L'ACTUALITE RUSSE EN FRANCAIS MISE AU POINT PAR RUSSIE POLITICS SUR Facebook ET Twitter!
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lundi 23 décembre 2024

France : le juge administratif met Noël hors la loi


Au nom d'une conception néo-trotskyste de la neutralité, imposant à la France de renier son histoire, le juge administratif, sur demande de la Ligue française des droits de l'homme (qui n'a manifestement rien d'autre à faire) impose à la Mairie de Beaucaire de retirer la crèche de la Nativité. Cela porterait atteinte aux droits de ... de qui ? Justement, on ne le sait pas, car la Mairie, ayant organisé une consultation populaire des habitants, a reçu leur soutien à plus de 98%. L'Etat de droit contre la démocratie ?

lundi 25 septembre 2023

Billet sénatorial : la parodie électorale confirme que rien ne changera


Les élections sénatoriales viennent de se tenir en France, dans une indifférence quasi-totale de la population - bien légitime. Il est vrai que ne se déroulant pas au suffrage universel direct, elles provoquent moins d'intérêts, d'autant plus que généralement, rien ne change profondément. Et cette fois-ci ne fait pas exception. Sans souveraineté, le processus électoral n'est que légitimation d'une illusion.

jeudi 30 mars 2023

Les satellites atlantistes de l'Est demandent un renforcement de la censure sur Internet : la démocrature, rien de tel !


Huit pays de l'Est, toujours aussi friands de démocratie, exigent des géants du net un renforcement drastique de la censure contre les informations venues de Russie. En effet, comment lessiver le cerveau du bon Européen à la sauce atlantiste, s'il entend parler des mercenaires occidentaux, des trafic d'armes, de l'utilisation d'armes à l'uranium, des crimes contre les civils et les militaires russes ... La démocratie, c'est sympa, quand tout le monde dit la même chose. Alors META est sommé de mettre de l'ordre dans ce reste de pluralisme, déjà en mauvais état. Vive l'ordre global ! Vive la pensée unique ! Vive l'absence de pensée ! De toute manière, ça sert à quoi ? A rien, manifestement, dans l'ordre global. C'est même dangereux. Il faut donc lutter contre ce qu'il en reste. Le feu est ouvert !

jeudi 13 février 2020

Le vote par internet et les errements de la démocratie



Le vote est au fondement du système démocratique, car il est le moyen technique qui permet de matérialiser les décisions individuelles qui vont donner corps à l'expression de la volonté nationale. Techniquement, il peut se réaliser de différentes manières (à main levée, à bulletin secret, à distance, etc), l'essentiel est que la manière dont il est mis en oeuvre permette de respecter, et la sincérité du choix, et son indépendance. Or, sous couvert du culte de la "révolution technologique" et d'une société "en pleine évolution", la question du vote électronique par internet, pour nos sociétés smartphonisées, est régulièrement montré comme le summum de la (post)démocratie. Chemin qui serait inéluctable. Mais est-il souhaitable ? Cette question du vote électronique, puis par internet se pose dans de nombreux pays occidentaux, notamment en 2019 au Québec. Il a été intégré dans plusieurs cantons en Suisse, a été tenté ponctuellement aux dernières législatives en Russie sans grand succès (ni enthousiasme de la population). La question se pose avec sérieux en Belgique.

lundi 11 novembre 2019

Billet du jour : la Bolivie, de la numérisation du vote à la virtualisation du pouvoir



Evo Morales, président bolivien réélu, fut poussé à quitter le pouvoir sous la pression de l'opposition, de la police et de l'armée. En Bolivie, comme dans de nombreux pays, au nom du culte de la technologie, qui est censée garantir la démocratie - a priori, le processus électoral est électronique. C'est-à-dire virtuel. Même si vous êtes certains d'avoir obtenu plus de voix, aucun nouveau décompte n'est possible. De la virtualité des élections à la virtualité du pouvoir, la Bolivie ouvre la voie. Et espérons, les yeux. Le Brésil, inquiet, réfléchit à revenir aux bulletins papiers.

