L'ACTUALITE RUSSE EN FRANCAIS MISE AU POINT PAR RUSSIE POLITICS SUR Facebook ET Twitter!
Affichage des articles dont le libellé est surkov. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est surkov. Afficher tous les articles

jeudi 20 février 2020

Pourquoi le départ de Surkov ne va pas changer le cours de la politique en Russie

Volodine, Kirienko, Surkov, trois visions de la gouvernance


Le Président russe Vladimir Poutine a signé l'oukase mettant fin aux fonctions de conseiller présidentiel de Vladislav Surkov, le cardinal gris du Kremlin, peu après que celui-ci ait fait annoncer son départ. Il est vrai que son étoile ne brillait plus depuis quelque temps, son poids s'est fortement réduit avec les années et l'intérêt qu'il portait à la crise ukrainienne était très léger par rapport à l'époque glorieuse de la conception de la politique intérieure, aujourd'hui dévolue à Kirienko. L'époque du père de la "démocratie souveraine" est passée, à tel point qu'il serait plus juste de se demander non pas en quoi son départ va changer la politique russe, mais en quoi le changement de politique en Russie a logiquement conduit à son départ.

mardi 10 avril 2018

Surkov: le destin de la Russie, la solitude n'est pas l'isolement



La radicalisation du comportement de l'Occident face à la Russie, l'attitude de rejet constant et répété, le complexe de supériorité, semblent avoir épuisé l'incroyable patience du pays. Prenant conscience d'un état de choses qui ne va pas s'améliorer, tirant les leçons du passé, la Russie est en train de construire sa propre voie pour l'avenir. Le tournant de 2014 a décomplexé la Russie, l'hystérie que nous vivons aujourd'hui lui a définitivement ôté toute illusion quant à ses "partenaires". Ni Occidentale, ni Orientale, un peu des deux, il est temps qu'elle devienne elle-même. Vladislav Surkov, conseiller du Président Poutine, notamment en charge de l'Ukraine, esprit brillant et surprenant, a publié sa vision de l'avenir du pays dans la revue La Russie dans la politique globale. En voici une présentation: la solitude qui va toucher la Russie pour une très longue période n'est pas de l'isolement. C'est le résultat d'un choix supérieur et conscient, celui de l'indépendance.

lundi 20 novembre 2017

V. Surkov: l'hypocrisie veillissante de la civilisation occidentale

V. Surkov et l'incontournable hypocrise du monde moderne


Pour comprendre la politique d'un pays, il faut comprendre la manière de penser de ceux qui la font et l'influencent. Vladislav Surkov est l'un de ces personnages, peu médiatisés en Occident, dont la réflexion politique est loin d'être négligeable pour l'établissement de la gouvernance russe. Conseiller  de longue date du Président Poutine, partisan d'une vision stratégique post-moderne et complexe, il s'exprime rarement publiquement. C'est pourquoi chaque article est en soi un évènement. Or, il vient de publier une analyse froide et sans complaisance de l'état de la civilisation occidentale. Tyrannie incontournable de l'hypocrisie et faux demi-dieux, que reste-t-il de l'homme? Traduction de son texte publié sur RT, le choix du support n'étant pas innocent - aujourd'hui. 

mardi 25 octobre 2016

Le "Plan Surkov" de destabilisation que vient de lancer l'Ukraine

Résultat de recherche d'images pour "сурков"

Les hackers sont à la mode. Clinton qui accuse la Russie d'utiliser des hackers pour craquer les mails des Démocrates, CNN qui annonce que des hackers américains ont piraté le site du Ministère russe des affaires étrangères - seulement c'est passé inaperçu, si c'est la vérité, car ce site n'est plus utilisé depuis longtemps. L'Ukraine, qui se sent un peu oubliée, redevenue le parent pauvre à qui l'on rappelle ses obligations pour rester à la table des grands, est en pleine crise existentielle. Elle aussi a des hackers. Qui doivent dévoiler des secrets à la face du Monde libre: comment la Russie va destabiliser la situation en Ukraine pour provoquer des élections anticipées. Et pour cela, quoi de mieux que d'annoncer d'avoir craqué, comme les grands, les mails de V. Surkov, cette fois, le conseiller russe en charge de la situation. Sans compter le style parfois très ukrainien de ces documents, sur le fond l'on comprend à quel point le pouvoir ukrainien actuel a peur de sa chute, qu'il sent très proche.

mardi 19 janvier 2016

Surkov - Nulland: vers quelle sortie de crise dans le Donbass?

