Si dans la grande majorité des cas, le parti présidentiel Russie Unie reste largement soutenu, des grincements commencent à se faire entendre de plus en plus fort. Certes, cela remet en cause l'idée artificielle d'une unanimité autour des grandes lignes de la politique intérieure russe, mais cette diversité naissante est une excellente chose pour la stabilité du système politique russe et son renforcement naturel, système quittant doucement le chêne pour envisager le roseau.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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lundi 24 septembre 2018
lundi 17 septembre 2018
Scandale aux élections à Vladivostok: la Russie à l'épreuve de la normalisation de son système politique
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| Tarassenko (RU) vs. Ichenko (PC) |
Ce qui s'est passé hier au deuxième tour des élections du Gouverneur dans la région du Primorié (Vladivostok) rappelle les heures sombres d'une vie politique russe que l'on pensait définitivement dépassée: des manipulations grossières effectuées en urgence pour sauver, contre toute attente, le candidat de Russie Unie Tarassenko, porté à bout de bras par le Président envoyé encore une fois en première ligne. Le candidat communiste Ichenko, qui avait 8% d'avance à 75% du décompte des voix et restait devant à 99% se voit dépassé de 0,5% au petit matin après ce qui a ressemblé à une opération spéciale électorale en pleine nuit. La Russie est face à un choix existentiel: laisser de l'oxygène à une vie politique débutante et donc accepter de perdre le monopole ou préserver ce monopole pour imposer une politique socio-économique impopulaire, prenant alors le risque de véritables soulèvements populaires, à côté desquels 2011 semblera avoir été un jeu d'enfant.
lundi 16 novembre 2015
Kiev risque de reprendre l'offensive dans le Donbass

Gare de Kherson
La situation internationale est telle que la question ukrainienne n'est plus d'actualité. Ce qui est extrêmement dangereux pour les gouvernants mis en place dans ce pays. D'une part, car ils ne peuvent se permettre ni de réaliser les accords de Minsk, le processus politique est en berne, ni de gouverner. D'autre part, parce que le soutien US/EU risque de s'effriter, la parole commençant à se libérer, les réfugiers du Donbass à se compter et les nazillons à se voir. Alors il faut agir pour revenir sur le devant de la scène et provoquer de nouvelles discussions sur un énième accord de Genève/Minsk.
vendredi 23 octobre 2015
Ukraine: le test des élections locales
Le 25 octobre, en Ukraine, sauf dans le Donbass, se tiendront les élections locales. Les opérations électorales concernent 22 Conseils régionaux, le Conseil municipal de Kiev, 144 Conseils municipaux d'importance régionale, 213 Conseils municipaux de district, 462 Conseils de districts, 83 représentants de districts dans les Conseils municipaux et plus de 9000 Conseils de villages. Ces élections, qui sont un teste pour le pouvoir central avant les élections nationales à la Rada, ne se sont pas très bien passées pour l'opposition, qui attend pourtant d'en sortir renforcée.
lundi 15 septembre 2014
Elections locales russes: le choix de l'unité nationale
Dimanche a eu lieu une grande vague d'élections locales en Russie. Dans 84 entités fédérées, soit les gouverneurs, soit les maires, soit les députés locaux ont été élus. Bien que les résultats définitifs ne soient pas encore connus, ce qui est certain est la grande victoire de Edinaya Rossya, avec un taux moyen d'environ 65% pour leurs candidats. Et en cela il est possible de remercier l'Ukraine, et donc la politique menée par les Etats Unis et l'Union européenne, qui ont permis de souder la population autour du Président et du parti qu'il incarne, même s'il ne le préside pas.
jeudi 23 mai 2013
Elections régionales et coalitions partisanes
Voir: http://kommersant.ru/doc/2194512
Pour les prochaines élections du Gouverneur de la région de Moscou (pas de la ville, qui reste un Sujet indépendant de la Fédération, mais de la région qui l'entoure), l'opposition tente de se regrouper derrière un candidat unique pouvant faire face au candidat Edinaya Rossiya. La stratégie est bonne et logique.
Edinaya Rossiya sera bien evidemment représenté par Vorobev, actuellement en charge de la région, après le bref intervalle assumé par Choïgu, aujourd'hui en charge de la défense.
Le parti Iabloko a présenté la candidature de l'ancien député Spravedlivaya Rossiya, Guénnady Gudkov, et appelle les autres partis à soutenir ce candidat de poids, pour réellement mettre Edinaya Rossiya en difficulté.