mercredi 14 décembre 2016

France: la reconduite de l'état d'urgence et le déni de gouvernance



Pour la 5e fois, les députés français, comme un seul homme - ou presque - reconduisent au son de François nous voilà l'état d'urgence. Ce régime, à l'origine prévu comme un régime d'exception pour une situation exceptionnelle, en l'occurrence la guerre d'Algérie, dure depuis le 13 novembre 2015 et les attentats de Paris. A ce rythme, ce n'est plus un régime d'exception, mais un mode de gouvernance, contre la légalité normale, contre les principes de l'état de droit démocratique. Or, la menace terroriste n'est pas prête à disparaître prochainement, donc soit nos gouvernants - et pas uniquement le Gouvernement - sont aptes à relever le défi, faire ce pour quoi ils sont nommés ou élus, soit ils sont dépassés par la situation et ils doivent se retirer. L'époque ne peut se permettre le parasitage politique.

lundi 18 avril 2016

Nuit Debout: Varoufakis vs. Finkielkraut

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Quel visage pour quel mouvement

L'actualité de ce week end a été marquée par la prise de conscience du philosophe français A. Finkielkraut: les révolutionnaires d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'hier. Et le débat, totalement biaisé, de couler sur les questions existentielles du caractère ou non démocratique de Nuit Debout, de savoir si Finkielkraut, finalement, est réac ou pas. Lancer de faux débats pour ne pas entendre les réponses qui dérangent ou aveuglement? Peu importe. Partons en plongée.

lundi 31 août 2015

Répressions: le prix de la nouvelle démocratie ukrainienne




Aujourd'hui, sur le site du blogueur ukrainien dissident Colonnel Cassad est apparue une publication qui mérite toute l'attention possible. Il fait le point des répressions sous le nouveau régime démocratique ukrainien. En voici la traduction.

lundi 13 juillet 2015

Pourquoi l'UE devait mettre la Grèce au pas


Les Unes des journaux passent et se ressemblent toutes. La crise grecque est passée, un accord est trouvé, la Grèce reste dans la zone euro. Car tel était le but. La question reste encore ouverte de savoir pour qui, mais seuls les intérêts des gagnants étant pris en compte, la question est superflue. Malgré ce bonheur obligé, cela ressemble à une mise à mort. Et il m'est difficile de danser autour d'un cercueil. 

dimanche 1 mars 2015

Billet de retour perturbé par l'affaire Nemtsov

Участники траурного марша в Москве в память о политике Борисе Немцове

Après une si longue interruption pour des raisons - louables - mais indépendantes de ma volonté, j'envisageais différemment le retour de Russie Pollitics dans la blogoshère. Après trois semaines intensives de télévision française, sorte de thérapie de choc, j'avais envie de m'interroger avec vous sur le sens du glissement dictatoriale qui m'a quelque peu effrayé ces derniers jours. Parler d'influence sur un homme politique vous met au ban de la bonne société, lorsque vous osez, comme Roland Dumas, affirme que la religion de sa femme influence  la politique et le discours du Premier ministre. Non, silence, vous êtes antisémite. Et si la femme avait été catholique ou hindouiste, comment le crime eût été qualifié? Lorsque des artistes osent dire aux jeunes de se bouger et de ne pas tomber dans la politique de l'attentisme et de l'assistanat, quelle honte ces réacs. Ces réacs avant ô combien fréquentables ont franchi la ligne rouge en disant aux hommes et aux femmes de moins de 20 ans de se comporter comme des hommes et commes des femmes, c'est-à-dire de faire leur choix, d'en assumer les conséquences, bref d'être indépendant.

Or l'indépendance est manifestement devenue un délit, elle a été déposée sur l'autel d'un républicanisme radical, sectaire et destructurant, au cri de l'esprit du 11 janvier. Tout le monde doit marcher au pas de l'oie, dont le rythme est donné par un apprenti dictateur au timbre de voix martelant ses propres évidences creuses, espèrant en faire un dogme, j' en appelle à notre très respecté Premier Ministre, cet homme providentiel qui a tant besoin du pouvoir et si peu des gens.

