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mercredi 8 septembre 2021

Privatisation de masse en Russie : à qui Koudrine veut-il transférer le pouvoir dans le pays ?


Koudrine, l'un des maîtres à penser du néolibéralisme en Russie, actuellement à la tête de la Chambre des comptes, estime qu'il faut relancer un programme de privatisation en Russie - l'Etat n'a rien à faire dans l'économie. Toujours le même populisme avancé : ça évitera d'augmenter les impôts, quand c'est étatique c'est pas efficace, et surtout aux Etats-Unis ils ne font pas comme nous (ce qui est certes un argument de poids). La Russie a connu les mêmes arguments dans les années 90, avec pour résultat la désindustrialisation du pays, la crise socio-économique et les prises d'action étrangères sur l'économie russe. Faut-il toujours répéter les mêmes erreurs, l'idéologie est-elle tellement forte qu'elle empêche toute analyse objective, n'y a-t-il aucune force étatique ? Ou bien les mêmes causes produisent-elles les mêmes effets  - il faut créer une nouvelle élite, plus globaliste ? Le Kremlin a délicatement et fermement écarté la proposition, rappelant tout ce que la Russie a dû subir en raison des privatisations massives.

vendredi 29 mars 2019

France : l'Etat en liquidation européenne



La concurrence est le moyen et le but de cette époque néolibérale, elle est l'instrument de désétatisation manié avec de plus en plus de fanatisme par l'Union européenne. Et la présidence Macron se prête avec enthousiasme à ce jeu de déconstruction, à coup de privatisations douteuses d'éléments stratégiques du patrimoine public. Quand le Sénat tente de bloquer dans un dernier sursaut la privatisation cachée des Aéroports de Paris dans la loi PACTE, le Gouvernement s'allonge avec délice aux pieds de la Commission européenne pour offrir au privé les plus importants barrages hydo-électriques, ouvrages stratégiques construits au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la France était un Etat et une puissance. C'est cette France que l'UE et Macron veulent définitivement renvoyer aux manuels d'histoire, avant de les réécrire. La France est mise en liquidation. 

lundi 30 juillet 2018

Perturbation à la SNCF et privatisation des services d'électricité



Sous l'impulsion de l'Union européenne, les services publics doivent être privatisés et les entreprises publiques passer dans le privé. Car, comme chacun le sait, seul le privé est apte à gérer de manière adéquate le marché et tout est marché. Même et surtout l'Etat. La perturbation monstre qui touche la gare de Montparnasse en raison d'une mauvaise gestion du système d'électricité par l'opérateur privé RTE en est la preuve. Tout est marché, mais ce n'est pas plus efficace pour autant.

lundi 28 mars 2016

Les privatisations russes: un instrument historiquement idéologique plus qu'économique

 
Le Cente Eltsine et sa statue

Pour remplir le budget, l’idée des privatisations s’est à nouveau emparée du Gouvernement russe. Sans grande originalité, le même schéma a été utilisé dans les années 90 par Eltsine et son entourage, « démocrate », « libéral » et « pro-européen ». Ce fut cette époque où la Russie a été mise sur le trottoire par ses « élites », prostituée au nom de la démocratie. Non je ne parle pas de l’Ukraine, mais bien de la Russie. De celle des année 90, celle tant aimée par l’Occident. Et regrettée. Et pour cause. Voyons plus en détail.

jeudi 10 mai 2012

Le programme économique de V. Poutine: garder la tendance libérale, avec un accent social

Voir: http://kremlin.ru/news/15232

Le retour de V. Poutine à la présidence a fortement inquiété les milieux économiques libéraux. Il est intéressant de noter que le jour même de son investiture, V. Poutine a pris plusieurs ouakses, concernant les points sensibles de la politique russe: l'armée, la politique étrangère ou encore l'économie.

Dans son oukase du 7 mai 2012 sur la politique économique de la Fédération de Russie, il met l'accent sur les finalités sociales de l'économie, rappelle la ligne libérale, mais commence son attaque contre certaines pratiques, particulièrement rentables pour nombres de libéraux russes.

Les finalités sociales se concrétisent essentiellement par la nécessité de créer et de moderniser d'ici à 2020 25 millions de postes qualifiés.

Sur le plan strictement économique, il s'agit évidemment du renforcement de l'investissement, de la productivité, de la simplification des mécanismes comptables ...

On notera quelques éléments particulièrement intéressants dans cet oukase:
  •  Les contrats publics, en matière de services et de fournitures, ont fait l'objet d'une réforme controversée. L'oukase demande un état des lieux de la réalisation de la réforme, notamment en ce qui concerne les consultations publiques préalables à la conclusion du contrat. Elément fondamental pour éviter le favoritisme envers certains "proches".
  • En ce qui concerne le mouvement de privatisations des grandes entreprises russes, l'oukase prévoit la révision du programme. Toutefois, d'ici à 2016, les entreprises étatiques ne constituant pas l'exploitation de monopoles naturelles et n'ayant pas trait à la défense doivent sortir du patrimoine public.
  • Renforcer la transparence financière, notamment en luttant contre l'utilisation des sociétés off shore pour éviter le paiement de l'impôt. Et cela va toucher les intérêts d'une part non négligeable de "libéraux" bon ton.
  • La limitation de l'acquisition par des sociétés publiques ou à capitaux majoritairement publics d'actifs dans le secteur privé. Il s'agit ainsi d'une volonté de distancier l'Etat de l'économie, de limiter son rôle en tant qu'acteur.
  • La facilitation de la création et du développement de l'activité privée, notamment par des mesures fiscales, administratives et autres.
  • La création avant le 1er décembre 2012 d'un Défenseur des droits des entrepreneurs.
  • Favoriser la participation des entreprises étrangères aux concours visant à la construction des routes fédérales et régionales.
  • Avant le 1er décembre 2012, modifier la législation afin d'éviter l'utilisation de la voie pénale à des fins économiques contre les entrepreneurs, notamment en précisant les compétences entre les juridictions de droit commun et les juridictions d'arbitrages pour les affaires économiques.
  • Et enfin un point qui touche évidemment la question du développement économique de la Russie, mais de manière indirecte: le Gouvernement doit faire ses propositions avant le 1er octobre 2012 afin de garantir l'indépendance et l'objectivité des décisions de justice.
Ce programme est très large et pour cette raison nous n'en avons présenté que quelques points. Dans l'ensemble, si l'on tient compte de l'oukase sur la politique étrangère dans lequel le Président confirme le mécanisme d'intégration de la Russie dans l'OMC et rappelle la nécessité de renforcer la structure de l'Union eurasienne, on note une certaine continuation sur le fond. Le principe de libéralisation de l'économie. Mais cela avec moins de "fanatisme". Par exemple, et espérons-le, il ne semble plus s'agir d'une dépénalisation totale de l'économie, mais de lutter contre les déviances conduisant à utiliser le pénal pour des affaires qui ne ressortent que d'un conflit économique. Il semble aussi que le processus de privatisation annoncé soit plus rationnel et cherche un compromis entre les intérêts stratégiques de l'Etat et les besoins de développement autonome de la sphère privée. Sans oublier le soutien réitéré au développement du secteur des PMI et PME.