Avec l'élection du jeune acteur et show man Zelensky à la présidence ukrainienne, la Russie montre, avec beaucoup de finesse et d'humour, ce qu'elle pense de cette stratégie atlantiste : si le pays, et ses curateurs, ont si peu de respect pour l'Ukraine, pourquoi la Russie devrait-elle prendre un clown au sérieux? Et pour illustrer cette position, elle ressort une émission de magie tournée en 2011, dont l'actuel président élu ... était l'animateur. L'humour est vraiment tout ce qui reste, lorsque l'absurde a gagné.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
Affichage des articles dont le libellé est ntv. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ntv. Afficher tous les articles
mardi 30 avril 2019
vendredi 8 décembre 2017
Du show en politique à la politique du show ?
![]() |
| Maxime Orechkine |
Que la politique devienne un show n'est pas en soi une grande nouvelle dans nos sociétés de consommation de masse. L'on consomme de la politique, comme de l'innovation, avec une dose de philosophie prédigérée afin d'assurer une posture, le matin entre le café et le croissant. Ce qui était courant notamment en France entre en grande pompe en Russie, avec l'arrivée du show "Une idée à 1 million", et la participation du ministre de l'Economie comme membre central du jury, show censé permettre la relance de l'économie en Russie ...
jeudi 2 avril 2015
Les étrangers, silence et dans le rang!
La folie législative s'empare de la Douma où certains députés semblent confondre patriotisme et populisme. Bref: les étrangers ne devront pas être trop critiques envers la Russie s'ils veulent pouvoir y travailler. Compris? Tous à vos gommes.
lundi 4 mars 2013
Oui, Monsieur le Président ... un très bon signal politique
Voir: http://www.gazeta.ru/politics/news/2013/03/04/n_2780989.shtml
Hier soir sur NTV, alors que les programmes TV ne l'indiquaient pas, une émission parodiant le Président Poutine est sortie sur les ondes, à la surprise générale. Surprise concernant le fond, puisque la parodie du Président restait encore presque un tabou. Et surprise concernant la forme: la qualité de la parodie était excellente.
Dans une série de sketch d'une vingtaine de minutes, on a pu voir une parodie assez complète de la personnalité du Président: on lui trouve une amphore dans sa piscine, il promet d'arrêter de prendre la voiture pour ne plus bloquer la circulation et va prendre le métro, enfin son métro. On le voit en agent secret grimpant un mur à pic dans la nuit, pour apporter un magazine à Berlusconi en prison. En conversation la nuit avec Depardieu, qui ne cesse de l'appeler à moitié ivre. Regarder la télévision, une émission stupide, appeler la chaîne et changement impromptu de programme: du jazz. etc. etc.
Vous pouvez voir la vidéo complète ici http://www.ntv.ru/peredacha/Da_gospodin_prezident/m27440/o146896
Cette émission est un très bon signe. Quand il est possible de plaisanter de tout, la parole se libère et les politiques apprennent beaucoup d'eux-mêmes. Selon le porte parole du Président, V. Poutine a vu les sketch avant leur diffusion, mais n'a en rien modifié le contenu, ni la forme. Espèrons qu'il y en aura d'autres!
lundi 7 mai 2012
Avant l'inauguration de V. Poutine, chacun marque son territoire
Voir: http://www.gazeta.ru/comments/2012/05/06_e_4575941.shtml
http://www.gazeta.ru/politics/news/2012/05/07/n_2331277.shtml
http://www.gazeta.ru/politics/news/2012/05/07/n_2331277.shtml
Aujourd'hui doit avoir lieu l'inauguration de V. Poutine. Hier, la manifestation "March millionnov", autorisée par les autorités publiques, a marqué un tournant dans les relations entre le pouvoir et la société civile.
