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lundi 6 octobre 2025

Démission du "nouveau" gouvernement Lecornu : Macron nous replonge dans les affres de la IIIe République


Après une longue attente, la composition du "nouveau" gouvernement français fut annoncée hier soir. Aucune rupture, aucun véritable changement, l'essentiel des anciens ministres est reconduit. Encore une fois, Macron fait l'unanimité contre lui. Surtout avec Bruno Le Maire à la Défense. Ce qui a provoqué un mécontentement général. Lecornu démissionne ce matin avec le gouvernement le plus éphémère de la Ve République. Une insulte pour nos institutions !

mardi 11 juin 2024

La fausse démission de Macron et la globalisation radicale en France


Après la dissolution de l'Assemblée nationale, les médias s'emballent sur une possible démission de Macron, et pourquoi pas son retour immédiat en héros du peuple revenu à ses moutons. Si ce scénario est politiquement peu probable et a déjà été démenti, il est de toute manière juridiquement inconstitutionnel de le voir immédiatement candidat à sa succession. Tout ceci ressemble beaucoup plus à une opération de comm, ayant pour but de faire sortir la vapeur dans la société et créant une fausse image de De Gaulle version Instagram. 

mercredi 10 août 2016

La préparation de l'affaire "Medvedev" et la question du choix politique

Résultat de recherche d'images pour "медведев"

Une campagne médiatique contre le Premier ministre russe D. Medvedev a été lancée début août. Il est vrai que l'intéressé est un habitué des petites phrases qu'il aurait mieux fallu éviter, comme chaque homme politique en compte à son actif. Mais tous ne bénéficient pas d'une campagne lancée par The Financial Times. Alors pourquoi? Ou ... Pour qui?

lundi 11 avril 2016

Ukraine: Le départ de Yatséniuk et le tournant politique


Hier 10 avril, le premier ministre ukrainien A. Yatséniuk a annoncé sa démission. Il est difficile de dire que la surprise est de taille, sa popularité est au plus bas, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. L'inconnu réside plutôt dans les conséquences politiques de ce changement de phase.

jeudi 20 août 2015

Iakounine et la fin du régime des Barons

V. Iakounine, président des Chemins de fer russes

Les temps changent et parfois, justement, les exigences de changement s'accélèrent. Fini le bon vieux temps où il suffisait d'être pro-régime, de lever son verre de vodka à la santé de la Russie (si possible avec la larme à l'oeil) pour affirmer son patriotisme et rester en place sans trop s'occuper du management d'une grande entreprise publique tout en profitant des acquis.

V. Iakounine pourra toujours lever son verre à la santé de la Russie, mais il ne le fera plus de son poste de directeur des Chemins de fer russes.

mercredi 25 mars 2015

Départ de Kolomoïsky: fin ou début de l'histoire?


Hier, le président ukrainien P. Poroshenko a signé l'oukase démettant I. Kolomoïsky de ses fonctions, plus exactement Kolomoïsky en aurait fait lui-même la demande, le Président aurait donc accepté et officialisé sa démission. Les apparences sont sauves. Pour autant, la situation politique intérieure n'est pas évidente.

vendredi 25 juillet 2014

Iatseniouk en démissionnant peut-il lui même nommer son successeur?


Le 27 février 2014, après la formation de la coalition parlementaire "Le choix européen", Iatseniouk prend la tête du Gouvernement ukrainien résultant du coup d'Etat, après la mise en fuite du Président Yanukovich. L'annonce hier de son départ, au plus chaud de la guerre civile, quand la coalition pro-européenne s'effrite, que le budget est totalement vide et qu'aucune question sociale n'a été réglée, a quelque peu surpris. D'autant plus qu'en nommant lui-même son successeur au mépris total de la législation ukrainienne, un chaos institutionnel s'installe en feuilleton de l'été. Comment analyser cet évènement de politique intérieure, qui pourrait avoir des répercussions plus large.
 

mercredi 19 mars 2014

Le gouverneur de Novossibirsk démis de ses fonctions pour "perte de confiance"

Voir: http://www.vedomosti.ru/politics/news/24160841/yurchenko-ne-doverili-vybory
http://izvestia.ru/news/567680

Peu avant les élections du maire de la ville de Novossibirsk, le gouverneur V. Iurtchenko est démis de ses fonctions par oukase présidentiel pour perte de confiance. De fortes suspicions de corruption pèsent sur lui.
 
