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mardi 6 novembre 2012

Les élections présidentielles américaines: la critique de la Russie

Voir: http://izvestia.ru/news/539028

La réponse du berger à la bergère. La Commission centrale électorale de la Fédération de Russie a préparé ses conclusions sur la manière dont les élections présidentielles américaines se sont déroulées jusqu'au jour même des élections. La date du monitoring est déterminée par le fait que la Russie n'a pu envoyer d'obsrevateurs sur place pour le déroulement des opérations de vote.
 
Selon le rapport, Obama gagnerait de peu ces élections, essentiellement en s'appuyant sur l'utilisation de ressources administratives. Il s'agit, notamment, de l'utilisation des conséquences de l'ouragan, de l'utilisation de la parole des fonctionnaires, d'étranges shémas de financement par les hommes d'affaires et les milieux des finances, mais également d'une tenue suspecte de la liste des électeurs.
 
Toute une partie des électeurs serait privée de leur droit de vote, cela concerne les personnes à grande mobilité, les prisonniers ou des personnes étant à l'étranger. Cela concernerait environ 10 millions d'électeurs.
 
En substance, il s'agit de la violation d'un certain nombre de principes internationaux en matière électorale, comme la transparence ou l'égalité.
 
Selon certains experts, il n'est pas tout à fait fondé de faire reposer la victoire possible d'Obama sur l'utilisation de ressources administratives. Il existerait aux Etats Unis une sorte de règle des deux mandats, tant que le Président n'a pas d'échec cuisant. Et si Obama n'est pas un Président exceptionnel, il n'y a rien non plus de catastrophique.
 
Pour d'autres, l'intérêt de ce rapport est de répondre à la critique systématique et agressive des Etats Unis envers la Russie. Quand un pays utilise le soft power, il doit accepter les critiques à son égard. Le but n'est pas que ce rapport soit largement diffusé et utilisé, mais il permet d'avoir un argument à sortir en cas de critique.

vendredi 2 mars 2012

Des élections sous contrôle de la société

Выборы под лупой
Более полумиллиона наблюдателей и членов избиркомов будут следить за честностью президентских выборов в России


La quantité d'observateurs issus de la société et des partis politiques sera record lors des élections présidentielles du 4 mars. Environ un demi million de personnes est attendu. Des élections sous hautes surveillances. Parallèlement, un système de décompte en temps réel est prévu par plusieurs structures, afin de confronter les résultats officiels aux chiffres des groupes d'opposition.

Par exemple, le bloc "Pour des élections propres" compte déjà environ 75 000 personnes et attend près de 90 000 observateurs le jour des élections. Ce sont de jeunes gens entre 18 et 35 ans, généralement juristes de formation, mais également quelques journalistes. Ces jeunes observateurs ont même obtenus mandat auprès de V. Poutine, comme celui-ci l'avait proposé.

Le Parti communiste pour sa part, compte près de 500 000 membres - observateurs et membres des bureaux de vote - pour surveiller les élections. 300 000 sont des membres du parti et 200 000 en sont des collaborateurs.

Environ 30 000 observateurs au nom de Iabloko, issus de "la ligue des électeurs" et du projet de Navalny "Rosvybory" ont obtenu mandat pour Prokhorov et Ziouganov. Prokhorov a environ 20 000 observateurs.

La Chambre sociale compte 202 observateurs qui seront partagés entre les sections régionales de la Chambre. Les 4 et 5 mars, le site de la Chambre sociale (ici) passe en régime spécial pour assurer une transmission en temps réel des élections, des opérations de vote et des infractions, informations transmises par les observateurs en direct.

Parallèlement, Prokhorov a mis en place une brigade mobile pour intervenir rapidement dans les bureaux de vote. Un autre projet, celui du citoyen-observateur, mis en place par Iabloko, avec l'aide des téléphones portables.