Résultat de recherche d'images pour "сурков владислав"
V. Surkov, conseiller du Président Poutine pour l'Ukraine

Vendredi soir, dans la région de Kaliningrad, se sont entretenus V. Nulland, l'envoyée du Département d'état américain pour les affaires européennes et eurasiennes et V. Surkov, conseiller du Président russe pour l'Ukraine. La surmédiatisation de cette rencontre sans rien dévoiler du fond laisse entendre qu'un tournant est encore une fois pris dans le processus de résolution de la crise ukrainienne. Mais lequel et à quel prix, cela reste à découvrir.

jeudi 16 juillet 2015

Un tournant dans le Donbass? Surkov et Nulland reprennent la main

Ситуация в Донецке. Архивное фото

Depuis quelques jours certains événements inhabituels se produisent dans le Donbass. Des opérations coup de poings menées par les groupes de diversion ukrainiens. Un nettoyage dans les républiques indépendantes. Le tout marqué par le venue, de part et d'autres, de personnages politiques à la réputation largement "marquée". Reprenons dans l'ordre.

mercredi 18 juin 2014

Le non-interventionnisme de V. Poutine commence à diviser les élites


La position de V. Poutine est stable et claire: la crise dans l'est de l'Ukraine est une affaire intérieure de l'Etat ukrainien, la Russie n'a pas à intervenir. Quand les populations civiles sont touchées au phosphore, la Russie demande une enquête. Quand les journalistes sont "arrêtés", elle négocie la libération. Quand ils sont tués, elle exprime son désagrément. 

Quand l'ambassade russe à Kiev est attaquée et que le ministre ukrainien des affaires étrangères par interim chante avec les provocateurs et insulte le Président russe, M. Lavrov en charge de la diplomatie russe, mais d'un tout autre calibre, estime qu'aucune discussion n'est plus possible avec les autorités ukrainiennes.

vendredi 6 septembre 2013

Surkov de retour?

Voir: http://www.vedomosti.ru/politics/news/16039921/integrator-surkov

La denière mode semblerait de faire courir les bruits des nominations avant qu'elles n'interviennent. De cette manière, les jeux de couloirs arrivent, par hasard bien sûr, dans la presse, donc à la connaissance du public.
 
Ainsi en fut-il de la nomitation de T. Golikova, la semaine dernière, à la place S. Stepachine à la tête de la Chambre des comptes. Alors que sa candidature n'avait pas encore été officiellement déposée, bien que sérieusement envisagée, S. Chakhraï (qui dirige l'appareil de la Chambre des comptes) déclarait à la presse que sa place, et celle de son maître Stepachine, était dans les réserves. La fuite n'étant pas fortuite et Stepachine espérant garder encore son poste, il y a des chances que le but ait été de provoquer un faux départ pour la candidature de Golikova.
 
Maintenant, alors que la candidature de T. Golikova n'est toujours pas déposée (les candidatures doivent être déposées à la Douma avant le 1er octobre), son remplaçant est déjà annoncé, ou envisagé. Il s'agit de V. Surkov. Alors que tout le monde célébrait son enterrement politique après son départ du Gouvernement en mai dernier, il serait de retour. Les bruits courent depuis son interview de l'été à Russky Pioner, où il en profitait pour mettre les points sur les i. Non, il n'est pas parti suite à un conflit avec V. Poutine, mais en avait déjà formulé la demande depuis quelques temps. S'occuper des innovations au Gouvernement ne semblait pas être sa tasse de thé.
 
Il récupèrerait alors le poste, transformé et élargi de Golikova à l'Administration présidentielle, et devrait gérer la zone (géo)politiquement plus que sensible de l'espace post-soviétique, comprenant notamment la question du conflit avec la Géorgie sur la reconnaissance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie ou encore la question des relations avec l'Ukraine qui tente un flirt sans cesse recommencé avec l'UE en crise (mais depuis le changement d'ambassadeur américain à Kiev, les priorités de l'UE semblent avoir changées et l'Ukraine a à nouveau toutes ses chances).
 
Bref, va-t-on revoir Surkov aux commandes? A vos prognostics!

mercredi 22 mai 2013

Après beaucoup d'autres, A. Tchesnakov quitte Edinaya Rossya

Voir: http://kommersant.ru/doc/2194051

Le parti Edinaya Rossiya ne fait plus l'unanimité, même à l'intérieur. Hier, c'est l'un de ses membres dirigeants, Alekseï Tchesnakov, qui a rendu sa carte.
 