Pour sa part, M. Prokhorov accepte de le soutenir, si bien évidemment sa candidature pourra être enregistrée par la commission électorale.
Selon G. Gudkov, seul ce duel pourrait avoir un réel sens politique. Mais, la question de l'enregistrement de sa candidature n'est pas une formalité et cet aspect de la procédure électorale pourrait montrer, selon lui, à quel point la démocratie en Russie est réelle ou formelle. Prokhorov, pour sa part, a des doutes sur les possibilités de G. Gudkov de s'enregistrer.
A suivre...
jeudi 24 janvier 2013
Projet de loi sur la remise en question des élections des gouverneurs: les raisons et les arguties
Voir: http://www.newsru.ru/russia/23jan2013/election.html
http://izvestia.ru/news/543511
http://izvestia.ru/news/543511
Les gouverneurs des Sujets du Caucase se sont adressés au pouvoir fédéral en demandant de revenir à un système concerté de nomination des dirigeants des Sujets entre le Centre et les assemblées locales, des élections directes risquant, selon eux, de provoquer une montée des tensions ethniques. Parallèlement, la Douma vient d'adopter en deuxième lecture un projet de loi laissant aux Sujets eux-même le droit de décider en fonction de leurs spécificités locales de recourir ou non aux élections directes des dirigeants des Sujets. Pourtant, les arguments des dirigeants du Caucase et des députés divergent.
Pour les dirigeants des Sujets du Caucase, la complexité des relations inter-ethniques ne peut être compatible avec un système d'élections directes. Dans certains Sujets, comme le Daguestan, les postes sont traditionnellement répartis entre les ethnies, ce qui pourrait être remis en cause par les élections. Et de rappeler également les élections en Karatchaevo-Tcherkessie, où en 1999, où le vainqueur n'a pas été reconnu par l'autre ethnie, qui appelait à la cessession. Les politologues sont plus retenus. Selon certains, à part le Daguestan, traditionnellement dirigé par un Conseil d'Etat réunissant les différentes ethnies de la région, des élections sont importantes dans les autres républiques, afin justement d'amener à une rotation des cadres dirigeants. Et il semble bien que ce soit ça le réel problème, la rotation du pouvoir.
Alors les députés se lancent dans une diatribe pour la sauvegarde de l'unité de l'Etat. Ils invoquent le risque, avec les élections, de revenir à la situation des années Eltsine, à la souveraineté des Sujets, à la construction d'une confédération, à la perte de l'Etat.
Or, l'orgnisation d'élections directes n'a rien à voir avec ces arguments. La souveraineté dont il s'agit, n'est pas celle des Sujets eux-mêmes contre le Centre, mais de la population de ces Sujets sur leur territoire. Car remettre en cause la possibilité d'organiser des élections, sans même consulter la population, est une forme de spollation. En effet, la manière dont est organisée le projet de loi évince totalement la population de la prise de décision et elle la remet entre les mains des personnes intéressées elles-mêmes pour rester en place. Cela revient à demander à un politique s'il veut prendre le risque d'une élection ou s'il préfère un système d'allégeance. Qui peut avoir des doutes sur la réponse.
En ce qui concerne la confédération, il s'agit d'un système beaucoup plus complexe de rapport de pouvoirs, qui ne peut être induit par de simples élections. Cette hystérie parlementaire traduit plus la peur du système électoral lui-même, que la peur d'un danger réel pour l'Etat. Car l'Etat, pour sa stabilité et sa légitimité, est intéressé par des élections locales. Cela permet de le renforcer à tous ses échelons. C'est justement dans les mécanismes de démocratie local que l'Etat moderne peut se consolider.
jeudi 18 octobre 2012
Gudkov prépare les élections de Moscou
Voir: http://izvestia.ru/news/537925
Les prochaines élections des députés de la ville de Moscou se tiendront en 2013. Aux dernières élections, seulement deux partis ont pu passer la barrière des 7%, Edinaya Rossiya avec 32 mandats et les communistes avec 3 sièges.