En ce qui concerne le décompte des voix, plusieurs mécanismes de décomptes parallèles sont prévus. Par exemple, l'association Golos a lancé le projet SMS-SIK (SMS + abréviation de la Commission centrale électorale ЦИК), dans le cadre duquel des copies des protocoles de vote doivent être envoyés par SMS dès leur signature, pour éviter les modifications ultérieures. Tchourov, président de la Commission centrale électorale, a déjà protesté contre ce procédé, rappelant que ces résultats n'auraient aucune valeur juridique et que l'association Golos a utilisé sans autorisation l'abréviation du sigle de la Commission centrale électorale.

Il s'agira des élections les plus surveillées de l'histoire électorale russe. L'opposition s'est organisée pour mettre en commun des moyens. Le pouvoir a joué le jeu en installant des caméras de surveillance dans une grande partie des bureaux de vote, en mettant en place des urnes transparentes. Mais la tension est maintenant sensible. Par exemple, contrairement aux autres élections, les écoles à Moscou ont été fermées deux jours avant la date des élections, avant il ne s'agissait que d'une journée. Réaction d'une mère: "Mais qu'est-ce qu'ils vont préparer là-bas?"

Réponse dimanche soir. Les dés sont jetés.

lundi 23 janvier 2012

Aux présidentielles, l'opposition sera représentée par Prokhorov

La commission électorale fait son travail. Certains parlent de Tchurov (le président de la Commission centrale électorale) comme d'un Grand magicien. Il aurait le don très rare et très recherché de donner vie aux désirs de certains. Et le jeu des présidentielles repose en partie sur lui. Jeu dont il maîtrise à merveille les règles. Personnage incontournable ... et irremplaçable.


Pour couper court aux rumeurs concernant son départ et raffermir sa position, jeudi dernier, lors d'une réunion de la Commission centrale électorale, Tchurov se met en scène. Il a besoin d'une légitimité forte. Même fictive, mais forte. Sans consultations préalables, sans prévenir quiconque, il propose d'inscrire son départ à l'ordre du jour. Pris de court, les membres de la Commission doivent voter pour l'inscription ou non de cette question. Seuls 4 des 15 membres voteront pour l'examen de son départ. Mais comme le vote est à bulletin secret, on ne pourra pas savoir de qui il s'agit (pour plus de détails voir ici en russe). L'opération est rondement menée, Tchurov apparaît parmi les siens auréolé d'une toute nouvelle image, celle du héros malgrè lui, qui a entendu les revendications populaires mais ne peut aller contre la volonté de ses collaborateurs.


Et le moment est bien choisi. Ces jours-ci, la Commission doit examiner les signatures déposées par les candidats indépendants. Rappelons que pour pouvoir participer aux présidentielles, les candidats qui ne représentent pas un des partis de la Douma doivent réunir pas moins de 2 millions de signatures, signatures qui doivent contenir moins de 5% de signatures incorrectes ou falsifiées.


Sur les trois candidats à la candidatures, Iavlinsky (Iabloko), Prokhorov et Mezentsev (gouverneur de Irkoutsk), seul Prokhorov pourrait être amené à concourir, Iavlinsky ayant environ 23% de signatures incorrectes ou falsifiées, Mezentsev dépassant les 5% et Prokhorov ... aucune.(voir l'article ici en russe)


Pour le parti Iabloko, ce n'est pas une surprise, ils s'attendaient à une telle décision. Mais ils ne comptent pas en rester là et vont contester la décision de la Commission. Certains, au sein du parti, avaient proposé d'inscrire la candidature de Navalny pour les présidentielles, mais la proposition n'avait pas été retenue. Elle aurait, selon certaines voix, présenté l'avantage de faciliter le passage de la Commission.


Maintenant, la situation est claire. Le Kremlin a misé sur Prokhorov pour tenter de canaliser la voix du mécontentement populaire. Il doit pouvoir incarner cette opposition acceptable et non dangereuse, même si moins caricaturale que celle des partis "d'opposition" à la Douma. Pourtant, il reste une question.