Mais tout cela finalement, n'est malheureusement qu'une conséquence. De la perte d'indépendance nationale. De la perte d'une Europe européenne. Qui ne peut et ne doit avoir de politique.

Je voulais parler de tout cela beaucoup plus longuement, car il y  a beaucoup de choses à dire. Et puis Nemsov a été tué. Je ne le porte pas particulièrement dans mon coeur, mais sa mort fut quand même un choc. Comme quand tout être humain tombe un jour en pleine rue. Sa mort n'aura pas d'incidence particulière sur la politique intérieure de mon pays, la France. C'est en tout cas ce que je pensais, avant de lire la presse française, qui y voit évidemment la main du Kremlin qui se débarrasse d'un opposant à ce point effrayant et dangereux. C'est tellement stupide, que je m'attend maintenant au pire. Ces bonnes vieilles sanctions financières et bancaires que les Etats Unis veulent à tout prix faire adopter par l'UE. 

Et son ami Gozman, libéral de premières heures, annonce, certes depuis Washington - ce n'est pas de sa faute il s'y trouve lui aussi souvent - qu'il s'agit d'un évènement qui doit entraîner un réel changement à l'intérieur du pays. Mais non, j'espère que cela n'est qu'un cauchemar. Pour autant cette mort est particulièrement suspecte.

vendredi 23 janvier 2015

Détournement des mécanismes démocratiques: exemple de J. Psaki sur l'Ukraine

Donetsk

Le soutien inconditionnel apporté par les Etats Unis à l'Ukraine oblige à des contorsions diplomatiques qui mettent en danger l'idée démocratique elle-même. Donc pour y remédier, une parade a été trouvée: exemple avec les conférences de presse de J. Psaki, porte-parole du Département d'Etat américain.

jeudi 11 décembre 2014

Rapport sur les tortures menées par la CIA ou le comble du cynisme (+18ans)


Dans une mise en scène digne d'un blogbuster hollywoodien, les Etats Unis viennent de rendre public un ersatz vidé de sa substance du rapport d'enquête de 6700 pages du Sénat américain sur les pratiques de torture utilisées par la CIA dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appelé les pratiques d'interrogatoire élargies. Privation de sommeil, noyade, coups ...

Autrement dit comment les attentats du 11 septembre ont pu servir d'excuse pour lancer un programme d'Etat de recours systématique à la torture et de violation de tous les droits liés à la personne humaine sous couvert de lutte contre le terrorisme.  

Autrement dit, par le Patriot  Act, qui est censé couvrir légalement ces pratiques, comment les Etats Unis sont devenus un Etat terroriste, dont le régime devrait, en tant que tel, être jugé par une Cour internationale. Les responsables, à savoir les Présidents concernés, les ministres de la justice, les responsables et les membres de la CIA, doivent être arrêtés, jugés et condamnés. Le régime doit être changé pour entrer dans une phase de transition démocratique, sous tutelle internationale. 

C'est ce qui se passerait pour n'importe quel autre Etat. Ça ne se passera pas pour les Etats Unis. Car ce sont les Etats Unis. Ils le savent et c'est pourquoi ils ont joué cette parodie de transparence démocratique. En toute conscience. Au comble du cynisme.

Attention, en ouvrant le lien, vous risquez d'être choqué par les images en fin de texte.

lundi 10 novembre 2014

Les murs de la démocratie

L'on vient de fêter la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. L'on en profite pour en construire un autre, sans briques et sans miradors, qui passe à travers les pays, les esprits et les cœurs. Un nouveau mur qui se moque des frontières. Qui se moque des Etats.