Vu l'ampleur des mouvements contestataires à Moscou, et la ville ayant la réputation de ne pas voter comme toute la Russie, G. Gudkov veut préparer un front de l'opposition pour qu'elle puisse être représentée et participer aux affaires de la ville, donc remettre en cause le monopole de Edinaya Rossiya. Il s'agit de cibler les sièges attribués aux députés élus en leur nom dans les différents arrondissements de la ville. Pour cela, il est nécessaire de coordonner les forces opposantes, d'avancer un front commun et de présenter des personnalités fortes dans chaque arrondissement, mais surtout ne pas se concurrencer. Toutefois, réaliste, G. Gudkov reconnaît qu'il est encore trop tôt pour formaliser ce mouvement, cette "Union citoyenne".
Cette position n'a pas provoquer l'enthousiasme de Nemtsov, selon lequel il est encore trop tôt pour parler des élections de Moscou, mais le moment venu, cette technique pourrait être retenue.
Quant au député moscovite Edinaya Rossiya, il souligne que l'enjeu fondamental de l'opposition va être d'arriver à convaincre l'électorat qu'ils peuvent faire quelque chose de positif pour les moscovites.
Pour l'instant, effectivement, les élections à Moscou ne sont pas à l'ordre du jour. L'opposition parle beaucoup de regroupement, de cohésion, etc. Les résultats ne sont pas encore très convaincants. Mais peut être pourront-ils tirer des leçons des échecs passer, développer un discours constructifs et surtout apporter des réponses possibles aux attentes de l'électorat moscovite. Dans ce cas, il y a une chance. cela dépend en grande partie d'eux-même.
lundi 15 octobre 2012
Victoire d'Edinaya Rossiya aux élections locales
Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/10/13_a_4811365.shtml
Dans les cinq régions où les gouverneurs ont été élus selon la nouvelle législation, les candidats Edinaya Rossiya ont gagné. Et dans les élections locales, le parti est également en tête.
Mis à part la région de Briansk où les élections n'ont pu se passer de scandales, les élections des gouverneurs furent plutôt calmes, sans violations significatives et avec un taux de participation en hausse autour de 40-45%. Dans la région d'Amour, le gouverneur O. Kogemiako a été réélu avec 77,28% des voix. Dans la région de Belgorod, E. Savtchenko, gouverneur en place depuis plus de 20 ans a été réélu avec plus de 80% des voix, alors que la candidate LDPR, sa principale opposante, n'obtient que 10%. Dans la région de Novgorod, le gouverneur S. Mitine obtient environ 76%, quand ses opposants de LDPR Patrioty Rossii tournent autour de 10%.
Dans les régions de Briansk et de Riazian, des infractions ont été signalées. A Briansk, les chiffres officiels sont diamétralement opposés aux estimations faites à la sortie des bureaux de vote. La commission électorale décompte pour l'instant environ 66% pour le gouverneur-candidat N. Denine et 29% pour son opposant communiste V. Potomsky. Selon les estimations, les résultats sont inverses. Pour arranger le tout, des protocoles se contredisent et les résultats notés par les observateurs ne correspondent pas du tout aux données de la commission électorale. Il se pourrait que les résultats ne soient pas reconnus. A Riazian, de nombreuses violations ont été signalées, bourrage d'urne, caroussel, etc. Selon les données de la commission électorale, le gouverneur par interim O. Kovalev obtiendrait 66,76%, le candidat communiste V. Fedotkine 20,16%, le candidat LDPR A. Cherine 8,48% et la candidate Pravoe delo A. Perekhvatova 2,98%.
Pour les élections locales, le taux de participation est autour de 30%. En ce qui concerne les élections à Khimki, le maire par interim de la ville O. Chakhov a remporté les élections avec 47,7%, son opposante principale, l'activiste E. Tchirikova a obtenu 17,05% des voix. Ces élections ont battu le record d'observateurs. On en comptait 15 à 17 par bureau de vote.
Ces élections ont donc confirmé la domination de Edinaya Rossiya dans le paysage politique russe, ce qui n'est pas une surprise. Et ce qui ne doit pas décourager les autres partis, notamment nouveaux, de participer aux cycles électoraux, travailler leur réthorique politique et se faire une expérience. C'est le seul moyen - pacifique - de faire évoluer à terme la carte politique.
vendredi 5 octobre 2012
Renforcement du combat aux élections des députés de Tver
Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2037270
Le secrétaire du PC, député à la Douma de Tver, V. Soloviev, s'est adressé au Président V. Poutine et au Procureur général G. Tchaïka, afin qu'ils vérifient les allégations du Gouverneur de Tver à l'encontre des communistes du point de vue de l'incitation à la haine sociale.
