L'ACTUALITE RUSSE EN FRANCAIS MISE AU POINT PAR RUSSIE POLITICS SUR Facebook ET Twitter!
Affichage des articles dont le libellé est udaltsov. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est udaltsov. Afficher tous les articles

lundi 8 octobre 2012

Anatomie des mouvements contestataires, Udaltsov et la guerre médiatique

Voir le film http://www.dni.ru/polit/2012/10/5/241591.html
Contre: http://www.specletter.com/obcshestvo/2012-10-05/ntv-rasstavil-gruzinskie-aktsenty-v-oppozitsii.html
Pour: http://www.politonline.ru/groups/4508.html

Vendredi soir, sur NTV, est sorti le deuxième volet de la série documentaire sur l'opposition russe, ses financements et son idéologie. Le premier volet visait à démontrer le financement étranger - américain - d'une partie des opposants, le second concerne Udaltsov, son soutien géorgien et ses ambitions révolutionnaires.
 
L'essentiel du documentaire consiste en une conversation filmée en caméra cachée entre Udaltsov et un géorgien, le vice-président du comité de la défense et de la sécurité au Parlement géorgien, pour le développement et le financement des mouvements de contestation du pouvoir en Russie.
 
Partant de la déclaration publique de Udaltsov selon laquelle, le centre de leurs préoccupations n'est pas les élections mais la révolution, l'entretien vise à concrétiser les dires. Prise de Kaliningrad - coupée de la Russie par une zone couverte par l'OTAN, explosion d'une voie de chemin de fer allant vers la Sibérie avec l'aide de criminels afin de couper le pays en deux, financement stable à hauteur d'environ 35 000 dollars par mois pour tout organiser ...
 
Evidemment, la première réaction est de crier à la phobie habituelle de l'étranger, au réflexe de la conspiration.
 
Ce que fait une partie de l'opposition. Pourtant, Udaltsov, sur Les échos de Moscou, n'a pas contesté le fond de ses paroles. Et les critiques ne les remettent pas en cause. Elles veulent ridiculiser la vidéo, mais ne touchent pas au fond. Autrement dit, il n'est pas démontré que la conversation n'a pas eu lieu.
 
Mais le changement de pouvoir - et de politique - en Géorgie peut avoir une influence sur l'évolution des évènements. Mais il reste à déterminer s'il s'agit des élucubrations d'un héros solitaire en mal de révolution ou bien de la conviction d'une partie représentative de l'opposition? Là, il y a un doute.
 
Les paroles de Udaltsov sont extrêmes, elles constituent une incitation et une préparation à un changement de régime par la violence. Des députés et des sénateurs demandent l'ouverture d'une enquête pour vérifier les faits.
 
En tout cas, la guerre médiatique entre l'opposition qui se radicalise et le pouvoir se renforce. Le danger dans ces démarches est qu'il ne s'agit pas d'une approche rationnelle, mais les deux parties jouent sur l'affectif, les peurs ancestrales, les racourcis faciles. Face à la figure de l'opposant révolutionnaire on oppose la réthorique du complot, sans se poser plus de questions, sans chercher à comprendre. A la guerre comme à la guerre ...

lundi 24 septembre 2012

Dernier sondage: les leader de l'opposition sont mieux connus ... et moins aimés

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/09/24_a_4785029.shtml

Selon le dernier sondage effectué par l'Institut de sondages VTsIOM, les leader de l'opposition ayant participés aux mouvements populaires sont mieux connus dans l'opinion publique, mais leur côte de popularité a fortement chuté.

Ainsi, 21% des personnes interrogées connaissaient l'ancien député G. Gudkov en février, contre 60% en septembre (41% n'en ont que simplement entendu parlé). Quant au blogger Navalny, que la presse occidentale, et notamment française, essayait d'envisager en alternative politique, seulement 29% des personnes interrogées le connaissaient en février, contre 48% en septembre. Il en est de même pour le leader du Front de gauche, S. Udaltsov, qui passe de 13% à 39%, la candidate à la mairie de Khimky, E. Tchirikova, qui de seulement 12% (malgrè son combat très médiatisé pour protéger la forêt de Khimky) passe à un petit 20%.
 