M. Prokhorov, oligarque glamour et prétentieux, aux faibles talents d'orateur, pourra-t-il convaincre la classe moyenne mécontente qui descend dans la rue de voter pour lui?


Il faudra pour cela chercher un magicien d'un autre calibre que Tchurov!

mercredi 21 décembre 2011

Petit nettoyage post et pré électoral

ЦИК отменил результаты голосования на 21 избирательном участке


La Commission centrale électorale a annulé les résultats des élections législatives de la Douma dans 21 bureaux de votes, où participaient 39 000 personnes, en raison de l'importance des fraudes commises. Il a été annoncé que les responsables des opérations de vote dans ces bureaux ne travailleront plus pour la Commission électorale.

On notera, que en gros, la Commission électorale a reçu environ 1600 plaintes concernant les élections de décembre.

Toutefois, la plupart des recours ne sont pas fondés et la commission a vérifié 26 bandes vidéo sur internet montrant des fraudes. Elle n'en a retenu qu'une seule, mais là de toute manière le bourrage d'urne n'a pu être accompli. Selon la Commission électorale, une partie des vidéos ne sont que des montages.

Les manifestants de Bolotnoï plochad demandaient notamment l'annulation des résultats électoraux, le départ du président de la Commission électorale centrale et l'enquête sur toutes les fraudes signalées. Le Président Medvedev avait pour sa part annoncé que cette enquête aurait lieu.

Les résultats de la grande enquête menée par la Commission centrale électorale laissent rêveur ... Selon une estimation indépendante, Edinaya Rossiya aurait obtenu 30-35%, comme le parti communiste. Si cela est le cas, cela démontre une ampleur inédite dans le truquage électorale. Mais, seuls les résultats de 21 bureaux de vote dans toutes la Russie ont été annulés. Les bandes vidéos sont des faux et la seule véritable n'apporte rien. Désespérant!

vendredi 9 décembre 2011

Le pouvoir prêt à la discussion ... l'opposition se méfie

Власть готова переговорить с оппозицией
Оппозиция не верит в то, что разговор будет полноценным


Le pouvoir doit entrer en dialogue avec l'opposition. Cette position est partagée par les deux hommes forts du système, Poutine et Medvedev. Mais l'opposition a des doutes sur la sincérité de cette déclaration, estimant que le dialogue doit conduire à une réforme en profondeur du système politique, ce à quoi le pouvoir n'est pas prêt aujourd'hui.

Les élections parlementaires, dont les résultats sont contestés par l'opposition, a changé en profondeur l'attitude du tandem envers des forces politiques d'opposition. Si avant, il ne les invitait qu'à une critique constructive, une participation au cours politique choisi par Edinaya Rossiya, maintenant le discours change et ne s'adresse plus qu'aux partis représentés à la Douma, cette opposition hier encore léthargique.

Hier, Poutine, en s'adressant aux représentants du Front populaire déclarait: "Nous devons entrer dans le dialogue avec ceux qui s'opposent, leur donner la possibilité de s'exprimer, en utilisant leur droit constitutionnel à manifester et à exprimer leur position.". Quant à Medvedev, depuis la République thèque, soulignait que "à l'évidence, notre société devient plus concurrentielle et une seule force n'est plus à même de prétendre à la gouvernance".

Ces déclarations ont toutefois provoqués une certaine hésitation de la part de l'opposition. Plusieurs d'entre eux, notamment Prokhorov, demandent la tenue de nouvelles élections parlementaires. La quasi-unanimité veut que la Commission électorale procède à un nouveau décompte des voix. Et tous estiment incontournable une refonte du système politique.

Le président de la Commission centrale électorale a dit avoir envoyé au Comité d'enquête les vidéos montrant les falsifications pendant le déroulement des opérations électorales, pour qu'il procède à la vérification de leur authenticité.