Le Gouverneur A. Chevelev, en s'adressant aux électeurs au nom du parti Edinaya Rossiya qu'il dirige dans la région, a, en substance, appelé les communistes et leurs candidats ennemis de la Russie en général et de Tver en particulier. Des ennemis qu'ils faudraient couler dans l'asphalte, ce qui règlerait tous les problèmes de la région.
Selon A. Chevelev, les communistes sont actuellement en situation délicate, et ils veulent ainsi se faire de la publicité.
Il faut rappeler que les élections à Tver sont celles qui concentrent le plus de candidats par siège. Pour 33 mandats, il y a 706 candidats. 610 d'entre eux sont portés par 12 partis politiques, sachant que 17 sur les 33 sièges sont attribués sur listes présentées par les partis). En dehors des partis de la Douma d'Etat, on retrouve également Iabloko, le parti des femmes de Russie, les patriotes de Russie ...
Deux partis, selon le PC, ont été mis en course pour porter préjudice aux communistes et induire les électeurs en erreur. Il s'agit du parti Les communistes de Russie et du Parti communiste de la justice sociale, dont les dénominations sont suffisamment proches pour permettre la confusion.
Le combat est d'autant plus important pour Edinaya Rossiya que la région pose problème, sur le plan politique. Les communistes font généralement un score supérieur à celui d'Edinaya Rossiya, ce qui explique l'intensification du combat.
lundi 1 octobre 2012
Le dernier classement des gouverneurs: l'opinion du pouvoir ne correspond pas toujours au soutien populaire
Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/09/30_a_4793793.shtml
Le nouveau classement des gouverneurs vient d'être publié. Comme un des critères de notation consiste en l'existence de bonnes relations entre le Gouverneur et le pouvoir, les résultats ne correspondent pas toujours au classement qu'aurait pu faire la société. Ce qui pourra poser des difficultés lors des prochaines élections.
Selon le Fond "La politique de Saint-Petersbourg" et l'agence de communication "Mitchenko consulting", qui établissent régulièrement ces classements, les poids lourd sont sur le départ et nombre de gouverneurs, dont le mandat arrive à terme, vont se trouver en situation difficile dans le cas d'élections concurrentielles.
S. Sabianine (Moscou), R. Kadyrov (Tchétchénie), E. Sovtchenko (Belgorod), S. Choïgu (région de Moscou), V. Bassarguine (Perm), A. Khudilaïnen (Carélie), A. Kabylkine (Iamalo-Nenets), V. Radaev (Saratov) et A. Drozdenfo (région de Léningrad) sont en tête du classement.
Selon les auteurs du classement, S. Sabianine est en tête car un des critères est la manière dont le Gouverneur est apprécié par le pouvoir. Et sa position est encore renforcée par la manière dont il a géré les mouvements de protestation.
A l'inverse sont dans le rouge, V. Chport (Khabarovsk), A. Volkov (Oudmourtie), N. Vinogradov (Vladimir) et A. Kozlov (Orlov). N. Vinogradov, par exemple, est en place depuis 15 ans et il y a des chances qu'il ne reste pas en place jusqu'à l'expiration de son mandat.
Avec les modifications de la législation concernant l'élection des Gouverneurs, dans une situation réellement concurrentielle, le pouvoir va être en difficulté pour maintenir ses candidats dans toutes les régions. Mais parfois, une alternative peut être trouvée, comme l'illustre les élections de Riazan qui doivent aloir lieu le 14 octobre. Le candidat soutenu par le pouvoir est en situation délicate car il n'a pas un soutien inconditionnel de la population. La solution a été trouvée: un poste de sénateur a été proposé à son concurrent le plus sérieux, qui l'a accepté et a retiré sa candidature. Si cela montre l'utilisation d'une certaine forme de ressources administratives, cela démontre aussi le dévouement de certains candidats ...
Avec les modifications de la législation concernant l'élection des Gouverneurs, dans une situation réellement concurrentielle, le pouvoir va être en difficulté pour maintenir ses candidats dans toutes les régions. Mais parfois, une alternative peut être trouvée, comme l'illustre les élections de Riazan qui doivent aloir lieu le 14 octobre. Le candidat soutenu par le pouvoir est en situation délicate car il n'a pas un soutien inconditionnel de la population. La solution a été trouvée: un poste de sénateur a été proposé à son concurrent le plus sérieux, qui l'a accepté et a retiré sa candidature. Si cela montre l'utilisation d'une certaine forme de ressources administratives, cela démontre aussi le dévouement de certains candidats ...
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