Les mouvements populaires ont eu un effet important sur la "popularisation" des représentants de l'opposition non systémique. Avant cela, leur monde était essentiellement celui d'internet. C'est en grande partie pour cette raison que la population ne les connaissaient pas, les grandes chaînes nationales leur étant fermées. Cette impression d'un monde parallèle, celui virtuel d'internet qui recoupe assez mal la réalité quotidienne, perdure mais déjà pour d'autres raisons. Et l'échec retentissant du grand blogger aux élections de Omsk confirme leurs difficultés à réellement s'occuper de la chose politique.
 
En entrant dans le disours médiatique, la population a commencé à mieux connaître - et reconnaître - les leader de l'opposition non systémique. Mais également les gens peuvent se forger une opinion. Et leur côte de popularité en forte baisse le souligne.
 
Ainsi, sur la même période, la côte d'impopularité de Navalny est passée de 31% à 43%, celle de G. Gudkov de 29% à 43%, celle de S. Udaltsov de 26% à 42% et celle de E. Tchirikova de 24% à 39%.
 
Des analystes expliquent cette évolution par le mouvement général de rejet du politique en général par la population. Mais il est également possible de se demander si les gens, plein d'espoir lors des premières grandes manifestations, ne se lassent pas de l'absence de stratégie politique du mouvement contestataire dirigé par l'opposition non systémique. En effet, fin août, seulement 39% des personnes interrogées portaient attention aux mouvements de l'opposition et seulement 7% estimaient possible d'y participer. Il y a une lassitude réelle.

mardi 21 août 2012

Election du maire de Khimki: l'opposition entre dans le jeu politique

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2005161

Suite à la démission du maire de la petite ville de Khimki, aux portes de Moscou, célèbre pour le combat mené par les habitants contre le tracé d'une voie rapide reliant Moscou à Saint Petersbourg, traversant la forêt et portant un préjudice certain à l'environnement, de nouvelles élections doivent être organisées le 14 octobre.

En dehors du candidat Edinaya Rossiya, la surprise vient de l'opposition. Personnalité forte de la société civile, à la tête du mouvement de contestation du tracé, fortement active lors des manifestations de cette année, Evguénia Tchirikova présente finalement sa candidature après de nombreuses hésitations. Elle avait tout d'abord ne pas vouloir se présenter, préférant s'occuper des différents programmes écologiques, mais suite aux demandes d'un grand nombre de ses partisans, elle a changé d'avis. Il faut rappeler que E. Tchirikova avait déjà participé aux élections municipales de 2009, où elle était arrivée en troisième position avec un score honorable de 15%. Ceci lui garantie une certaine expérience et permettra d'apprécier son évolution.

Sa décision de participer aux élections municipales est un très bon signe. Cela montre l'évolution du mouvement contestataire, qui, en entrant dans le jeu politique par l'intermédiaire des élections, fait preuve d'une volonté constructive de changement, ce qui devrait avoir une répercussion positive sur son image dans l'électorat et, avec le temps, permettra de normaliser la situation: voter pour un candidat de l'opposition alors "dure" peut devenir un acte normal. Sur cette voie peut se construire un réel pluralisme politique.

Il est a souhaiter également que l'opposition ait tiré les leçons de l'échec du bloggeur Varlamov aux élections de Omsk cette année. En tête des blogs, il était arrivé en vainqueur dans la ville ... et n'avait pu réunir les 10 000 signatures nécessaires pour l'enregistrement de sa candidature, faute d'un soutien réel de la population, dans cette ville de plus d'un million d'habitants. Ce qui a illustré tout l'espace qui existe entre "le monde" d'internet, avec ses figures de proue, et le "monde" réel, avec ses besoins très concrets.

En ce qui concerne les élections de Khimki, l'opposition réagit de manière différente, selon sa nature, à la cadidature de E. Tchirikova. Les mouvements, qui ne sont pas des partis politiques, et des représentants de la société civile, comme l'organisation de Koudrine ou le bloggeur Navalny, les mouvements politiques qui savent ne pouvoir remporter ces élections, comme le mouvement de Udaltsov, toute cette partie de la société civile soutient la cadidature de E. Tchirikova, car c'est une candidature réelle qui a une chance de succès. Mais les partis d'opposition qui voient bien en elle une cadidature réelle, voient également en elle une concurrente. Les communistes pensent présenter leur propre candidat. Le parti républicain PARNAS ou encore Iabloko, sont également plus froids, rappelant que Tchirikova n'avait pas mené de consultation au sein du mouvement des partis d'opposition avant de présenter sa candidature, ils peuvent donc difficilement maintenant la soutenir car ils pensaient présenter également leur candidat.