Il est vrai que, en remettant les déclarations du tandem dans leur contexte, on sent une certaine hésitation de leur part quant à la marche à suivre. Si Poutine a effectivement rappelé les droits constitutionnels des opposants, il a également souligné que des millions de dollars étaient envoyés aujourd'hui à certains leaders des mouvements d'opposition pour justement provoquer ces mouvements populaires. On en revient toujours à ce grand ennemi qui vient de l'étranger et qui veut détruire la Russie. Mais parallèlement, il semble aussi y avoir un début de prise de conscience que le pacte "la liberté contre le pain" n'est plus adapté à la société russe actuelle, qui semble vouloir définitivement sortir du féodalisme politique post-soviétique. Sortir de cette période de transition où elle se dégrade pour se construire en tant que société russe - et non plus post-soviétique. Espérons que les représentants du pouvoir et les représentants de la société comprendront les enjeux pour construire ensemble un espace où chacun pourra avoir sa place.


mardi 29 novembre 2011

Selon les russes, la Commission électorale travaille pour Edinaya Rossiya: dernier sondage d'opinion

В интересах «Единой России»
Россияне перестали реагировать на политтехнологические уловки властей
http://www.gazeta.ru/politics/2011/11/28_a_3850230.shtml

Selon l'opinion de la majorité des personnes interrogées, la Commission électorale travaille dans l'intérêt d'Edinaya Rossiya et le processus électoral ne correspond pas aux standards démocratiques. Voici les conclusions tirées du sondage d'opinion effectué par le Centre Levada. En principe, les gens ont une opinion plutôt favorable du Président sortant, mais ne sont pas prêts à voter pour lui. Et pour l'instant seule une minorité est prête à voter pour V. Poutine.

Près de la moitié des russes ne croient pas en ces élections. Pour 48% des citoyens, sous couvert d'élections, il ne s'agit que d'une lutte de clans bureaucratiques pour avoir accès aux ressources budgétaires. Seulement 28% des personnes interrogées ont confiance en les élections du 4 décembre.

30% des électeurs estiment que de toute manière les résultats électoraux seront "fabriqués" par les commissions électorales locales et 15,4% n'excluent pas l'intervention de la Commission électorale centrale. 19% s'attendent même à des tentatives d'achat des voix de la part du pouvoir.

46,5% des personnes interrogées sont convaincues que la Commission électorale fonctionne dans l'intérêt d'Edinaya Rossiya. Seulement 34% lui font confiance. 80% des respondants estiment que le Premier ministre fait la propagande d'Edinaya Rossiya dans ses interventions télévisées.

Seulement 18% des citoyens ne voient pas d'abus de pouvoir dans le processus pré-électoral et 2,6% estiment que les abus de pouvoir n'auront pas d'influence significative sur le résultat des élections.

Malgrè tout, une large majorité de la population se prépare à prendre part aux élections: 61,1%.

Le début de la campagne officielle pour les présidentielles a quelque peu modifié les cartes. Dimanche dernier, seulement 30,7% des citoyens étaient prêts à voter pour V. Poutine, qui est devant G. Ziouganov avec 7,9% d'intentions de vote et D. Medvedev ... avec 6,8% d'intentions de vote.

L'annonce de l'échange des postes entre le Président et le Premier ministre n'a pas provoqué de surprise dans l'opinion. 80% affirment que leur appréciation des deux personnages n'a pas changé après cette annonce, 25,7% réagissent favorablement et un peu plus de 15% défavorablement. La majorité est indifférente.