Il était à l'origine prévu de partir du Centre de Moscou pour marcher vers la place Bolotnaya, où des orateurs devaient prendre la parole. Alors que certains manifestants s'étaient directement dirigés vers la place, attendant devant une estrade vide, les représentants de l'opposition, Udaltsov et Navalny changent le programme. Ils appellent les gens à un sitting, dont ils ne veulent bouger qu'après l'annulation de l'investiture de V. Poutine, l'annulation des élections et l'accès immédiat aux chaînes nationales. L'agressivité d'une partie des manifestants - et leur préparation - a surpris. Certains s'en prennent à un véhicule de NTV (qui avaient montré un reportage sur le financement des mouvements protestataires d'après les législatives et provoqué le mécontentement des opposants visés). Le ton monte, des gaz sont envoyés, des fumigènes volent d'un côté, puis de l'autre, on se les renvoie comme un ballon. Certaines sources parlent même de cocktails molotov. Toujours est-il que les images montrent une violence réciproque réelle. Des blessés de part et d'autres sont hospitalisés. 650 personnes sont arrêtées. Udaltsov et Navalny également.
Le premier but est atteint. Destabiliser l'inauguration d'aujourd'hui, qui sera entâchée des violences d'hier et met le début de la nouvelle présidence de V. Poutine sous un signe négatif.
Ensuite, alors qu'ils demandaient l'accès aux chaînes nationales, un magnifique reporage est présenté rapidement sur Euronews, le message est passé. Du point de vue de la communication, ils ont gagné le combat. Les images choquent et personnes ne cherchera de toute manière à comprendre qui a fait quoi dans ce méli-mélo. Quand on s'émeut vaguement pour Londres, ici, c'est la Russie ...
Pourtant d'autres conséquences apparaissent. Avec les manifestations de masse, le pouvoir a commencé à autoriser plus facilement les mouvements, normalisant ainsi la situation. En contre partie de quoi, la violence était banie, autant que les arrestations dans les manifestations autorisées. Mais la fréquentation de ces mouvements a baissé, l'opposition ne fixant pas très clairement des buts, n'ayant pas particulièrement de message politique clair pour l'avenir. Le départ de Tchurov, l'annulation de l'inauguration de V. Poutine relèvent de l'activisme, pas de la logique politique. Cette confusion des genres affaiblie leur mouvement. Il a donc fallu sortir du schéma pacifique et radicaliser le mouvement. Mettant ainsi tout le monde en porte-à-faux: la majorité des manifestants qui n'était pas venue se battre, les autorités qui risquent de durcir à nouveau le régime des aurorisations, les opposants qui veulent réellement jouer sur le terrain politique et perdent en crédibilité.
S'il est toujours dommage d'assister à des violences policières, si elles sont condamnables, les violences des manifestants le sont tout autant. Dans tous les cas, le recours à la violence de rue est un signe de faiblesse et de démission intellectuelle. Dans ce type de schémas, il n'y a que des perdants. Et en premier lieu, c'est la Russie qui est perdante.
mercredi 2 mai 2012
L'affaire Khassavov: simple provocation ou changement de politique au Causase?
Провокатор-адвокат Хасавов может оказаться первым актом большого плана Кремля, считает политолог
Il y a quelques jours, un avocat tchétchène, sur la chaîne nationale NTV, dans une émission de à grande audience, défendait l'instauration en Russie de juridictions islamistes spéciales jugeant au regard de la Charia, faute de quoi Moscou serait noyée dans le sang.
Suite à cette provocation, la Procuratura a ouvert une enquête pour extrémisme et l'individu en question a quitté le pays pour une destination inconnue en Europe.
Selon les analystes, la parole est suffisamment contrôlée sur les chaînes fédérales, pour qu'une telle prise de position surprenne. Certains parlent de provocation.
Une provocation qui fait oublier les scandales autour de l'Eglise orthodoxe et du Patriarche. Mais surtout un scandale qui va forcer les représentants de l'islam en Russie à "fare allégeance" au Patriarche, ce dont ils n'ont pas forcément envie.