Après sept années à l'administration présidentielle, en compagnie de V. Surkov, A. Tchesnakov entre à Edinaya Rossiya, où il devient l'un des membres dirigeants. Mais les divergences commencent il y a à peu près un an et les critiques se sont multipliées.
 
Selon lui, il quitte le parti pour raison de divergence d'opinion. Par ailleurs, il estime nécessaire, pour le développement du paysage politique russe, de pouvoir mener une analyse indépendante, non partisane, de la situation, et va donc se concentrer sur des projets analytiques. Rappelons qu'il dirige le Centre d'analyse politique conjoncturelle.
 
Le parti tente de minimiser l'impact en rappelant que son investissement dans l'activité d'Edinaya Rossiya avait beaucoup diminuée ces derniers temps, donc finalement son départ ne changera pas fondamentalement la donne.
 
Pour d'autres, son départ est lié à celui de V. Surkov, dont le clan politique s'est fortement affaibli ces derniers temps, au profit de celui de Volodine, premier vice-président de l'Administration présidentielle et une des personnalités centrales du Front populaire de V. Poutine.
 
Toujours est-il que ce départ intervient après de nombreux autres. Cette dernière année, non seulement de simples militants ont quitté, parfois massivement, Edinaya Rossya, mais aussi des figures-clées, comme A. Vorobev (qui dirigeait l'organe exécutif du Parti), A. Ilnitsky (le vice-directeur de l'organe exécutif) ou encore O. Krychtanovskaya, proche du pouvoir et sociologue de renom.
 
A la proposition de V. Surkov de créer un parti alternatif à Edinaya Rossiya, A. Tchesnakov a réagi avec ironie: le pouvoir n'a pas les ressources intellectuelles pour réaliser un tel projet. Toujours est-il que la refonte de l'espace politique russe devient inévitable.

lundi 13 mai 2013

Comment interpréter le départ de V. Surkov?

Voir: http://grani.ru/Politics/Russia/President/m.214515.html

Après la réunion du Conseil des ministres sous la présidence du Président Poutine et avec la participation des membres de l'Administration présidentielle, l'annonce du départ de V. Surkov, le cardinal gris de Medvedev, est tombé dans la presse russe comme un coup de tonnerre.
 
Certains avançaient ses critiques à Londres contre Markine ou la défense de Skolkovo. Toutefois, cela ne semble pas sérieux.
 
Le plus évident est que le tandem ne sert plus à rien, il est dépassé. Et sans Surkov, Medvedev est très faible. Maintenant il se trouve face à un mur: ou il va devoir pousser le Gouvernement à mettre en oeuvre la politique déterminée par le Président, ce qui se passe dans tout pays, hors cohabitation, dans le cadre de la séparation souple des pouvoirs, que ce soit en France ou en Russie. Ou il va devoir partir.
 
Jusqu'à présent, le Gouvernement travaillait à minima. Et les déclarations de Surkov à Londres, celles concernant l'impératif pour la Russie de sortir de la période industrielle pour entrer de plain pied dans le monde post-moserne, par ailleurs tel qu'il est en train de s'écrouler sous nos pieds, le mettait en opposition totale avec la politique de réindustrialisation que la présidence veut mettre en oeuvre.
 
Autrement dit, le départ forcé de Surkov semble être le signe d'une reprise en main politique dans le sens de la défense de l'intérêt national. Et le fait qu'il finançait ou non l'opposition ne change rien ici. Cela restait dans sa conception de l'équilibre et du contrôle.

jeudi 2 mai 2013

Comment créer un concurrent à Edinaya Rossiya? L'idée de Surkov

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/news/2013/05/02/n_2887297.shtml

Selon les propos de Surkov, formulés à Londres jeudi dernier, il serait bon pour Edinaya Rossiya de se retrouver en concurrence réelle avec un parti à sa taille. Mais comme ce parti n'existe pas encore, il faudrait, sinon le créer, tout au moins en favoriser l'émergence.
 
Sur le fond l'idée est bonne. Seule une réelle concurrence peut "normaliser" le fonctionnement de la vie politique russe. Mais, justement, pour que cette concurrence soit réelle, est-il possible de "créer" ou "favoriser" la création d'un parti politique?
 
Quelques remarques.
 