Dans tous les cas, la confiance dans le tandem perdure pour 45,6% des personnes interrogées et 51,4% des citoyens ont une opinion favorable du Président sortant. Pourtant seulement 6,5% des russes estiment de D. Medvedev a une réelle influence dans le processus de décision dans le pays.

mercredi 16 novembre 2011

La Russie accuse les observateurs internationaux qui critiquent la préparation des élections

Международные несоблюдатели
Владимир Чуров заподозрил делегацию ПАСЕ в нарушении российского законодательства


Le président de la Commission électorale centrale, V. Tchurov, vient de déposer une requête auprès de la Procuratura et du ministère des affaires étrangères, leur demandant d'examiner la légalité des agissements du groupe d'observateurs envoyé par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

En effet, après leur visite à Moscou pour voir la manière dont se préparaient les élections, ces observateurs ont rompu le pacte diplomatique de "non-agression" et se sont prononcés en toute honnêteté sur ce qu'ils ont pu remarquer. Plus précisément, ils s'inquiètent des sérieux problèmes concernant l'égalité des candidats, du danger que représente l'utilisation des "ressources administratives" au profit d'Edinaya Rossiya et des possibilités de manipulation des résultats des votes. Rien de nouveau et ce ne sont pas les seuls à s'en inquiéter.

Mais, c'est la première fois qu'une mission d'observateurs internationaux se prononce sur le fond des problèmes avant la proclamation officielle des résultats électoraux. Pour illustrer leurs propos, ils ont pris l'exemple de l'utilisation par la Commission électorale de Moscou de panneaux publicitaires appelant à aller voter, en tout point pareils à ceux utilisés par Edinaya Rossiya. Et c'est justement pour cela que les représentants d'Edinaya Rossiya et la Commission électorale centrale réagit, en se fondant sur la violation de la législation russe, selon laquelle les ressortissants étrangers n'ont pas le droit d'intervenir dans le processus électoral et précisant encore que les observateurs internationaux ne peuvent se prononcer qu'après la proclamation officielle des résultats. Cette "clause de sûreté" permet de limiter le poids de ces missions d'observation et de ne pas leur permettre de diffuser des informations dérangeantes pour le pouvoir avant qu'il ne soit trop tard.

En réaction, V. Tchurov et certains représentants de la société civile pro-kremlin ont décidé de surveiller les agissements de ces observateurs trop remuants et de mener un contre-monitoring, qui va, lui, porter sur la légalité de l'activité des observateurs envoyés pour les élections, ainsi que sur leur qualification professionnelle. Ils menacent également de leur retirer leur accréditation et de ne pas déliver de visas s'ils violent la législation russe.

Les autres partis politiques, en particulier le parti communiste, trouvent l'attitude du pouvoir absurde, la Russie ayant besoin de légitimer son processus électorale. Et la logique du conflit ne va pas l'y aider.

L'intensification du combat entre le pouvoir russe et les observateurs internationaux démontre l'importance des enjeux électoraux d'aujourd'hui en Russie. Ils semblent être un tournant dans la politique intérieure russe. Tout d'abord parce qu'avec le retour de V. Poutine au pouvoir en mai, ils vont mettre un terme au mirage de la construction de l'état de droit. Ensuite, pour les élections parlementaires, la baisse de popularité d'Edinaya Rossiya - qu'il faut tout de même relativiser - oblige à renforcer les moyens de pression pour garder un pouvoir absolu. Et la configuration politique actuelle du pouvoir ne peut fonctionner que dans le cadre d'une absence de contre-poids. Trop d'intérêts sont aujourd'hui en jeu pour risquer de changer les règles.

lundi 24 octobre 2011

Comment gagner les législatives: illustration du plan Edinaya Rossiya

У "Единой России" нашлись сторонники за городом
Губернатора Громова подозревают в использовании административного ресурса


G. Gudkov, député à la Douma appartenant à la fraction Spravedlivaya Rossiya prépare un recours auprès du Président, de Prokurature et de la Commission centrale électorale contestant la légalité de l’action du gouverneur de la région de Moscou, B. Gromov. Le député est tombé en possession du texte de la déclaration de B. Gromov du 6 octobre lors de la réunion pour la préparation des élections dans laquelle celui-ci appelle les membres de son administration à apporter un soutien inconditionnel aux membres d’Edinaya Rossiya et à gêner autant que se peut les autres partis. Le porte-parole du gouverneur réfute évidemment la tenue d’une telle réunion.