A un an et demi de la fin de son premier mandat, l'étau s'est resserré autour du gouverneur de Novossibirsk, qui a réussi a faire l'unanimité contre lui, tant dans la population que parmi ses collègues. Il faut dire que son entourage est souvent tombé entre les mains de la justice, pour abus de pouvoir ou pour corruption. Et son fils dirige des sociétés qui ont reçu des aménagements fiscaux ou participent à des projets régionaux. Il a lui-même, semble-t-il, des actions dans certaines entreprises.
 
A ce sujet, le Front populaire local a réuni tout un dossier et l'a transmis au Président. Il s'agit de fortes suspicions de détournements de fonds publics lors de la réalisation de projets dans la région. Il semblerait que l'argument ait porté et soit la cause principale de la décision, assez rare, prise par le Président V. Poutine.
 
Il est vrai aussi que la lutte contre la curruption dans le pays est un enjeu majeur du développement de la Russie et de la réussite de la politique d'Etat. Le message, de cette manière, a été envoyé aux autres responsables locaux, si besoin en est.

jeudi 20 juin 2013

Qui est derrière l'étrange fausse démission du directeur des chemins de fer russes Vladimir Iakounine?

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2013/06/19_a_5386925.shtml
http://www.newsru.com/russia/20jun2013/rgd.html
http://ria.ru/politics/20130620/944553254.html
http://ria.ru/politics/20130619/944476525.html
http://ria.ru/economy/20130619/944462800.html?utm_source=vk1

Photo Colta.ru
 
Hier soir, une onde de choc a secoué tous les médias russes, qu'il s'agisse de la presse ou de la télévision. L'agence de presse Ria novosti (tendance libérale Medvedev) diffuse l'information selon laquelle D. Medvedev "accepte" la démission du directeur des chemins de fer russes, Vladimir Iakounine (proche de V. Poutine). Autrement dit, Medvedev l'aurait renvoyé. Voici le document (presque) officiel que toutes les agences de presse du pays ont reçu:
 
 
Au nom du service de presse du Gouvernement, il est indiqué que l'actuel directeur a été démis de ses fonction et que le vice-directeur, Alexandre Micharine a été nommé à sa place. Dans un premier temps, les services du Gouvernement ne répondent pas au téléphone. Mais, par téléphone, A. Micharine confirme à une agence régionale d'Oural: "Oui, vous pouvez me féliciter. Je suis dans le train, ça peut couper à tout moment".
 
Le temps passe un peu et Ria Novosti dément l'information (le démenti arrive de tous les horizons officiels): il s'agirait d'une cyber attaque, l'information est fausse. Une demande a été déposée au FSB pour faire toute la lumière sur l'affaire. Et Ria Novosti d'expliquer: en fait, l'information a été formulée dans le style exacte du celui utilisé par le service de presse du Gouvernement, mais l'adresse IP est très légèrement différente. Voir ici:   
 
La première adresse est la véridicte, la seconde est fausse. Il n'y a qu'un signe de différence, le point a été remplacé par un tiré. Mais le domaine de cette adresse a été enregistré très récemment, le 16 juin 2013.
 
Tout ceci est très étrange. Le message a été envoyé depuis la région d'Irkoutsk, où se trouvaient il y a quelques jours Medvedev, son attaché de presse Timakova et son ombre Dvorkovicth, ces mêmes personnes qui ont pris tout leur temps pour infimer l'information. Et si cela entre dans les fonctions de Timakova, on ne voit pas très bien en quoi Dvorkovitch est concerné ...
 
Par ailleurs, tout a coup, Micharine déclare qu'il s'agit d'une provocation, qu'il était bien dans le train, mais qu'il n'a répondu à aucun journaliste.
 
Et le meilleur pour la fin. Le document libellé au nom du service de presse du Gouvernement a été envoyé non seulement aux journalistes ... mais également aux collaborateurs de l'appareil du Gouvernement ... par un canal de diffusion interne.
 
Vraiment étrange. S'il s'agit d'une cyber attaque, de toute manière il faut savoir qui est derrière. Et s'il ne s'agissait pas d'une cyber attaque? S'il s'agissait d'un coup de force? Alors dans quel but? Beaucoup de questions et encore peu de réponses ...
 

lundi 13 mai 2013

Comment interpréter le départ de V. Surkov?

Voir: http://grani.ru/Politics/Russia/President/m.214515.html

Après la réunion du Conseil des ministres sous la présidence du Président Poutine et avec la participation des membres de l'Administration présidentielle, l'annonce du départ de V. Surkov, le cardinal gris de Medvedev, est tombé dans la presse russe comme un coup de tonnerre.
 
Certains avançaient ses critiques à Londres contre Markine ou la défense de Skolkovo. Toutefois, cela ne semble pas sérieux.
 