Bref, la vie politique s'anime. Chacun veut présenter des candidats, ce qui est un excellent signe. L'idée d'une candidature unique pour toute l'opposition n'est pas réaliste, et le petit exemple de Khimki le montre. Et tant mieux, car la vie politique n'a pas besoin qu'un groupe réduit choisisse qui doit être candidat ou élu, c'est aux électeurs de faire de choix.

Pour sa part, le gouverneur Choïgu, qui a plutôt bonne réputation dans la population, a promis de garantir des élections nettes. Et c'est effectivement l'intérêt du pouvoir. Si E. Tchirikova gagne, elle entre dans les mécanismes d'Etats, elle est obligée de normaliser ses relations avec la région et avec le Centre pour des raisons budgétaires, elle devient une figure "normale" de la politique, doit s'occuper de différentes questions et pas seulement d'écologie et des manifestations. Bref, elle devient moins "opposante radicale" pour se transformer en un élément du système d'Etat, ce qui n'enlève rien à sa liberté de penser, de s'opposer, mais les moyens changent. Elle-même affirme vouloir montrer ce qu'est une politique "normale" de la ville.

Décidément, en Russie comme en France, nous entrons dans l'ère de la normalité politique!

mardi 12 juin 2012

Perquisition chez les leader de l'opposition: intéressantes découvertes

Voir: http://www.izvestia.ru/news/527197
http://lifenews.ru/news/94248
http://www.rosbalt.ru/moscow/2012/06/11/991672.html
http://www.newsru.com/russia/11jun2012/sobch.html

Suite aux violences survenues lors de la manifestation du 6 mai, dans le cadre de l'enquête ouverte à ce sujet et sur le fondement de déclarations faites par les personnes déjà interpellées, certains leader de l'opposition ont eu la joie, hier matin, de voir les forces de l'ordre débarquer à leur domicile pour une perquisition dans les règles de l'art.

Prévenus à l'avance, certains ont préféré courageusement ne pas être présents à leur domicile, comme ce fut le cas de B. Nemtsov. Iachine était également absent de son domicile officiel, il était à son domicile de fait chez K. Sobtchak.

Lors de la perquisition chez Navalny, les forces de l'ordre ont récupéré tout le matériel informatique, pour ensuite continuer leur perquisition dans les locaux de Rospil, projet qui s'occupe des problèmes de détournements d'argent public.

Chez Udaltsov, ils ont récupéré une liste de nom de personnes soutenant le mouvement.

Mais chez Ksénia Sobtchak, la nouvelle égérie glamour de la révolution, d'étranges découvertes ont été faites. Réparties dans une centaine d'enveloppe avec des messages dont le sens n'a pas encore été éclairé, des coupures en dollar et en euro pour un montant d'environ un million et demi d'euro ont été trouvées. Par exemple, sur l'une des enveloppes était inscrit: "pour la manifestation de Kazan 32 000". Mais, pour l'instant les forces de l'ordre ne comprennent pas s'il s'agit d'une somme perçue pour cette manifestation ou d'une somme qui doit être transmise à d'autres personnes liées à cette manifestation. K. Sobtchak affirmait ne pas avoir confiance dans les banques russes et pour cette raison garder à son domicile une telle somme en liquide. Pourtant, elle a toute confiance dans les banques étrangères ... Toujours est-il que la présence d'une telle somme à la veille des manifestations prévues pour la fête nationale d'aujourd'hui, 12 juin, est assez suspecte.

Tous ont été convoqués aujourd'hui, avant le début de la manifestation prévue, pour répondre aux questions des enquêteurs. Notamment en ce qui concerne K. Sobtchak, les enquêteurs voudraient savoir pourquoi elle a écrit dans les réseaux sociaux qu'avec Iachine ils n'étaient pas allés à la manifestation du 6 mai parce qu'ils savaient comment cela allait se finir. Les suites de l'enquête permettront de savoir s'il s'agit d'un coup de bluff des enquêteurs ou s'ils ont réellement agis en fonction d'informations précises.


mercredi 4 avril 2012

Signature de la loi sur les partis politiques

Президент Медведев подписал новый закон о партиях


Hier le Président Medvedev a signé la loi sur les partis politiques, qui entre aujourd'hui 4 avril en vigueur (voir le texte de loi ici). L'apport principal de la loi est l'abaissement du nombre de membres nécessaires pour l'enregistrement des partis, de 40 000 hier à 500 aujourd'hui.