La réunion a été tenue à huis clos et toute la déclaration de Gromov a été un vibrant appel à la victoire de Edinaya Rossiya, non seulement aux élections législatives locales, mais bien sûr également fédérales. Responsabilité qui incombe aux chefs des administrations locales, comme le souligne le texte même de sa déclaration (voir ici le texte en russe).

Toujours dans le contexte particulier de la période pré-électorale, les forces de l’ordre sont appelées à particulièrement effectivement veiller à neutraliser les organisations extrémistes, comme par exemple « Krestianskiï Front », « Solidarnost » ou « Drugaya Rossiya ».

L’activité des bureaux des autres partis doit être rendue plus difficile, la moindre dérogation aux règles sanctionnée, l’accès à la publicité réduit. Un centre de communication couvrant les médias locaux doit être fondé. Le rapport avec les commissions électorales doit être constructif et coordonné avec les structures administratives et ministérielles.

Selon le député Gudkov, la première réunion s’est tenue les 14-15 décembre. Le gouverneur a donc eu une année pour mettre la machine route et pouvoir atteindre les 70% demandés. En réaction à la violation des droits constitutionnels des citoyens, M. Gudkov veut s’adresser au Président pour qu’il les garantisse, à la Prokurature pour qu’elle contrôle la légalité de l’action du gouverneur de la région de Moscou et à la Commission centrale électorale pour qu’elle mène une enquête sur ces faits.

Les différents scandales et recours qui entourent la préparation de la campagne électorale mettent, avant même la tenue des opérations électorales, les résultats et la victoire certaine du parti du pouvoir en question. Le déficit de légitimité qui pèse lourdement sur Edinaya Rossiya et sur ses représentants, au plus haut niveau, ne fait que s'accroître. Les nombreuses déclarations du tandem ne peuvent ici inverser la tendance. Seules des élections réellement propres permettraient de sortir de l'impasse.

mardi 20 septembre 2011

OSCE / Commission électorale: conflit sur la composition de l'organisation de la surveillance des élections

БДИПЧ много хочет
Иностранные наблюдатели не сошлись с российским ЦИКом в вопросе, сколько наблюдателей должны работать на выборах в Госдуму



L'OSCE veut envoyer une mission de 260 observateurs pour surveiller les élections à la Douma en décembre. Le président de la Commission électorale centrale, V. Tchurov, estime pour sa part que ce chiffre est surestimé.

Selon l'OSCE, 260 personnes sont nécessaires pour pouvoir effectuer un contrôle réel et efficace, conforme aux règles en vigueur. Ce n'est pas un chiffre lancé au hasard qu'il est possible de négocier. A la question pourquoi en 2003, 460 personnes ont été envoyé en mission en Russie pour surveiller les élections, l'explication vient du fait que l'OSCE a consience de la sensibilité pour les autorités russes de la question du nombre des observateurs. C'est pour cette raison que la mission a été revue à la baisse.

Pour V. Tchurov, la mission de l'OSCE est surévaluée. Cela fait concrètement de la Russie un pays de seconde sorte. Des missions d'une telle ampleur sont envoyées dans les pays de la CEI, en ex-Yougoslavie, quand aux USA et dans les pays d'Europe occidentale les missions sont réduites. Tchurov déclare vouloir que le nombre d'observateurs de l'OSCE soit équivalent au nombre d'observateurs des pays de la CEI, pour qu'il n'y ait pas de doubles standards. Comme l'a déjà affirmé le président Medvedev, les missions d'observation des élections de l'OSCE sont essentiellement composées de personnes qui démontrent une appréciation politisée de la manière dont se déroulent et la préparation des élections et leur déroulement. Position reprise par le président de la Commission électorale centrale.

