http://www.gazeta.ru/politics/elections2011/2011/09/24_a_3779937.shtml
http://www.kommersant.ru/doc/1781100
http://www.gazeta.ru/politics/elections2011/2011/09/24_a_3780001.shtml
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
Il convient de reconnaître ces actes comme des crimes contre la paix et la sécurité internationale. Il est vrai que la Russie ne s'inquiète pas dans le vide. Dès 2010 un groupe de plus de 1000 personnes a été formé aux USA (US Cyber command) pour la guerre cybernétique. Des groupes semblables existent également dans d'autres pays comme la Grande Bretagne, la Chine, Israel et l'Inde. En dehors de la militarisation d'internet, la Russie a également peur de l'utilisation des réseaux sociaux pour provoquer des mouvements sociaux de masse protestataires.
En ce sens, l'article 5 prévoit que les Etats vont se fonder sur le principe de l'indivisibilité de la sécurité et ne vont pas renforcer leur propre sécurité en portant atteinte à celle des autres Etats. Aucun Etat ne va tenter d'obtenir la domination sur les autres Etats dans les espaces d'information.
Pour cela, dans l'article 6 est prévu que les Etats ne vont pas utiliser internet pour faire de la propagande contre un autre Etat, intervenir dans les affaires intérieures d'un autre Etat ...
Et, de fait, chaque Etat a le droit souverain d'établir en ce qui le concerne les règles juridiques d'encadrement d'internet et des réseaux sociaux. Bien que le document reconnaisse la liberté d'utilisation d'internet, il prévoit également que les gouvernements peuvent introduire des restrictions dans le but de protéger la sécurité de la société et de l'Etat.
Il sera toutefois difficile d'adopter le document en ces termes, car les dispositions auxquelles la Russie tient particulièrement contreviennent directement à la politique menée en ce domaine par le plus influent des acteurs, les USA.
Les Etats Unis et plusieurs Etats européens préparent leur réponse au document russe: ils veulent élargir la Convention de Budapest adoptée dans le cadre du Conseil de l'Europe en 2001 pour la lutte conte la cybercriminalité. Elle a été ratifiée par 31 pays, mais la Russie a refusé car certaines dispositions ne lui semblent pas acceptables, comme la possibilité pour les services spéciaux de certains pays d'intervenir dans l'espace cybernétique d'autres pays, d'y mener des opérations sans même en informer au préalable l'Etat concerné.
Le document proposé par la Russie, sur beaucoup d'aspect est plein de bon sens. Il est bien évidemment vital pour n'importe quel Etat de protéger son espace de communication, il en va de l'intérêt public. Mais le risque ici est l'utilisation de l'intérêt public légitime pour protéger en fait l'intérêt très particulier d'un groupe politique en place. Ce qui n'est déjà plus légitime. De toute manière, ce document trop protecteur de "l'espace privé" de l'Etat va à l'encontre de la grande vague mondialiste et de l'idéologie qui en suit. Il a très peu de chances d'être adopté. Toutefois, à la lumière de la prolifération des révolutions plus ou moins nationales ces derniers mois, à la lumière du cycle électorale qui s'ouvre, le pouvoir en place cherche à se protéger artificiellement au lieu de renforcer sa légitimité intérieure. Processus certes plus long, difficile, mais beaucoup plus sûr que n'importe quelle convention internationale.
Бл@дское решение
ЮЛИЯ ЛАТЫНИНА
http://www.ej.ru/?a=note&id=11344
La décision prise par la CEDH est une décision politique. Il est impossible de l'appeler autrement. La Cour européenne a trouvé toute une série de violations processuelles, mais pas de motivation politique de la part du pouvoir dans cette affaire, qui n'a pas provoqué la banqueroute de Yukos pour prendre possession de ses actifs.
Autrement dit le pétrole de Yukos n'est pas exporté maintenant par Timtchenko, mais par quelqu'un qui n'a rien à voir avec Poutine.
La manière dont Strasbourg avait analysé la question tchétchène avait donné confiance aux libéraux russes dans les positions de la Cour européenne, mais en fait celle-ci n'analyse que formellement les affaires, pas sur le fond, uniquement au regard des questions processuelles; sa conception des droits de l'homme n'est pas toujours très claire.
Quand la Cour peut se prononcer abstraitement sur la violation des droits des détenus, alors elle prend une position de principe forte. Mais quand cela concerne les intérêts du chef du Kremlin - ici est entendu V. Poutine - premier partenaire de l'Europe, c'est une toute autre affaire.
La réaction des libéraux russes pro-Khodorkovsky est sans surprise. Ils avaient placé un grand espoir dans cette décision, misant sur une confusion entre le premier et le deuxième procès Yukos. La Cour de Strasbourg, qui contrairement à ce qu'affirme l'auteur de l'article, a analysé en profondeur l'affaire sur le fond et la législation russe aussi, s'est prononcée sur la PREMIERE affaire Yukos et a trouvé l'action des autorités russes fondées justement sur le fond. En revanche, cette décision peut être utilisée pour contrecarrer le deuxième procès Yukos. Puisque si l'action pour fraude à l'impôt est fondée, il ne peut être reproché à Khodorkovsky d'avoir détourné des biens de la compagnie à son profit. Soyons logique: oui il faut payer ses impôts sur les bénéfices de la société, mais comment payer des impôts sur des biens détournée?