et légitimes". Les résultats des exit poll confirment la victoire au premier tour. Il y a des divergences de quelques points, mais cela ne change rien sur le fond. L'effet du vote dans le Caucase a joué dans les statistiques. Même l'association Golos reconnaît, avec des résultats plus faibles c'est vrai, la victoire de V. Poutine au premier tour. Maintenant il faut donc arrêter les discussions stériles sur la légitimité des élections et commencer réellement à construire le nouvel espace politique. La minorité influente doit accepter la défaite, reconnaître les règles du jeu démocratique: c'est la majorité qui décide. Et dénigrer les électeurs des clans adverses ne peut conduire à la mise en place d'un espace politique moderne, capable d'évoluer et de retransmettre la configuration changeante d'une société complexe. Il faut donc sortir rapidement de la logique de combat pré-électoral pour continuer dans la logique politique, qui ne s'arrête pas avec l'annonce des résultats électoraux.


Enfin, le deuxième grand gagnant est M. Prokhorov. Des candidats qui se sont présentés dans la course électorale, il y a peu de chance qu'un autre que lui soit en mesure de participer aux prochaines élections. Et ses résultats, sans parti, et pour une première participation, sont le signe d'une réelle victoire politique, qu'il va falloir faire fructifier. Car sans parti - et donc sans mandat parlementaire - il va lui être difficile de tenir 6 ans. Mais c'est à suivre.


dimanche 4 mars 2012

Reportage Russie Politics: un petit bureau de vote tranquille

Voici en image, les élections en milieu d'après-midi dans un petit bureau de vote de l'arrondissement Est de Moscou.


L'entrée du bureau de vote, dans une école du quartier:

A l'intérieur tout est calme. Les observateurs sont installés à l'entrée près des urnes et sur les bancs le long de la salle et peuvent regarder le dessin animé qui passe sur le téléviseur:

Photo de la salle, déjà presque vide:











Voici les isoloirs:
Et enfin les fameuses urnes transparentes:

Dans ce quartier, tout est calme.




Elections présidentielles

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