S'il ne peut pas "émerger" naturellement, deux causes principales sont en jeu, juridiques ou politiques. Soit le système normatif ne permet pas l'émergence de ce parti, ce qui serait la raison juridique. Pourtant, les dernières réformes simplifiant au possible l'enregistrement des partis politiques laissent douter de la valeur d'un tel argument.
 
Soit, il faut analyser la question sur le plan politique. Et là on se trouve confronté à deux axes possibles: la question du leader et la question de l'électorat. Ce parti peut-il avoir un leader? Pourquoi pas, les technologies politiques aujourd'hui sont capables de le créer. Mais existe-t-il un électorat? Et c'est bien là que le bas blesse.
 
Le problème vient, bien sûr, du positionnement politique du parti Edinaya Rossiya, qui couvre différents courants, du libéral au patriotique et monopolise l'électorat. C'est surtout un parti "pragmatique", souvent qualifié de parti de fonctionnaires. Mais il commence à se politiser par la force des choses et les courants internes deviennent source de tensions internes. Pour laisser la place à un véritable parti faisant face à la machine Edinaya Rossiya, il faudrait tout d'abord que celui-ci finisse par définir son positionnement idéologique et précise sa ligne politique. Tant que cela n'est pas fait, le reste n'est que chastes paroles. Qui ne coûtent pas cher et n'engagent en rien.

jeudi 29 décembre 2011

L'administration présidentielle s'organise pour une victoire de Poutine au premier tour

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/elections2011/2011/12/28_a_3950513.shtml et http://www.gazeta.ru/politics/elections2011/2011/12/27_a_3943974.shtml

De nombreux changements sont intervenus dans l'Administration présidentielle, où se regroupent les hommes de Poutine. Ainsi, Sergueï Ivanov a pris la direction de l'institution, quittant le Gouvernement juste un peu avant son maître et lui préparant la place. Pour renforcer le passage de pouvoir, enlevant le dernier levier politique de Medvedev, V. Surkov, cerveau de la politique intérieure russe depuis 11 ans, quitte son poste de vice-président de l'Administration présidentielle pour s'occuper de la modernisation au Gouvernement. A sa place apparaît V. Volodine, fidèle des méthodes poutiniennes de gouvernance.

Que cela implique-t-il?

On peut déjà prévoir quelques effets, notamment le durcissement de la ligne politique face aux contestations, le bloquage de l'opposition qui s'en suit et tout investir dans une victoire exemplaire de Poutine aux élections présidentielles. Mais le tout, en ayant conscience de l'instabilité de la situation politique intérieure en raison de l'augmentation de l'activisme social.

Ce changement de ligne politique s'explique par la personnalité des deux hommes, Surkov et Volodine, mis en rapport à la personnalité des deux Présidents, Medvedev et Poutine.

Le "couple" Medvedev/Surkov rendait obligatoirement la politique de Medvedev pas forcément - sur le fond - plus libérale que celle de Poutine, mais dans la forme l'intervention de Surkov permettait de mettre en place un langage de pouvoir qui prenait les formes libérales et démocratiques, en réponse aux demandes de l'Occident.

Le couple "Volodine/Poutine" indique tout de suite que le Poutine qui arrive n'est plus celui qui est parti. Celui-ci a besoin de renforcer sa position, si nécessaire artificiellement. Il n'est plus le leader national incontesté, sans alternative, qui sauve le pays de la menace terroriste, du séparatisme rampant et de l'ombre menaçante des révolutions en couleurs. Il n'est qu'un candidat qui est resté, qui ne veut pas partir et qui veut le pouvoir - pour lui - à n'importe quel prix. Peut-être n'aura-t-il pas besoin de faire exploser à nouveau quelques immeubles, mais il est prêt à prendre le risque d'une explosion sociale.

Et c'est cet homme que V. Volodine se prépare à faire passer en force au premier tour des présidentielles.

Le scénario est absurde et contreproductif. Faire passer V. Poutine au premier tour implique le recours intensif aux ressources administratives. Ce qui va immanquablement impliquer un déficit de légitimité et de son pouvoir personnel, et du pouvoir en général. Alors qu'une victoire au second tour, qui correspond plus ou moins à la réalité de sa force politique actuelle (environ 45% des gens sont prêts à voter V. Poutine), permettrait de faire passer V. Poutine sans trop recourir aux ressources administratives. Et ainsi de pouvoir opposer aux revendications de l'opposition des élections légitimes ... donc non critiquables.