Le plus évident est que le tandem ne sert plus à rien, il est dépassé. Et sans Surkov, Medvedev est très faible. Maintenant il se trouve face à un mur: ou il va devoir pousser le Gouvernement à mettre en oeuvre la politique déterminée par le Président, ce qui se passe dans tout pays, hors cohabitation, dans le cadre de la séparation souple des pouvoirs, que ce soit en France ou en Russie. Ou il va devoir partir.
 
Jusqu'à présent, le Gouvernement travaillait à minima. Et les déclarations de Surkov à Londres, celles concernant l'impératif pour la Russie de sortir de la période industrielle pour entrer de plain pied dans le monde post-moserne, par ailleurs tel qu'il est en train de s'écrouler sous nos pieds, le mettait en opposition totale avec la politique de réindustrialisation que la présidence veut mettre en oeuvre.
 
Autrement dit, le départ forcé de Surkov semble être le signe d'une reprise en main politique dans le sens de la défense de l'intérêt national. Et le fait qu'il finançait ou non l'opposition ne change rien ici. Cela restait dans sa conception de l'équilibre et du contrôle.

jeudi 21 février 2013

Vers la fin de la Douma? Du parti Edinaya Rossiya? ou instauration de nouvelles règles du jeu?

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2131916?fp=13
 
Trois députés du parti Edinaya Rossiya quittent volontairement la Douma et les médias s'emballent. Il est vrai que c'est une première. Que cela signifie-t-il?
 
V. Pekhtine, à la tête du Comité d'éthique, fait une grande déclaration sur les implications de l'éthique professionnelle, après qu'un blogger lui ait trouvé des biens immobiliers à Miami pour un montant supérieur à 1 milliard de dollars, non déclarés bien sûr ... puisqu'ils appartenaient à son fils. Mais la signature sur les actes de propriété ressemble beaucoup à la sienne. Sans parler des biens de sa femme, également oubliés. Sans parler de terrains à Saint Pétersbourg, qui refont étrangement surface. Bref, il quitte le parti la tête haute, pour que ces affaires ne salissent pas l'image du bien commun... et part vers les Etats Unis ... chercher des preuves de son innocence.
 
Dans la foulée, le nouveau député/milliardaire/homme d'affaires A. Lomakine rend également son mandat. Il faut dire que son absence dans l'émiscicle ne se fera pas trop remarqué, il n'était pas célèbre pour son activité parlementaire. Mais plutôt pour sa fortune, qui, selon le journal Forbes, s'élève à 1,2 milliards de dollars. Bref, il retourne aux affaires. Exemple suivi par V. Tolstopiatov, séduit par une place dans une filiale de Gazprom.
 
Pour tous, le signal du nettoyage a été donné par le Kremlin, ce que confirme l'Administration présidentielle: pas de place pour les hommes d'affaires à la Douma, à chacun son travail.
 
Certains y voient la fin du parti Edinaya Rossiya, tel que nous le connaissons actuellement. Il pourrait se faire en partie phagocyter par le Front national de Poutine et, ainsi, les deux axes contradictoires pourraient enfin faire sission.
 
Mais d'autres ont encore plus peur d'une dissolution anticipée de la Douma, surtout que les démissions risquent de se poursuivre. Si le projet de loi interdisant aux députés d'avoir des comptes bancaires à l'étrangers et les obligeant à déclarer leurs biens immobiliers et, surtout, à justifier de la provenance des fonds utilisés pour les acquérir est adopté, le travail de député risque de ne plus être aussi attractif. Ce qui serait plutôt une bonne chose.
 
Pour d'autres, les règles du jeu sont en train de changer. Alors que les députés russes avaient la furieuse tendance de s'accrocher à leur mandat jusqu'au boût (l'arrestation), certains affirment qu'ils commencent à suivre l'exemple européen, selon lequel un simple scandale est suffisant pour amener les hommes politiques à rendre leur mandat.
 
A suivre ...

mardi 27 septembre 2011

La "démission" de Koudrine vue par Prokhorov

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1781828
http://echo.msk.ru/blog/m_prokhorov/815585-echo/


Factuellement, la situation est plutôt claire. Hier, lors de la réunion de la Commission présidentielle pour la modernisation, D. Medvedev rappelle les paroles de A. Koudrine, alors ministre des finances, tenues lors de la session du FMI. Il déclarait ne pas partager les choix économiques fait par Medvedev et n'envisageait pas de travailler dans son futur gouvernement. Par la suite, revenant sur ses propos, il annonce être prêt à travailler à n'importe quel poste dans un gouvernement qui veut mettre en place des réformes efficaces en Russie. Ses paroles sont à double sens: il sous-entend ainsi l'inefficacité du gouvernement.