Le directeur du Fond de développement pour la politique d'information, A. Kynev, estime pour sa part que l'attitude de la Commission électorale centrale est contreproductive. Rien ne prouve que les observateurs de l'OSCE ne fournissent une appréciation objective des faits. Un des grands problèmes des élections en Russie est leur réputation. Au lieu d'ouvrir l'accès aux observateurs, Tchurov veut réduire la mission de l'OSCE, comme s'il y avait quelque chose à cacher.

Equilibrer le nombdre des observateurs entre ceux de la CEI et ceux de l'OSCE quand l'objectivité des observateurs de l'OSCE est mise en cause ne fait que renforcer le sentiment que les observateurs de la CEI sont particulièrement engagés. Tout ceci n'aide pas à remonter l'image des élections en Russie. Par ailleurs, si une mission d'une telle importance est nécessaire, contrairement à celles qui sont envoyées dans les pays d'Occident, c'est peut-être parce que les processus électoraux en Russie ne sont pas conformes aux principes garantissant la liberté d'élire et d'être élu. Ceci n'est une surprise pour personne... sauf pour V. Tchurov.

lundi 19 septembre 2011

Les partis politiques en quête de signatures pour les élections parlementaires

Непарламентские партии начали собирать подписи для участия в выборах депутатов Госдумы


Selon le calendrier électoral fixé par la Commission centrale électorale, aujourd'hui commence en Russie la collecte des signatures dont les partis politiques non représentés à la Douma ont besoin, pour pouvoir participer aux élections de décembre.

La procédure mise en place suite à la nouvelle réforme de la législation électorale, les oblige à recueillir 150 000 signatures, dans au moins la moitié des régions de Russie. Dans chaque région, il ne peut y avoir plus de 5000 signatures, sans oublier qu'elles ne peuvent concerner plus de 5% de couples.

Après cela, la liste des signatures doit être déposée à la Commission centrale électorale avant le 15 octobre.

La course aux signatures est une épreuve éliminatoire célèbre en Russie. Cette procédure provoque à chaque fois de nombreux scandales et de nombreux recours en justice. En effet, la Commission réfute très souvent une bonne partie des signatures présentées par les partis d'opposition, les privant ainsi de la possibilité même de participer aux élections.

En soi-même, l'existence d'une collecte de signatures qui couvre une grande partie du territoire est une exigence logique, puisque les enjeux électoraux étant de dimension nationale, le parti qui participe doit également être en mesure de représenter les intérêts de l'ensemble de la population et non d'une seule région. Les partis déjà représentés à la Douma n'y sont pas soumis, bénéficiant d'une présomption de représentativité. La difficulté réside dans le formalisme avec lequel la Commission évalue la validité des listes présentées, son manque de transparence et toujours la présomption d'un parti-pris.

Il est à parier que ces élections n'échapperons pas à la règle.

mardi 13 septembre 2011

La voie féodale ou quand les décisions de la Cour suprême n'engagent qu'elle

Бийскому избиркому решение Верховного суда не указ
Коммуниста не хотят признавать мэром


Le leader du parti communiste G. Ziouganov a porté recours auprès du Procureur général Y. Tchaïka en demandant d'ouvrir une affaire pénale pour falsification des résultats de l'élection du maire de Biïska en 2010. La Cour suprême a déjà reconnu la falsification des résultats ayant proclamé la victoire de l'ex-maire soutenu par le parti du pouvoir, A. Mosievsky. Conformément à la décision de la Cour suprême ayant reconnu la falsification des résultats dans un arrondissement électoral, le vainqueur doit être le candidat communiste. Pourtant la commission électorale locale estime que l'affaire a été montée de toute pièce.