En présentant la réforme, Medvedev avait invité une quarantaine de leaders potentiels de nouveaux partis. Certains d'entre eux étaient déjà dans la vie politique dans les années 90, notamment le Parti de pirates, dont le programme se base sur la liberté d'internet.

Les représentants du PARNAS et Udaltsov du Front de gauche ont refusé l'invitation, ne voyant aucun intérêt à venir écouter simplement le discours préparé de Medvedev.

Le Président a présenté la réforme comme un grand pas vers la libéralisation de l'espace politique, enjoint le Ministère de la Justice en charge de l'enregistrement des partis à modifier sa pratique pour ne jouer que le rôle d'un filtre et à argumenter ses décisions de refus.

Il faut souligner que le Ministère précise déjà les fondements de ses refus, mais ils sont contestés par les destinataires qui n'y voient qu'un formalisme au service d'une volonté politique.

Le grand absent est l'autorisation de constituer des blocs électoraux, en l'absence desquels tous ces petits partis (70 sont déjà en attente d'enregistrement) vont se concurrencer les uns les autres, sans rien apporter au débat politique du pays.

La question qui se pose est de savoir s'il s'agit réellement d'une réforme ou simplement d'un retour aux pratiques des années 90, qui n'ont rien apportées en terme de démocratisation de la vie politique. L'opposition politique aura-t-elle réellement les moyens de se construire, ou la vie politique va-t-elle se noyer dans un océan de protagoniste qui permettra le renforcement des partis déjà institutionnalisés, valeur sûre pour l'électorat?

L'avenir le dira.

mardi 21 février 2012

Medvedev rencontre "son" opposition non systémique

Медведев пообщался с лидерами несистемных партий, большинство из которых широкой публике неизвестны
Владислав ПОЛЯНСКИЙ



D. Medvedev a rencontré lundi 20 février certains représentants de l'opposition non systémique. Le choix des personnalités est particulièrement surprenant, puisqu'il s'agit, en ce qui concerne réellement les politiques,de B. Nemtsov, S. Udaltsov et V. Ryjkov et juste sorti de sa naphtaline de S. Baburine. D'autres comme Kassianov ou Limonov n'ont pas été invité. Il y a donc ainsi au sein même de l'opposition non systémique, des opposants fréquentables et d'autres qui ne le sont toujours pas. Ce n'est donc pas une reconnaissance de l'opposition, mais encore l'utilisation classique de l'adage diviser pour mieux règner.

Avec ces représentants de l'opposition, Medvedev a parlé de l'idée de limiter à deux fois la possibilité d'exercer un mandat présidentiel, il a reconnu le caractère imparfait du système politique russe actuel, a promis que les affaires des prisonniers politiques seront analysées avec un soin tout particulier, il a promis de ne pas permettre que l'augmentation du nombre des membres pour enregistrer un parti politique dépasse 1000 personnes.

Bref, de belles paroles. Rappelons que Medvedev est un Président sortant et depuis longtemps sorti par son Premier ministre qui lui a offert à l'époque la place. Place qu'il va rendre dans quelques jours. Quelle est donc sa position pour promettre quelque chose? Pour certains politologues, il a même réussi à discréditer la fonction présidentielle. Ceux-là mêmes qui soulignent qu'une rencontre de ce type, mais avec V. Poutine, qui est appelé à reprendre officiellement le pouvoir, aurait eu une toute autre signification, même symbolique.

En ce qui concerne l'enregistrement des partis politiques, comme le souligne ces politologues, le plus souvent les partis politiques qui se sont vus refuser l'enregistrement avaient suffisamment de membres pour y prétendre. Le refus était basé sur des erreurs techniques, un statut qui n'est pas conforme, etc. L'abaissement mécanique du nombre de membres ne pourra pas permettre la libéralisation de la vie politique, s'il n'y a pas de réelle volonté politique de le faire.

Donc cette rencontre ne sert à rien, en tout cas pour l'opposition. Il n'y aura rien de concret à en attendre. Ce qui était évident dès le départ. Mais alors pourquoi jouer cette mascarade?