Autant les manifestations globalistes en Biélorussie sont applaudies, surmédiatisées et encouragées autant les Gilets Jaunes sont dénigrés, évités et condamnés. Etrange ? Non, les uns luttent pour le monde global, les autres en sont fatigués. Donc, la première opposition est étiquetée "démocratique", la seconde n'a pas sa place. Un monde global doit conquérir les territoires qui échappent encore à sa tutelle, sinon il ne peut être global. Un monde global doit contraindre les corps faute de convaincre les esprits, car il ne peut être que totalitaire. Donc silence, sinon on a une énième vague et tout le monde retourne à la maison.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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lundi 14 septembre 2020
mardi 2 juin 2020
Ces faux policiers arrêtés puis remis en liberté à Paris : combien de mises en scène ?
Le site d'informations Actu 17 a signalé une information intéressante - à plus d'un point de vue. Ainsi, trois faux policiers dans de véritables uniformes ont été arrêtés à Paris, alors qu'ils préparaient le tournage d'une fausse interpellation musclée à caractère raciste visant à discréditer la police. C'était le 31 mai. Puis, le 1er juin, ils sont ... remis en liberté, avec le "réalisateur" et les figurants. J'avoue ne pas comprendre. Il n'y a pas eu d'infraction, pas d'usurpation de fonction ? On ne cherche pas qui est derrière? Ou bien face à l'écrasante vague gauhiste-globaliste, qui attaque violemment l'Etat et ses institutions, les policiers n'ont pas eu le choix, il fallait les relâcher. A moins qu'il n'y ait eu plusieurs mises en scène ... Il est vrai que cela tombe bien au moment où la proposition de loi Ciotti visant à interdire la diffusion d'images de policiers est largement discutée - et contestée. Deux scénarios qui, dans tous les cas, ne sont pas très positifs ...
mercredi 13 février 2019
Gilets Jaunes : de l'incitation à la violence par le Gouvernement
Si tu ne peux ni détruire, ni contrôler ce qui risque de te porter atteinte, il est alors nécessaire de totalement brouiller les cartes, pousser le système à sa tension maximale - en tentant de ne pas perdre le contrôle de la déstabilisation, pour que les repères habituels ne soient plus pertinents. C'est ce qui semble se passer dans la gestion par le Gouvernement de la crise des Gilets Jaunes, mouvement qui remet en question l'efficacité du système politico-idéologique dans lequel nous vivons. Ce Gouvernement utilise dangereusement la violence comme instrument de pouvoir, l'entretient, voire la provoque, jouant au "chaos contrôlable". Et se retrouve dans cette impasse stratégique pour un pouvoir néolibéral (globaliste et antiétatiste), de devoir utiliser les moyens étatiques pour se maintenir et continuer à déréguler l'Etat. D'où ce besoin de fracture entre les forces de l'ordre et la société. Et la communication étrange qui entoure les dérives brutales de policiers totalement dépassés et instrumentalisés dans un jeu qui les dépasse. A la fois, incités et montrés du doigt.
lundi 7 mai 2012
Avant l'inauguration de V. Poutine, chacun marque son territoire
Voir: http://www.gazeta.ru/comments/2012/05/06_e_4575941.shtml
http://www.gazeta.ru/politics/news/2012/05/07/n_2331277.shtml
http://www.gazeta.ru/politics/news/2012/05/07/n_2331277.shtml
Aujourd'hui doit avoir lieu l'inauguration de V. Poutine. Hier, la manifestation "March millionnov", autorisée par les autorités publiques, a marqué un tournant dans les relations entre le pouvoir et la société civile.
Il était à l'origine prévu de partir du Centre de Moscou pour marcher vers la place Bolotnaya, où des orateurs devaient prendre la parole. Alors que certains manifestants s'étaient directement dirigés vers la place, attendant devant une estrade vide, les représentants de l'opposition, Udaltsov et Navalny changent le programme. Ils appellent les gens à un sitting, dont ils ne veulent bouger qu'après l'annulation de l'investiture de V. Poutine, l'annulation des élections et l'accès immédiat aux chaînes nationales. L'agressivité d'une partie des manifestants - et leur préparation - a surpris. Certains s'en prennent à un véhicule de NTV (qui avaient montré un reportage sur le financement des mouvements protestataires d'après les législatives et provoqué le mécontentement des opposants visés). Le ton monte, des gaz sont envoyés, des fumigènes volent d'un côté, puis de l'autre, on se les renvoie comme un ballon. Certaines sources parlent même de cocktails molotov. Toujours est-il que les images montrent une violence réciproque réelle. Des blessés de part et d'autres sont hospitalisés. 650 personnes sont arrêtées. Udaltsov et Navalny également.