Le Parti communiste demande donc simplement l'exécution de la décision de la Cour suprême. D'autant plus que la différence entre les deux candidats était très faible: 70 voix. Le tribunal d'arrondissement avait déjà reconnu une falsification en faveur du candidat soutenu par le pouvoir, à hauteur de 164 voix. Mais la juridiction supérieure a annulé la décision. Suite à cela, la Cour suprême a rétabli la décision du tribunal d'arrondissement, le 10 août 2010 et publié sa décision sur le site officiel le même jour. A ce jour, la décision n'est toujours pas appliquée et les représentants de la commission électorale locale affirment de toute façon ne pas l'appliquer même à l'avenir, puisque, selon eux, l'affaire est entièrement fabriquée. En ce qui concerne l'administration de la ville, pour leur part, ils estiment que dans la mesure où aucun document officiel ne leur est parvenu, ils n'ont rien à faire. La Douma locale affirme également n'avoir rien reçu et a déjà confirmé le maire dans ses fonctions.

Cette situation est symptomatique, au-delà des discours sur la verticale du pouvoir, de l'inefficacité du système étatique dans son ensemble. Les autorités fédérales peuvent prendre les décisions qu'elles veulent, même des décisions de justice, en cas de conflits avec les autorités locales et les intérêts locaux, ceux-ci gagneront ... tant qu'une intervention personnelle ne sera pas faite par un des personnages symboliques de l'Etat. Quand les pouvoirs locaux ne sont pas soumis aux règles générales de l'Etat, mais obéissent en fonction du jeu des intrigues politiques, c'est une forme de néo-féodalisme. Et c'est le nouveau mode de gouvernance qui tend à se développer en Russie, sur les cendres d'un Etat de droit déformé.

lundi 20 juin 2011

La souveraineté des uns s'arrête où commence celle des autres

ЦИК не явился на "Предстоящие выборы"
Владимир Чуров не поехал в Европарламент
http://www.kommersant.ru/doc/1660023

Le 14 juin 2011, le Parlement européen a organisé des débats sur le thème des élections en Russie. Le Président de la commission centrale électorale, Vladimir Tchurov, dans la lettre présentée au Parlement par le représentant de la Fédération de Russie, a souligné son impossibilité à participer à des débats politiques sur ce thème au regard de sa position officielle et a proposé que des experts affiliés à la commission soient invités à sa place. La lettre précise que la commission centrale électorale ne peut organiser ou participer à des débats politiques, surtout quand ces débats sont organisés par des organisations internationales dont la Russie n'est pas membre.

Les organisateurs ont déploré cette absence, puisqu'ils voulaient organiser des débats équilibrés, donner la parole à toutes les parties.

On rappellera que ces débats interviennent après que le Parlement européen ait déjà pris, le 9 juin, une résolution soulignant leur désaccord avec les mesures restrictives concernant l'enregistrement des partis politiques d'opposition en Russie.

Que les partis politiques russes soient muselés, peu de personnes vous diront le contraires. Que les élections se déroulent sous une pression forte du pouvoir, cela est chose reconnue. Mais la question qui se pose est de savoir ce que le Parlement européen vient faire dans ces problèmes, somme toute, intérieurs.

Le Parlement européen a-t-il la légitimité nécessaire, faute d'en avoir les bases légales, pour influer sur la législation et la pratique russe en matière électorale? Des doutes persistent.

Quel poids, dans la politique intérieure russe, aura cette résolution et ces débats quand de toute manière la Russie a les mains libres sur le plan des échanges économiques?

Les élections sont une question de souveraineté intérieure, dans laquelle les organisations internationales et les pays étrangers ne peuvent être qu'observateurs. Si leurs paroles se durcissent, si ces acteurs décident d'entrer dans une logique de conflit ouvert et non plus simplement d'influence indirecte, ce qui en l'occurence est largement fondé, ces paroles doivent alors être suivies d'effets concrets.

C'est leur crédibilité qui est en jeu. Maintenant l'opposition russe est dans l'attente ... et montre les signes d'une certaine déception.