Les murs ne se construisent pas pour se protéger, ils revendiquent. Le pouvoir sur un territoire. Sur les hommes de ce territoire. L'Europe prend doucement fin à l'ombre du mur atlantique. Entraînant avec elle les restes de ses traditions démocratiques.

mardi 7 octobre 2014

Hong Kong: la tentation de la "Maidaïnocratie"

Occupy Central, Hong Kong
 
Ces deux dernières semaines ont été marquées par la montée du mouvement Occupy Central à Hong Kong. En effet, des étudiants très prévoyants et citoyens sont montés à l'assaut du pouvoir de Pékin pour demander dans la ville des élections libres et démocratiques ... en 2017. Oui, en 2017. Et ce juste avant les fêtes nationales du 1er octobre, conduisant les pouvoirs locaux à annuler les différentes cérémonies. Et cela juste quand les Etats Unis, par la voix du vice-ministre de la défense, annoncent s'inquiéter de la tentative par la Chine d'une remise en cause de l'ordre mondial, c'est-à-dire d'un monde américano-centré. Alors on retrouve des mouvements "pacifistes" qui occupent des espaces publiques. On les voit apporter à manger. On les voit jeunes, très jeunes. Car la jeunesse est l'avenir. Elle détient la vérité, de manière innée, car elle est jeune. Elle peut donc être coupée de tout, notamment de ses racines, qui ne sont qu'une illusion d'optique. Dépassé. La génération Iphone est l'avenir de l'humanité post-moderne, la "Maidaïnocratie" l'avenir de la démocratie.

vendredi 20 septembre 2013

Poutine réaffirme la souveraineté russe devant le Club Valdai: émergence d'une nouvelle gouvernance

Voir: http://www.youtube.com/watch?v=XZSG7dpDz5o

Lors de son discours devant les membres du Club Valdai et ensuite lors des réponses aux questions, le Président Poutine a non seulement réaffirmé la souveraineté russe, mais a voulu montrer la relativité de l'idéal démocratique.
 
Beaucoup de questions ont été traitées dans ce discours, nous en retiendrons une. Que signifie la souveraineté aujourd'hui?
 
En rappelant que la Russie est un Etat souverain dans un monde globalisé, V. Poutine a directement lancé une pique aux Etats européens, qu'il a qualifié, sans les nommer, d'Etats ayant abandonné leur souveraineté au profit de l'alignement atlantiste. Ce que, par exemple, la position de la France sur le dossier syrien démontre s'il en était encore besoin.
 
Car l'enjeu de nos Etats modernes est bien ici: trouver un juste milieu entre la mondialisation et la défense des intérêts nationaux, entre l'intégration et la confrontration. Qu'il s'agisse de la vie politique ou du développement économique, tout Etat est pris dans un maillage de plus en plus intense d'accords et d'obligations, qui peuvent mettre à mal la défense de ses intérêts nationaux. Car il sera le seul à vouloir et pouvoir défendre les intérêts de ses citoyens, aucun autre Etat ne le fera à sa place. Il ne sert à rien de critiquer les Etats Unis, la Russie ou même l'Allemagne, ils jouent leur jeu dans un monde globalisé. Ils remplissent leur mission, la mission pour laquelle un Etat est nécessaire.
 
La mise en place de ce nouveau mode de gouvernance en Russie a quelque peu destabilisé ses partenaires, européens ou américains, car la Russie est sortie du clivage classique de la soumission des années 90 ou de la confrontation soviétique. Si elle s'oppose, comme que le dossier syrien, elle propose une solution de sortie de crise. Si elle prévient quant à l'intégration de l'Ukraine dans l'UE, elle explique rationnellement sa position: la protection de son marché intérieur. Quand Snowden demande l'asile politiquz, elle ne saute pas sur l'occasion pour mettre à mal les Etats Unis, mais elle prévient, au contraire, qu'elle ne soutiendra pas une activité politique contre les Etats Unis, elle ne le recrute pas. Autrement dit, la Russie a changé les règles du jeu. Et le discours de ses opposants s'en trouve décalé.
 
Si la transition juridique a pris fin au début des années 2000 avec le fonctionnement régulier des institutions étatiques, la transition politique vient de s'effacer au profit d'une gouvernance rationnelle et forte, respectueuse du droit internationale et des intérêts intérieurs du pays.
 