Par ailleurs, ce pourrait également être le signe d'un changement de politique du Kremlin à l'égard du Caucase, une certaine distanciation. Ce qui peut sembler par ailleurs surprenant avec le retour de Poutine à la présidence. Mais les gens changent peut être avec l'expérience.
jeudi 2 février 2012
La révolution télévisuelle a-t-elle eu lieu dimanche?
Voir: http://www.ej.ru/?a=note&id=11738 et
http://www.grani.ru/Society/Media/Television/m.195310.html
http://www.grani.ru/Society/Media/Television/m.195310.html
Dimanche soir, la télévision russe a rompu avec une tradition bien ancrée: des représentants de l'opposition "non systémique" ont été invités en prime time pour s'exprimer sur la politique du pays sur NTV et sur Pervyi kanal.
L'information n'a été reprise que par certains médias libéraux, comme le site d'opposition grani.ru ou Ejednevnyi journal. Posant plus de questions que n'apportant de réponses.
Et le plus intéressant est que cette opposition elle-même n'ose y croire. A du mal à comprendre ce qui se passe. Comme si elle était surprise de cette réussite. Comme si elle avait peur de ne savoir comment rentabiliser à long terme cette victoire, pour que ça ne finisse en feu de paille.
En effet, B. Nemtsov (PARNAS) et la journaliste de l'année O. Romanova dans l'émission "NTVchniki", cette même émission dont les journalistes avaient "attaqué" l'association Golos avant les législatives. V. Ryjkov sur Pervyi kanal, avec Jirinovsky et Gudkov, dans l'émission de Gordon.
Jusque là, depuis les manifestations, ils avaient pu faire quelques apparitions sur les grandes chaînes, un mot par-ci, une phrase par-là, mais pas d'accès suffisant pour faire passer des idées. Sauf pour O. Romanova que l'on voyait très souvent sur les chaînes.
Toutefois, le mouvement était lancé. La muraille s'est effritée, une brèche a été ouverte dimanche.
Comment comprendre ce fait constaté?
Tout d'abord, en ce qui concerne les personnes invitées. Les positions de Nemtsov sont connues, depuis longtemps et il a atteint le seuil de son potentiel politique. O. Romanova est plus dans l'activisme que dans le projet politique, dont la Russie a un urgent besoin aujourd'hui. Ryjkov, lui, partageant les mêmes idées que Nemtsov, les exprime avec plus de talent, mais les risques, pour les mêmes raisons, sont minimes pour le pouvoir. D'autant plus qu'il est mis aux côtés de Jirinovsky, personnage caricatural.
Ensuite, on remarquera des absents. Iachine qui développe un discours constructif d'opposition. Et Navalny représentant le nationalisme politique et le libéralisme économique. Ces deux personnages peuvent représenter un plus grand danger. Car ils ne sont pas caricaturaux. Et leur potentiel politique est difficile à estimer encore. Ils n'ont pas atteint leur seuil.
Mais quoi qu'il en soit, la porte a été ouverte. Et c'est une démarche très intelligente de la part du pouvoir. Tout d'abord, puisque depuis les manifestations, les positions de l'opposition sont connues, donc il n'y a pas de risque majeur à leur donner de l'audience. Ensuite, cela permet évidemment de faire sortir la vapeur avant les élections présidentielles. Mais surtout, l'opposition ayant eu accès aux grands médias nationaux, met son discours dans le débat public. Ce qui ouvre la porte également à la discussion ... et à la critique. Normaliser le discours d'opposition, c'est aussi normaliser la critique de ce discous. C'est éviter le risque d'une "dictature de la minorité".
Autre effet que l'on peut relever: s'il y a un espace d'expression, il faut le remplir. Et l'on sent ici la panique de certains opposants. On ne peut le remplir avec une critique constante, il faut aussi proposer, développer un discours positif, une Idée pour le pays. Si le pouvoir joue bien cette partie, il peut en sortir renforcé. Parce qu'il normalise les règles du jeu et que c'est à l'opposition maintenant de prendre ses responsabilités devant le peuple et plus seulement devant ses partisans. Les gens pourront alors vraiment juger sur pièce.
Inscription à :
Articles (Atom)