Les deux buts - réussir au premier tour et ne pas provoquer de réactions de masses - sont incompatibles. Cette position est partagée par la grande majorité des analystes politiques.

Mais ici la question n'est plus celle d'une analyse. Il s'agit de réaliser la volonté royale.

Volodine est devenu le Grand Chancelier de ce pouvoir moribond.

jeudi 1 décembre 2011

Quand l'appareil d'Etat s'attaque à l'association Golos ... pour discrètement permettre les falsifications électorales

Продолжается давление на ассоциацию «ГОЛОС»: вслед за журналистами НТВ на нее ополчились депутаты




Des représentants de trois partis - Edinaya Rossiya, Spravedlivaya Rossiya et le parti communiste - ont envoyé une demande de vérification à la Procuratura concernant l'activité de l'association de défense des droits électoraux Golos (Голос), qui réalise actuellement un monitoring des infractions commises lors de la période pré-électorale et du processus lui-même. Ces députés ont demandé à la Procuratura d'examiner la possibilité d'interrompre l'activité de l'association.


Sur sa page Facebook, le politicien Stanislav Iakovlev explique ce recours "collectif" par le fait que chaque parti politique a en son sein au moins un homme de Surkov (l'idéologue du Kremlin) qui est chargé de surveiller l'activité du parti de l'intérieur. Cet homme est intouchable, ce que Prokhorov a appris à ses dépens.


Concrètement, l'association est devenue à ce point dangereuse qu'il a été décidé de tout d'abord s'attaquer à son image. Ce qui a été fait en novembre par des publications dans les masses médias, notamment le 26 novembre dans Rossiïskaya Gazeta (voir l'article en russe ici), visant à discréditer l'activité de l'association. Le 28 novembre un groupe de journalistes de NTV fait interruption dans les locaux de l'association, de manière assez agressive (voir la video sur youtube ici), alors que l'association Golos leur avait déjà donné deux interview et en boucle leur demande qui les finance et pourquoi ils veulent saper les élections. En boucle également, un représentant de l'association leur répond qu'ils ne sont que l'outil de propagande de Surkov.


Pour quoi cette suractivité soudaine à l'encontre d'une association qui n'est pas nouvelle? La raison se trouve certainement dans son dernier projet: "la carte des infractions", projet en collaboration avec le journal Gazeta .ru, dans le cadre duquel ils fixent en temps réel l'évolution des infractions à la législation électorale russe et aux standards internationaux en la matière dans la période pré-électorale et lors du déroulement des élections.


Le projet a été interrompu et retiré par gazeta.ru. Le journaliste de Gazeta.ru qui s'en occupait - et qui était également premier vice-rédacteur en chef de la revue - R. Badanine, a démissionné (voir l'article en russe ici).


Comme l'a remarqué un blogger anonyme, "quand ils s'en sont pris à Loukachenko, cela signifiait que quelque chose se passait mal dans les transactions pour le gaz, quand ils s'en sont pris à Loujkov, ils voulaient s'en défaire, maintenant ils s'en prennent aux observateurs, cela veut dire que les violations sont déjà planifiées".


Selon A. Bouzine, directeur de l'association Golos, dans leur requête à la Procuratura, les députés n'ont rien précisé quant aux soit-disantes infractions commises par l'association, ils ont simplement indiqués, dans le plus pur style soviétique, que l'association percevait des financements étragers et que donc il fallait la contrôler. Mais une association n'est pas un parti politique et elle en a parfaitement le droit.


Aujourd'hui, la Procuratura a commencé sa vérification et a ouvert une "enquête administrative" (voir ici).


L'on peut déjà s'attendre à un taux record d'infractions lors de ces élections de dimanche. Plus le moment approche, plus le pouvoir panique. S'il démontre ainsi sa faiblesse - et la consience de cette faiblesse - il est en tout cas encore suffisamment fort pour remporter coûte que coûte cette échéance électorale. Après lui ... le déluge.




vendredi 16 septembre 2011

La fin de l'opération "Prokhorov"

Voir sur le sujet: http://www.grani.ru/Politics/Russia/Parties/m.191428.html
http://www.specletter.com/news/2011-09-15/35380.html
http://www.specletter.com/politika/2011-09-15/surkov-udelal-pravyh-i-prohorova.html
http://www.kommersant.ru/doc/1773966
http://www.kommersant.ru/doc/1774047
Pour l'instant, certains faits sont certains:


  • Prokhorov ne dirige plus le parti Pravoe delo.