Et ce nouveau modèle de gouvernance internationale n'a été possible qu'avec la fin du complexe de manque de démocratie. Il ne s'agit pas d'affirmer que tous les problèmes intérieurs de fonctionnement de l'Etat ont été réglés, mais de s'attacher rationnellement à leur résolution. Il s'agit également d'affirmer une hiérarchie de valeurs qui soit propre à la Russie, comme Etat souverain. Il s'agit également de regarder ces problèmes comme en partie inhérents au système démocratique, comme en partie hérités du passé propre de la Russie, sans remettre en cause les valeurs propres au pays. Dans tout système démocratique, la minorité doit reconnaître le pouvoir de la majorité, l'opposition russe doit s'y plier si elle veut réellement défendre l'idée démocratique. Il sera alors possible de sortir du clivage entre opposition systémique et non systémique: l'opposition fait partie du système, elle lui donne son équilibre, quand elle accepte les règles du jeu. Autrement dit, une distinction très forte a été formulée: on ne touche pas aux valeurs, mais l'on modernise les mécanismes.
 
Par ailleurs, il n'existe pas dans les faits de système idéal. La démocratie est un but qu'il n'est pas possible d'atteindre. Mais il doit y avoir un consens social, tout à la fois sur l'état des choses et sur les moyens d'améliorer le système. Sans toutefois tomber dans l'excès ou fanatisme, qui ne pourraient que détruire le système.
 
Autrement dit, si à l'époque le discours de Munich de V. Poutine avait positionné la Russie dans un nouveau tournant, ce discours-ci vient d'affirmer le retour de la Russie comme un des acteurs-clés, et sûr de lui, tant au niveau international qu'en matière de politique intérieure.
 
 

vendredi 2 août 2013

En Russie, le problème tient plus de l'élite que du peuple

Voir: http://izvestia.ru/news/554748

Quand vous assistez à des tables rondes dont les participants sont des "libéraux", comme il est convenu de les appeler, même si pour cela le concept est dévoyé, vous entendez souvent cette affirmation: Mais le peuple russe n'est pas près pour la démocratie!

Si l'on se permet de ne pas éviter les rappels historiques, ô combien intéressants, avec l'évolution des assemblées populaires qui a commencé au Xe siècle, les vetche (вече), l'histoire de grandes villes comme Novgorod la grande, Belgorod ou autres, on risquerait de découvrir des racines démocratiques, des mécanismes profondément démocratiques, tant de décision que de contre pouvoir dans une Russie féodale loin, très loin des stéréotypes actuels.

Si l'on discute avec les gens, ceux de la rue, lorsque les enfants sont en train de jouer et que les parents s'ennuient, donc discutent, on se rend compte qu'ils sont plus que près pour la démocratie, qu'ils la veulent. Mais... Et j'insiste, Mais, ils ne l'associent pas avec le chaos des années 90, lorsque ces mêmes libéraux d'aujourd'hui étaient au pouvoir. Ils prennent très au sérieux leur devoir életoral, regarde attentivement ce que les candidats peuvent apporter pour résoudre ce qui les inquiètent: la médecine, les relations avec les administrations diverses et variées, l'accès aux maternelles, le programme des écoles, comment entrer à l'université et obtenir un diplôme qui permette à leurs enfants de travailler. Donc, oui, les gesticulations sur les places publiques, les "occupy import", et autres grandes messes d'une partie minoritaire, mais bruyante, de la population ne les intéressent pas. Ils ne le prennent pas au sérieux. Surtout après y avoir goûté et avoir compris quels en sont les buts.

Peut-on pour autant affirmer que "les russes", en tout cas "ces russes", ne sont pas prêts pour la démocratie? Pour certains auteurs et "penseurs autoproclamés", oui: ces russes constituent une sorte de masse grise informe. L'entretient de deux représentants de cette caste, les écrivains Akounine et Chichkine, dans la revue Aficha en est une démonstration.