Le premier but est atteint. Destabiliser l'inauguration d'aujourd'hui, qui sera entâchée des violences d'hier et met le début de la nouvelle présidence de V. Poutine sous un signe négatif.
Ensuite, alors qu'ils demandaient l'accès aux chaînes nationales, un magnifique reporage est présenté rapidement sur Euronews, le message est passé. Du point de vue de la communication, ils ont gagné le combat. Les images choquent et personnes ne cherchera de toute manière à comprendre qui a fait quoi dans ce méli-mélo. Quand on s'émeut vaguement pour Londres, ici, c'est la Russie ...
Pourtant d'autres conséquences apparaissent. Avec les manifestations de masse, le pouvoir a commencé à autoriser plus facilement les mouvements, normalisant ainsi la situation. En contre partie de quoi, la violence était banie, autant que les arrestations dans les manifestations autorisées. Mais la fréquentation de ces mouvements a baissé, l'opposition ne fixant pas très clairement des buts, n'ayant pas particulièrement de message politique clair pour l'avenir. Le départ de Tchurov, l'annulation de l'inauguration de V. Poutine relèvent de l'activisme, pas de la logique politique. Cette confusion des genres affaiblie leur mouvement. Il a donc fallu sortir du schéma pacifique et radicaliser le mouvement. Mettant ainsi tout le monde en porte-à-faux: la majorité des manifestants qui n'était pas venue se battre, les autorités qui risquent de durcir à nouveau le régime des aurorisations, les opposants qui veulent réellement jouer sur le terrain politique et perdent en crédibilité.
S'il est toujours dommage d'assister à des violences policières, si elles sont condamnables, les violences des manifestants le sont tout autant. Dans tous les cas, le recours à la violence de rue est un signe de faiblesse et de démission intellectuelle. Dans ce type de schémas, il n'y a que des perdants. Et en premier lieu, c'est la Russie qui est perdante.
vendredi 13 avril 2012
L'immunité de fait du Ministre de l'Intérieur: Nurgaliev n'est pas responsable pour la police
"Хоть матом Нургалиева ругай, хоть на голове стой, они не смогут его снять"
Les députés Spravedlivaya Rossiya voulaient lancer la procédure conduisant à la démission de ses fonctions du ministre de l'Intérieur, mais la Douma n'a pas inscrit la question à l'ordre du jour.
Pourtant soutenus par leurs collègues LDPR, les députés Spravedlivaya Rossiya n'ont pu obtenir l'inscription à l'ordre du jour de la Douma de la question de la démission de ses fonctions du ministre de l'Intérieur, R. Nurgaliev. Fondement formel du refus: une erreur de procédure - les députés auraient dû inclure le Comité pour la Sécurité.
Cette difficulté technique n'empêchera pas le chef de fraction, G. Gudkov, de faire sa déclaration à la Douma. En effet, beaucoup de reproches sont adressés à R. Nurgaliev et sa responsabilité est invoquée dans l'échec de la réforme de la milice/police. Après les évènements de Kazan, où des policiers ont violé à mort un homme avec une bouteille (voir l'article ici en russe), il est devenu évident pour tous que la procédure de révision de l'autorisation d'exercer les fonctions policières laisse passer même des sadiques.
Après le buit médiatique provoqué par le scandale, une enquête sur le ministère de l'intérieur de la République du Tatarstan a été faite par le Ministère fédéral de l'Intérieur, qui a déclaré le fonctionnement de ce ministère satisfaisant.
Selon les politologues, Nurgaliev est indéboulonnable. Il peut faire et dire ce qu'il veut, les députés peuvent parler autant qu'ils le veulent, ils ne peuvent le démettre de ses fonctions.
C'est un cas flagrant d'absence de fonctionnement politique du système russe. C'est la démonstration du danger et de l'échec du mode de fonctionnement clanique, qui affaiblit et décrédébilise les structures étatiques, donc l'Etat lui-même. L'irresponsabilité ne peut aller de paire avec l'Etat de droit.
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