Medvedev lui rappelle alors que pour l'instant il n'y a pas de nouveau gouvernement et qu'il travaille toujours dans "l'ancien", qui est là pour mettre en place la politique choisie par le chef de l'Etat, pour l'instant toujours lui. Un choix doit être fait. S'il existe des différences de vues, Koudrine doit démissionner, dans le cas contraire s'expliquer. A cette diatribe, Koudrine a une réaction très étonnante. Il déclare qu'il existe bien des différences de vues, mais qu'il va d'abord prendre conseil auprès de V. Poutine. Cette réponse a le don d'exaspérer Medvedev au plus haut point, qui lui répond qu'il peut prendre conseil auprès de qui bon lui semble, mais que ici c'est lui qui prend les décisions. Sur quoi Koudrine, qui ne démord pas, répond très calmement que dans la mesure où Medvedev lui-même lui a demandé de prendre sa décision et de la lui signifier, il va prendre conseil. Après quoi, il débranche son micro (voir la bande vidéo dans l'article de Kommersant indiqué plus haut). Medvedev continue alors son monologue. Koudrine sort plus tard téléphoner à V. Poutine et présentera en conséquence sa démission qui sera acceptée quelques heures après. On peut affirmer que le ministre des finances a été "démissionné" et par Medvedev et par Poutine, dont il pensait avoir le soutien.


Juste un détail intéressant. Lors des journaux télévisés du soir, pas une seule chaîne de télévision n'a montré les réponses de Koudrine. Tout a été monté comme si Medvedev imposait seul son autorité, qui n'était à aucun moment remise en cause. Evidemment, dans cette période d'incertitude pré-électorale, le Président Medvedev a besoin de faire preuve d'autorité, tout autant pour assurer la cohérence du fonctionnement du gouvernement, que pour assurer son avenir politique.


Mais comme le souligne M. Prokhorov, la démission provoquée de Koudrine n'est pas due à un conflit personnel avec Medvedev. Cela résulte d'une différence de vues, d'une divergeance idéologique.


Il est vrai que depuis 2007, Koudrine s'est très souvent opposé aux choix politiques faits (critique des choix budgétaires, de la gestion de la crise, du surfinancement du militaire, du trou du financement des pensions de retraite, du financement de Skolkovo au détriement des autres centres universitaires et de recherche...), il a même critiqué le fonctionnement du parti Edinaya Rossiya affirmant ne jamais vouloir y entrer - ce qui Edinaya Rossiya lui rend au centuple. Mais pour la première fois il a critiqué des choix directes faits par le Président, il a donc porté atteinte à l'image même de l'institution. Difficile à pardonner. Et pas seulement en Russie.


Selon Prokhorov, ce gouffre idéologique qui s'est creusé entre Koudrine et le duo-dirigeant révèle l'ampleur du conflit sur les choix d'avenir pour le pays. Les clans peuvent se caractériser, en simplifiant, entre les conservateurs et les modernisateurs. Mais qui mettre où n'est pas évident. Il émerge une nouvelle classe de politiques qui n'entrent plus dans la classification habituelle droite/gauche ou libéraux/conservateurs. De grands boulversements sont à prévoir.


En ce sens, l'idéologie libérale "classique", qui exige l'équilibre budgétaire strict, bloque aujourd'hui les réformes nécessaires en Russie. Les infrastructure doivent être modernisées, des investissements sont nécessaires ... et le budget doit alors être en déficit. Ce à quoi Koudrine s'oppose. N'est-ce pas ainsi la fin d'une certaine conception du libéralisme à laquelle Prokhorov renvoie à mots couverts, conception qui serait paradoxalement devenue conservatrice.


La position de Prokhorov est intéressante à plusieurs points de vue. Tout d'abord, pour un homme qui est parti avec fracas de Pravoe delo, après avoir été laché par Poutine et Medvedev - comme Koudrine - il réagit avec un calme olympien plus que surprenant et fait preuve d'une analyse institutionnelle. De ce fait, sa réaction semble être plus celle d'un homme du système, que d'une personne hors système, ce qu'il est formellement pourtant devenu. Ensuite sur le fond, l'idée de l'émergeance d'un nouveau paradigme politique est astucieuse car elle lui permet de théoriser une remise en cause du système politique actuel sans se situer en dehors - donc dans l'opposition qu'il abhorre - et d'y trouver sa place.


Quoi qu'il en soit, la démission forcée de Koudrine lance le départ des réglements de compte politiques, chacun devant prouver au mieux sa loyauté - mais à qui - dans une ambiance générale de soupçon. De belles journées en perspectives...