Il est vrai que ces deux auteurs ont des points communs. L'un écrit essentiellement des romans policiers, l'autre de la prose. Mais surtout, l'un vit en France et l'autre en Suisse. Et la haine du régime s'est transformée chez eux en haine du pays, qu'ils appellent la patrie monstrueuse.

Leur analyse, d'une finesse politique sans pareil, vaut le détour. Donc, si les russes n'ont jamais eu de sentiment de fièreté, c'est parce que tout a été importé, la liberté, la république, le parlement etc. Un petit cours d'histoire du droit (russe) leur ferait certainement du bien. Historiquement, les institutions russes se sont développées en parallèle avec ce qui se développait dans d'autres pays européens.

Ensuite, le peuple russe n'existerait pas, ce serait une sorte de corps, un corps sans âme, donc en fait un cadavre, comme le souligne justement l'auteur de cet article dans Izvestia, Gleb Kouznetsov. A côté de cette masse informe, donc, il y aurait deux groupes ceux, qui ont pour héros Tchékhov ou Pasternak et les autres, qui glorifient Ivan le Terrible, Staline et maintenant Poutine. Donc, les premiers sont les gentils libéraux qui veulent réformer le pays pour le bien. Les seconds sont les méchants qui cassent les réformes faites par les premiers. - Combien de russes regrettent les grandes réformes économiques des années 90 où ils ne percevaient pas de salaires, où l'insécurité était partout présente, où l'Etat ne finançaient plus les services publics de base? Aucun? Ils ne comprennent donc pas ce qu'est le libéralisme ... A moins qu'il ne s'agisse pas de libéralisme en fait ... 

Quand les gentils, cette "aristocratie libérale", revient au pouvoir, que font-ils? Ils prennent aux méchants pour redonner aux gentils... Non, ce n'est pas une plaisanterie. Comme le souligne, G. Kouznetsov, leur schéma n'est pas très original: arrestation, confiscation, redistribution. Voici le libéralisme que prônent ces grands penseurs libéraux.

En guise de conclusion, rappelons avec l'auteur de cet article, que chacun peut trouver ce qu'il cherche dans l'histoire de n'importe quel pays. En Europe, vous trouverez et l'Etat de droit et Vichy, et les droits de l'homme et les violences policières, et l'accès à l'administration et la corruption. Chacun trouve ce qu'il cherche. Et cela n'a strictement aucune signification.

En revanche, ce que vous trouverez de moins en moins en Europe c'est la liberté de la presse, la liberté de parole, l'aternative politique réelle, le consensus social et la fièreté nationale. Vous y trouverez de plus en plus de politiquement correct, de schéma de pensée qui évitent de penser, de non dits et de non droit. Est-ce ce libéralisme que veut la Russie?

lundi 19 novembre 2012

Liste Magnitsky et la politisation des droits de l'homme

Voir: http://pravo.ru/interpravo/news/view/79881/

Le Congrès des Etats Unis a adopté le projet de loi appelé "Liste Magnitsky", selon lequel les personnes russes liées à la mort du juriste Magnitsky en détention préventive en Russie ne peuvent entrer dans le territoire américain et dont les biens et actifs aux Etats Unis seront bloqués. Le Sénat doit analyser  le texte en décembre et, pour entrer en vigueur, il doit ensuite être signé par le Président.
 
Rappelons un petit détail: cette "liste noire" a été fixée non pas par un juge, non pas après une enquête officielle, mais par le sénateur américain démocrate Benjamin Cardin. Pour la petite histoire, ce sénateur était égalment à l'origine d'un projet de résolution du Sénat visant à retirer certaines aides américaine à la Palestine si elle a l'outrecuidance de se déclarer en Etat (voir http://www.youtube.com/watch?v=Eljgy19pcd8), ce qui a permis aux responsables israéliens d'exprimer alors leur satisfaction (voir http://www.upjf.org/fr/4105-le-senat-americain-veut-couper-l%E2%80%99aide-%C3%A0-l%E2%80%99ap-si-elle-declare-un-etat.html).
 