  • Il est en conflit avec l'Administration présidentielle et en particulier avec Surkov qu'il estime responsable de la situation.

  • Prokhorov ne veut pas quitter la politique.

  • Il prend quelques jours de réflexion pour préciser les formes de son engagement futur.

Ce qui est également certain:



  • Pravoe delo ne dépassera pas les 2% aux prochaines élections.

  • Auncun nouveau parti n'entrera à la Douma.

  • La campagne électorale sera d'un ennui mortel.

Les questions:



  • Pourquoi Prokhorov a-t-il été laché par le pouvoir qui l'a spécialement mis en place il y a si peu de temps?

  • Pourquoi n'a-t-il pas eu plus de soutien à l'intérieur de "son" parti?

  • A-t-il encore un avenir possible en politique?

Les réactions sont quasiment unanimes sur la première question. Le Kremlin a voulu redonner vie au parti Pravoe delo, qui prenait gentillement la poussière dans son coin, afin de stimuler l'électorat libéral et ultralibéral, qui ne se déplace presque pas aux élections. Mais le Kremlin ne voulait pas prendre de risque, ni trop s'engager. C'est justement pour cette raison que le parti a été confié non pas à un "proche", comme Chuvalov par exemple, mais à un oligarque que l'on pensait domestiqué, comme la plupart des oligarques qui restent et en liberté et en Russie. Sans tenir compte de l'opinion d'une partie significative des membres de Pravoe delo, M. Prokhorov a été adoubé par les deux grands de ce petit monde. Avantage évident pour certains: ne bénéficiant pas d'une légitimité forte à l'intérieur du parti, tout son poids politique dépendait alors de la qualité de ses relations avec le pouvoir. D'où la répétition sans cesse qu'il n'est pas dans l'opposition. Mais cela demande également un obéissance totale au pacte passé. Pravoe delo est ressuscité pour mettre en avant un projet libéral, voire ultra libéral. Mais rapidement, Prokhorov, qui est un homme d'affaires, un pragmatique et un gagnant, comprend qu'avec un tel discours, il ne sera jamais à la Douma. Et il ne joue pas pour perdre ou pour faire de la figuration. Il élargie le programme... et commence à jouer sur les plate-bandes socialisantes d'Edinaya Rossiya. Première erreur fatale. Puisque dès lors, il présente un danger potentiel. Ensuite, il refuse d'intégrer des personnalités très fortements recommandées par Medvedev, sans même leur donner une position fictive. Deuxième erreur. Autrement dit, il rompt le contrat de confiance passé avec le Kremlin. Et demontre sa volonté de diriger lui-même son parti.


Pour certains analystes, c'est une preuve de courage et d'intégrité. D'autres rappellent, que l'intégrité est arrivée une fois qu'il était en place et qu'il pensait avoir réellement carte blanche pour remonter le parti. Il a pourtant profiter des règles du système pour arriver en place. Mais en comprenant qu'on le faisait jouer justement pour perdre, il a tenté le tout pour le tout. D'autres encore soulignent son manque de sens des réalités politiques russes. D'une manière générale, on ne se conduit pas en politique comme on dirige une entreprise. Et en Russie, toutes les décisions doivent être au préalable concertées et approuvées par le pouvoir. Dont Surkov n'est qu'un exécutant.


Sur le deuxième point, le manque de soutien intérieur, la situation est également plus ou moins claire. Manque de légitimité au départ, communication non concertée, conception autoritaire du pouvoir, prise de décisions sans concertation, manque de souplesse, absence de sens du compromis. Ceci est fatal en politique. Quand celle-ci est réelle. Et ne peut être toujours compensé dans le cadre d'une vie politique virtuelle par un système de prises de décisions contrôlé. Cela montre simplement que Prokhorov n'a pas pris possession de Pravoe delo.


D'où la question centrale: quel avenir politique pour Prokhorov? S'il entre dans l'opposition et le combat avec le pouvoir, certains rappellent que la voie de Khodorkovsky lui est toute ouverte. L'alternative est simple: s'il veut garder son bisness - et accessoirement sa liberté au sein de son pays - soit il se retire discrètement de la politique, soit il accepte de perdre avec le sourire. Autre difficulté, plus personnelle, est son absence de sens politique. Et cela n'a rien à voir avec le Kremlin. Et cela ne s'achète pas.