Donc des hommes politiques décident en fonction de leurs intérêts du moment de la culpabilité ou de l'innocence d'individus, a priori, sans critères, sans explication au cas par cas. Il sera intéressant de voir comment il sera possible et démocratique de justifier juridiquement une atteinte à la propriété privée, hors décision de justice individuelle. Cette démarche est soutenue, sans surprise, par l'Europe et certains pays en particulier se lancent dans l'établissement de leur liste pour ne pas sembler en retard dans ce grand processus salvateur.
 
Et nous voyons à quel point Marcel Gauchet a raison, quand il écrit dès 1980 que les droits de l'homme ne doivent pas être une politique car ils vont alors détruire la démocratie. Il s'évertue alors, dans son ouvrage de 2002 (La démocratie contre elle-même), "de déchiffrer et de comprendre les déconcertants visages de la démocratie nouvelle qui s'installe, triomphante, exclusiviste, doctrinaire et autodestructrice". Car l'absolu des droits de l'homme devient le seul critère politique d'appréciation de l'activité de l'Etat, un critère absolu et plus que subjectif, qui conduit à la radicalisation et du discours et de l'action - pour continuer à être légitime, à la radicalisation de la société civile qui, en voulant se rapprocher de cet absolu impossible à atteindre, tombe dans l'écueil d'une critique incessante et non constructive.
 
Sans oublier l'utilisation politique des droits de l'homme, l'utilisation de cet absolu universellement reconnu - à juste titre - mais utilisé non pas pour renforcer les droits des hommes, de chaque homme, mais les politiques de certains Etats. Et si, au passage, cela permet de renforcer les droits des individus, tant mieux, si cela leur porte atteinte ... il doit toujours y avoir des dégâts collatéraux.
 
C'est cette mauvaise foi et ce cynisme, ce nihilisme juridique de la démarche elle-même, qui portent atteinte à la démocratie et à ces valeurs. Là est l'erreur de ce système qui se trouve en position de monopole, sans critique acceptable - et acceptée - et se dénature.

lundi 9 juillet 2012

Liste Magnitsky: des droits de l'homme à la présomption de culpabilité

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/07/09_a_4674381.shtml

Dans l'affaire de la Liste Magnitsky, l'escalade continue. L'assemblée parlementaire de l'OSCE a recommandé à ses membres d'adopter la Liste Magnitsky. Ceci n'a bien sûr valeur que de recommandation.

Mais cette fameuse Liste a beaucoup changé et la soixantaine de noms de famille initialement inclus présumés liés à la mort du juriste Magnitsky ne sont plus indiqués. La Liste a maitenant pour but de sanctionner toute personne qui porte atteinte aux droits de l'homme en Russie. Le combat du bien contre le mal. Cela faisait longtemps ...

Par exemple, le Congrès américain, s'il adopte cette Liste, pourrait ne pas la rendre entièrement publique ... Intéressant quand il s'agit de refuser l'accès au territoire, de bloquer des comptes en banques etc. Et les Etats européens sont enjoins à suivre la voie démocratique unique tracée outre atlantique, en bons petits soldats qu'ils sont devenus.

Quand à la tribune, le sénateur McCain parle d'un beau combat dans l'intérêt de la Russie et de ses habitants, connaissant le parti pris de l'individu, on est en droit de se poser des questions.

Si l'intérêt des ressortissants touche à ce point le coeur de nos voisins américains, il vaut mieux renforcer les structures étatiques pour qu'elles fonctionnent normalement et soient à même de défendre elles même l'intérêt de leurs ressortissants. C'est une autre question ...

Enfin une dernière question? Pourquoi ne pas adopter une Liste Magnitsky pour chaque Etat, y compris européen et américain, et sanctionner toutes les personnes qui violent les droits de l'homme? Evidemment chacun serait présumé coupable, évidemment il n'y aurait pas de procès équitable, évidemment il n'y aurait pas de droit à la défense, mais ça ne semble plus être une priorité de toute manière.